Samuel Fuller réalise "The Steel Helmet" (littéralement "Le casque d'acier" - titre français "J'ai vécu l'enfer de Corée") en 1951, en pleine guerre de Corée (1950 - 1953). Le film n'est pourtant pas une oeuvre de propagande même s'il est dédié à l'infanterie américaine.
Il s'agit du premier film de guerre de Samuel Fuller, genre dans lequel il excella (
Les Maraudeurs attaquent,
The Big Red One [Import USA Zone 1] en français "Au de la Gloire").
Samuel Fuller est un vétéran de la seconde guerre mondiale. Il a combattu de 1942 à 1945 d'Afrique du Nord à la Tchécoslovaquie via la Sicile et les plages de Normandie. Il rend d'ailleurs hommage à nouveau au colonel Taylor du 16 RCT qui à Omaha Beach déclara pour galvaniser ses hommes : "Il n'y a plus que deux genres de soldats sur cette plage; ceux qui sont morts et ceux qui vont mourir !"
Donc le réalisateur connaît la peur, les sueurs froides, la solitude du combattant, les moments de tension extrêmes, les réflexes guerriers, la faim après le combat. A plusieurs reprises, j'ai ressenti cette impression vivace d'assister à un reportage de guerre comme saura le faire Pierre Schoendoerffer quelques années plus tard, lors de la guerre du Vietnam ("La section Anderson").
Ce film fut pourtant critiqué à sa sortie car il dénonce, avec nuances, le racisme de la société américaine.
Premier plan. Un trou dans un casque. Le casque se lève. Une tête apparaît. Un soldat américain, les mains attachées dans le dos, rampe. Un Coréen armé passe, fouille le corps de ce soldat qui mime le mort, parmi les tués, et lui tranche les liens.
Ainsi commence un périple. Un infirmier noir est rapidement rencontré. Une section ensuite dans laquelle combat un Américain d'origine japonaise, mais aussi, un objecteur de conscience, un muet, un chauve, un lieutenant pas encore aguerri : une vraie cour des miracles, loin des projecteurs de l'héroïsme des défilés militaires. Tous sont perdus, encerclés par les soldats communistes (chinois, nord-coréens).
Ce film est d'une grande sobriété. Pas d'effets spéciaux, de héros à deux sous. Samuel Fuller nous offre une photographie de la société américaine, qui évolue, avec ses citoyens engagés, épris de liberté. Du cinéma efficace.
NB : VOSF, noir et blanc