Quatrième de couverture
Pourtant l'actuelle critique historique voit en Gaston d'Orléans le meilleur mécène de son temps après les cardinaux-ministres Richelieu et Mazarin. Il fut protecteur de poètes et de savants, collectionneur d'antiquités et d'objets .d'art. Le rôle revendicatif qu'il essaya de jouer à la tête de la noblesse a été récemment éclairci, sinon justifié : il aurait contribué à retarder d'un demi-siècle l'asservissement de l'aristocratie française à Versailles.
La biographie que lui a consacrée Georges Dethan, et qui reparaît aujourd'hui, augmentée de notes et d'annexes qui tiennent compte des dernières recherches historiques, nous donne un portrait vivant de Gaston d'Orléans d'après sa correspondance et celle de ses familiers. Elle fait le point sur sa vie politique de conspirateur et sur son existence colorée de dernier prince de la Renaissance sur les bords de Loire. La résurrection de l'époque des mousquetaires et de la Fronde ne manque pas de pittoresque dans sa description fidèle, mais importe surtout le cas singulier de cet Hamlet princier, bourrelé d'indécision et de remords, partagé entre son humanité de coeur et sa faiblesse de caractère. En lutte contre l'absolutisme qui s'impose alors, Gaston d'Orléans annonce parfois, par sa liberté d'opinion et de ton, le siècle des Lumières.