Cet essai de Stephen Jay Gould paru en 1989 présente l'histoire du Schiste de Burgess, le plus célèbre site de fossiles au monde. Une histoire riche d'enjeux puisque la faune de Burgess date de l'explosion cambrienne, époque où apparaissent les premiers organismes multicellulaires complexes : la classification de l'évolution de cette faune joue donc un rôle majeur dans notre compréhension du sens de l'évolution, de la vie.
La conception de l'évolution selon le découvreur du site de Burgess, C.D. Walcott, était typique de son temps : progressive. Tous les fossiles découverts devaient correspondre à des espèces plus modernes. Cette foi dans le progrès l'empêcha de remarquer l'originalité de la faune de Burgess et son erreur de classification ne fut remarquée que cinquante ans plus tard. La nouvelle entreprise de classification alla de surprises en surprises et bouleversa finalement la conception classique de l'évolution.
S.J. Gould raconte donc deux histoires mêlées : celle de la classification des fossiles de Burgess et celle de la conception de l'évolution. Son talent reconnu de vulgarisateur s'ajoute à sa passion évidente du sujet et fait de "La vie est belle" un essai aussi intéressant qu'enrichissant, dense d'informations mais toujours clair. La faune de Burgess révélée est véritablement extraordinaire et démontre l'infini des possibilités de la vie.
On sort de cette lecture comme on quitte le ciel étoilé : humble et émerveillé. C'est aussi un très bon ouvrage pour découvrir la vision de la théorie de l'évolution défendue par S.J. Gould, contingente et indirectement progressive.