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La Ville et les Chiens est le premier roman de Mario Vargas Llosa et inaugure une première étape dans son oeuvre : l'inventaire critique du réel. Tributaire du parcours personnel de l'auteur, lui-même soumis au cours de deux années à l'éducation du collège Leoncio Prado, ce roman dresse le portrait dur et cruel d'un groupe d'adolescents opprimés et du système qui les oppriment. Réglant ses comptes avec son passé, Mario Vargas Llosa dénonce cette éducation de la virilité qui pousse les êtres à toutes les bassesses. --Hector Chavez
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Commentaires client les plus utiles
7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Madame du B,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : La ville et les chiens (Poche)
Au collège militaire Leonicio Prado de Lima, quatre "cadets" forment une association, le "Cercle", destiné à s'assurer influence et autorité sur le reste de leur section. Dans un groupe où domine une violence brimée, et donc d'autant plus exacerbée, par la discipline qui règne dans l'armée, le cadet Arana, surnommé "l'Esclave", devient vite le souffre douleur de la bande. Il ne parvient qu'à se faire un seul ami, celui que l'on surnomme le Poète, car il écrit moyennant finance des lettres d'amour pour les petites amies de ses camarades et des récits pornographiques...En se faisant précisément le postier d'une de ses missives pour l' Esclave, il rencontre Teresa dont il s'éprend, et entreprend une relation secrète avec elle. Lorsque l'un des membres du Cercle vole des sujets d'examen, et que toute la section est consignée, l' Esclave décide de dénoncer le coupable pour retrouver la liberté de ses week-end. Mais à la suite d'une manoeuvre militaire il se serait accidentellement tué d'une balle dans la tête... Persuadé de la culpabilité du plus cruel des cadets, le Jaguar, et miné par le sentiment de sa propre trahison, le Poète décide à son tour de dénoncer ce qu'il considère comme un crime. Sur fond de récit autobiographique, Vargas Llosa, qui s'identifie au fil de pages au Poète, relate une société en microcosme et sclérosé, où chacun occupe un rôle officiel et un autre en revers. Exaspération sexuelle, rigidité des classes sociales, violence admise tacitement et trafics secrets, rien n'est épargné dans ce collège qui semble être un miroir de cette époque. Les autorités, sous leurs allures militaires, ne supportent pas la révélation du Poète, et se refusent à assumer l'échec que constituerait un assassinat dans les rangs de ceux qui sont sous leur autorité. Seul à réaliser la gravité de la situation, le lieutenant Gamboa est muté à l'autre bout du pays, alors que le colonel fait du chantage au Poète pour qu'il retire sa plainte, en le menaçant de le faire enfermer dans un hôpital psychiatrique grâce aux preuves de perversité que constituerait ses récits libertins... La mort de l' Esclave est celle qui ne constitue finalement pas un véritable crime, puisque son nom même l'y destinait. Le Jaguar, véritable animal-dieu que vénérait les indiens du Mexique ancien, reste une énigme, ultra violent, mais aussi homme à principe et à amitié, il demeure inaccessible dans l'enceinte du collège. Le Poète est l'artiste en marge, à la fois scandalisé par sa société mais incapable de ne pas y participer, et le récit le montre dans l'épilogue épousant une jeune fille de sa classe bourgeoise, oubliant Teresa et sa condition difficile. Et le dernier, le Boa, entre les hommes et les dieux, animal rampant, terrestres, partagé entre sa violence primaire, et l'amour qu'il voue à la chienne de l'école. La ville et les chiens, c'est le récit d'une société et de sa jeunesse, qui malgré ses râles et sa résistance, ne parvient à s'échapper de sa destinée traditionnelle et aux normes établies. Récit entremêlé, à la narration fluctuante, relié par une fille, Teresa, et donc malgré tout par l'amour, c'est l'histoire d'un combat perdu d'avance, et du ressentiment qui s'en dégage. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
16 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Le meilleur roman de Vargas LLosa,
Par Un client
Ce commentaire fait référence à cette édition : La ville et les chiens (Poche)
Ce n'est certainement pas le roman de Vargas Llosa le plus facile à lire (accrochez-vous!), mais à mon avis, c'est aussi le chef d'oeuvre de cet extraordinaire romancier péruvien. Une histoire compliquée, très dure, mais en même temps très humaine, qui vous marquera. Littérairement, le style se rapproche de la perfection. A lire si vous aimez les défis!
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
La ville et les chiens,
Par Olivier Levasseur (France / Pérou) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : La ville et les chiens (Poche)
Une oeuvre excellente, qui nous plonge dans l'univers étouffant du Collège militaire de Leoncio Prado de Lima. Entre brimades, bizutages infectes, humour machiste et exapération, Vargas Llosa se lance dans un projet littéraire ambitieux, à la lecture plutôt acrobatique, pour une dernière partie à couper le souffle. "La ville et les chiens", ce sont quatre biographies croisées de quatre garçons, dont le lien est une jeune fille, Teresa. Ils seront, de manière directe ou indirecte, confrontés à l'hypocrisie militaire. Une oeuvre précieuse, qui fait écho à l'enfance même de l'auteur, confronté lui aussi à un enseignement militaire dès ses plus jeunes années, qui le marquèrent au plus profond de lui-même. Sur un plan plus personnel, après avoir suivi un héros homonyme de mon beau-père dans "Tours et détours de la vilaine fille" [Ricardo], j'imaginais une enfance romanesque à ma belle-mère à travers le personnage féminin de cette oeuvre [Teresa], non sans certaines similitudes et une émotion toute personnelle ;o) Merci à mon épouse de m'avoir conseillé ce roman qu'elle étudia dans sa jeunesse scolaire liménienne.
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