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Commentaires client les plus utiles
13 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Du très bon; du très mauvais aussi.,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La visée hégémonique de la Chine - L'impérialisme économique (Broché)
J'ai un problème avec ce livre.Ce livre n'est pas médiocre, comme pourrait le laisser penser cette note de 3/5. Ce livre contient à la fois de très bonnes et de très mauvaises choses. Aucune ne l'emporte véritablement sur l'autre à mes yeux, ce qui me laisse dans cet état un peu perplexe. Au niveau des très bonnes choses, ce livre a le mérite de nous rappeler plusieurs choses que notre époque a oublié, ne veut plus savoir, voire condamne. A savoir, sur le volet strictement économique, que la balance commerciale est un indicateur de première importance de la santé économique d'un pays; que des déficits extérieurs importants et répétés aboutissent nécessairement à la ruine d'un pays; que le protectionnisme peut être douanier mais aussi monétaire et qu'il est tout aussi efficace; qu'il n'est pas nécessairement une mauvaise chose, comme maintes fois prouvé par le passé, bien que l'époque soit à sa condamnation sans équivoque. D'autre part, sur la Chine, que ce pays totalitaire est, contrairement à une idée reçue, loin d'être sur la voie de la démocratie; que le capitalisme n'est pas incompatible avec un régime totalitaire; qu'il est même au contraire redoutablement efficace sous sa forme totalitaire; enfin que la Chine a une visée hégémonique et qu'elle met tous les moyens dont elle dispose, de manière diablement efficace, pour s'imposer au monde au détriment de l'Occident, notamment en lui livrant une guerre économique sans le dire avec comme arme principale un yuan très fortement sous-évalué. Au niveau des mauvaises choses, j'ai commencé par relever certains détails qui me gênaient. Le style n'est pas fameux, comme en témoignent les nombreux points d'exclamations, incongrus à mon sens dans un traité économique. Il y a beaucoup de redites; beaucoup, beaucoup de redites: le livre aurait pû facilement perdre 30 pages sur les 200 qu'il compte actuellement en gardant le même contenu informatif. Et puis, et puis... ...et puis les pièces du puzzle s'emboitent et l'image nous apparaît clairement: les auteurs ont une haine nauséabonde de la Chine. L'analyse sort alors de la piste économique et nous emmène sur un terrain boueux de conjectures malvenues. Ainsi la Chine serait responsable de la dépravation de notre jeunesse, de la drogue, des désordres sociaux; son régime est comparé, à maintes reprises, au régime nazi; et puis il y a ce passage répugnant où l'auteur explique que les hommes Chinois qui se marient à l'étranger avec des autochtones font des enfants "avant tout Chinois". Ca ne sent vraiment pas bon. A mon sens, on a raison de s'inquiéter de la Chine. Ce n'est pas un bon géant pacifique qui a vocation à rejoindre les pays Occidentaux "à sa manière". Je crois qu'on a tort de croire que 1989 représente une victoire définitive du système démocratique. La Chine de 2011 est infiniment plus puissante, intelligente, pragmatique que l'URSS de la guerre froide, avec la même volonté hégémonique. Mais c'est une erreur de tomber dans cette haine sordide, car il est alors facile de rejeter d'un bloc les arguments avancés dans le livre en le mettant sur la partialité de l'auteur aveuglé par sa haine et qui ne veut que "se faire la Chine". Cela dessert grandement le message qu'ils essaient de faire passer, et qui est pourtant, au fond, assez juste. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Etre Candide ou Jacques le fataliste?,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : La visée hégémonique de la Chine - L'impérialisme économique (Broché)
Quand la conception idéaliste des rapports dans le commerce international peut conduire à la ruine.Voici quelques analyses sur faits réels qui illustrent comment nous Français restons idéalistes , marqués par notre idéologie universaliste où tout le monde est beau et surtout pas méchant ou encore comment se faire manger la laine sur le dos quand on privilégie l'idée sur la réalité.La Chine est en desir de devenir la grande puissance mondiale économique et politique et un pays n'est grand que s'il est conquérant.Les conquêtes ne se font plus aujourd'hui avec les canonières; une politique économique et industrielle patiente et construite sur le long terme est une arme d'autant plus redoutable qu'elle respecte et utilise à son profit les lois approuvées par tous pour le commerce mondial.La naïveté des Français est confondante.Est-il temps encore de réagir?Et nos grandes entreprises ne sont-elles pas devenues trop transnationales c'est-à-dire sans nationalité pour défendre les intérêts de la France et de tous les Français?Il faudrait-peut-être que ces mêmes Français cessent de conspuer leurs entreprises Françaises encore conquérantes.Mais en quoi Total ,par exemple, est-elle encore considérée comme une entreprise Française?Mais oserons-nous considérer que nous sommes en guerre?Alors, serons-nous Candide, Fataliste ou, enfin, réaliste?Question d'importance puis qu'il s'agit d'avenir. Ce livre , loin de la pensée universaliste largement diffusée par des "penseurs " comme Attali est utile pour nourrir la réfexion sur notre avenir économique et enfin envisager sérieusement la protection de nos quelques atouts.Le monde est plus à regarder comme une suite de conflits d'intérêts que comme une utopie , à terme,d'un gouvernement mondialisé. "Les peuples n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts" (Charles De Gaulle) Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
16 internautes sur 24 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
"Ce qui est menacé n'est autre que la survie de la démocratie sur cette planète", Antoine Brunet et Jean-Paul Guichard,
Par Latour07 (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR) (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La visée hégémonique de la Chine - L'impérialisme économique (Broché)
Antoine Brunet et Jean-Paul Guichard sont tous deux économistes et membres du réseau "CEMAFI international". Je connais plus particulièrement Antoine Brunet, dans le cadre de notre réseau de veille sur la Chine, ayant été étonné de sa profondeur d'analyse. Antoine Brunet fut économiste au CCF puis chez HSBC après l'acquisition du CCF par cette banque, dont le siège social a été déplacé à Hong-Kong. Antoine Brunet est certainement le meilleur économiste sur la Chine qu'il connaît bien depuis une bonne vingtaine d'années, ayant une réputation qui n'est plus à démontrée auprès, notamment, de trésoriers de groupes du CAC 40. La pertinence a un prix. Antoine Brunet a quitté HSBC et est régulièrement invité à documenter les positions critiques sur la Chine dans la presse économique et générale."La visée économique de la Chine" est un ouvrage capital, profond, sérieux, clair. Il est accessible au plus grand public. Voici enfin une analyse qui prend en considération la stratégie d'un pays, son histoire, la géopolitique, afin d'éclairer le sujet central de l'économie. La Chine a tiré d'excellents enseignements du Japon. Qui se souvient encore des moqueries que subissait le Japon dans les années 1960-1970 ? Nation qui savait à peine fabriquer des montres bas de gamme, des gadgets et encore ... Qui se souvient que l'économie japonaise a non seulement pratiqué avec intelligence un protectionnisme douanier, réglementaire, mais aussi, de manière plus sournoise et violente, un protectionnisme monétaire, en contraignant sa monnaie (le Yen) à une dépréciation par rapport aux principales monnaies dont le US Dollar ? Qui se souvient des réactions politiques américaines qui mirent fin à cette arme de destruction économique imparable ? En France, pour ne parler que de notre proche environnement, la réponse à ces questions tient dans le zéro : personne. La Chine, elle, a tiré tous les enseignements et les met en pratique avec force, constance, détermination implacable. Le modèle capitaliste totalitaire de la Chine est naturellement plus performant dans la compétition internationale que le modèle occidental, issu de la civilisation européenne (Amérique du Nord y compris) du capitalisme démocratique. Il est bon de rappeler qu'aucune élection n'a eu lieu en Chine depuis 1949. Le Parti Communiste Chinois musèle tous les postes clefs de la politique (bien sûr) mais aussi des postes économiques (les grandes entreprises, les administrations). La Chine, comme le Japon dans le passé, mais aussi le Royaume Uni et les Etats-Unis, a opté pour le mercantilisme : "La stratégie mercantiliste qui réussit durablement à renouveler des excédents commerciaux, est la stratégie incontournable que se doivent d'adopter les pays capitalistes les plus ambitieux, ceux qui recherchent l'hégémonie. Cette stratégie a permis à l'Angleterre d'établir sa suprématie pendant 130 ans et aux Etats-Unis la leur depuis 70 ans. (...) C'est encore cette stratégie qu'avait adoptée le Japon pendant les années où il menaçait sérieusement l'hégémonie américaine. Enfin cette stratégie a été adoptée par la Chine depuis 15 ans, ce qui lui a d'ores et déjà permis de réussir une montée en puissance fulgurante qui, aujourd'hui, lui permet de rivaliser très sérieusement avec les Etats-Unis" (p.60) Suivant le principe : la balance du commerce international s'équilibrant, les excédents des uns génèrent les déficits des autres pays. La théorie mercantiliste a été définie par un Anglais, William Petty, au XVIII° siècle. "L'élément central de la théorie mercantiliste, c'est qu'il faut générer des excédents commerciaux avec le reste du monde; ces excédents fondés sur les activités industrielles, les manufactures, permettent de faire rentrer l'or" (p.42) (à cette époque ; aujourd'hui, outre l'or, les devises essentiellement). Comment la Chine est-elle parvenue en quelques années à dégager de tels excédents ? En utilisant fondamentalement une arme de tricheur, celle de la sous-évaluation de sa monnaie, le yuan (ou renmimbi). Le contrôle des changes en Chine est fixe, à la différence de celui de toutes les grandes nations qui ont opté pour le régime des changes flottants à la fin des accords de Bretton Woods, sous Nixon, en mars 1973. Désireux notamment de contrer l'influence japonaise, le président Clinton autorisa l'entrée de la Chine dans l'OMC (1999) qui fut effective en 2001 ... sans évoquer aucunement le sujet de la parité monétaire ! Le Yuan est déprécié volontairement de 100% par rapport à l'US Dollar malgré une appréciation timide entre juillet 2005 et juillet 2008 de 20%. En clair, un produit chinois devrait être exporté pour un prix deux fois plus élevé qu'il ne l'est actuellement, et le coût des importations de produits en Chine, divisé par deux. Voici les causes premières de la désindustrialisation de nos nations, la mondialisation (essentiellement la Chine) est responsable d'un chômeur sur deux en France comme l'explique Jacques Sapir (in La démondialisation). Un ouvrier chinois coûte 80 fois moins qu'un ouvrier occidental au sein d'une même multinationale. Le vivier de sous-emploi, qui déflate structurellement les rémunérations en Chine, est chiffré à 150 millions de travailleurs, sans droits. Ce n'est pas demain que la Chine parviendra à une harmonisation de ses richesses (elle n'est pas voulue par ses dirigeants). Doit-on d'ailleurs parler d'une Chine comme le remarquent les auteurs ? Il y en a en fait deux. Une riche composée de 250 millions d'individus, et l'autre pauvre, maintenue dans la pauvreté, d'un milliard. Le protectionnisme monétaire est un véritable protectionnisme, diablement efficace, utilisé sciemment, avec constance et mauvaise foi par les dirigeants chinois. Or l'OMC ne traite que des protectionnismes douaniers et non monétaires. Ce rôle incombait autrefois, en système de change fixe, avant 1973, au FMI. Ce n'est plus l'un de ses rôles. La place de gendarme est donc vacante. La surcroissance économique de la Chine s'explique par cette arme qui a amplifié structurellement les déficits commerciaux des balances des principales nations occidentales. Elle est la cause première de l'explosion de l'endettement public et privé (encouragé pour soutenir une croissance du PIB) qui a montré ses limites dans l'explosion de la bulle des subprimes, les interventions massives des Etats, dont nous subissons les résultats avec de moins en moins de capacité de contrôle. Arrêtons s'il vous plait de nous focaliser sur les traders ! Le mal endémique vient de la sous-évaluation du Yuan. Les deux auteurs de ce magnifique livre le démontrent avec brio. La Chine, en rétablissant la parité de change normalisée, est la première puissance économique du monde ex-aequo avec les Etats Unis. Elle génère 20% du PIB mondial pour 20% de la population. Arrêtons à nouveau de tomber dans le piège de la propagande chinoise qui fait passer la Chine pour un pauvre pays, détentrice d'un trésor de guerre en constante croissance (+600 milliards de dollars par an), de 4.000 milliards de dollars (les hedge funds en comparaison, détiennent 2.700 milliards), soit 30 à 40% des réserves de change de la planète. "(...) depuis 1989-1994, la Chine a choisi la voie d'un affrontement géopolitique avec les pays occidentaux" (p.196). La Chine n'a de cesse de saper la puissance américaine et de tenir en vassalité les pays européens trop heureux de trouver à financer leurs dettes (Espagne, Grèce notamment) auprès de ce pays. Sachant d'expérience que la Chine refusera toujours d'apprécier à la juste parité monétaire le Yuan (de 100% soit le faire passer de 6,83 yuan pour un dollar à 3,40 yuan pour un dollar), les auteurs proposent que l'ensemble des nations occidentales quittent l'OMC et créent une OMC bis qui intègre dans ses statuts l'interdiction du protectionnisme monétaire. C'est la seule solution envisageable à adopter d'urgence pour éviter de plonger plus encore dans les abîmes, qui mettent en danger nos démocraties, nos libertés, notre civilisation. Les auteurs brossent un paysage très précis des intérêts des firmes occidentales et des banques à ne rien changer, avec la complicité d'économistes bien identifiés (dont Stiglitz) payés par la Chine ce qui est très instructif pour le citoyen afin de ne... Lire la suite › Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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