Je suis fan d'Eliette Abecassis depuis des années et je n'ai pas été déçue par ce nouveau roman ! Bien sûr l'histoire n'est pas très joyeuse ; Anna est une jeune femme divorcée civilement mais dont le mari refuse le divorce religieux, le « guet ». Très pratiquante ce divorce est pour elle essentiel. Son histoire est carrément révoltante car non seulement son mari a gâché leur vie d'époux, mais en plus il profite de sa toute puissance (seul lui peut lui octroyer ce guet tant attendu) pour la faire chanter. Le pire étant que tous ce chantage et ces pressions sont cautionnés par la plupart des rabbins (les pauvres, que peuvent-ils faire contre la volonté d'un mari ?) et ignorés par les familles.
Quand on comprend que ce fameux « guet » n'a rien d'un divorce, mais a tout d'une répudiation avec son lot d'humiliations et d'abus, on a du mal à contenir sa rage. Comment des institutions, religieuses et civiles, peuvent-elles laisser faire ça ? En France ? Aujourd'hui ? Impensable ! Et comment Anna, une jeune femme intelligente, lucide et amoureuse d'un juif non pratiquant, accepte ce système qui l'enferme et la piège ? Sa raison : la piété, la foi, même si ces pratiques ne semblent pas respecter le judaïsme ; peut-être un peu la peur aussi, peur de sortir d'un cadre dans lequel elle s'est construite.
« Et te voici permise a tout homme » est encore une histoire où l'on découvre avec horreur comment la loi des hommes s'est mêlé à la loi de dieu jusqu'à lui ôter toute dignité et toute justice.
Le style est comme toujours magnifique et agréable à lire. De si beaux mots pour décrire des situations aussi ignobles ; il faut bien cela pour nous faire réagir et donner la parole a toutes ces femmes aujourd'hui piégées comme Anna par des maris odieux et des religieux / familles qui laissent faire au lieu de les défendre et de les protéger.
Merci à Eliette Abecassis de m'avoir fait découvrir ce problème que je ne connaissais absolument pas !