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Après les désormais mythiques Chroniques de San Francisco, les inconditionnels d'Armistead Maupin rongeaient leur frein. Que l'on se rassure, il revient avec sa patte inchangée, la griffe acérée d'un chat-tigre, égratignant gentiment le petit monde américain. Gabriel Noon, le narrateur, est un écrivain reconnu, figure de lance du milieu gay, il flirte avec la cinquantaine et la renommée. "Noon at night", sa chronique diffusée sur la National Public Radio, est suivie assidûment par un grand nombre de fidèles. Finis les ébats dans les back-room enfumés, Gabriel Noon est devenu, comme il le dit, presque un conformiste de la cause homosexuelle, militant pour le safe sex et filant le parfait amour depuis dix ans avec son ami Jess. Mais une voix dans la nuit va réveiller la sensibilité de ce mandarin de la littérature gay. Cette voix est celle d'un enfant, Peter Lomax, âgé de 13 ans, qui lui fait parvenir le manuscrit de son autobiographie intitulée La Fabrique de cirages. Une autobiographie comme les autres, écrite par un petit singe savant !, se dit Noon, en entamant la lecture du manuscrit. En réalité, il s'agit de l'ensemble des sévices sexuels qu'a enduré le jeune garçon pendant des années. Noon est sous le choc. Il décide de rencontrer cet étrange garçon et très vite découvre en lui un fils spirituel. Drôle, caustique et profond, Armistead Maupin s'affirme dans Une voix dans la nuit comme un grand de la littérature contemporaine. --Denis Gombert
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Laffabulation est mon métier. Dès les premières pages dUne voix dans la nuit, Armistead Maupin donne le ton de cet ouvrage qui ne cesse de mêler fiction et réalité. Lauteur culte des Chroniques de San Francisco délaisse le 28 Barbary Lane et ses frasques rocambolesques pour nous offrir un roman en partie autobiographique.
Gabriel Noone, homosexuel quinquagénaire, envoûte les auditeurs avec son feuilleton radiophonique, Noone at night. Il compte parmi ses fans un jeune garçon de 13 ans atteint du Sida, Pete Lomax, qui lui fait parvenir son roman. La fabrique de cirage conte la vie de cet enfant brisé par des parents qui lont battu et livré à un réseau pédophile. Une relation père-fils sengage entre lécrivain à succès, en pleine phase de déprime sentimentale, et le jeune homme désorienté. Las, le doute simmisce dans lesprit de Gabriel Noone quand il comprend que Pete Lomax nest peut-être quun imposteur. Si cette belle idée de départ - en partie vraie - donne naissance à quelques passages intéressants sur la relation que peuvent tisser deux êtres, à distance, le résultat est globalement décevant. On tombe assez vite dans un récit lacrymal où Maupin mêle les amours déçues de Gabriel Noone, sa relation étrange avec Pete et lhistoire douloureuse de sa propre famille.
Là où Les chroniques étaient tragiques à outrance, ce qui leur conférait un aspect absurde et formidablement drôle, Une voix dans la nuit atteint un pathos mielleux. Le passage ténu de la fiction à la réalité tient néanmoins bien la route. Le style est toujours fluide, mais on déplore laccumulation déléments pathétiques et de références ambiguës à la littérature gay. Dommage ! --Chloé S.--
Gabriel Noone, homosexuel quinquagénaire, envoûte les auditeurs avec son feuilleton radiophonique, Noone at night. Il compte parmi ses fans un jeune garçon de 13 ans atteint du Sida, Pete Lomax, qui lui fait parvenir son roman. La fabrique de cirage conte la vie de cet enfant brisé par des parents qui lont battu et livré à un réseau pédophile. Une relation père-fils sengage entre lécrivain à succès, en pleine phase de déprime sentimentale, et le jeune homme désorienté. Las, le doute simmisce dans lesprit de Gabriel Noone quand il comprend que Pete Lomax nest peut-être quun imposteur. Si cette belle idée de départ - en partie vraie - donne naissance à quelques passages intéressants sur la relation que peuvent tisser deux êtres, à distance, le résultat est globalement décevant. On tombe assez vite dans un récit lacrymal où Maupin mêle les amours déçues de Gabriel Noone, sa relation étrange avec Pete et lhistoire douloureuse de sa propre famille.
Là où Les chroniques étaient tragiques à outrance, ce qui leur conférait un aspect absurde et formidablement drôle, Une voix dans la nuit atteint un pathos mielleux. Le passage ténu de la fiction à la réalité tient néanmoins bien la route. Le style est toujours fluide, mais on déplore laccumulation déléments pathétiques et de références ambiguës à la littérature gay. Dommage ! --Chloé S.--


