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Arguments d'un désespoir contemporain Broché – 14 avril 2011

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Extrait

J'ai appris à lire en même temps qu'à tuer.
Henry David Thoreau fait remarquer, à propos des Algonquins, qu'il y a une période dans l'histoire d'un peuple où les chasseurs en constituent l'élite. Le chasseur n'est pas seulement celui qui sait donner la mort ; il est aussi un homme de l'aube. Je ne suis pas, moi, un Algonquin, ni un oiseau de nuit, ni un homme des foules. Je ne fréquente mes semblables qu'avec parcimonie, et plus volontiers des femmes, observant dans tout être humain la syntaxe où il vit et où il meurt, considérant l'amour de l'humanité comme une illusion sentimentale autant que politique, et tentant de comprendre comment l'humanité s'abolit dans l'illégitimité du nombre, par exemple dans la foule que je traversais, ce jour-là, principalement composée de Noirs, de Maghrébins, de Pakistanais, d'Asiatiques, de diverses sortes de métis, et de quelques Blancs, hommes et femmes, dont deux petites lesbiennes se tenant par la main avec défi, suivies d'un nain dandinant son corps pitoyable entre de jeunes beautés tapageuses, et des enfants, des vieillards, laids, mal vêtus, l'ensemble se mouvant dans une puanteur constituée de relents d'égouts, de viennoiseries, de parfums et de produits de chez Me Donald's, au sein d'un vacarme dont on ne savait plus s'il annonçait la fin du monde ou s'il la faisait désirer, sur ce quai de la station Châtelet-les-Halles, un samedi après-midi, dans ce qui fut le ventre de Paris, et qui est devenu cette gigantesque gare souterraine, au-dessous des anciens cimetières des Innocents et de Saint-Eustache : des bas-fonds, où je ne descends jamais sans songer qu'à la foule se mêlent les spectres d'innombrables défunts, dont j'avais vu exhumer les os, quarante ans auparavant, et me demandant au milieu des grondements, des rumeurs et des cris, si, plus encore que la lumière, l'air libre n'est pas la première manifestation de la vérité. À la fraîcheur du dehors, à l'innocence du jour, j'aspirais plus que tout, dans ce troupeau de damnés qu'un «mouvement social» ou un suicide, en aval ou en amont, faisait s'accroître sur le quai, de sorte que, pour en finir avec l'effroi qui me gagnait, j'ai changé de quai et suis monté dans un autre train, où j'aurais pu être tranquille si, au dernier moment, ne s'étaient précipités dans le wagon une dizaine de jeunes Espagnols presque tous obèses et braillards, tandis qu'un petit Romanichel passait en mendiant avec une telle insistance que je l'ai chassé d'un geste de la main, lequel m'a valu de la part d'une femme entre deux âges, non maquillée, les cheveux grisonnants, coupés au carré, les lèvres blêmes, l'expression indignée d'une catholique de gauche ou d'une militante des Droits de l'Homme, la réflexion suivante : «C'est un être humain, tout de même !» J'aurais pu répondre que l'appartenance générique à l'espèce humaine n'implique pas qu'on en soit digne, encore moins qu'on m'importune ; c'eût été entrer dans une logique supposant ma sujétion à l'Empire du Bien, et honorer d'un rapport dialectique ce genre d'adversaire qui se dresse fréquemment devant moi dans son aigre épiphanie, et rend dangereux le simple fait de marcher dans la rue, outre les chiens qui ont accédé, en France, à un statut quasi humain, avec bientôt des droits, lesquels, n'en doutons pas, ouvriront la voie à des mariages humano-zoologiques, comme en témoignent, tout à fait légitimes et intéressantes, certaines préoccupations philosophiques actuelles, chez le dernier Derrida et chez Elisabeth de Fontenay, mais aussi, hélas, la sensiblerie occidentale et tous les zélotes d'un franciscanisme athée et militant, qui souhaitent confondre l'homme et l'animal et qui finiront par m'inculper d'incitation à la haine animale.

Présentation de l'éditeur

Dernier homme, déclin de l'Occident, meilleur des mondes, règne de la quantité, de la technique, crise de la culture, homme unidimensionnel, société de consommation ou du spectacle, désenchantement du monde, ère du vide, de l'éphémère ou du moindre mal, condition postmoderne, homo festivus, etc. Comment, après tant de formulations heureuses mais récupérées par le culturel et l'antiracisme, et sans tomber dans la nostalgie, comment nommer ce monde nouveau, ce cauchemar posthumaniste, ce totalitarisme light ? Peut-être est-il trop tard. Au moins ne serons-nous pas dupes d'une stratégie globale qui inscrit le monde dans une horizontalité toujours plus large et fade, dépourvue de relief, de hiérarchie, de verticalité, de goût, de mémoire. Autant d'arguments en faveur d'un désespoir qui soit un surcroît de lucidité.

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Dans son style toujours éclatant et construit, loin du minimalisme à la mode, R. Millet poursuit sa mission d'éclaireur -à l'envers de ceux qui le croient à l'arrière-garde. Ce siècle du politiquement correct lui devra peut-être, à lui et quelques autres, la survie de la liberté de pensée. A lire par tous ceux qui si' terrogent sur le statut de l'intellectuel, et la fonction de la littérature.
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