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le 24 juillet 2014
Les cantates de Bach constituent dans le domaine de l’art un monde à part entière et certainement un des chefs-d’œuvres les plus sublimes de la culture occidentale, parvenant à transcender leur conception religieuse, linguistique et instrumentale pour atteindre la beauté universelle. Aussi ne peut-on qu’être ravi de voir aujourd’hui un nombre croissant d’interprétations différentes, parmi lesquelles des intégrales (Rilling, Leonhardt-Harnoncourt, Leusink, Koopman, Gardiner, Suzuki, et d’autres en cours de réalisation). Le présent coffret rassemble les enregistrements de Karl Richter avec son Münchener Bach-Orchester de 75 cantates sacrées, la mort prématurée du chef légendaire ayant empêché l’achèvement du cycle. 75 cantates sur plus de 200 … mais qui resteront à jamais gravées dans de nombreux cœurs tant leur interprétation demeure inégalée dans l’expressivité musicale. Richter était profondément religieux, et son éducation au chœur de garçons de l'église Sainte-Croix à Dresde puis sa fonction d’organiste à l’église Saint-Thomas de Leipzig dans les traces même du Cantor lui ont apporté cette connaissance profonde des œuvres de Bach. Si ses enregistrements datent du milieu du XXème siècle et font appel à de grandes formations orchestrales et des solistes célèbres, il a su cependant se démarquer de l’influence romantique de l’époque par sa maitrise du tempo et une gestion parfaite des chœurs, tout en conservant une expressivité intacte.

Pour illustrer les différences entre cette version et deux « baroqueuses » à la mode, je vous livre un petit comparatif (qui n'engage que ma sensibilité personnelle !) sur quelques mouvements de la BWV 121 :

- Version Suzuki : la prise de son est impeccable, c’est la meilleure de toutes les versions que j’ai pu entendre avec les enregistrements de Kuijken. Le chœur d’ouverture donne une impression de grande clarté mais toutefois sans entrain, presque mécanique à la longue avec des vocalises beaucoup trop articulées alors qu’elles devraient plus jouer à mon gout un rôle d’accompagnement. Il s’agit néanmoins de la version la plus équilibrée au niveau du mix choeur / orchestre. Après avoir utilisé un tempo lent pour le chœur initial, Suzuki l’accélère dans l’aria qui suit de façon assez déconcertante (chœur/aria 2 :50/4 :17 contre 2 :37/4 :36 pour Gardiner et 2 :30/5 :02 pour Richter). Les solistes des arias et récitatifs sont ici remarquables, bien que rivalisant difficilement avec les légendes de la version Richter, à l’exception peut-être de l’excellente soprano Nonoshita. L’impression générale est celle d’une recherche constante de l’articulation, peut-être au détriment de l’expressivité.

- Version Gardiner : le son est plus lissé ici, un cran en dessous de la version Suzuki. Le chœur d’ouverture fait preuve de retenue tout en montrant plus d’enthousiasme et de légèreté que la version précédente. L’orchestre est traité en mode accompagnateur, ce qui est un peu dommage. Le point faible de cette version réside dans les solistes, qui ne possèdent ni l’articulation de la version Suzuki (on n’entend malheureusement pas certaines notes de « Opfer dar » du dernier récitatif), ni l’expressivité et le timbre fantastique de ceux de Richter. Les tempi restent par contre cohérents et une impression d’équilibre général en ressort.

- Version Richter : son ADD, remasterisation exceptionnelle pour un vintage années 70 ! Le chœur d’ouverture fait figure par sa puissance d’un tsunami reléguant au rang de vaguelettes les versions précédentes (moyens pré-HIP oblige !). L’orchestre est ici traité à part entière et la phrase musicale introduite à la 22ième seconde apparait dans toute sa splendeur à l’inverse des versions précédentes. Dans l’aria suivante, le haubois d’amour montre une rondeur inégalée, avec un vibrato expressif absent des versions précédentes. Richter a également su s’entourer de solistes qu’on ne présente plus : Mathis, Schreier, Fischer-Dieskau… Ils brillent non seulement par leur timbre exceptionnel, mais aussi par une parfaite connaissance du texte qu’ils accordent avec leur interprétation à l’image ici de la contralto Reynolds qui étire la diction du mot « unermesslichs » (non mesurable, infini) alors qu’il est mal articulé dans la version de Gardiner et prononcé trop rapidement dans celle de Suzuki. Pour ce qui est du continuo, Richter choisit le recitativo accompagnato au lieu du secco. Des recherches récentes ont d’ailleurs montrées qu’il s’agissait probablement de la façon dont Bach opérait, tout en laissant la liberté à l’exécutant d’adapter son interprétation afin de mieux entendre le chanteur (Heinichen 1711). Douce ironie de l’histoire où la version Richter apparaitrait à cet égard plus baroqueuse que les Suzuki/Gardiner ! Dernier détail pour les puristes, le son paraitra sans doute plus juste ici pour ceux d’entre vous habitués au diapason absolu de 440 Hz que les Suzuki/Gardiner accordées un demi-ton plus bas.

Cette interprétation charnière réunit probablement le meilleur des deux mondes entre l’ère romantique aux sentiments extériorisés avec effets de legato parfois employés ad nauseum et l’uniformité voire l’absence de relief souvent imputables aux interprétations « historiquement informées ». Si vous souhaitez une version expressive et maitrisée des cantates de Bach, ne cherchez plus. Vous la trouverez ici, mise en valeur par une dynamique de plans sonores, des voix mythiques, et toute la compréhension profonde de la liturgie luthérienne d’un Karl Richter qui avec son Münchener Bach-Orchester signe là un des plus beaux testament musical légué à l’humanité.
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Les cantates de Bach par Richter ne sont pas le témoignage d’une époque révolue dont le compassé aurait été bienheureusement mis à la poubelle par les baroqueux, seuls détenteurs de la vérité archéologique, elles sont un monument d’art et, en tant que telles, échappent au temps. Il est certes vrai que les choix esthétiques de Richter sont aux antipodes du goût que l’on a voulu imposer : ses tempi ne sont pas à l’agitation, son orchestre joue implacablement juste, son chœur est charnu et ses solistes chantent à pleine voix. Entendre Fischer-Dieskau ou Häffliger est un délice oublié, du même ordre que celui que procurent toutes ces merveilleuse voix féminines dont la puissance, le timbre et la qualité émotionnelle renvoient les gamins couinants des uns et les contre-ténors aphones des autres là où il faut les mettre. On écoutera enfin l’interprétation de Richter pour appréhender ce que fut la véritable dimension spirituelle de ces cantates dont les textes piétistes et souvent hyperboliquement dolorosifs n’autorisent pas de transformation autre que celle de l’intériorité. Après tout, on est dans le monde musical de Bach : le silence qui suit une cantate est à Dieu.
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le 22 février 2014
Jusqu'à il y a quelques jours, cette version des cantates de Bach je l'avais volontairement ignorée, laissée de côté, la supposant dépassée, témoignage d'une époque passée (années 70). La seule curiosité a fait que je l'ai écoutée, parmi d'autres, pour la Bwv 30. Je ne pensais pas entendre là quelque chose de bien intéressant et à ma grande surprise j'ai trouvé cela différent, surprenant et j'en suis arrivé très vite pour cette cantate et pour bien d'autres écoutées et comparées ensuite (la 140 notamment) à préférer cette interprétation pleine d'émotion et de ferveur à toutes celles que j'ai pu entendre jusqu'alors.
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Cette nouvelle publication comblera ceux qui ne pouvaient trouver les 75 cantates interprétées par l'équipe de Karl Richter qu'en occasion et à des prix souvent déraisonnables. Je ne dis pas ça pour moi : j'ai aimé, j'ai changé, j'aime moins, ou moins souvent.

Karl Richter s'éloigne cependant peu à peu du public actuel et, malheureusement, il s'est aussi progressivement éloigné de lui-même. Ainsi, les cantates enregistrées au début des années 70 ne valent pas celles des années soixante et celles des alentours de 1978 sont particulièrement pesantes; je me souviens qu'à l'époque où je n'avais pas de réserves sur le style d'interprétation, j'étais déçu des disques les plus récents. Or, après la parution de 33 tours isolés, Deutsche Grammophon a décidé de faire enregistrer à Richter une cantate pour chaque date de l'année liturgique; ainsi le rythme de parution s'est progressivement accéléré, d'où la grosse proportion de cantates enregistrées dans la plus mauvaise période. Si ce coffret que contenait que les cantates d'avant 1971, j'aurais mis probablement une étoile de plus.

Qu'est-ce qui caractérise ce déclin ? Il ne tient que peu à l'affaiblissement de la qualité des chanteurs. Certes Peter Schreier (années 70) a un timbre plus ingrat que Ernst Haefliger et la voix de Fischer-Dieskau, un des piliers du projet, se durcit lentement mais perceptiblement avec les années. Non, l'essentiel tient à Karl Richter lui-même, qui semble se caricaturer à mesure qu'il est contesté avec la venue des baroqueux, durcir les oppositions avec ce nouveau style. Toujours plus de lenteur, même si la vitesse n'est pas un critère suffisant : pour preuve, la réussite de BWV 8, enregistrée en 1959 mais très lente. Toujours plus de raideur militaire, ainsi ces choeurs conclusifs pour lesquels le jeu semble consister à évoquer de plus en plus le départ d'un boulet de canon.

Pourtant, du moins pour les cantates enregistrées le plus tôt, à la condition expresse de ne pas faire de comparaisons avec Harnoncourt, Leonhardt ou Koopman, donc de rester dans cet univers musical, on peut se sentir bien et admirer la qualité des chanteurs, supérieure à celle actuelle dans ce répertoire, l'évidente ferveur religieuse, supporter les choeurs énormes, les orchestrations parfois démesurées, les récitatifs cérémonieux et très lents (le rival Münchinger les faisait aller plus vite), qui deviennent comme des tunnels. Il reste quelque chose qui peut continuer à émouvoir.
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le 12 novembre 2015
L'interprétation de Karl Richter nous manquait. On est loin de l'intégrale baroque si réussie de Harnoncourt ou Leonardt, mais chez Richter, aussi, quel art du chant , quelle musicalité, quelle beauté ! On voit là quel génie était Bach : tant d'interprétations différentes mettent en valeur ces choeurs , ces arias accompagnées au hautbois ou au violon...on ne se lasse pas !
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Karl richter revient peu à peu à la mode comme karajan, après le diktat des baroqueux qui ne cesse de s'effriter. Richter dirige ici 75 cantates sacrées de bach (de mémoire il y en a 200), ce coffret était introuvable ou vendu à des prix aberrants. La période 60 est la plus belle, avec haefliger, fischer diskau ( actus tragicus, la bwv 21 notamment)... A partir des années 70, si cela est encpre de haut niveau, c'est néanmoins moins bon, moins poignant, moins inspiré, avec des rythmes plus tranchés voire militaires. Fischer diskau cabotine trop aussi dans cette période. Les prises de son sont superbes et impressionnantes. Richter vivait par bach et pour bach, cela s'en ressent. A posséder pour tout amateur du Cantor!
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