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Belkine, oeuvres complètes Broché – 1 mars 2008


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Description du produit

Extrait

Si Dieu m'accorde des lecteurs, ils seront peut-être curieux de savoir comment j'ai décidé d'écrire Histoire du village de Gorioukhino. Dans cette éventualité, je me dois d'entrer dans certains détails préliminaires.
Je suis né de parents honnêtes et nobles le 1er avril 1801 dans le village de Gorioukhino, où une instruction élémentaire m'a été dispensée par notre sacristain. C'est à cet homme honorable que je dois ma passion pour la lecture et, plus généralement, pour les activités littéraires. Mes progrès, bien que lents, étaient pro­metteurs, car dès l'âge de neuf ans je savais déjà presque tout ce qui s'est conservé jusqu'à présent dans ma mémoire, faible de nature et qu'on ne me permettait pas, vu ma santé très délicate, de surcharger.
Le titre d'homme de lettres a toujours été, à mes yeux, le plus enviable. Mes parents, gens vénérables mais simples et élevés à l'ancienne, ne lisaient jamais rien ; et dans toute la maison, à part un Abécédaire acheté à mon intention, des calendriers et le Nouveau manuel d'écriture, on ne trouvait aucun livre. La lecture de ce manuel fut pendant longtemps mon exercice préféré. Je le connaissais par coeur et malgré cela j'y trouvais chaque jour d'autres merveilles. Après le général Plémiannikov, dont mon père avait été l'aide de camp, Kourganov était pour moi le plus grand des hommes. J'interrogeais tout le monde à son sujet, mais malheureusement personne ne pouvait satisfaire ma curiosité, nul ne l'avait connu personnellement et on me répondait toujours la même chose : que Kourganov avait écrit le Nouveau manuel d'écriture, ce que je savais depuis belle lurette. Les ténèbres du secret l'enveloppaient comme un demi-dieu antique. Il m'arriva même de mettre en doute la réalité de son existence. Son nom me paraissait alors inventé et la légende qui l'entourait un mythe creux auquel un nouveau Niebuhr ne manquerait pas de s'intéresser. Toutefois il continuait à hanter mon imagination, je m'efforçais de donner un visage à ce personnage mystérieux et, à la fin, je décidai qu'il devait ressembler à Korioutchkine, l'assesseur au tribunal du district, un petit vieux au nez rouge et aux yeux étincelants.
En 1812 on me conduisit à Moscou pour me mettre au pensionnat de Karl Ivanovitch Meier où je ne restai pas plus de trois mois, car on nous donna congé avant l'arrivée de l'ennemi, et je retournai dans mon village. Après l'expulsion des douze nations, on voulut me reconduire à Moscou pour voir si Karl Ivanovitch avait regagné ses pénates ou, dans le cas contraire, pour me mettre dans un autre établissement, mais je priai ma mère de me laisser rester au village car ma santé ne me permettait pas de me lever à sept heures du matin, comme cela est de rigueur dans tous les pensionnats. Ainsi, j'atteignis l'âge de seize ans, me limitant à mon instruction élémentaire et jouant avec mes compagnons à la paume, la seule discipline que j'eusse suffisamment approfondie lorsque j'étais au pensionnat.
C'est alors que j'entrai comme élève dans le régiment d'infanterie de ** où je restai jusqu'à l'année dernière, en 18**. Mon séjour au régiment m'a laissé peu d'im­pressions agréables, à part ma promotion au rang d'officier et un gain au jeu de deux cent quarante-cinq roubles à un moment où je n'avais plus en poche qu'un rouble et soixante kopecks. La mort de mes parents bien-aimés m'obligea à prendre ma retraite et à revenir dans le village de Gorioukhino qui, désormais, m'appartenait.
Cette époque de ma vie est si importante pour moi que j'ai l'intention d'en parler longuement. C'est pourquoi je demande par avance à mon bienveillant lecteur de m'excuser au cas où j'abuserais de son attention.

Présentation de l'éditeur

Le 7 avril 1873, Léon Tolstoï écrivait à son confrère Paul Golokhvastov : «Quand avez-vous lu pour la dernière fois la prose de Pouchkine ? Faites-moi l'amitié de relire d'abord Les Nouvelles de Belkine. Tout écrivain doit les étudier et les réétudier.» Mais Tolstoï savait-il que Pouchkine avait attribué à l'auteur fictif Belkine un autre texte encore, Histoire du village de Gorioukhino, dans lequel, après une quête passionnée d'un sujet littéraire, ledit Belkine écrivait l'histoire de son village, une histoire qui prenait peu à peu le ton d'une critique sociale ? C'est peu probable, car ce texte inachevé de Pouchkine ne fut publié, au XIXe siècle, qu'une seule fois, dans la revue Le Contemporain, en 1837, et avec des coupures. Si Tolstoï avait pu «l'étudier et le réétudier» (la première publication, sans altérations, de ce texte étonnant date de 1924), gageons que sa lettre aurait pris la tournure suivante : «Quand avez-vous lu pour la dernière fois la prose de Belkine ?»
Histoire du village de Gorioukhino n'est pas plus connu un siècle et demi plus tard. C'est pourquoi nous avons cru bon de le remettre à l'honneur dans une édition entièrement consacrée aux productions de ce double de Pouchkine, apportant par la même occasion un nouvel éclairage aux Nouvelles de Belkine tant appréciées par l'auteur de Guerre et paix.

Jean-Pierre Pisetta, écrivain et traducteur, enseigne l'italien à l'Institut supérieur de l'Etat de traducteurs et interprètes (ISTI). Il a récemment publié, aux éditions Bernard Gilson, collection Le Photophore, une édition commentée du Mozart et Salieri de Pouchkine (2006) ainsi qu'une édition commentée du Mémoire sur les Juifs du prince de Ligne (2007), et, aux éditions du Hazard, Les aventures de Pignonnet, nouvelle traduction commentée des Awenture di Pinocchio de Collodi (2007).

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