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Brothers Broché – 9 avril 2008

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Descriptions du produit

Extrait

Li Guangtou, un nabab de chez nous autres, au bourg des Liu, avait conçu l'idée insensée de dépenser vingt millions de dollars rien que pour s'acquitter du droit d'aller faire du tourisme dans l'espace à bord d'un vaisseau Soyouz. Assis sur la lunette de ses toilettes en plaqué or, dont la renommée avait franchi les limites de nos murs, il imaginait déjà, les yeux clos, sa vie future de vagabond intersidéral lancé sur orbite : dans le silence insondable, il se penchait en avant et voyait la surface magnifique de la Terre se dérouler progressivement. Il sentit ses larmes couler malgré lui en réalisant pour la première fois qu'il n'avait plus aucun parent sur cette Terre.
Il avait eu un frère, nommé Song Gang, auquel il était très lié. Song Gang était son aîné d'un an, il le dépassait d'une tête et c'était un type honnête et intransigeant. Il était mort trois ans auparavant et n'était plus qu'un tas de cendres dans une minuscule boîte en bois. Quand Li Guangtou pensait à cette petite boîte où Song Gang était enfermé, il soupirait : même un arbuste calciné aurait produit plus de cendres.
Du temps où elle était encore de ce monde, la mère de Li Guangtou le lui répétait souvent : "Tel père, tel fils." C'était de Song Gang qu'elle parlait. Elle disait que Song Gang était aussi loyal et aussi bon que son père, que le père et le fils étaient comme deux courges qui auraient poussé sur la même tige. Dès qu'il était question de Li Guangtou, en revanche, elle secouait la tête et affirmait qu'il n'y avait rien de commun entre lui et son père, qu'ils étaient à cent lieues l'un de l'autre. Pourtant, quand Li Guangtou, l'année de ses quatorze ans, fut surpris dans les toilettes publiques à mater les fesses de cinq femmes, l'opinion de sa mère changea radicalement : elle dut se rendre à l'évidence et admettre que Li Guangtou et son père étaient eux aussi deux courges issues d'une même tige. Li Guangtou se souvenait parfaitement de la scène, du regard fuyant et effrayé de sa mère, et de son air triste quand elle avait tourné les talons et qu'elle avait marmonné, en essuyant ses larmes :
- Tel père, tel fils.
Li Guangtou n'avait jamais connu son père. Le jour de sa nais­sance, celui-ci avait péri dans des conditions peu ragoûtantes. Sa mère prétendait qu'il s'était noyé, et Li Guangtou avait voulu savoir où : dans la rivière ? dans l'étang ? dans le puits ? Mais sa mère était restée muette. Il était demeuré dans l'ignorance jusqu'au moment où il avait été pris en flagrant délit à mater les fesses des filles aux W.-C. et où, pour employer un mot à la mode, il avait alimenté la presse à scandale. Car c'est seulement quand le scandale des toilettes avait éclaté et que sa mauvaise réputation s'était répandue comme une traînée de poudre dans le bourg que Li Guangtou avait fini par apprendre que son père et lui étaient bel et bien comme deux courges poussées sur la même tige. C'est dans une fosse à merde que son père s'était noyé, il était tombé dedans par mégarde alors qu'il tentait d'apercevoir le derrière d'une fille aux toilettes.

Revue de presse

Brothers est sans doute le plus insolent des livres de Yu Hua. Les slogans maoïstes y sont continuellement détournés (une des prouesses des traducteurs est de l'avoir rendu perceptible en français). L'expérience la plus crue, ou la plus cruelle, est filtrée par le regard d'un garnement généreux. Il y a souvent des enfants dans les histoires de Yu Hua, comme s'il n'avait jamais oublié celui qu'il a été. Tous ses romans racontent que la vie est susceptible de basculer du jour au lendemain, et que c'est arrivé à tous les Chinois de sa connaissance. (Claire Devarrieux - Libération du 24 avril 2008)

Brothers n'est pourtant pas un roman historique, mais plutôt une étude de terrain de deux personnages jetés dans le bouillon de l'histoire...
On se souvient de Yu Hua auteur de romans habités et incisifs comme Vivre ! (Le Livre de Poche, 1994) ou Le Vendeur de sang (Actes Sud, 1997). On le découvre aussi habile à décrire le dilemme enfantin entre des bonbons et un amour fraternel qu'à jeter ses personnages dans la gueule de l'histoire. Ecrivain de l'ambition et de la déception sociale, des amours contredites et indirectes, il y a de l'Hemingway chez Yu Hua, certainement, mais aussi du Stendhal. (Nils C. Ahl - Le Monde du 8 mai 2008)

Avec le monumental Brothers, Yu Hua a retrouvé sa verve satirique avant de s'attirer les foudres du gouvernement chinois parce que son roman - vendu à près d'un million d'exemplaires - brosse le portrait féroce d'une nation éternellement comateuse, déchirée entre la terreur rouge et le capitalisme sauvage...
Et lorsque sonnera le glas de la Révolution culturelle, les deux héros de Brothers verront leurs destins «se fissurer dans un monde qui se fissure». Ce monde-là est celui du profit à outrance et des plaisirs débridés, un mélange nauséeux de corruption et de pornographie sur lequel Yu Hua jette un regard terriblement désabusé. Son roman, décapé à l'humour noir, fait peur. Et donne de la Chine actuelle une image bien différente de celle que colportent ses dirigeants, à la veille des jeux Olympiques. (André Clavel - Lire, mai 2008)

Son récit-crachat, plein de rage politique, dénonce les volte-face incessantes de ses compatriotes, déchirés entre obéissance aveugle et digne révolte. Et soudain, en pleine logorrhée bilieuse, le voilà qui ravale sa colère pour laisser place à une écriture caressante et lyrique, chargée d'amour pour ses personnages bringuebalants. Yu Hua signe un mélo comme on n'ose plus en faire, avec des larmes et du sang, des trahisons et des retrouvailles. Et un formidable humour sous cape. Parce que «quand la forêt est grande, on trouve toutes sortes d'oiseaux ; quand la foule est nombreuse, on y entend toutes sortes de rires [...]. Des gros rires, des rires discrets, des rires pointus, des rires flûtés, des rires grivois, des rires perfides, des rires bêtes, des rires secs, des rires mouillés et des rires contraints.» (Marine Landrot - Télérama du 21 mai 2008)

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Meilleurs commentaires des clients

Format: Broché
Voilà LE LIVRE qu'il faut lire si l'on veut mieux connaître, sinon comprendre, la Chine contemporaine.
Ce roman raconte tout simplement (!) la Chine depuis les années 1960 jusqu'au début du 21ème siècle.
Dans sa postface explicative, l'auteur décrit bien le dilemme chinois, il compare la période de la révolution culturelle des années 60 à l'obscurantisme de notre moyen-âge, mais alors que, nous occidentaux avons mis quatre siècles pour arriver à la société de consommation libérale mondialisée, la Chine a parcouru le même chemin en quarante ans, d'où quelques problèmes d'accommodation.

Le roman prend pour cadre une ville de province LIU et suit la vie de deux (faux) frères: SONG GANG le doux et LI GUANGTOU le dur, qui en plus sont amoureux de la même femme la belle LIN HONG.
Comme ce n'est pas un roman à l'eau de rose, les choses finissent assez mal.
Ce qui caractérise ce livre c'est aussi une liberté de ton notammant sexuelle, banale pour un occidental mais inhabituelle pour les chinois plus prudes que nous en cette matière, et qui a paraît-il beaucoup contribué à son succès. Il est vrai qu'il fourmille d'histoires paillardes et explicites.
J'ajoute que la traduction française est excellente.
Enfin, une petite critique pour l'éditeur français: je ne comprend pas pourquoi le titre original chinois "xiongdi" (frère) a été traduit par l'anglais brothers.
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Format: Broché
Beaucoup de poésie simple et efficace, mais aussi beaucoup d'humour. J'ai d'abord acheté ce livre par curiosité, je trouvais intéressant de comprendre la transformation de la chine. Le style semble simple, mais fonctionne à merveille. Dès les 10 premières lignes, vous êtes rivé à la lecture.
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Format: Poche
Je suis allée en Chine en Novembre 2009 et ce fut un véritable coup de coeur .Ce livre décrit très bien l'évolution du pays et des gens qui se sont vite adapté aux changements .Je suis allée dans les toilettes publiques du vieux Pékin ( nous étions seules avec une amie ) et j'avoue que nous en gardons un souvenir amusé .Donc dés le début du livre j'étais dans le vif du sujet ! Ce livre est passionnant du début à la fin .Dans un commentaire une personne a été étonnée par les scènes de sexe car elle pense que les Chinois sont prudes .Revoyez ou voyez Épouses et concubines ,la Cité interdite ,il y a toujours du sexe même si c'est prude .
Un conseil achetez ce livre et allez en Chine si vous en avez la possibilité .
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Format: Poche
« Brothers » est une saga inoubliable qui traverse l'histoire de la Chine depuis l'avènement de la Révolution Culturelle en 1966 jusqu'à nos jours.
Grâce à une remarquable narration et un style dépouillé, on écoute comme un enfant attentif et émerveillé l'auteur nous raconter la fable cruelle d'une famille recomposée.
Nos deux héros, Li Guangtou le sale gosse et Song Gang le timide vont vivre une enfance marquée par la terreur, où les gardes rouges regroupent les propriétaires terriens et autres « ennemis du peuple » pour des séances de « lutte critique » au cours desquelles ils sont bastonnés sous les huées de la foule, coiffés d'un chapeau pointu et revêtus d'une pancarte énumérant leurs méfaits. Chaque bourreau devient à son tour une victime pour peu que les traces du passé soient dénoncées par « un ami du peuple ».
Une violence inouïe est décrite dans cette première partie du roman. Certains évènements sont insoutenables, comme le suicide d'un des personnages secondaires dans un entrepôt qui sert de prison, mais sans aucun artifice de style, avec le ton égal d'un chroniqueur qui ne fait qu'observer ses contemporains.
La 2e partie est consacrée à l'adolescence des deux « faux frères », vers la fin des années 70. Les masses révolutionnaires se battent entre elles. Débute alors la période de « réforme et d'ouverture » que Deng Xiaoping réussit à imposer aux derniers maoïstes encore au pouvoir.
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Format: Broché
Un roman ambitieux que ce Brothers qui nous dresse, à travers les vies parallèles des faux frères Song Gang, un intellectuel réservé, et Li Guangtou, un ruffian avec la bosse du commerce, un terrible panorama des révolutions subies par le peuple chinois de 1965 à 2000. Au positif, on retiendra cette ambition littéraire, la vivacité de la narration, la subtilité de la description d'une petite et industrieuse ville chinoise. On pourra en revanche regretter la vulgarité assez systématique de l'ensemble, le schématisme du propos et un gros passage à vide en fin de roman (une fois vieillie la belle Lin Hong dont nos deux frères se disputaient les faveurs).
Reste que tout cela n'est pas très important : les 100 et quelques pages relatives au supplice que subissent sous la Révolution culturelle la mère de Li et le père de Song sont d'une puissance telle qu'elles écrasent le reste du roman - qui se lit très vite mais comme distraitement passées ces terribles pages, qui, à elles seules, justifient de lire toutes affaires cessantes ce brûlot.
1 commentaire 6 personnes ont trouvé cela utile. Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non Commentaire en cours d'envoi...
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