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Citoyens et citoyenneté sous la Révolution française : Actes du colloque international de Vizille, 24 et 25 septembre 2004 Broché – 4 janvier 2007


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Description du produit

Extrait

Extrait de l'avant-propos de Michel Pertué :

Dès le XVIIIe siècle, au moment de la Révolution française, et tout au long du XIXe siècle, on s'est interrogé sur les limites et la fonction de la citoyenneté. La crainte de l'ignorance et du fanatisme a longtemps justifié la limitation du suffrage, et lorsque celle-ci n'a plus été possible, cette peur a conduit, au XXe siècle, à l'élaboration d'une théorie et d'une pratique élitistes de la démocratie reposant sur l'idée de consensus social et d'arbitrage électoral, et aboutissant à la paradoxale transformation de l'apathie en vertu politique. Mais la dépolitisation a pris aujourd'hui une telle ampleur que le dispositif symbolique de la représentation devient lui-même problématique et que le jeu politique démocratique est remis en cause. Il est en effet de plus en plus difficile de concilier le maintien du sens de la collectivité avec la «clientélisation» croissante de la citoyenneté, l'idée de la «réinvention du gouvernement» issue du New Public Management et les progrès de la privatisation que Putnam décrit dans Bowling Alone. Si la culture de l'usager-client rencontre encore de grandes résistances en Europe, et notamment en France, il est cependant indéniable qu'elle contribue largement, là comme ailleurs, à l'effritement des notions d'intérêt général et de bien commun, et qu'elle accélère le processus de différenciation qui accompagne la segmentation des populations et la fragmentation des territoires particulièrement évidentes dans des zones de juxtaposition culturelle. Des polarités, hier encore, à l'époque de l'expansion européenne, seulement visibles et sensibles dans les empires coloniaux, sont maintenant évidentes au coeur même des anciennes métropoles et remettent en cause les langages et les codes culturels, élargissant ainsi la crise contemporaine de l'État-nation. Car cette soudure en un mot simple de ces deux éléments composants est en train de lâcher sous la pression d'un double mouvement d'élargissement et de rétrécissement des horizons. De même qu'avant le mouvement des nationalités des peuples avaient pu être partagés entre plusieurs États, ceux-ci rassemblent maintenant à nouveau, après une période d'homogénéisation, des populations de plus en plus hétérogènes et disjointes par des appartenances multiples, et partagent de plus en plus leurs compétences avec des autorités infra et supranationales, de sorte qu'il est désormais plus difficile pour leurs ressortissants d'avoir une idée renanienne de la nation.

Un mot de l'auteur

Citoyens !

Quel plus beau titre pour s'adresser aux lecteurs qui ont envie de découvrir ce livre et s'interrogent comme nous sur les voies et les moyens d'une meilleure implication de l'individu dans la cité ? Nous et non pas je, car ce livre est le fruit d'une réflexion collective initiée par les membres d'une société savante qui s'apprête à célébrer son centenaire, la Société des études robespierristes, fondée en 1907 par Albert Mathiez. Invités à réexaminer la fondation révolutionnaire de la citoyenneté, philosophes, historiens et juristes ont échangé leurs points de vue à Vizille, dans le cadre hospitalier du Musée de la Révolution française. D'où vient la notion de citoyenneté ? Que signifie «être citoyen» ? Le modèle républicain français est-il toujours pertinent ? Les historiens de la Révolution sont très concernés par ces questions, comme le sont aujourd'hui tous les citoyens confrontés aux interrogations sur les critères de la citoyenneté, et aux controverses suscitées par la remise en cause de l'Etat-nation et le dérèglement du modèle français d'intégration.
La notion de citoyen est à l'époque de la Révolution française une notion fondamentale du droit civil, riche de conceptions normatives issues de la tradition républicaine et des principes du droit politique. Peut-on encore trouver chez Rousseau avec sa conception forte de la démocratie quelque enseignement pour nos sociétés modernes ? La figure de l'individu-citoyen prenant part à l'élaboration des lois représenterait-elle le fondement et la limite de la «démocratie participative» ? Comment rendre compte de l'exclusion civique des femmes ? Qu'en est-il de la notion en Europe, en Allemagne et aux Pays-Bas par exemple, à l'époque de la Révolution ? On verra comment la valorisation de la notion et du titre de citoyen à la fin du XVIIIe siècle, loin d'être limitée à la France, se colore de traditions nationales et de valeurs culturelles spécifiques. Le contenu de la citoyenneté, s'il est défini par la loi, tient aux composantes profondes de la société civile et à l'évolution historique des Etats. La comparaison de part et d'autre de l'Atlantique au temps des révolutions témoigne de la complexité des situations et des principes qui régissent l'échelle des droits des individus, comme celle des identités et des appartenances.
En France, la dimension théorique de la notion associée aux valeurs démocratiques et républicaines s'enrichit dans l'événement d'une forte charge émotionnelle et militante en direction de la patrie et de la liberté. La nouvelle identité citoyenne gomme les appartenances ; figure abstraite d'un nouveau lien social qui trouve son expression la plus forte dans le rituel patriotique du serment civique, elle génère aussi un ensemble de pratiques militantes dans l'espace public et dans les assemblées où «on s'honore du titre de citoyen». Sous la révolution, la citoyenneté se vit au quotidien : le bon citoyen respecte la loi, acquitte ses contributions, cela s'entend ; il monte aussi ses gardes, prend part aux assemblées et aux célébrations patriotiques, et vole au besoin au secours de la patrie. La citoyenneté se construit dans la pratique des assemblées de citoyens où l'élargissement du suffrage se conjugue à une expérience politique originale : car l'espace électoral n'est pas fermé à la discussion. La révolution s'offre comme une chance inédite de favoriser l'éducation civique et l'apprentissage de la démocratie. «Ayez donc une conscience publique... Honorez l'esprit mais appuyez-vous sur le coeur» dit Saint-Just. Toutes les institutions sont sollicitées pour diffuser les nouvelles valeurs républicaines ; tout concourt à exalter l'esprit civique, des expressions de la citoyenneté dans la littérature et les arts aux représentations du citoyen sur les tréteaux de la révolution.
A côté des figures du citoyen et des pratiques de la citoyenneté, ce livre explore le devenir d'une notion toujours vivante, du titre à la notion et aux appellatifs «citoyen» et «citoyenne». Avec leurs légendes suggestives, qui portent témoignage de la magie du mot, les illustrations réunies dans ce volume véhiculent une représentation collective forte des «patriotes» de la révolution, de la gouache de Lesueur représentant «Des Citoyens chantant l'hymne des Marseillais» aux gravures qui valorisent les gestes militants, comme celui des citoyennes venues faire don de leurs bijoux à l'Assemblée nationale. Puissent la lecture de ces essais et l'évocation des citoyens de 1789 tisser entre nous de solides liens de fraternité !

Raymonde Monnier

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