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Connemara: Porté par le vent Broché – 5 mars 2014

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Extrait

Scailp

Ces dernières années, à de nombreuses reprises, mes explorations de Roundstone Bog, la tourbière de Roundstone, m'ont mené à un endroit du nom de Scailp. Depuis le village de Roundstone, au bord de la mer, il existe plusieurs chemins distincts pour s'y rendre, dont aucun n'est facile. Les tourbières constituent un terrain enclin à l'obstruction, aux discussions, aux chicanes, aux contestations; elles exigent des négociations pied à pied. L'exploit que représente un aller et retour jusqu'à Scailp en un seul après-midi me laisse fourbu, mais grisé ; je me prends à admirer ma capacité d'avancer aussi vite sur une surface aussi traîtresse et je dois me rappeler que ce n'est qu'un prêt de la bonne fortune, qui ne tardera pas à m'être retiré. Dans l'idéal, me semble-t-il, on devrait entreprendre une randonnée avec autant de respect pour ses impératifs horaires, ses structures et ses cérémonies d'humeur qu'on en accorde à l'audition d'un morceau de musique. La conversation, dès qu'elle ne concerne pas ce qu'on a autour de soi ou sous les pieds, est aussi redondante qu'inopportune. La solitude est préférable. Je ne sais pas danser, peut-être parce que la danse se déroule sur le plat, une surface qui ne m'inspire aucun rythme et laisse ma volonté embourbée dans ma gaucherie naturelle ; au lieu de danser, j'aspire à un talent compensatoire pour la marche, non pas en prenant le dessus sur le terrain à parcourir, mais en tenant compte de chaque accident de terrain et de chaque essence dans mon équilibre corporel et ma compréhension. Quelquefois, cependant, après une de ces marches quasi cérémoniales ou rituelles, je suis déçu de m'apercevoir que mon sac à dos mental est pour ainsi dire vide ; je n'ai couvert la distance qu'avec mes jambes, pas avec mon esprit. Mais peut-être cela vaut-il mieux dans le cas d'une randonnée à destination d'un endroit tel que Scailp, où il n'y a rien ou presque ; je m'en vais là-bas pour me colleter avec le vide, et le succès consisterait à ne strictement rien rapporter à la maison, pas même un catalogue de découvertes et d'observations, ni cette bouffée égocentrique, assez excitante, ma foi, de sueur et de nature sauvage.
Du fait que Roundstone s'est étalé si loin dans les deux directions, le long de la route du bord de mer, le chemin le plus court pour sortir du village est de partir droit vers l'intérieur des terres ; on remonte la venelle qui part du port, en passant devant l'entrée de service du bar O'Dowd, puis devant Fair Green, le petit groupe d'HLM construit par les autorités municipales dans les années 1980. Bientôt, je dois choisir entre aller tout droit en direction des versants raides et dépenaillés d'une colline, Errisbeg Hill, ou bien tourner à droite pour suivre une piste qui gravit lentement les flancs de deux éminences moins hautes et plus arrondies, Roundstone Hill et Letterdife Hill. Cette fois-ci, je vais aller tout droit. La route passe devant quelques cottages éparpillés et quelques bungalows plus récents, avec abondance de lucarnes et de pelouses bien tondues, alternant étrangement avec des champs en friche envahis par des buissons d'ajoncs ; le village a clairement revendiqué la possession de ce triangle de terre agricole sous-exploitée, entre la zone côtière très construite et la ligne des collines. Des poteaux télégraphiques s'appuient contre les branches des aulnes, à la lisière d'un petit bois sombre; il émane de ce décor une rusticité ébouriffée par le vent ; il a besoin de se repeigner et de faire disparaître ses pans de chemise dans son pantalon avant de regagner la grand-rue. Les fossés d'écoulement, le long de la route, regorgent d'une vie végétale où se mêlent des plantes indigènes et des intruses sauvages; de hautes rangées de roseaux, qui ploient, se prosternent et chuchotent entre eux, sur votre passage, alternent avec les fourrés denses que forment les tiges brinquebalantes de la renouée du Japon, assez proches des bambous ; c'est une espèce invasive dont les jeunes branches sont capables de s'insinuer dans les fissures du béton. Je me rappelle être passé devant un homme âgé, armé d'un râteau à long manche, péniblement occupé à extraire des fossés qui bordaient un champ très humide, au bord de la route, des masses de végétation détrempée ; il épongeait son front rembruni, en pestant : «C'est bien la dernière fois que je coupe des roseaux et que je les laisse repousser derrière moi !», voulant dire par là qu'à l'avenir, il les traiterait avec un désherbant toxique. Mais l'année suivante, il a été admis dans la maison de retraite de Clifden et son champ est de nouveau envahi par les roseaux. Le petit agriculteur est en voie de disparition et de grands buissons d'ajoncs étiques poussent sur les anciens pâturages ; parfois, quelqu'un y met le feu et noircit un arpent ou deux, mais dès le mois de juin suivant, ils sont aussi dorés qu'avant ; il ne reste plus rien d'autre à faire qu'à vendre les lieux comme terrains à bâtir.

Présentation de l'éditeur

Ce livre a été salué comme un chef-d'oeuvre, comparé au Walden de Thoreau, ou aux Îles Aran de J.M. Synge, élu «livre de l'année» par le Guardian et l'Observer, jugé «tour de force littéraire» par lain Sinclair, Colm Tóibín, Joseph O'Connor, John Banville : le sommet de l'oeuvre, peut-être, du plus grand «nature writer» des temps présents.
Et pourtant, «nature writer», Tom Robinson le sera devenu par hasard : c'est juste en quête d'un lieu tranquille qu'il s'était installé en Irlande avec en projet l'écriture d'un roman. Il n'avait pas prévu qu'en fait de «tranquillité» les lieux prendraient possession de lui, dans le même temps qu'ils le révéleraient à lui-même. Et dès lors il n'aura plus en tête que de traquer ce mystère. Dans les bruits du vent, porteurs de mille histoires, dans les silences des mousses et des tourbières, le vol des oiseaux, la dentelle de pierre du rivage, comme si aux sinuosités de la géographie répondaient celles des habitants, à la musique de bourrasques et de rocaille celle de leur parler, de leur culture, de leurs récits.
Rarement on aura rendu l'esprit de cette terre âpre du Connemara avec ce mélange de précision et de poésie, de souci du détail et d'ouverture sur l'illimité, par la grâce d'une prose aérienne et d'un don de conteur hors du commun.

Tim Robinson, cartographe, mathématicien de haut vol, diplômé de Cambridge, peintre, artiste plasticien, est né en 1935 dans le Yorkshire. Il vit depuis 1972 en Irlande. Sa trilogie Connemara, dont Porté par le vent est le premier volet, a reçu l'Irish Book Award et l'Argosy Irish Book of the year.

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Meilleurs commentaires des clients

Par Seb17 le 14 septembre 2014
Format: Broché Achat vérifié
Un écrivain voyageur local qui nous emmène au cœur de la culture, de l'histoire et des paysages... A lire absolument, avant ou après un voyage en Irlande.
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