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Dispersés par le vent Poche – 19 août 2004

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Description du produit

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Le temps est une ligne droite que l'on peut tordre à souhait. Sonja vit avec à l'esprit cette distorsion permanente où le passé chevauche le présent, où la lumière des temps anciens, le souvenir et les réminiscences vrillent son existence jusqu'à tracer une cage qu'il faudra ouvrir pour avancer. Sonja, parce qu'elle est enceinte, parce qu'elle va devenir mère, décide d'exorciser son enfance et son adolescence : l'époque où sa mère les abandonna elle et son père aux hivers rudes de Tasmanie suivie par les années de violence habitées par le fantôme monstrueux d'un père brutal. L'époque aussi, révolue, où ses parents formaient un véritable couple en quête d'un nouveau monde. Pour comprendre, apprivoiser ce passé vécu comme un gouffre, Sonja décide de revenir en arrière, d'aller à la rencontre de ce père bourreau, de cette mère absente et de l'histoire de ces peuples qui dans l'exil ne peuvent faire autrement que de laisser un bout d'eux-mêmes.
Richard Flanagan possède le don du récit poétique, des phrases arabesques liant les êtres et la terre, creusant la matière en quête d'une trace de leur existence. C'est dans une langue bouleversante qu'il mène son héroïne à la recherche d'elle-même et de l'histoire de ses parents, saisissant l'instant où chaque révélation en entraîne d'autres. Dans ce roman habilement construit, il fait naviguer ses personnages le long de cette illusoire ligne du temps en décrivant des êtres qui sont à peine des survivants et que, pourtant, l'amour et la soif de vivre poussent vers l'avant. --Hector Chavez --Ce texte fait référence à l'édition Broché.

Extrait

1954
Ce qui suit, vous finirez par le comprendre mais jamais par le connaître, et tout s’est passé il y a longtemps, très longtemps, dans un monde qui s’est abîmé dans la tourbe au cours d’un hiver oublié sur une île dont peu de gens ont jamais entendu parler. Tout a commencé avant que la neige ne recouvre, complètement, irrévocablement, les empreintes sur le sol. Au moment où les nuages noirs ensevelissent les cieux éclairés par la lune et les étoiles, au moment où des ténèbres sans ombre se posent sur la terre murmurante.
À ce moment précis où le temps allait basculer, les souliers grenat de Maria Buloh atteignirent la troisième et dernière marche poudrée de neige devant leur baraque en bois. Ce fut alors, comme elle détournait la tête de la baraque, que Maria Buloh sut qu’elle était déjà allée trop loin et qu’elle ne pourrait plus revenir en arrière.
Certains disent qu’elle fut tout simplement emportée hors de la ville, cette nuit-là, par les vents impétueux du blizzard ; que le souffle tourbillonnant et tempétueux de la tourmente la souleva et qu’elle le chevaucha, tel un ange, jusque dans la forêt au loin, qu’elle vola, tel un spectre, jusque dans les terres sauvages qui s’étendaient aux quatre coins, passé ce lieu brûlant comme le point d’impact d’une balle dans la chair.
Mais ce n’est pas ainsi que cela s’est passé, bien sûr. Certains disent même qu’elle devint le vent lui-même, qu’elle se mua en cette bourrasque qui allait les frapper tous de sa malédiction. Mais des vents si terribles ne sont pas chose qu’on puisse chevaucher comme dans un rêve. On ne peut que s’arc-bouter contre eux et c’est ce que fit Maria Buloh, car elle était une femme de bon sens après tout, quoi que les gens disent, elle n’était en rien une femme frivole, alors elle s’arc-bouta contre le vent comme si c’était un mur susceptible de s’écrouler sur elle à tout moment, et elle serra son manteau écarlate, ce manteau écarlate miteux, autour de son corps frêle. Mais même ce geste anticipe sur cette histoire, car les vents ne devaient pas se déchaîner avant que ses pas l’aient portée presque hors du campement. Et elle avait une bonne distance à parcourir avant d’arriver si loin.
« Mama ! » Maria Buloh entendit la voix d’une petite fille à l’intérieur de la baraque. Et puis une fois encore, davantage un gémissement cette fois-là – « Mama... » Maria Buloh s’arrêta sur la marche, regardant dans toutes les directions sauf celle de la baraque derrière elle tout en essayant d’apaiser l’enfant qu’elle avait laissée à l’intérieur. Maria Buloh considéra ses souliers grenat, observa la magnifique empreinte que des souliers aussi usés faisaient dans la neige fraîche, vit sur les deux premières marches la trace de ses pas commencer à disparaître dans une nouvelle rafale de neige et s’émerveilla de la nature de la beauté, s’émerveilla du bref répit accordé à tout ce qui est bon avant d’être effacé. « Aja, aja », dit Maria Buloh, essayant d’apaiser l’enfant avec les mots que les mères employaient toujours dans son pays pour endormir leurs enfants. « Aja, aja. »
En s’éloignant, elle ne se retourna pas pour regarder la baraque mais laissa ses regards vaguer vers le ciel, le laissa vagabonder au-delà du fouillis et de l’encombrement du campement jusque dans la forêt sombre. Elle regarda les ténèbres de la nuit tout là-haut. Regarda la neige tomber dans les cônes de lumière électrique jaune. Observa la neige qui tournoyait avant de toucher terre. La manière dont les flocons blancs tournaient et viraient dans les airs comme s’ils étaient le temps qui passe non pas constamment mais erratiquement. Maria Buloh observa la manière dont la neige en tombant révélait que l’air n’était jamais immobile, mais renfermait d’infinies complexités tournoyantes, des possibilités illimitées d’inexplicables mouvements gracieux.
Maria Buloh eut le sentiment d’être à ce moment-là en train de voir toute chose, elle-même y compris, comme si elle était dans un film et que c’était là un décor de film. En pensant de la sorte elle n’entendit pas les bruits lointains de sa fille qui l’appelait à l’intérieur de la baraque qu’elle venait de quitter.
Des bruits étranges. Des bruits qu’elle ne voulait pas entendre. « Mama », criait l’enfant, mais sa mère ne voulait pas entendre. « Aja, aja », dit Maria Buloh d’une voix apaisante, mais nul ne peut savoir si ces mots étaient pour elle-même, pour son enfant, ou pour rien, car elle était déjà loin de leur baraque et la neige, n’importe comment, étouffait tout bruit. « Aja, aja. » Elle continua à regarder, tout lui semblait nouveau, comme sans rapport avec elle. Elle vit que toute la scène noire et blanche était éclairée par les lumières électriques crues bordant ce qui passait pour une rue, que de chaque côté de la rue il y avait des baraques en grossières planches verticales, au toit en tôle ondulée, aux cheminées en tôle ondulée, et qu’à certains de ceux qui vivaient là cela faisait resurgir des souvenirs bien trop douloureux de camps de travail forcé en Oural ou en Sibérie. Mais elle savait que ce n’était pas l’URSS de Staline. Savait que ce n’était ni Kolyma, ni Goli Otok, ni Birkenau. Savait que ce n’était même pas l’Europe. Savait que c’était, sous la neige, un chantier de construction de la Commission hydroélectrique appelé Butlers Gorge, posé comme une plaie dans la jungle d’une forêt tropicale.
Dans cette contrée d’espace infini, les baraques étaient toutes construites côte à côte, comme si les bâtiments aussi se blottissaient les uns contre les autres en rangs serrés, tremblant devant la force, le poids et le silence de l’inconnaissable, qui était peut-être bénin, peut-être même indifférent aux gens, mais que leurs terribles histoires individuelles – chroniques de siècles d’inhumanités et d’horreurs récurrentes emportées avec quelques napperons de dentelle, photographies gondolées, habitudes curieuses et façons bizarres de se nourrir – leur permettaient seulement de redouter. Parce que ne pas avoir peur revenait à imaginer un monde dépassant leur expérience. Et c’était trop pour qui que ce soit.
[...] --Ce texte fait référence à l'édition Broché.

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MEMBRE DU CLUB DES TESTEURSle 19 septembre 2005
Format: Poche
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MEMBRE DU CLUB DES TESTEURSle 4 novembre 2010
Format: Poche
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MEMBRE DU CLUB DES TESTEURSle 25 avril 2016
Format: Poche|Achat vérifié
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le 13 juin 2016
Format: Poche|Achat vérifié
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