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EMPREINTE ITALIENNE, IMMIGRATION A MARSEILLE 1830-1960 Broché – 10 octobre 2013

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Extrait

Extrait de l'introduction

«Un jour, pour calmer mon esprit en proie au doute, j'ai dû acheter une géographie et contrôler de mes yeux que Marseille était bien dans un département qui s'appelait les Bouches-du-Rhône. J'ai fermé la géographie. Le lendemain, je l'ouvris de nouveau. Marseille était dans les Bouches-du-Rhône, cependant les Bouches-du-Rhône devaient être en Italie. Et bien ! non, ce département était en France». C'est avec malice, et un brin d'inquiétude, qu'Albert Londres décrit dans Marseille Porte du Sud l'importance qu'a prise la population italienne de la cité phocéenne en 1926. À la date à laquelle écrit le journaliste, cette très forte empreinte est le résultat de près d'un siècle d'immigration dans la région marseillaise. Depuis 1911 et tout au long de l'entre-deux-guerres, la présence italienne tend à se stabiliser autour de 100 000 personnes dans les Bouches-du-Rhône. Les Italiens sont arrivés massivement au cours de la seconde moitié du XIXe siècle : leur nombre a, en effet, été multiplié par près de 7 entre 1851 et 1911, passant de 4 % à 14 % des habitants du département. Ils incarnent quasiment à eux seuls l'immigration dans le département, au moins jusqu'au premier conflit mondial : ils représentent entre 80 et 90 % de la population étrangère du département de 1851 à 1911. Les Bouches-du-Rhône accueillent donc une grande part de l'immigration italienne en France La concentration y est unique en Europe jusqu'à la Première Guerre mondiale. Par la suite les migrants italiens se dirigent davantage vers le Nord, l'Est, la région parisienne ou le Midi aquitain. Dans les Bouches-du-Rhône, environ 9 Italiens sur 10 résident à Marseille où ils représentent, en tenant compte des naturalisés, environ un quart de la population en 1911. Cela est lié, bien sûr, au poids démographique de Marseille dans la population départementale, mais pas uniquement. La ville offre de nombreux débouchés aux migrants, qui la privilégient tout au long de la période de la grande immigration italienne, du milieu du XIXe siècle au milieu de XXe siècle. Malgré cette surreprésentation des Italo-Marseillais, la présence italienne est également importante dans les petites villes et villages industriels du département. En 1906, ils représentent 29% de la population de Port-de-Bouc, 48% de celle de Gardanne et même jusqu'à 59% de celle de Roquefort-la-Bédoule.

La présence massive de ces migrants en provenance de l'autre côté des Alpes s'explique de différentes façons. La proximité géographique est, bien sûr, un élément d'explication. Les migrations sont, au XIXe siècle, des phénomènes essentiellement frontaliers. Il n'est donc pas étonnant de trouver des Italiens dans le Sud-Est de la France, pas plus qu'on ne sera surpris de voir de nombreux Belges s'établir dans le Nord du pays. Les déplacements de populations, le plus souvent saisonniers mais parfois définitifs, ont lieu, au moins depuis le Moyen Âge, dans un espace englobant la Provence, le Piémont et la Ligurie. Il existe donc de longue date des habitudes migratoires entre ces territoires, comme celles des paysans, des marins et pêcheurs ou encore des marchands et négociants. Dans une certaine mesure, ces habitudes se prolongent puisque la présence d'Italiens du Nord, si elle n'est plus exclusive, est toujours forte parmi les migrants à l'époque contemporaine. À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, ce sont toutefois les aspects démographiques et économiques qui expliquent non pas la présence mais l'accroissement spectaculaire du nombre d'Italiens dans la région marseillaise. La natalité française, déjà faible depuis la fin du XVIIIe siècle, atteint le non-renouvellement des générations dans le dernier tiers du XIXe siècle. Les saignées démographiques que représentent les guerres, en 1870 mais bien plus encore la Première Guerre mondiale, ne font qu'accentuer une situation préoccupante. Or, dans un contexte de fort développement économique, l'appel à la main-d'oeuvre étrangère est indispensable. On observe bien cette logique à l'échelle régionale. La croissance marseillaise et celle de sa région reposent sur des secteurs d'activité réclamant l'emploi d'une main-d'oeuvre nombreuse, peu qualifiée et à bas coût. C'est en particulier le cas des activités liées aux fonctions portuaires de Marseille, commerciales ou industrielles, qui nécessitent le transbordement de marchandises mais aussi leur transformation. La conquête de l'Empire colonial au XIXe siècle et son apogée dans l'entre-deux-guerres faisant de Marseille le coeur des échanges avec l'outre-mer, ces activités trouvent à se développer de manière importante. Mais d'autres secteurs économiques réclament également de la main-d'oeuvre. L'industrie marseillaise et régionale tout d'abord, avec par exemple ses industries chimiques, métallurgiques, ses mines, ses carrières ; mais aussi le secteur du bâtiment et des travaux publics, le processus d'industrialisation se traduisant par la construction d'infrastructures modernes - canaux, routes, voies de chemin de fer - et par une forte croissance urbaine.

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Format: Broché Achat vérifié
Commande effectuée pour offrir à mon papa qui est un immigré italien qui a connu le déracinement de son pays à 15 ans pour venir vivre à Marseille.
La lecture de ce beau livre bien illustré a été très émouvante et a fait remonter à la surface de beaux souvenirs
Le texte est précis , plein d'anecdotes et se lirait presque comme un roman ; on apprend des choses très instructives sur l'arrivée des italiens à Marseille
A recommander pour toute personne qui a vécu cette immigration mais aussi pour tous les autres qui apprendront des choses passionnantes sur les italiens et Marseille
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