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5,0 sur 5 étoiles
Fumée
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500 PREMIERS REDACTEURS D'AVISle 3 mai 2011
Il y a deux romans en un dans ce Fumée de 1867.
Le premier touche à un genre fort pratiqué à cette époque de remise en question de la Russie : la peinture des hésitations des élites russes traditionnelles et des classes moyennes émergentes entre réaction, libéralisme et révolution. Dans la petite ville de Baden-Baden où se tient l'action, le héros Litvinov sera ainsi amené à fréquenter des aristocrates militaires ultraconservateurs comme des aspirants révolutionnaires et ces deux cercles, dépeints avec une égale férocité par Tourguéniev, lui laisseront le même goût amer, la sympathie de l'auteur allant clairement à une approche plus libérale, à l'occidentale.
Et puis il y a le roman d'amour qui reprend largement le motif de Premier amour. Il y a dix ans, Litvinov a aimé Irina. Mais lorsque la famille en voie de déclassement de cette dernière a vu l'opportunité d'un beau mariage se présenter, elle a poussé la jeune fille dans les bras de puissants parrains. A Baden-Baden, les anciens amants, amoureux comme au premier jour, se retrouvent, elle mariéee à un général, lui lié à une fiancée. Oseront-ils quitter leur confort et rompre leurs engagements ?
Tourguéniev déploie la même maestria dans les deux volets (satirique et sentiemental) du roman et c'est un immense plaisir que de lire cette admirable illustration de l'art du roman classique du XIXè à son apogée : composition rigoureuse, précision naturaliste des lieux et des activités, seconds rôles brillants, sens de la formule... On ne peut cependant s'empêcher de penser que les deux aspects sont assez artificiellement reliés, ce qui ne nuit pas au plaisir de la lecture mais crée une petite déception rétrospective.
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1000 PREMIERS REDACTEURS D'AVISle 3 février 2010
Litvinov découvre dans sa chambre un bouquet d'héliotropes porté en son absence. Une réminiscence, vague, insaisissable, est soulevée par l'arôme lourd et entêtant des fleurs avant qu'elle n'éclaire la conscience sur un fragment malheureux du passé. Peut-on survivre à un premier amour, extirper de l'âme son souvenir et l'enterrer définitivement?
Dix ans se sont écoulés lorsque le héros de ce roman magnifique et injustement méconnu revoit dans la villégiature de Baden-Baden la fière jeune femme au regard empreint de mystère qu'il aima passionnément dans sa jeunesse mais qui lui préféra un mari issu de la haute société pétersbourgeoise et un rang social plus digne de ses origines nobles. Litvinov, pourtant fiancé à la douce Tatiana, pourra-t-il ignorer la présence de celle qui fut son premier amour?
L'art romanesque est parfaitement accompli: ce sont les eaux limpides, cristallines, d'un style et d'une composition qui semblent couler de source. Et pourtant ce sont des eaux troubles que remue le récit de Tourgueniev. L'intrigue déploie des scènes d'une incandescence romanesque intense, où l'homme, partagé entre deux femmes, plonge dans les affres d'une tragédie intime irrésoluble. Eaux glaçantes, puisque s'y révèle à nouveau le motif le plus obsédant de l'oeuvre de Tourgueniev, soit une douloureuse et incurable blessure oedipienne: ici encore l'amour est confisqué au héros par un rival d'une classe supérieure (c'était la figure du père dans "Premier amour", c'est ici un personnage d'un plus haut rang social) et la paralysie qu'induit cet échec amoureux s'amplifie et se prolonge jusque dans le regard que Ltivinov porte sur la destinée de la Russie. S'il ne croit pas aux progrès de l'humanité, si les débats d'actualité entre Slavophiles et Occidentalistes l'exaspèrent au plus haut point, ne faut-il pas y voir l'empreinte d'un vécu affectif originairement entravé, "bloqué", qui accable sa vision de l'Histoire d'un poids inconscient et l'empêche de croire qu'un jour "les fils" sauront dépasser "les pères"... L'arrière-plan social, d'un pessimisme aux accents déjà tchékhoviens, n'est pas à lire comme une intrigue adventice mais s'articule parfaitement au drame intérieur du héros blessé. La vision portée sur la Russie s'est assombrie, jusqu'à la caricature: les contemporains n'y sont de que de ridicules et d'hypocrites pantins. Loin des débats vains des salons ("Fumée! Fumée!"), l'amour est sanctifié, mais c'est d'un amour irrémédiablement perdu qu'il s'agit, dont il faut faire le deuil au terme d'une lutte perdue d'avance: "Les hommes positifs comme Litvinov ne devraient jamais s'abandonner à la passion; elle détruit le sens même de leur vie... Mais la nature ne se plie pas à la logique, à notre logique humaine. Elle a la sienne, que nous ne comprenons pas, que nous ne reconnaissons pas, jusqu'à ce qu'elle nous écrase." Cependant, que la séduction des souvenirs est vénéneuse! Et comme elle empoisonne les racines de l'espérance en un avenir meilleur... Les filaments de l'intime et de l'Histoire s'entretissent subrepticement sur le canevas d'une oeuvre implacable, tourmentée et testamentaire.
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