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Georges Albertini Broché – 30 août 2012


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Description du produit

Extrait

Extrait de l'introduction

De rares ouvrages ont été consacrés à Georges Albertini. Il méritait mieux. Non que sa vie politique appelât les honneurs et les hommages, mais sa carrière présente beaucoup d'intérêt, ne serait-ce que par sa diversité et par les noms et les titres de ceux qu'il a côtoyés.
Diversité ? C'est le moins qu'on puisse dire. Le parcours politique de Georges Albertini a même de quoi surprendre. Socialiste et pacifiste, un des animateurs de la Fédération de la SFIO et de l'Union départementale CGT dans l'Aube de 1936 à 1939, Georges Albertini approuve l'armistice de juin 1940 et les pleins pouvoirs accordés au maréchal Pétain, puis adhère au Rassemblement national populaire de Marcel Déat, un des principaux partis collaborationnistes. Anticommuniste, antimaçon et antisémite, il souhaite passionnément la victoire de l'Allemagne nazie.
Le cas Albertini permet ainsi de se pencher sur ces hommes de gauche qui choisirent la Collaboration, et de s'interroger sur leurs motivations personnelles comme sur leurs justifications idéologiques.
Mais ce ne sont pas les seules facettes du personnage. Sa vie politique et même sa vie tout court auraient pu s'arrêter à la Libération. Or, il n'écope que de cinq ans de travaux forcés quand d'autres, moins engagés que lui, sont fusillés. Il reprend du service dès 1949, après que le président de la République, Vincent Auriol, l'a fait bénéficier d'une remise de peine, aux côtés de la SFIO de Guy Mollet et de Pierre Commin, le numéro 2 du parti, dont il est un intime.
Soutenu financièrement par une partie du patronat français et surtout par les services secrets américains, Albertini applaudit ensuite au recours à de Gaulle en 1958 et fréquente désormais les allées de la Ve République, auprès de Marie-France Garaud et de Pierre Juillet, de Georges Pompidou et de Jacques Chirac. Ami de Roger Frey et de Jacques Baumel, il est resté constamment dans la hantise d'un nouveau Front populaire qui permettrait aux communistes de submerger François Mitterrand. Il s'en ouvrira d'ailleurs à Jean-Baptiste Doumeng, celui qu'on appelait, non sans facilité, «le milliardaire rouge», dont il espérait la protection, «au cas où». Il meurt en 1983.
Malgré ce trajet en apparence chaotique, Albertini pensait suivre une voie cohérente, celle d'un socialisme autoritaire, national et anticommuniste. Sans doute, cela n'alla pas sans aveuglement et sans indifférence de sa part aux horreurs que nous connaissons tous et qu'il voulut ignorer. Et l'on pourrait aussi penser que le gaullisme qu'il appuyait n'était pas la voie la meilleure pour faire triompher le «socialisme».
La manière qu'avait Georges Albertini de justifier ses relations, ses efforts et ses intrigues dans les sphères gouvernementales les plus diverses par le choix d'une «politique de présence», pour reprendre avec lui l'expression de Léon Jouhaux, suscite aussi bien des questions. Et si ce qui l'attirait, au moins autant que l'usage qu'il pouvait en faire, ce n'était pas justement le pouvoir lui-même, en tout cas sa proximité (car il resta toujours, comme on l'a souligné à satiété, un «homme de l'ombre») ? Pourtant, cette passion du pouvoir, de ses plaisirs et de ses illusions démiurgiques, Georges Albertini l'a mise au service d'un objectif qui, d'une certaine façon, la transcendait : la lutte contre le communisme. C'est ce qui explique le crédit dont il bénéficia dès 1949-1950 auprès du patronat français et de la CIA. C'est ce qui explique aussi que Boris Souvarine, expert en communisme et dénonciateur infatigable de l'Union soviétique, se lia étroitement avec lui.

Présentation de l'éditeur

L'incroyable parcours de la plus grise des éminences françaises du XXe siècle.

Le nom de Georges Albertini s'est longtemps chuchoté entre initiés avec des mines de conspirateur. C'est qu'il a tiré bien des ficelles, dans l'ombre des grands hommes, de Marcel Dréat sous l'Occupation à Jacques Chirac à Matignon, en passant par Guy Mollet, Edgar Faure, Georges Pompidou...

Cet enseignant socialiste, né en 1911, syndicaliste et pacifiste passé à la Collaboration, très protégé lors de son procès en 1944, a déployé sous la IVe et la Ve République une inlassable activité anti-communiste, financée par le patronat et surtout la CIA, avec centre d'archives, revues, brochures et lobbying intense, faisant merveille dans les milieux politiques autant de gauche que de droite, et même à l'étranger.
Toujours au plus près du pouvoir, l'itinéraire de cet homme de réseaux mort en 1983, passionné et contestable, révèle bien des aspects méconnus et sulfureux d'un demi-siècle de vie politique française.

Pierre Rigoulot, philosophe et historien, est directeur de l'Institut d'histoire sociale, consacré à l'histoire du communisme, du socialisme et du syndicalisme, et qui possède une grande partie des archives d'Albertini. Il a en particulier publié Des Français au goulag, La Tragédie des Malgré-nous, Les Enfants de l'Epuration, La Véritable Histoire d'Ernesto Guevara.

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