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Gomorra: Dans l'empire de la camorra Broché – 18 octobre 2007

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Extrait

Le port

Le conteneur oscillait tandis que la grue le transportait jusqu'au bateau. Comme s'il flottait dans l'air. Le sprider, le mécanisme qui les reliait, ne parvenait pas à dompter le mouvement. Soudain, les portes mal fermées s'ouvrirent et des dizaines de corps tombèrent. On aurait dit des mannequins. Mais lorsqu'ils heurtaient le sol, les têtes se brisaient bien comme des crânes. Car c'étaient des crânes. Des hommes et des femmes tombaient du conteneur. Quelques adolescents aussi. Morts. Congelés, recroquevillés sur eux-mêmes, les uns sur les autres. Alignés comme des harengs dans une boîte. Les Chinois qui ne meurent jamais, les éternels Chinois qui se transmettent leurs papiers d'identité : voilà où ils finissaient. Ces corps dont les imaginations les plus débridées prétendaient qu'ils étaient cuisinés dans les restaurants, enterrés dans les champs près des usines ou jetés dans le cratère du Vésuve. Ils étaient là et s'échappaient par dizaines du conteneur, leur nom inscrit sur un carton attaché autour du cou par une ficelle. Ils avaient tous mis de côté la somme nécessaire pour se faire enterrer chez eux, en Chine. On retenait une partie de leur salaire, en échange de laquelle, après leur mort, leur voyage de retour était payé. Une place dans un conteneur et un trou dans quelque lopin de terre chinois. Quand le grutier du port m'a raconté cette histoire, il a placé ses mains sur son visage en continuant à me regarder à travers ses doigts écartés, comme si ce masque lui donnait le courage de poursuivre. Il avait vu s'abattre des corps et n'avait même pas eu besoin de donner l'alarme ou d'avertir qui que ce soit. Il avait simplement déposé le conteneur au sol et des dizaines de personnes, sorties de nulle part, avaient remis tous les corps à l'intérieur avant de nettoyer le quai avec un jet d'eau. C'est ainsi que ça se passait. Il n'arrivait toujours pas à y croire, il espérait que c'était une hallucina­tion provoquée par un surcroît d'heures supplémentaires. Il a serré les doigts pour se couvrir complètement le visage et continué à parler en pleurnichant, mais je ne comprenais plus ce qu'il me disait.
Tout ce qui a été fabriqué passe par le port de Naples. Il n'est nul produit manufacturé, tissu, morceau de plastique, jouet, marteau, chaussure, tournevis, boulon, jeu vidéo, veste, pantalon, perceuse ou montre qui ne transite par ce port. Le port de Naples, cette blessure. Grande ouverte. Le point final des interminables trajets que parcourent les marchandises. Les bateaux arrivent, s'engagent dans le golfe et s'approchent de la darse comme des petits attirés par les mamelles de leur mère, à ceci près qu'ils ne doivent pas téter mais se faire traire. Le port de Naples est un trou dans la mappemonde d'où sort tout ce qui est fabriqué en Chine ou en Extrême-Orient, comme se plaisent encore à l'écrire les journalistes. Extrême. Lointain. Presque inimaginable. Si l'on ferme les yeux, on voit des kimonos, la barbe de Marco Polo ou le coup de pied latéral de Bruce Lee. En réalité, cet Orient est relié au port de Naples comme aucun autre endroit au monde. Ici, l'Orient n'a rien d'extrême, le très proche Orient, devrait-on dire, le moindre Orient. Tout ce qui est produit en Chine est déversé ici comme un seau d'eau qu'on vide dans le sable et dont le contenu détériore, creuse et pénètre en profondeur. 70 % du volume des exportations de textile chinois transitent par le seul port de Naples, ce qui ne représente pourtant que vingt pour cent de leur valeur. C'est une bizarrerie difficile à comprendre, mais les marchandises ont leur magie, elles peuvent être à un endroit sans y être, arriver sans jamais vraiment arriver, coûter cher au client tout en étant de qualité médiocre, et valoir peu aux yeux de la douane tout en étant précieuses. Car le textile regroupe de nombreuses catégories de biens et il suffit d'un trait de stylo sur le bordereau d'accompagnement pour réduire les frais et la T.V.A. de façon drastique. Dans le silence de ce trou noir qu'est le port, la structure moléculaire des choses semble se décomposer puis se recomposer une fois loin de la côte. Les marchandises doivent quitter très vite le port. Tout se déroule rapidement, au point que les choses disparaissent presque aussitôt. Comme si rien ne s'était passé, comme si tout n'avait été qu'un geste. Un voyage inexistant, un faux accostage, un bateau fantôme, une cargaison évanescente. Comme s'il n'y avait rien eu. Une évaporation. La marchandise doit parvenir entre les mains de l'acheteur sans laisser de trace de son parcours. Elle doit rejoindre son entrepôt, vite, immédiatement, avant que le temps reprenne son cours, le temps nécessaire à un éventuel contrôle. Des quintaux de marchandises qui circulent aussi facilement qu'un pli livré à domicile par le facteur. Dans le port de Naples, avec ses un million trois cent trente-six mille mètres carrés et ses onze kilomètres et demi de longueur, le temps se dilate d'une façon inédite. Ce qui pourrait prendre une heure à l'extérieur semble y durer à peine plus d'une minute. La proverbiale lenteur qui caractérise dans l'imaginaire collectif chaque geste d'un Napolitain est ici démentie, niée, brisée. Les premiers contrôles douaniers surviennent dans un laps de temps que les marchandises chinoises prennent de vitesse. Impitoyablement rapides. Ici, chaque minute semble annihilée, c'est un massacre de minutes, de secondes volées aux formalités, poursuivies par les accélérations des camions, tirées par les grues, emportées par les chariots élévateurs qui vident les entrailles des conteneurs.

Revue de presse

Enfin un grand livre ! Le sujet est terrible : une enquête romanesque au coeur de la Camorra, la mafia napolitaine, et l'empreinte qu'elle laisse dans la vie d'une région (la Campanie). Mais ce qui fait la grande qualité de ce livre, c'est son traitement littéraire, sobre, d'une grande justesse, qui permet au lecteur de pénétrer au plus intime d'un monde violent, ignoré ou caricaturé...
Son livre oscille entre le roman et l'enquête. Mais rien à voir avec ces «rom-enquêtes» paresseux. Le style est si maîtrisé par le jeune écrivain qu'il accède au grand art. Saviano a épluché des milliers de pages d'enquêtes policières pour pouvoir rendre au plus juste cet univers mafieux...
Impossible de rendre compte de toute la richesse de Gomorra, ses portraits édifiants de boss cruels et milliardaires, dont certains sont étrangement adeptes de Lacan ou de Stendhal, pervers et poètes à la fois, amis de la jet-set internationale, très loin de l'idée traditionnelle du camorriste inculte et folklorique. Dans les rues de Naples et sa campagne, ils font régner la terreur sur leurs terres, comme des barons en leurs baronnies. Il faut lire Gomorra pour saisir la guerre invisible qui s'y livre tous les jours, une Colombie en plein coeur de l'Europe, avec des centaines de morts par an. (Jacques de Saint Victor - Le Figaro du 18 octobre 2007)

Il en est ressorti avec un livre coup de poing, utilisant le reportage littéraire pour raconter la réalité économique et anthropologique de la nouvelle criminalité napolitaine, celle qui n'hésite pas à tuer pour défendre ses trafics liés à la drogue, mais aussi au bâtiment, au textile, au marché des ordures...
Gomorra - titre qui renvoie à la fois à Gomorrhe et à Camorra - se présente comme un voyage initiatique "dans l'empire économique et dans le rêve de domination" de cette organisation mafieuse que tout le monde appelle "le système", car "le mot camorra n'existe pas, c'est un mot de flics". Dans ses pages, Saviano se met volontiers en scène avec ses peurs et ses indignations, alternant sans cesse détail et vision d'ensemble, réflexion socio-économique et souvenirs personnels, actes officiels de la magistrature et récit d'histoires individuelles. Grâce à ce dispositif très riche toujours soutenu par la tension de l'écriture, le livre cesse d'être une simple enquête et devient un objet plus complexe, à la fois roman de formation et livre militant qui dévoile la véritable guerre livrée par une criminalité très puissante, toujours à la recherche de nouveaux trafics. (Fabio Gambaro - Le Monde du 19 octobre 2007)

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Format: Broché Achat vérifié
Très très bon livre, je le recommande à chacun et chacune qui veulent être transportés dans cette machine mafia italienne et tout ce qui se passe autour. Livre bien écrit et Roberto Saviano, comme dans ces précédents livres, a ce talent de vous faire découvrir et jouer le suspens avec un style propre à lui.
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Format: Broché
Tout le monde doit lire Gomorra: l'auteur dresse un portrait à la fois réaliste et terrible de la Camorra, la mafia napolitaine, cancer qui ronge la société italienne, mais aussi européenne. J'avais entendu parler de ce livre depuis plus d'une année, en termes très enthousiastes. Je ne l'ai commandé qu'après avoir visité Naples, et vraiment on voit la ville et sa région avec des yeux différents. On comprend enfin ce lieu, qui fut magnifique, mais qui est défiguré, dénaturé. L'auteur a un courage invraisemblable, presque démentiel, à dénoncer ces crimes; il a lui-même été condamné à mort par les barons de la mafia, et vit sous protection permanente, mais précaire. Un cauchemar. C'est le nouveau Salman Rushdie. Il faut lire "Gomorra". C'est un livre dur, mais essentiel. Nous sommes vraiment tous menacés par ces forces rétrogrades, cette force brutale et totalement amorale de la mafia.
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Format: Broché
Le plus terrible dans cet ouvrage, c'est que tout est vrai : Le racket, la corruption, les meurtres, les méthodes, le buts et le moyens de les atteindre... Gomorra ou le spectacle de ce que la cupidité humaine produit de plus affreux. C'est un livre dont on ne peut pas ressortir indemne... A chaque page, on se croit dans un (bon) thriller, un polar de Tarantino ou de Scorsese, mais non, Saviano nous offre (à quel prix) un témoignages des pratiques les plus abjectes et qui ont cours juste à côté... Ce livre ne décrit pas une république bananière ou quelques escrocs font du profit de façon illégale, non, Gomorra décrit, les façons de faire d'empire mafieux gigantesques aux chiffres d'affaire astronomiques (on parle de milliards d'euro) et monstrueux dans un pays européen majeur !!! On a juste envie d'hurler : mais que fait la justice ? et le livre nous donne la réponse : ce qu'elle peut, mais arrachez une mauvaise herbe et dix repoussent juste à côté... J'ai terminé ce livre fatigué, avec un sentiment de désespoir mêlé d'impuissance... très très dur... et la dernière partie sur le traitement des déchets est éprouvante tant elle donne envie de se révolter contre ces pratiques simplement abjectes...
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Format: Broché
Cette chronique incroyable qui a rendu Saviano un condamné à mort de la Camorra sous escorte policière 24h/24, en équilibre entre roman et documentaire, donne une image nette et pas forcement attendue de la mafia napolitaine.

Avec des racines bien profondes en Europe et bien plus proche de nous de ce qu'on croit, elle contrôle les trafiques mais aussi le commerce et le business que l'on pense à tort "propre"... et elle fait des centaines de morts, comme une guerre civile.

Mémorables certains passages, tels que la rencontre avec Kalashnikov (l'inventeur du fusil qui porte son nom), où l'histoire du trafic des déchets toxiques, ou celle des insoupçonnées faces cachés du monde de la mode.
1 commentaire 60 personnes ont trouvé cela utile. Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non Commentaire en cours d'envoi...
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Format: Broché
Un vrai livre d'enquête sur la Camorra napolitaine. Roberto Saviano a écris un livre en menant une enquête à 360°. Il explique le phénomène au travers d'une connaissance acquise sur le terrain en vérifiant toutes les informations. Du vrai journalisme comme nous nous ne sommes plus habitués à lire depuis des années. Surtout sur un sujet dangereux comme celui des Mafia.
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Format: Broché
Gomorra est le premier vrai roman de la mondialisation.

Gomorra est à mes yeux et ceux de millions de lecteurs -fait rarissime pour un livre-enquête- un ouvrage essentiel sur la mondialisation. Il démonte le principal mécanisme de ce phénomène avec une précision chirurgicale et une langue magnifique : la création d'entreprise tentaculaires, dont les éléments constitutifs reliés en réseau ne communiquent pas vraiment, mais dont les réactions sont fondés sur l'exploitation rationnelle, marchande, immodérée, de la main-d'oeuvre laissée sans aucune protection. La Camorra napolitaine a inventé la mafia moderne, empreinte de culture cinéma, plus vraie de vraie, où les membres de cette nouvelle classe d'affaire née dans la violence, a pour modèles 'Kill Bill' et 'Scarface', mais dont le véritable fonctionnement consiste à soigneusement séparer la partie militaire de la partie business.

Ce n'est pas un hasard si le livre commence avec la découverte de cadavres d'immigrants chinois dans les containers du port de Naples et finit entre Glasgow et Naples dans le plus sale business sur terre sir lequel notre bonne conscience ferme les yeux : l'exploitation des déchets. Ce n'est pas un hasard si les deux principales activités sont la confection ('le fashion' comme on dit à Paris dans les ateliers du Sentier et de la Rue des Petites Ecuries, de plus en plus sinisés) et la spéculation immobilière (celle qui a créé les sub-primes!).
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