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Johnny Chien Méchant Poche – 22 mars 2007

4.6 étoiles sur 5 9 commentaires client

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Extrait

LAOKOLÉ

LE GÉNÉRAL Giap a proclamé un pillage général de quarante-huit heures. J'ai aussitôt arrêté la radio, j'ai pris la lampe-tempête et j'ai couru vers la petite cabane qui nous servait de débarras pour vérifier si la brouette était bien là, et en état de marche. Oui, elle était bien là, renversée sur son caisson. J'ai fait tourner son unique roue. Elle tournait bien, mais grinçait un peu. Je suis allée dans la cuisine chercher le peu d'huile de palme qui nous restait; je l'ai graissée avec et l'ai testée à nouveau. Elle ne grinçait plus. Malgré la rouille qui avait commencé à ronger une partie de la carrosserie, elle était en parfait état de marche, et les deux brancards étaient solides.

Je suis retournée dans la maison. J'ai soulevé le pagne qui servait de rideau entre ma chambre et celle de maman : elle dormait toujours. La réveiller ou la laisser dormir un peu plus ? J'ai hésité un moment puis j'ai décidé de ne la réveiller qu'au dernier moment ; la nuit avait été très difficile pour elle et ce n'était que vers trois heures du matin que les deux comprimés effervescents d'aspirine que je l'avais forcée à prendre avaient calmé les douleurs de ses jambes fracturées et lui avaient ainsi permis de s'endormir. J'allais la laisser se reposer une demi-heure encore. J'ai laissé retomber le pagne et me suis dirigée vers Fofo, mon petit frère, qui partageait la chambre avec moi; il continuait à ronfler, confortablement allongé sur son matelas mousse étalé par terre à côté de mon lit. Je l'ai brutalement secoué. À onze ans, bientôt douze, ce n'était plus un gamin, il était assez âgé pour aider la famille.

Présentation de l'éditeur

Congo, en ce moment même. Johnny, seize ans, vêtu de son treillis et de son T-shirt incrusté de bris de verre, armé jusqu'aux dents, habité par le chien méchant qu'il veut devenir, vole, viole, pille et abat tout ce qui croise sa route. Laokolé, seize ans, poussant sa mère aux jambes fracturées dans une brouette branlante, tâchant de s'inventer l'avenir radieux que sa scolarité brillante lui pro­mettait, s'efforce de fuir sa ville livrée aux milices d'enfants soldats. Dans ce roman qui met en scène des adolescents à l'enfance abrégée, Dongala montre avec force comment, dans une Afrique ravagée par des guerres absurdes, un peuple tente malgré tout de survivre et de sauvegarder sa part d'humanité.

Emmanuel Dongala est né en 1941, de père congolais et de mère centrafricaine. Il est aujourd'hui professeur de chimie à Simon's Rock Collège dans le Massachussets, et professeur de littérature francophone à Bard Collège, dans l'Etat de New-York.

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Meilleurs commentaires des clients

Format: Broché
C'est avec un réel plaisir que j'ai pris mon temps pour lire ce magnifique roman de ce très grand auteur. Depuis la guerre de 1997 au Congo-Brazzaville, c'est la 1ère qu'un Congolais couche sur papier avec une telle qualité, une telle intelligence, un tel recul des choses les tragiques événements que nous devons à cette médiocre classe politique qui nous dirige depuis 39 ans, aidée en cela par un peuple qui bien souvent la suit comme un vrai mouton de panurge. Johnny Chien Méchant devrait être enseigné dans tous les collèges ou lycée des pays qui ont subi la guerre.
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Format: Poche Achat vérifié
très bon livre, l'histoire est très voire trop réaliste, certains passages peuvent mettre mal à l'aise par leur cruauté ou leur violence. On ne sort pas indemne de cette lecture, on réfléchit, on s'interroge sur ce continent si proche et si lointain à la fois.Comment de tels crimes peuvent-ils encore être commis à notre époque?
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Format: Broché
Le thème de ce quinquénat est sans doute celui de la guerre et de ses corollaires.Dongala a su trancher dans ce lot un récit émouvant,pathétique ,mais aussi envoûtant.Pour innover cette démarche,il met en jeu deux principaux personnages dont:JOHNNY dit "chien méchant",un enfant-soldat et LAOKOLE une jeune fille de seize ans comme d'ailleurs ce johnny.A travers le récit de ces deux personnages,l'on voit une Afrique meurtrie dans sa profonde serre.L'un des deux personnages:johnny,symbolise ceux qui font la honte de l'Afrique à travers une notion ethnocentriste de guerre tribale.Dans le roman,celle-ci oppose les dogo-mayi aux mayi-dogo pour le pouvoir.C'est un jeu de figure de style.A travers cette guerre tribale,on entrevoit le viol,le pillage,le bafouement de l'éthique africaine,le double jeu des puissances occidentales.Quel paradoxe pour ces puissances qui prétendent préserver les droits de l'homme et du citoyen!L'on voit même que les organes génitaux si précieusement cachés en Afrique sont littéralement exposés à la merci des nouveaux maitres dont l'âge varie de douze à vingt-cinq ans.Après la lecture de ce roman,on ne peut se taire sur le traitement inégal des hommes en temps de guerre sous le prétexte de la couleur de la peau.
Bravo à DONGALA qui s'est permis de fustiger à sa manière tout ce qu'il considère d'aberrant,d'anormal et bravo à tous les lecteurs qui comprendront la teneur des messages qui sont ici véhiculés.
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Format: Poche Achat vérifié
Bien que romancé ce livre n'en représente pas moins une plongée réelle dans le quotidien d'une guerre civile (ici africaine mais cela pourrait être ailleurs).
Le récit est haletant et toute lueur d'espoir de dénouement heureux finit balayée. Le style de l'auteur alternant victime et bourreau est prenant et le dénouement original.
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Format: Poche
Un très bon livre... Un livre à la fois crédible, honnête et relativement accessible, mais un livre très dur. Un livre très dur car son personnage principal est un enfant soldat embourbé dans une guerre civile affreuse.
Emmanuel Dongala, congolais d'origine, est, à ma connaissance, l'écrivain qui a su le mieux se mettre dans la peau d'un enfant soldat sans lui faire interpréter une partition, sans l'utiliser, sans en faire sa marionnette. Son roman, car il s'agit bien d'un roman, réussit la gageure de ressembler par moments à un reportage de guerre et, dans cette sauvagerie extrême des guerres ethniques africaines assez cliniquement rapportées, où les populations civiles sont moins considérées que du bétail, le comportement de ces "enfants soldats" est dépeint avec beaucoup d'objectivité -c'est en cela que le récit est "honnête"- car, si ces derniers peuvent eux aussi être considérés comme des victimes immatures, ils sont surtout devenus des tueurs irresponsables, des bourreaux insensibles, des animaux féroces et dénaturés, à l'instinct aléatoire. La naïveté et l'angélisme n'ont pas lieu d'être ici...
Contrairement à un autre roman très connu, où il est aussi question d'enfants soldats, l'auteur n'a ressenti nul besoin, dans ce livre, d'affubler le personnage principal de quatre dictionnaires pour lui faire dire ce qu'il pense, ou pour lui faire délivrer un message...
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