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Jules Jacot Guillarmod pionnier du k2 Relié – 26 octobre 2012

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Extrait

Extrait du prologue

Un journal

Jules Jacot Guillarmod (1868-1925) a commencé à tenir son journal le 1er janvier 1886, six jours après son dix-huitième anniversaire. Dans les premières semaines, il y a eu quelques oublis, puis la mécanique d'horloge n'a plus connu aucun raté. Chaque jour de sa vie, Jules a décrit ses actions. Ses phrases étaient courtes, télégraphiques. Elles manquaient souvent de sujet et presque toujours d'émotion.
Le journal de Jules Jacot Guillarmod nous plonge dans le quotidien d'un jeune homme de la bourgeoisie neuchâteloise à la fin du XIXe siècle. En janvier 1886, les jours de neige se suivent, Jules va patiner sur le grand marais gelé, ou «beudjer», c'est-à-dire faire de la luge sur les chemins glacés. Le petit Riekel est né. Jules traduit Tite-Live, se fait un bleu au genou, apprend les 200 premiers vers du Chant iii de l'Odyssée. Il travaille beaucoup, «meule» son latin, «repasse» sa philosophie, «bûche» la physique, griffonne des pages entières d'équations ou de thèmes grecs. Le printemps arrive, il joue «à football», le petit Riekel meurt.
Dans un journal aussi peu intime, ce sont souvent les ombres portées des événements qui les rendent perceptibles. Jules a dépensé 30 centimes pour faire aiguiser son rasoir, c'est donc qu'il a commencé à raser son menton (bientôt il portera la barbe ou la moustache comme c'est de rigueur chez les jeunes messieurs suffisamment pubères). L'été de ses 20 ans, Jules perd son père. Il est déjà étudiant en médecine, à Lausanne. Dans son journal, il note qu'un annuaire est emprunté pour envoyer les faire-part. Le lendemain, le médecin lui dit que «papa a commencé à couler». Le surlendemain : «Brossé mes habits noirs.»
Tous les jours, sans un seul oubli, Jules Jacot Guillarmod note la somme de détails, de trajets, d'achats, de rencontres, de moments de détente qui font sa vie. Tous les jours ! Je n'ai trouvé qu'une exception. Il n'y a pas d'entrée le 2.7 juillet 1905 : le long voyage en train entre Bombay et Calcutta avait dû être particulièrement éprouvant.
Le journal lancé, son tic-tac ne s'arrête plus. Le XIXe siècle va entrer dans sa dernière décennie, Jules est étudiant au collège latin de Saint-Biaise, aux portes de Neuchâtel. Le lac rythme sa vie, nuits d'orage, jours de vagues. «Été au bout du môle, nagé». Il fait du bateau avec son ami Hänni qui, bientôt, va voguer autour du monde, jusque chez les Canaques. Les jours de bise, toutes les Alpes se donnent rendez-vous à l'horizon, de l'autre côté du lac. La Jungfrau à l'est, le Mont-Blanc solitaire côté couchant. J'imagine que Jules apprend à les regarder comme on respire (dans son journal, il y a souvent des «chiques vues»). Son père, qui porte le même prénom que lui, est peintre, paysagiste coté. De santé fragile, il a quitté la froide Chaux-de-Fonds, proche des crêtes du Jura, pour les rives du lac de Neuchâtel. Son cousin Charles, qui a le même âge que lui, dessine des panoramas d'une extrême minutie. Jules junior découvre la photo, peu après s'être mis à écrire. Il soigne le cadre. Les montagnes y entrent, Jules ne les gravit pas encore mais les désire déjà.
Jules ne se sépare jamais de son carnet. Un jour en forêt, ses amis fouillent ses poches. Jules note : «Ils ont lu mon carnet», sans commentaire. Il n'y a pas plus d'emportements chez l'adolescent que de secrets camouflés dans ces pages griffées au crayon de minuscules pattes de mouche. Pas d'amours transies, de vices cachés, de désespoirs indicibles. Il écrit de telle manière qu'un voleur, même attentif, ne découvrirait dans son journal aucun indice sur sa personnalité, ses sentiments, ses jugements. En 1904, à la veille de repartir en Himalaya, il laisse sa fiancée rompre et l'oublie la phrase suivante. Pas de colères, sauf celles des autres, qu'il décrit en les trouvant souvent ridicules. Jules Jacot Guillarmod écrit son journal comme un entomologiste qui observerait sa propre vie au microscope.
Il a un peu tâtonné. L'été de ses 15 ans, il a tenu un premier journal où les émotions et sentiments se bousculaient. Maintenant, les tourments intimes ont disparu sous un glacis. Un témoin se révèle. La rigueur scientifique qu'il pratique à la faculté de médecine forme son esprit et cadre ses écrits. Jules Jacot Guillarmod a trouvé son style : méthodique, météorologique, télégraphique. Le 18 février 1888, il voit une aurore boréale (deux points d'exclamation mais pas de commentaire) et «rabistoque» sa montre. Calme, précision, tempérance. Chaque jour, il commence par noter le temps qu'il fait. Un carnet par année, trois ou quatre les années fastes, ce sera le cas des deux qui nous intéressent ici particulièrement, 1902 et 1905. Septante-quatre carnets, une centaine de mots par jour en moyenne, tous les jours pendant quarante ans, 36000 mots par an, 14600 fois le temps qu'il fait, 14 600 fois le squelette d'un jour. Plus d'un million de mots en tout.
Le 27 mai 1925, huit jours avant sa mort, Jules écrit ses dernières lignes sur un bateau qui traverse le lac Victoria. Le temps est «plus ou moins beau». Les fièvres le minent, il a conscience qu'il a déliré la veille, qu'il est dans un sale état. Il écrit les derniers mots de son journal : «Bon bateau, cabine confortable». On va encore le trimbaler dans un train jusqu'à l'océan Indien, puis l'embarquer agonisant à bord du Général Voyron, où il meurt à 56 ans, au large d'Aden. Il y est inhumé.

Biographie de l'auteur

Charlie Buffet, né en 1963 à Paris. Il écrit depuis 1995 sur la montagne comme journaliste pour les quotidiens Libération puis Le Monde, mais aussi comme écrivain et réalisateur de films documentaires. Il y a dix ans, il a appris par la petite-fille de Jules Jacot-Guillarmod qu'il existait une caisse entière de photos prises par son grand-père en Himalaya. Une longue enquête lui a permis d'en découvrir toute l'ampleur et le sens caché.

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le 6 mai 2014
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