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L'Homme de Lewis Broché – 2 octobre 2011

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Extrait

De loin, Gunn vit les véhicules garés sur le bord de la route. Le ciel, bleu sombre, menaçant et torturé, se déroulait, ininterrompu, au-dessus de l'océan. Sur le pare-brise, les balais des essuie-glaces étalèrent les premières gouttes de pluie. La masse anthracite de l'océan était ponctuée par la blancheur de l'écume des déferlantes qui s'élevaient de trois à cinq mètres. Dans l'immensité de ce paysage, la lumière solitaire du gyrophare du véhicule de police, à côté de l'ambulance, était insignifiante.
Au-delà des voitures, les maisons aux murs crépis de Siader se serraient les unes contre les autres pour se protéger des éléments, fatiguées mais rompues à leurs assauts sans cesse répétés. Pas un arbre ne se dressait à l'horizon. Seulement des alignements de piquets de clôture pourris le long de la route et, dans les champs déserts, des épaves rouillées de tracteurs et de voitures. Quelques arbustes chétifs, dont les racines têtues s'accrochaient au sol maigre, pointaient fièrement leurs pousses vertes, dans l'attente de jours meilleurs. Une mer de linaigrettes se mouvait en courants et en ondulations, comme l'eau sous le vent.
Gunn se gara à côté du véhicule de police et sortit au milieu des rafales. Ses cheveux noirs et épais coiffés en arrière, formant une pointe sur son front buriné, se soulevèrent sous l'effet du vent et il serra fermement son anorak noir matelassé contre lui. Il se maudit de n'avoir pas songé à prendre une paire de bottes et commença à avancer avec précaution sur le sol souple. Il sentit la morsure froide de l'eau de la tourbière s'infiltrer dans ses chaussures et tremper ses chaussettes.
Il rejoignit la première tranchée, suivit un sentier qui en longeait le rebord et contournait les tas de tourbe laissés à sécher. Les policiers en uniforme avaient planté des pieux de métal dans le sol ramolli pour délimiter le site avec du ruban de plastique bleu et blanc qui sifflait et se tordait, agité par le vent. Il perçut l'odeur de la fumée de tourbe qui provenait des fermes les plus proches, à environ un kilomètre en direction des falaises.

Présentation de l'éditeur

En rupture de ban avec son passé, Fin Macleod retourne sur son île natale de Lewis. La mort tragique de son jeune fils a pulvérisé son mariage. Impuissant et résigné, il a quitté la police. La lande balayée par les vents, la fureur de l'océan qui s'abat sur le rivage, les voix gaéliques des ancêtres qui s'élèvent en un chant tribal : il pense pouvoir retrouver ici un sens à sa vie.
Mais, Fin à peine arrivé, on découvre le cadavre d'un jeune homme, miraculeusement préservé par la tourbière. Les analyses ADN relient le corps à Tormod Macdonald, le père de l'amour de jeunesse de Fin, et font de lui le suspect n° 1. C'est une course contre la montre qui s'engage alors : l'inspecteur principal est attendu sur l'île pour mener l'enquête et il n'épargnera pas le vieil homme, atteint de démence sénile.
Au rythme des fulgurances qui traversent l'esprit malade de Tormod, le passé ressurgit, douloureux, dramatique, et dévoile le sort que la société écossaise a réservé pendant des décennies aux «homers» : ces enfants orphelins ou abandonnés que l'Église catholique envoyait sur les îles Hébrides.
Après L'île des chasseurs d'oiseaux, on retrouve ici avec bonheur la figure d'un enquêteur indécis à la croisée des chemins, tenté de construire son avenir sur les cendres du passé. L'Écosse mystérieuse, majestueuse et sauvage est un écrin de rêve pour ces vies dans la tourmente, magistralement orchestrées par Peter May.

Né en 1951 à Glasgow, Peter May fut journaliste, puis brillant et prolifique scénariste de la télévision écossaise. Il vit depuis une dizaine d'années dans le Lot où il se consacre à l'écriture de ses romans. Passionné par la Chine, il est l'auteur d'une série chinoise de six romans policiers et thrillers traduits au Rouergue. L'île des chasseurs d'oiseaux, paru en 2010, a été très remarqué : Prix des Lecteurs - Ancres noires en 2010 (Le Havre).

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Format: Broché
L'auteur a su capter l'ambiance tourmentée de ces îles au large de l'Ecosse tout en construisant une intrigue policière originale dont on ne dévoilera pas ici le dénouement. Pour avoir vécu quelques mois il y a près de 25 ans sur l'île de Lewis, je peux dire que le tableau que brosse l'auteur des Hébrides extérieures (Iles de Lewis, Harris, Uist, Eriksay, Barra) est saisissant. La tourbe omniprésente, le machair, sorte d'herbu entre terre et océan, les ravages causés par un protestantisme rigoriste sur la culture locale, tout y est! Le roman ne manque pas non plus de condamner les pratiques de l'Eglise catholique de l'époque qui plaçait de force des enfants dans des familles d'accueil perdues sur ces îles. Enfin, pour ceux ou celles qui sont confrontés à la maladie d'Alzheimer, la façon dont Peter May met en scène le principal protagoniste de ce roman, Tormod Macdonald, atteint de démence,est remarquable. Il arrive en effet à nous faire vivre de l'intérieur ce que peut ressentir un homme atteint de démence. Un livre fort donc avec des personnages ravagés par une existence qui ne leur a pas fait de cadeaux, c'est le moins qu'on puisse dire.
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Par jay TOP 500 COMMENTATEURSMEMBRE DU CLUB DES TESTEURS le 6 novembre 2012
Format: Broché
Deuxième volet d'une trilogie, « L'Homme de Lewis » est tout à fait dans la lignée du premier volet, « L'île des chasseurs d'oiseaux ». Ce ne sont ni le suspense ni la découverte de l'assassin qui font le sel de ces polars. Pour moi, l'essentiel réside chez Peter May dans le talent très littéraire d'incarner des personnages, des lieux et des époques avec réalisme et sensibilité.

Les rudes îles des Hébrides servent toujours de cadre mais l'auteur remue ici les secrets de la génération précédente. Un cadavre retrouvé dans la tourbe va en effet nous faire remonter le temps jusqu'aux années 50 et au-delà. Fin s'empare officieusement de l'enquête. La raison la plus évidente est qu'une analyse ADN relie le cadavre à Tormod, père de Marsaili et grand-père de son fils. Il s'agit aussi peut-être d'un peu de déformation professionnelle (il vient de démissionner de la police) ou d'un bon prétexte pour remettre à plus tard la rénovation de la maison de ses parents. S'il pensait échapper aux démons de son propre passé, cette histoire va le renvoyer assez brutalement à son statut d'orphelin. Comme dans le précédent opus, l'intrigue, quoique bien menée, a en grande partie une vocation sociologique, voire même ici historique puisque l'auteur évoque les « homers », enfants placés autrefois par l'Eglise catholique chez des familles des Hébrides. La maladie d'Alzheimer de Tormod impose à l'intrigue un déroulé assez inattendu. Ainsi les chapitres de l'enquête de Fin alternent avec ceux des réminiscences sinueuses de Tormod pour former une étrange course vers le dénouement.
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Par Hervé J COMMENTATEUR DU HALL D'HONNEURTOP 50 COMMENTATEURS le 29 mars 2016
Format: Poche Achat vérifié
En récoltant de la tourbe sur l'île de Lewis, on y exhume par hasard le cadavre momifié d'un jeune homme assassiné. Date-t-il de l'Âge de Fer, de L'Äge de Bronze ? Chan eil ! Il était enterré là depuis à peine plus de cinquante ans et après analyse de l'ADN pourrait être de la famille de Tormod McDonald, le père de Marsailli ( l'amour de jeunesse de Fin McLeod , le "héros" du livre ). Pour tout simplifier, Le vieil homme est victime d' Alzheimer.

Malgré ( ou à cause de ) ses vieux et nouveaux démons, Fin va enquêter sur le passé de Tormod. L'originalité du roman sont les nombreux flash-backs lorsque que Tormod se remémore intérieurement son passé d'orphelin à Edimbourg, puis dans les Hébrides extérieures. Evidemment, le lecteur est seul à connaître ces détails, homéopathiquement distillés par l'auteur.

Comme dans " L'île des chasseurs d'oiseaux", le description très poétique des lieux est toujours très réussie. En plus de Lewis, l'auteur nous entraine à travers Harris ( la partie sud de l'île de Lewis ), North Uist, South Uist, jusqu'à la petite île d'Eriskay, tout au sud des Hébrides.

Le monde édifiant des "homers", orphelins que l'on envoyait dans les îles avec un statut proche de l'esclavage, est décrit dans toute sa dureté et nous rappelle que l'époque actuelle des enfants-rois est assez récente.

Les personnages sont criants de vérité ( à cause du vent qui souffle fort ! ) et toujours très attachants.
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Format: Poche
Le texte de la quatrième de couverture annonce un polar : après la mort tragique de son fils et la fin de son couple qui n'a pas survécu à ce drame, Fin MacLeod,un ex-policier, retourne sur sa terre natale, au nord des îles Hébrides, pour restaurer la maison de ses parents. Voilà qu'à son arrivée, on découvre, sous la tourbe, le corps d'un jeune homme tué une cinquantaine d'années plus tôt. Qui était-il et qui l'a tué ? Ce sont les questions auxquelles Fin MacLeod va tenter de trouver des réponses. Au-delà d'un simple et énième polar, c'est un fabuleux roman que nous livre là Robert MAY, un de ces romans qui renvoient à des chefs-d'oeuvre comme « Seul le silence » de RJ ELLORY. Certes, le lecteur est confronté à une intrigue policière mais aussi et surtout à une prodigieuse fresque historique et sociale qui raconte de façon émouvante l'histoire tragique de ces orphelins que l'église catholique déportait sur les îles Hébrides pour servir d'esclaves à des familles d'accueil. Dans cette description d'une société rurale rude du milieu du XXe siècle, on retrouve des échos des évocations de l'Islande de Indridason ou de la Norvège de Unni Lindell. On y retrouve à coup sûr des accents propres à cette littérature nordique qui ne se contente pas de nous offrir des intrigues policières mais les insère dans un environnement déroutant et envoûtant qui devient, autant que le suspense, le moteur du roman.Lire la suite ›
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