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3,5 sur 5 étoiles
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le 30 mai 2014
en excellent moraliste typiquement britannique, Jonathan Coe a commis avec ce roman une fable pleine d'humour en-dedans;
c'est le bilan d'une vie d'un classe moyenne inférieure de 48 ans dans l'Angleterre post Thatcher/Blair; c'est bourré
de notations qui peuvent s'appliquer à un homologue français, espagnol,... ce qui prouve au passage que le tunnel a bien accroché la Grande Bretagne au continent;

pour les inconditionnels de cet auteur, toujours prèts à jouer le jeu, si l'on accepte la structuration du récit autour de 4 textes
écrits par des proches de Mr Sim (nonobstant la référence inutile et pompeuse aux 4 éléments), on se demande bien ce qui lui a pris de terminer par cette coquetterie des dix dernières pages; a-t-il eu peur de ne pas étre pris au sérieux avec ce roman à certains égards picaresque pour nous laisser sur cette acrobatie d'écrivain, censée etre d'une grande virtuosité, dans les faits complètement ratée!

on peut donc s'arreter page 455 (sur 465), ce qui fait tout de meme un taux de satisfaction de 97,8%!!!!!
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le 18 décembre 2015
La vie navrante d'un homme approchant la cinquantaine, sortant à peine d'une dépression et dont l'estime de soi est si faible qu'il fait périr d'ennui son entourage.
Complétement seul, une sexualité nulle depuis plus d'une décennie, abandonné récemment par sa femme qui s'est ennuyée ferme 15ans à ses cotés, sa fille le fuit, ses « amis » Facebook sont au nombre de 70 mais personne ne lui écrit. Après 6 mois d'arrêt maladie il ne sait pas s'il peut reprendre son job, il touchera définitivement le fond quand il apprendra qu'il n'aurait jamais dû venir au monde car la relation entre sa mère et son père s'est construite sur un malentendu.
Sa seule compagnie est la voix féminine du GPS avec qui il entretient une discussion. Cet homme manque désespérément d'affection, veut trouver une femme, veut coucher mais l'intimité lui fait peur.
Jonathan Coe a décrit un individu typiquement houellebecquien mais sans les fulgurances de Houellebeck en terme d'analyse sociétale. Il reste une histoire peu approfondie, non pas ennuyeuse car on espère à chaque nouvelle « tribulation » que le personnage va enfin rebondir mais assez terne sur l'ensemble du roman. Il y a quand même quelques bons passages, la façon dont il récupère les confidences de son ex ainsi que la description de vacances en famille, la sienne et celle de son ex-ami d'enfance, ce dernier possédant une culture encyclopédique qui décrédibilise notre anti héros à ses yeux et à ceux de ses proches. On en frémit à sa place.
Bref, il y a peu d'humour (même anglais) et beaucoup de sinistrose.
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Maxwell Sim a été représentant de commerce, puis directeur au service des réclamations et, depuis six mois, il est en arrêt maladie parce que sa femme l'a quitté emmenant avec elle leur fille Lucy.
Elle lui a offert comme cadeau d'adieu un billet pour l'Australie où il pourra rendre visite à son père qui vit là-bas depuis la mort de son épouse. Mais que pourrait dire Max à cet homme avec lequel il n'a jamais eu aucun atome crochu?
Et pourtant, ce voyage va radicalement changer sa vie et le lancer dans une suite d'aventures tragico-burlesques.
Les critiques que j'avais lues ou entendues étaient enthousiastes, présentant ce roman comme extrêmement drôle. Pourtant, je l'ai trouvé sombre et triste et les passages prétendument comiques m'ont interloquée, je les ai ressentis plutôt comme sinistres.
Certains moments m'ont paru longs et ennuyeux, tel le monologue pratiquement sans ponctuation où Max raconte sa vie à son voisin d'avion.
En revanche, j'ai beaucoup aimé la construction toute en symétries et la fin assez inattendue que j'ai trouvée assez originale.
En bref, j'ai aimé, mais j'ai préféré de très loin "La pluie avant qu'elle tombe".
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le 11 juin 2012
Très grand amateur de J. Coe, j'ai lu toute sa fiction. "La pluie..." "Le cercle ..." sont pour moi à classer parmi les plus grands livres de ces dernières années. Donc inutile de dire avec quelles angoisse et délectation j'attendais cette œuvre : comment pourrait-il succéder au génial "La pluie ..." ?
Eh ben il ne l'égale pas, loin de là. Je suis déçu, je suis mal à l'aise d'être déçu.
Mais entendons nous bien : ce roman est tout à fait de haut niveau.
L'histoire, en très gros un 'road movie" à travers l'Angleterre, n'est pas renversante d'originalité. Il y a des longueurs : incroyable chez J. Coe ! Le McGuffin avec Emma est longuet au bout d'un moment. La construction, cette fois-ci "basée" sur 4 "nouvelles" ou "lettres", (vous verrez bien, je ne vais pas tout révéler) est originale, certes, mais moins que les xxx de "la pluie..." (je ne veux pas déflorer son précédent sublime roman).
La fin que j'ai trouvée inimaginablement inventive, mais dont je conçois que l'on puisse la trouver "facile" ou "en queue de poisson" est stupéfiante. Il y a des passages hilarants, vraiment (le thé chez Mr et Mrs Byrne).
La vie de famille de Sim est assez bien vue, quoique finalement assez conventionnelle. Les allusions politiques, les critiques de M. Thatcher (comme d'habitude) ou de Tony Blair, sont toujours efficaces et subtiles. La satire des yuppies ou entreprises "mode" (des brosses à dents, je ne vous en dis rien !) fait mouche. La romance avec la "Chinoise" est très touchante.
À lire.
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le 18 mai 2012
Le dernier roman de Jonathan Coe, loufoque et déjanté, met en scène une galerie de personnages très attachants. Dépressif et solitaire, Mr Sim part en quête de contacts humains après avoir vu une chinoise et sa fille jouer aux cartes dans un restaurant en Australie... Point de départ peu conventionnel d'un road-movie à l'anglaise, qui emmène cet anti-héros et le lecteur dans un voyage souvent hilarant! Jonathan Coe peuple son roman d'aspirants écrivains, dont les lettres ou les nouvelles insérées dans le récit influent sur le périple de Mr Sim: le jeu de mise en abyme fonctionne habilement et nous tient en haleine jusqu'au dénouement.
Jonathan Coe est comme toujours un brillant conteur, qui nous amène à réfléchir sur la tragédie des relations humaines en nous faisant rire aux larmes.
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Et bien oui je suis déçue par la prestation de Jonathan Coe qui m'avait enchantée jusqu'ici avec " le testament à l'anglaise" et "la pluie avant qu'elle tombe".Cette fois-ci l'histoire de cet homme dépressif dont le périple va lui permettre de faire un point sur sa vie,sa relation avec ses parents (surtout avec son père parti en Australie),avec sa femme dont il est récemment séparé et avec sa fille ne m'a pas convaincu .
Certes il existe de très bons passages où l'on retrouve la plume acerbe de Coe mais englués dans des passages nettement moins bons .Tomber amoureux d'une voie de synthèse me semble tiré par les cheveux!
Le livre demeure agréable à lire cependant mais le sujet, qui sert de support à la critique de la société anglaise et à la mondialisation,laisse un peu à désirer .
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Jonathan Coe n'a pas son pareil pour décrire avec un brin de gentille désespérance, une imagination fertile et sans cesse renouvelée et un humour décapant les mille et un travers de notre société moderne. Car, sous couvert d''ouverture et d''hyper-connectivité à un monde rendu toujours plus immédiatement accessible jusque pour le plus superflu, se cache en fait souvent une triste solitude, un souci d'exister virtuellement quand sa vie sociale s''appauvrit à l'extrême.

C''est en tous cas l''essence même du dernier roman superbe et magistral de Jonathan Coe. Mr Sim est l''archétype de l''anti-héros. Quinquagénaire, il a caché jusqu'ici la médiocrité de son existence dans un emploi de chef du service maintenance d''un grand magasin londonien. Mais voilà, depuis que sa femme l''a quitté, emportant avec elle leur fille unique, Mr Sim a sombré dans une dépression de plus en plus noire. Bien qu''il collectionne les amis sur Facebook, il n''en connaît en fait pas un seul et ses relations sociales sont au plus bas. En arrêt maladie depuis des mois, il s''enfonce dans un spleen dont l''issue semble bien sombre.

Jusqu''à ce qu''un vieil ami d'enfance, avec lequel il a maintenu d''épisodiques relations, lui propose de rejoindre une petite société qui a eu l''idée révolutionnaire de créer une brosse à dents écologique, à manche en bois et tête détachable et changeable. Parce qu''il ne se sent pas de revenir à son emploi précédent qui lui rappellerait trop sa vie antérieure et irrémédiablement perdue, il accepte. Le voici, à peine préparé, sur les routes de l''Angleterre en route vers la pointe nord extrême du pays. Sa mission, aller proposer la brosse à dents à un détaillant isolé préalablement identifié et faire des vidéos sur la route relatant son expédition.

Sauf que Mr Sim prend des chemins de traverse. Il faut dire que la voix féminine du GPS est si agréable. Une voix tellement neutre, tellement exempte de reproches qu'il finit par tomber amoureux de son GPS devenu Emma. Alors Ema l'emmène vers celles et ceux qu'il n'a pas revus depuis longtemps, à la recherche à la fois de son passé et de son père avec lequel il entretient de houleuses relations. Du coup, le but professionnel du voyage s'éloigne au fur et à mesure que le temps tourne.

En général, celui qui entreprend un tel périple est censé ressortir grandi, détenant des réponses à ses questions. Pas pour Mr Sim dont chaque RV le plonge encore plus dans le désarroi, dans la honte de soi, dans la dévalorisation, le poussant toujours plus vers une dépression aggravée.

Notre antihéros finira bien par apprendre beaucoup de choses sur lui-même et sur ce père, figure divine inaccessible et terrifiante, une fois qu'il aura entrepris un nouveau voyage, mieux armé, vers l''Australie cette fois où réside son père. Non sans connaître de nouvelles mésaventures. Sans parler d''une fin surprenante en forme de clin d''œil qui vaut son pesant d'or.

On ne sait trop si ce qui fascine le plus dans ce roman est son originalité, sa surabondance de situations décalées et absurdes qui nous enfonce dans un humour de plus en plus second degré et glauque, mais parfaitement réussi ; ou bien, la maestria avec laquelle Coe nous fait voyager à travers le temps pour mettre en vis-à-vis les points de vue des protagonistes sur des scènes qui se sont déroulées des décennies plus tôt mais qui auront été déterminantes pour comprendre le présent.

Il y a, comme toujours chez l''auteur, une profonde tendresse pour ses personnages, surtout si ce sont des losers patentés, des abîmés de la vie. Il en résulte un récit entre nostalgie et humour, un des meilleurs romans de ce grand homme de lettres qu'est Jonathan Coe.

Retrouvez mes notes de lecture sur thierrycollet-cetalir.blogspot.com
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Assez d'accord avec le sentiment général de déception qui domine dans les commentaires précédents... L'idée de départ de Coe est pourtant alléchante: renouer avec les sympathiques ratés de ses précédents romans, dans la veine satirique mais empathique de La Maison du sommeil notamment. M. Sim est donc un loser dépressif, qui cumule échecs familiaux (une mère décédée tôt, un père parti en Australie), conjugaux (sa femme et sa fille l'ont quitté), amicaux (rupture avec son seul ami) et professionnels (sauf à considérer que faire le VRP pour des brosses à dents haut de gamme à 48 ans ne signale pas l'échec). Au fil d'un parcours de type road-movie vers l'Ecosse, Sim va petit à petit revisiter son passé et essayer de redresser la barre.
De bonnes choses parsèment certes le roman (la relation avec le père et le secret de celui-ci notamment) mais l'ensemble n'est jamais réellement passionnant - et surtout manque de talent : pas de scène ou de personnages réellement marquants, des tunnels mal négociés entre les quatre lettres qui constituent les piliers du roman, un style plutôt pauvre qui rappelle plus Hornby que Mc Ewan...
La conclusion me paraît très forcée : quoique bien troussée par l'Auteur, elle paraît plaquée sans réel lien avec ce qui précède - et on ne peut s'empêcher de penser qu'elle aurait aussi bien pu figurer dans n'importe quel autre roman de Coe.
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le 26 février 2011
" On va, on vient dans le grouillement du quotidien, on passe à deux doigts les uns des autres, mais le vrai contact est très rare."
C'est un peu l'état des relations humaines dans notre société actuelle et c'est surtout le vécu de Maxwell Sim qui est passé à côté des relations avec son père, sa femme, sa fille ou son ami Chris. Aujourd'hui, il est dépressif suite à son divorce et les ennuis s'enchaînent.
Sillonner l'Angleterre à bord d'une Prius pour aller vanter les mérites d'une nouvelle brosse à dent écologique, va lui permettre de faire un voyage initiatique et de comprendre ses erreurs passées.
Ainsi, comme Donald Crowhurst, un marin solitaire qui fait un faux voyage, Max va errer dans ses souvenirs.
Le livre s'articule, comme "Les quatre quatuors" du poète T.S. Eliot, autour de quatre récits sur les éléments (eau-terre-feu-air), quatre récits des proches de Max (l'oncle d'une jeune femme rencontrée dans un aéroport, sa femme, la sœur de son ami d'enfance et son père).
Ainsi le scénario avance de manière intelligente et nouvelle, et l'introspection de Max progresse au même rythme. Je me suis attachée à ce personnage complètement perdu mais capable de percevoir une relation unique entre une mère et sa fille, une complicité qu'il n'a jamais connu avec personne.
Le récit est remarquablement construit avec des rebondissements et des enchaînements logiques et une fin particulièrement originale.

L'auteur nous expose à la fois des situations drôles et extravagantes, des relations humaines atypiques et intéressantes et porte un regard actuel sur la société ( réseau social, consumérisme, société de services, marchés financiers...).

C'est un roman original, actuel et humain.
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Comme écrit Jonathan Coe fort justement sur son site Internet, il voulait faire de Maxwell Sim quelqu'un de commun, un homme ordinaire faisant un travail ordinaire dans une ville ordinaire. L'ambition du roman serait alors, selon son auteur, de trouver une sorte de mystère, de romantisme et d'étrangeté au cœur de ce qui est profondément ordinaire. On ne saurait mieux caractériser cet ouvrage, ce qui en fait l'intérêt tout particulier. C'est d'abord une sorte de récit à la première personne d'un raté dépressif, comme il y en a des milliers, avec leur étranges mais combien fascinantes façons de penser et d'agir. Ensuite, Coe continue sa radiographie impitoyable de l'Angleterre de Thatcher et Blair, commencée dans d'autres ouvrages déjà. Mais aussi, on a le récit des changements sociaux qui ont affectés toutes les sociétés. Si Maxwell Sim dit vers la fin du livre que nous vivons « à une époque où les gens étaient sans doute en train de perdre toute capacité de faire le lien entre eux, alors même que la technologie leur en offrait des possibilités toujours plus nombreuses », il touche un des leitmotivs de ce roman. Ainsi, Mr Sim est le genre de type qui a des dizaines d'amis sur Facebook mais personne à qui parler. Ou encore ce couple entraperçu le soir de la Saint Valentin au restaurant, passant le temps à envoyer des textos. Finalement, l'histoire est aussi une sorte de road movie ou l'anti-héros, s'identifiant à un navigateur tricheur ayant simulé un tour du monde en bateau, est un éphémère commis-voyageur parcourant des lieux de son enfance de l'Angleterre et de l'Ecosse, pour aboutir finalement en Australie à la recherche de son père. Le tout emballé dans une écriture élégante et un art de la composition achevée, un humour très fin qui se nourrit de l'inattendu et de l'étrangeté repéré au coeur du quotidien, des flashbacks habilles, une analyse psychologique des plus fines. Mais c'est un humour subtil, ne visant pas les éclats de rire, d'autant plus que la solitude du personnage est immense. Au dernier chapitre, une ultime pirouette complétement inattendue rappelle fort justement à nous lecteurs, qui avons tendance à l'oublier bien trop vite, que tout cela a été construit et inventé par l'auteur.
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