1 de collection à partir de EUR 45,00
Vous l'avez déjà ? Vendez sur Amazon
Repliez vers l'arrière Repliez vers l'avant
Ecoutez Lecture en cours... Interrompu   Vous écoutez un extrait de l'édition audio Audible
En savoir plus
Voir cette image

L'art de vivre d'une femme au XVIIIe siècle : Suivi du Broché – 28 février 2008


Voir les 2 formats et éditions Masquer les autres formats et éditions
Prix Amazon
Neuf à partir de Occasion à partir de
Format Kindle
Broché

Romans et littérature
click to open popover

Offres spéciales et liens associés

  • Gratuit : téléchargez l'application Amazon pour iOS et Android et facilitez vos achats sur smartphones et tablettes ! Découvrez les avantages de l'application Amazon.

  • Outlet Anciennes collections, fin de séries, articles commandés en trop grande quantité, … découvrez notre sélection de produits à petits prix Profitez-en !

  • Tout à moins de 5 euros ! Découvrez notre sélection de produits à petits prix... Profitez-en !

  • Publiez votre livre sur Kindle Direct Publishing en format papier ou numérique : C'est simple et gratuit et vous pourrez toucher des millions de lecteurs. En savoir plus ici .
  • Plus de 10 000 ebooks indés à moins de 3 euros à télécharger en moins de 60 secondes .


Description du produit

Extrait

MADAME DU CHÂTELET

Mme du Châtelet fut très longtemps la victime d'un légendaire accablant : la description fantastique par l'abbé Leblanc des mystères de Cirey, célébrés aux bougies, derrière des volets clos, et selon des rites minutieux ; les aigres racontars de Mme Denis sur les «pompons» et la philosophie, double fascination exercée par Emilie sur Voltaire ; les lettres de Mme de Graffigny à Panpan, où nous voyons Mme du Châtelet espionnant et persécutant son ami, lui «tournant la tête avec sa géométrie», l'empêchant de faire des vers, et se changeant dans les grandes occasions en furie de théâtre ; le mot de Mme Du Deffand affirmant qu'elle avait dû apprendre la géométrie pour parvenir à comprendre ses propres Institutions de physique; le témoignage de Longchamp sur sa façon de changer de chemise ; enfin le récit de la baronne de Staal racontant l'arrivée à Anet des amants-philosophes, pareils «à deux spectres» et «répandant une odeur de corps embaumé, qu'ils semblaient avoir apportée de leurs tombeaux», puis leur installation à grand fracas et les caprices d'Emilie essayant à tour de rôle tous les appartements et transportant dans sa chambre toutes les tables du château : «Il lui en faut de toutes les grandeurs, d'immenses pour étaler ses papiers, de solides pour soutenir son nécessaire, de plus légères pour les pompons, pour les bijoux...». Despotique, arrogante, visionnaire, furibonde, grotesque dans ses manies, piétinant tous ceux qui dépendaient d'elle tel est le portrait que suggèrent toutes les anecdotes rassemblées. Dès qu'elle fut morte, il y eut des épigrammes d'une dureté atroce : «La mort de Mme du Châtelet, lit-on dans la Correspondance littéraire, a causé beaucoup de bruit sur notre Parnasse. Cette dame, si célèbre dans les pays étrangers, avait ici plus de censeurs que de partisans».
Les historiens de Mme du Châtelet - Desnoireterres, Hamel, Maurel - n'ont guère dépassé cette évocation pittoresque du personnage. Selon la juste remarque de M. Wade, le séjour à Cirey a surtout été considéré, par un Lanson même, comme un simple intermède amoureux. À cela s'ajoutent, il est vrai, quelques considérations sur Mme du Châtelet «savante», mais sans le moindre effort pour pénétrer les secrets de cette frénésie d'apprendre, ni pour examiner s'il n'entre pas dans cette apparente rigueur scientifique quelque irrationnel. Enfin, on n'oublie pas non plus les intrigues, la vanité sociale d'Emilie, qui, tout en confisquant son amant dans la pénombre de Cirey, sut travailler avec acharnement à le réconcilier avec les puissances.
Deux contributions plus récentes ont renouvelé la connaissance de Mme du Châtelet. Dans son remarquable ouvrage, M. Wade nous révèle qu'elle fut, en plus d'un domaine, l'inspiratrice de Voltaire et qu'elle a joué un très grand rôle dans la métamorphose du poète en philosophe : non qu'elle l'ait converti à Newton, mais elle a exploré avec lui ce courant souterrain du déisme critique, qui alimentera plus tard la philosophie combattante du patriarche de Ferney. La deuxième contribution est bien différente ; elle se réduit aux quelques pages que M. Bachelard consacre à Mme du Châtelet dans sa Psychanalyse du Feu. Tandis que M. Wade veut restituer à l'impossible, à la fantasque Emilie toute son importance intellectuelle, M. Bachelard dépiste les rêves secrets de l'imagination, qui confèrent aux hypothèses de Lady Newton sur la nature du feu une tout autre valeur que scientifique. De ces deux études conjointes se tire la conclusion que Mme du Châtelet était en même temps une piètre savante, dont la pensée demeurait imprégnée d'éléments impurs, mais profonds, et une philosophe très éclairée, que captivait ce que les mouvements d'idées contemporains offraient de plus hardi. Ainsi elle gagne doublement, en devenant plus humaine et en trouvant sa vraie dimension dans le domaine de l'esprit.

Présentation de l'éditeur

L'histoire de la littérature, telle que l'a pratiquée Robert Mauzi, tient à la fois de la science et de l'art. Dans cet essai sur madame du Châtelet, trop souvent réduite au statut de compagne de Voltaire, R. Mauzi met en valeur une femme passionnée par la vie, douée pour la philosophie comme pour les sciences, animée par l'exigence de comprendre le monde. Une vraie femme des Lumières, la seule peut-être qui incarne, en France, le coeur et l'esprit de son siècle.
Sous la plume de Robert Mauzi, la connaissance du passé vibre d'une interrogation sur les sensibilités d'aujourd'hui, nos plaisirs et nos peines.
Robert Mauzi (1927-2006) fut professeur à l'Université de Lyon, puis à la Sorbonne. Dès sa parution en 1960 L'idée du bonheur dans la littérature et la pensée françaises au XVIIIe siècle s'est imposé comme une somme sur les Lumières, régulièrement rééditée. Elle a fait connaître Robert Mauzi, l'ami intime de Michel Foucault et de Roland Barthes, comme un de nos plus subtils historiens des idées.

Avant-propos de Henri Coulet

Aucun appareil Kindle n'est requis. Téléchargez l'une des applis Kindle gratuites et commencez à lire les livres Kindle sur votre smartphone, tablette ou ordinateur.

  • Apple
  • Android
  • Windows Phone
  • Android

Pour obtenir l'appli gratuite, saisissez votre numéro de téléphone mobile.



Détails sur le produit


Commentaires client

Il n'y a pour l'instant aucun commentaire client.
Partagez votre opinion avec les autres clients

Où en sont vos commandes ?

Livraison et retours

Besoin d'aide ?