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le 5 octobre 2002
J'ai aimé ce livre d'abord par son titre et par ce qu'en disent les critiques en général...Tout le monde n'est pas d'accord, et tant mieux ! dès qu'on feuillette les premières pages,on sourit, on rit même et l'on ne s'arrête pas de lire, comme on s'amuse ! et puis, sans s'en rendre compte, par touches discrètes,le sourire se crispe,l'anxiété s'installe et on cesse de trouver le roman uniquement drôle; non Schmitt, dont je n'ai lu aucun autre livre par ailleurs,s'interroge sur la conscience, notre rapport au monde, notre existence d'objet "nous sommes un corps", notre existence intellectuelle "nous sommes une conscience", notre existence à travers le regard de l'autre (nous sommes discours et objet d'un discours);décidément, je m'attendais à une lecture facile entre deux livres plus ardus, une respiration divertissante,hé bien non ! Il m'a bien eu et de belle manière !
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"Lorsque j'étais une oeuvre d'art" ou les mésaventures tragi-comiques d'un homme qui vend son âme au Diable.

Dans ce livre brillant, qui respire l'intelligence et la richesse de l'imagination de l'auteur, E.E.Schmitt plonge le lecteur dans une mer de questionnements.
Il est d'abord question de quête d'identité, d'image de soi, de celle que l'on veut donner aux autres. Une interrogation toute shaekespearienne dans laquelle se débat notre "Adam Bis", un conflit qui l'occupe tout au long de ces pages, à savoir :"être ou ne pas être" et à quel prix ?

Il est aussi question d'Art dans ce pamphlet, où l'auteur s'en donne à coeur joie pour mettre au pilori tous les pseudo-génies qui surfent sur l'engouement moutonnier d'une clientèle dont la seule ouverture culturelle s'apparente au snobisme. A l'heure où "Art Basel 2010" bat son plein, je rêve d'une table, à l'entrée de cette foire de l'Art de renommée mondiale, derrière laquelle Mr Schmitt dédicacerait ce livre à chaque visiteur...

Le sexe et le machiavélisme sont aussi le sujet de cet ouvrage jubilatoire, et l'on est pas déçu des trouvailles truculentes qui nous sont exposées.

La tendresse, l'affection, l'amour sont aussi de la partie, pour contre balancer bêtise et déviances ambiantes.

Rien que du bon, du très bon Schmitt dans cette farce à la Scapin, et je vous encourage vivement à vous en délecter.
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le 14 juillet 2007
Tazio est un jeune homme désespéré. Si désespéré qu'il décide de mettre fin à ses jours. Ce n'est pas la première fois qu'il attente à sa vie, mais il est sûr que cette fois, c'est la bonne ! C'est compter sans Zeus Peter Lama, le grand génie de l'art contemporain ! Celui-ci lui propose de le suivre, lui promettant de rendre sa vraie valeur à sa vie. Pour redonner de la saveur à son existence, il lui offre la possibilité de devenir une uvre d'art ! Mais une uvre d'art dotée d'une conscience, d'une parole et d'émotions n'est-elle qu'une uvre d'art ?

Le style de Schmitt est encore une fois inventif, agréable et fluide ! Dans ce roman surréaliste très touchant, il explore les réflexions liées à l'art, à « l'état de conscience VS état d'objet », à l'importance de l'humanité... Sous couvert de nous raconter une histoire légère et proche de la Science-fiction (par certains aspects seulement), il nous pousse à réfléchir, à nous questionner...

J'ai énormément aimé cet ouvrage. Il est intelligent, bien écrit, intéressant... Bref, Schmitt est vraiment en passe de venir une de mes valeurs sûres.
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le 23 juin 2016
Comme l'a dit son auteur un soir après une représentation, on adore ou on déteste "Lorsque j'étais une oeuvre d'art".
Cela me coûte de dire que je n'ai pas aimé un livre de EES mais il faut dire ce qui est.
Ce n'est évidemment pas le style qui est en cause mais bien l'histoire très dérangeante d'un homme à la dérive...
Je ne peux en dire plus sans dévoiler l'histoire mais sachez que vous pourrez être très dérangés par cette histoire, par ce thème, par la place laissée à l'imaginaire. Ou peut-être adorerez vous... c'est ce que je vous souhaite ;)
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le 18 novembre 2011
L'histoire est très originale quand bien même le thème du suicidaire vendant son âme au diable, fut et sera encore traité maintes et maintes fois en littérature. L'originalité tient au contexte assez réaliste décrivant d'une part un marché de l'art contemporain mercantile, provocateur, amoral, et faisant d'autre part référence aux possibilités presque vraissemblables d'une chirurgie esthétique sans scrupules, elle aussi vénale, bref un contexte plaçant l'humain au service de l'argent. Mais l'humanité va faire de la résistance, venue du plus profond de ce héros déprimé reprenant tout doucement goût à la vie, refusant son statut d'objet, fut-ce une oeuvre d'art valant des millions de dollars. Un bon sujet de réflexion bien illustré par ce conte fantastique qui n'est pas sans rappeler les grands classiques du genre "la peau de chagrin", "le portrait de Dorian Gray"... Mais le récit surréaliste et passionnant à son début commence à s'essouffler à mi-parcours. Il m'en est donc resté l'effet d'une lecture captivante pour les 120 premières pages, se laissant peu à peu gagner par l'ennui du au manque d'inspiration des 100 pages restantes, et une fin insipide ne réservant aucune envolé philosophique à laquelle le lecteur pensait avoir droit dans ce genre de la littérature.
A lire quoiqu'il en soit, déjà pour moitié ! La suite peut être laissée à l'imagination de chacun.
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le 26 août 2002
Si vous avez aimé L'Evangile selon Pilate, le Visiteur, La Secte des Egoïstes, Ibrahim (...), Guignol (...)... ce qui est mon cas... vous n'aimerez pas forcément ce dernier roman. Il est excessif. Le message est intelligent mais je trouve que le moyen pour y parvenir est trop insupportable pour donner du plaisir à lire. Je continue à me passionner pour l'oeuvre de cet auteur mais pas pour ce dernier ouvrage. Comme on dit, "âmes sensibles..."
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Lorsque j'étais une œuvre d'art/Eric Emmanuel Schmitt
Il y a une quinzaine d'années, j'avais été enthousiasmé à la lecture de ce livre qui venait de paraître. Sa relecture aujourd'hui me confirme dans l'idée que EE Schmitt est un des meilleurs écrivains de notre époque. Son art du dialogue est inégalé et son sens de l'humour dans les pires situations fait partie du charme de bon nombre de se œuvres. Il sait allier le tragique et le comique avec sérieux pour notre plus grand plaisir.
Le thème de cette fiction est très intéressant car être admiré de tous est un vieux rêve que chacun porte en soi.
Le dernier des frères Firelli, Tazio le narrateur, est en pleine dépression : il a 20 ans mais le suicide lui paraît l'évidence. Mais rien ne va se passer comme il a prévu'quand survient à l'ultime seconde le sieur Lama, un artiste excentrique qui se prend pour un génie :
« Je suis un génie. Je n'en serais pas un si je l'ignorais, d'ailleurs. Je me suis fait connaître à l'âge de 15 ans par mes peintures sur savon noir. À 20 ans je sculptais la paille. À 22 j'ai colorié le Danube. À 25, j'ai emballé la statue de la Liberté dans du papier tue-mouches' »
Et Lama va proposer à notre candidat au suicide une alternative originale. Il lui offre une vie annoncée comme facile contre sa liberté : devenir une œuvre d'art moyennant quelques retouches.
Satire des temps modernes où la chirurgie esthétique est devenue une alternative pour accéder au plaisir d'être admiré ? L'art a-t-il des limites dans son expression ? La superficialité et l'apparence sont-elles seulement un effet de mode ? Quel serait le statut juridique d'une œuvre d'art vivante ? Que vaut la célébrité face à la vie et la liberté ? Autant de questions que l'auteur nous conduit à nous poser.
Toujours est-il que ce livre nous incite sainement à tenter de voir au delà des apparences.
Et puis l'amour comme toujours peut sauver la mise.
Une histoire originale qu'il faut appréhender au second degré.
Extrait du discours de Zeus Lama à Tazio alias Adam Bis :
« Mon jeune ami, chacun de nous a trois existences. Une existence de chose : nous sommes un corps. Une existence d'esprit : nous sommes une conscience. Et une existence de discours : nous sommes ce dont les autres parlent. La première existence, celle du corps, ne nous doit rien, nous ne choisissons ni d'être petit ou bossu, ni de grandir ni de vieillir, pas plus que de naître que de mourir. La deuxième existence, celle de la conscience se montre très décevante à son tour : nous ne pouvons prendre conscience que de ce qui est, de ce que nous sommes, autant dire que la conscience n'est qu'un pinceau gluant docile qui colle à la réalité. Seule la troisième existence nous permet d'intervenir dans notre destin : elle nous offre un théâtre, une scène, un public' »
Pour moi, ce livre est avant tout une critique de notre époque où l'apparence est ce qui importe pour nombre de gens, avec comme corollaire « l'achat de biens et de services qui changent ou améliorent notre apparence ' vêtements, régimes, coiffures, accessoires, voitures, produits de beauté, produits de santé, produit de standing, voyages au soleil, opérations chirurgicales. »
La conclusion revient à Hannibal le peintre aveugle, qui lors du procès déclare :
« L'art est fait pour l'homme, par l'homme, mais l'art n'est certainement pas un homme. »
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le 7 octobre 2014
Eric-Emmanuel Schmidt est d'abord un auteur qui suit une logique, c'est ensuite un auteur de théâtre, c'est donc un auteur qui sait traiter d'une chute. je me régale à chaque lecture. C'est le cas ici. La logique est incroyable de cet homme devenu œuvre d'art même si l'on manque de la description de l'œuvre. Disons que l'on l'admet. Et les étapes ont leurs logiques, surprenantes, ce qui nous tient fortement dans la lecture pourtant parfois scabreuse du scénario. la chute est pour le sourire, théâtrale. Je vais souvent voir ses pièces et l'attachement au sourire finale fait d'autant mieux accepter toutes les interrogations auxquelles nous soumet EESchmidt. Un bémol, tout petit : l'auteur est plus scénariste qu'écrivain, il manque une petite touche finale à l'écriture ... Tout petit bémol, tout petit, ....
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le 13 avril 2013
Ce roman m'a plu beaucoup, comme tous ceux que j'ai lu de cet auteur. L'action fait preuve d'une imagination extraordinaire où tout avance logiquement dans la fantaisie. À mon avis bien construit, avec un style claire le livre donne envie de continuer sa lecture.
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le 5 janvier 2012
Aventure intéressante oü il est question de la place de chacun, de notre propre place. Ce livre nous pousse à ouvrir les yeux, j'aime bien. Je l'ai lu il y a quelques mois, j'en garde un joli souvenir, je le pretterai aux visiteurs aussi qui découvrirons sa presence dans notre bibliotheque et là un bon petit sujet de discussion pourra commencer. J'aime bien.
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