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Lumières normandes : les hauts-lieux de l'impressionnisme Relié – 15 juillet 2013


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Extrait

L'Impressionnisme a pris sa source en Normandie

Que huit expositions du groupe impressionniste aient eu lieu à Paris, est incontestable. Que beaucoup de peintres impressionnistes, venus d'horizons variés, parfois hors de nos frontières, se soient retrouvés dans la capitale française pour étudier dans les ateliers ou pour tenir des conversations enfiévrées dans les cafés, l'est également. Que le commerce de l'art ait été, tout au long du XIXe siècle, un quasi-monopole parisien, cela est encore vrai.

Mais, tout cela suffit-il à démontrer que l'Impressionnisme serait un mouvement parisien, né spontanément sur le pavé de Paname, à la suite des rebuffades essuyées au Salon par les artistes les plus novateurs ? Faut-il vraiment considérer que le fameux Salon des Refusés de 1863, concédé aux artistes par Napoléon III, a été le point de départ d'un mouvement artistique qui ne s'est épanoui librement, après la défaite-impériale de 1870, qu'en région parisienne (à Chatou, à Argenteuil, à Auvers-sur-Oise...) ? Doit-on considérer que l'absence du chemin de fer, jusqu'au milieu du XIXe siècle, aurait empêché les artistes de se déplacer loin de la capitale et que, pour cette raison, les Impressionnistes seraient les héritiers des peintres, travaillant en forêt de Fontainebleau que l'on a tardivement (1890) regroupés sous l'étiquette contestable d'École de Barbizon ?

Une telle vision méconnaît totalement les réalités. En dépit de leur matériel encombrant - ni les tubes de peinture, ni le chevalet pliant n'avaient encore été inventés -, les artistes de la première moitié du XIXe siècle se déplaçaient beaucoup, en bateau, en voiture à cheval et plus encore à pied. Ils ont ainsi écume toute la Normandie, souvent bien des années avant de mettre les pieds à Barbizon.

Surtout, cette vision méconnaît l'influence que les peintres anglais, qui formaient l'avant-garde de l'époque, ont pu avoir sur leurs confrères français, comme l'a montré le triomphe de Constable au Salon de 1824, où il exposait sa Charrette à foin. Il a fallu attendre l'exposition Turner de 1984, au Grand-Palais, puis celle que le Petit-Palais a consacrée, huit ans plus tard, à Bonington pour que cette influence anglaise apparaisse au grand jour. En 2002, l'exposition Constable, à nouveau au Grand-Palais, est venue confirmer magistralement la filiation de l'école française avec l'école anglaise du paysage.

C'est pourtant cette vision de l'Impressionnisme, volontiers jacobine et cocardière, qui a longtemps prévalu chez les historiens d'art. Le Centenaire de l'Impressionnisme, célébré en 1974, en a été l'expression la plus insolente, en accrochant sur les cimaises du Grand-Palais des tableaux essentiellement franciliens (la Provence a bénéficié de quelques égards) et des thèmes (cafés, champs de courses, danseuses de l'Opéra) typiquement parisiens. Pratiquement rien, ni dans le choix des tableaux, ni dans les notices du catalogue, ne rendait compte de réalités régionales fortes ni, a fortiori, d'influences étrangères déterminantes.

Depuis de nombreuses années pourtant, quelques conservateurs de musée, comme Alain Tapie à Caen ou Pierre Bazin à Dieppe, quelques commissaires-priseurs, comme Francis Dupuy à Honfleur, quelques galeristes, comme François Lespinasse à Rouen, s'efforçaient d'attirer l'attention du public sur d'autres réalités, telles l'attraction que les rivages normands ont, depuis longtemps, exercée sur les peintres, ou l'existence d'«écoles de peinture», à Honfleur, au Havre ou à Rouen. Mais, ces pionniers n'avaient droit qu'à l'indifférence hautaine alors réservée à tout ce qui s'apparentait à du régionalisme. Avec ses Peintres du bonheur, paru en 1983, Yann Le Pichon faisait un peu exception, en consacrant un chapitre entier à Honfleur et en révélant aux Parisiens étonnés que Giverny ne se trouvait pas en Île-de-France, mais bien en Normandie.

Dans le quasi-désert historiographique de l'époque, il m'a fallu douze années de recherches - à travers les catalogues raisonnes des peintres et les catalogues d'exposition, les correspondances et les journaux intimes ou encore la presse régionale - pour découvrir quelques vérités dérangeantes, que j'ai exposées, en 1996, dans un livre intitulé La Normandie, berceau de l'Impressionnisme.

J'ai essayé, dans cet ouvrage, de montrer que l'Impressionnisme n'était pas une éruption volcanique, aussi soudaine qu'imprévue, mais un fleuve impétueux, qui a pris sa source en Normandie dans les années 1820, au temps du Romantisme, qui s'est ensuite gonflé de nombreux affluents - l'École de la Nature, le Réalisme, le Pré-impressionnisme - pour former, dans les années 1870-80, le mouvement impressionniste que tout le monde connaît. Par la suite, le fleuve s'est subdivisé en de multiples bras - Divisionnisme, Synthétisme, Symbolisme, Néo-impressionnisme, Fauvisme - pour achever sa course en un immense delta. Le fleuve majestueux débouchera même, grâce à Claude Monet - envers qui Kandinsky a reconnu sa dette -, sur l'Abstraction, qui sera la grande affaire du XXe siècle. La variété des courants que l'on regroupe aujourd'hui sous l'étiquette «impressionniste» justifiait donc, pleinement, que le musée qui a ouvert ses portes en 2009 à Giverny, à deux pas de la maison de Claude Monet, prenne le nom de Musée des Impressionnismes.

Biographie de l'auteur

Jacques-Sylvain Klein a été le commissaire général du Zef Festival Normandie Impressionniste et le conseiller du film Le scandale impressionniste produit par Arte et la RMN. Il a également publié La Normandie des Impressionnistes dans la collection des Guides du Routard.

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