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Mémoires de porc-épic - Prix Renaudot 2006 Broché – 3 août 2006

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Description du produit

Extrait

donc je ne suis qu'un animal, un animal de rien du tout, les hommes diraient une bête sauvage comme si on ne comptait pas de plus bêtes et de plus sauvages que nous dans leur espèce, pour eux je ne suis qu'un porc-épic, et puisqu'ils ne se fient qu'à ce qu'ils voient, ils déduiraient que je n'ai rien de particulier, que j'ap­partiens au rang des mammifères munis de longs piquants, ils ajouteraient que je suis incapable de courir aussi vite qu'un chien de chasse, que la paresse m'astreint à ne pas vivre loin de l'endroit où je me nourris
à vrai dire, je n'ai rien à envier aux hommes, je me moque de leur prétendue intelligence puisque j'ai moi-même été pendant longtemps le double de l'homme qu'on appelait Kibandi et qui est mort avant-hier, moi je me terrais la plupart du temps non loin du village, je ne rejoignais cet homme que tard dans la nuit lorsque je devais exécuter les missions précises qu'il me confiait, je suis conscient des représailles que j'aurais subies de sa part s'il m'avait entendu de son vivant me confesser comme maintenant, avec une liberté de ton qu'il aurait prise pour de l'ingratitude parce que, mine de rien, il aura cru sa vie entière que je lui devais quelque chose, que je n'étais qu'un pauvre figurant, qu'il pouvait décider de mon destin comme bon lui semblait, eh bien, sans vouloir tirer la couverture de mon côté, je peux aussi dire la même chose à son égard puisque sans moi il n'aurait été qu'un misérable légume, sa vie d'humain n'aurait même pas valu trois gouttelettes de pipi du vieux porc-épic qui nous gou­vernait à l'époque où je faisais encore partie du monde

Revue de presse

«Verre cassé», le précédent roman d'Alain Mabanckou, a laissé un souvenir jubilatoire. A la lecture de ce récit d'une ivresse maîtrisée, allègre et nostalgique, le grand public découvrait un jeune écrivain, né au Congo-Brazzaville, auteur déjà de plusieurs romans et professeur de littérature francophone à l'université du Michigan...
Avec «Mémoires de porc-épic», son nouveau roman, Alain Mabanckou nous entraîne bien loin des comptoirs où «Verre cassé» étanchait sa soif, loin aussi de la réalité africaine contemporaine. Ici, le narrateur est un animal court sur pattes, mais à la verve aussi riche, aux aventures aussi piquantes que le personnage principal du précédent livre. La bête, prénommée Ngoumba, est sortie de son repaire par la magie d'une légende de l'ethnie des Bembé, légende que l'auteur dit tenir de sa mère.

«Mémoires de porc-épic», récit crépusculaire illuminé par la poésie et l'ironie de Mabanckou, rapporte l'histoire d'un monde où les hommes ont des doubles, sortes d'animaux de compagnie, pacifiques ou nuisibles. Mauvaise ou bonne conscience, selon que le maître possède un esprit pur ou démoniaque, ils accomplissent le moindre de ses souhaits, de ses fantasmes, toujours agissants, prévenants, d'une servilité à toute épreuve...

Mémoires de porc-épic», avec son bouillonnement humain et le souffle qui porte sa vision du monde, est un des grands récits romanesques de la rentrée. (Laurent Seksik - Le Point du 24 août 2006)

Dans ce récit poétique et féroce, Alain Mabanckou donne la parole à un drôle d'animal.

Parmi les animaux de la jungle africaine, certains n'ont pas la mythologie qu'ils méritent. Autant le lion, la panthère, le gorille, la girafe ou l'éléphant ont touché notre inconscient collectif, autant d'autres bêtes jouent définitivement les seconds rôles, voire les figurants. C'est peut-être pour réhabiliter l'«ingrat» porc-épic qu'Alain Mabanckou l'a choisi pour héros de son dernier - et remarquable - roman, Mémoires de porc-épic. Outre son corps ventripotent, sa gueule renfrognée et ses longs piquants, les hommes le considèrent «incapable de courir aussi vite qu'un chien de chasse» et pensent que la paresse l'astreint à ne pas vivre loin de l'endroit où il se nourrit. Une image peu glorieuse pour celui qui fut le symbole du roi Louis XII. C'est méconnaître l'animal-narrateur, qui raconte son insolite histoire à son «cher Baobab». (Baptiste Liger - Lire, septembre 2006)

«Mémoires de porc-épic» est une oeuvre d'imagination, mais aussi un guide pratique plein de précieux conseils. Saviez-vous qu'il fallait, pour frauder la vigilance du féticheur pendant l'épreuve du bracelet d'argent, garder, ni vu ni connu, une noix de palme par-devers soi - dans son rectum exactement ?
Né au Congo-Brazzaville, Alain Mabanckouenseigne la littérature francophone en Californie, à Ucla. Rien de moins «art premier» que son art romanesque. Dans ce nouveau conte, l'auteur des «Petits-Fils nègres de Vercingétorix» tresse la fable africaine, le topo universel du double, le personnage conventionnel du tueur en série occidental, le documentaire animalier ; souvent délicieux, son texte ressemble à un dessin animiste produit par un sous-traitant tropical des studios Pixar, pété au vin de palme. Parfois, aussi, on songe au petit monde cynégétique d'un Pagnol pétomane avec, au lieu des bastides et des térébinthes, des cases et des bananiers. [...] (Fabrice Pliskin - Le Nouvel Observateur du 7 septembre 2006)

On y retrouve la même rapidité de trait, la causticité, la truculence, l'art de basculer soudain dans le grotesque ou la poésie. La même lucidité et la même façon de saisir la magie du monde. Hommage à la parole qui «délivre de la peur de la mort», écrit d'un souffle, sans un seul point, ces Mémoires de porc-épic sont un véritable enchantement. (Michel Abescat - Télérama du 25 octobre 2006)

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Bon livre touchant et bien écrit. Il offre au lecteur européen que je suis un univers imaginaire exotique et simple.
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Format: Poche
Longueur : 0:07 Min
My god, quel ennui. Ecriture sans relief. C'est la Beauce mais sans la couleur champs. Aucun piment et aucun pigment pour faire une allusion un peu nulle à un autre bouquin de cet "auteur". Vraiment aujourd'hui, tout le monde peut être "auteur" mais porter un chapeau et avoir de drôles de lunettes ne suffit pas à vous donner du talent...
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Format: Broché
Il est minuit passé, je viens de finir "Mémoires de porc-épic". Ce livre renoue avec la tradition des grands conteurs comme Tahar Ben Jelloun (La nuit sacrée) ou Hampâté Bâ (Contes peuls), avec des histoires, un imaginaire étrange qui emportent loin, très loin le lecteur. Ayant aimé, adoré le précédent roman de cet auteur, "Verre Cassé", je lisais donc sa dernière parution avec appréhension même si l'abondante presse française élogieuse sur "Mémoires de porc-épic" aurait pu me rassurer. J'aime les allusions, les clins d'oeil, le détournement des fables de la Fontaine, et surtout cette force philosophique de ce Porc-épic qui n'épargne pas le genre humain. Les proverbes, les adages, les paroles de sagesse abondent ici. Je riais honteusement lorsque Porc-épic se lançait dans ses diatribes, détournait les croyances humaines. Les tableaux qui retracent les différents personnages victimes de cet animal et de son maître sont saisissants. Surtout lorsque Porc-épic se retrouve en face d'un intellectuel prétentieux dénommé Amédée. On y voie la parodie de la légende de Narcisse qui se mirait dans la rivière. De même, autres délactations : l'ombre des livres d'Edgard Poe (Histoires extraordinaires), d'Hemingway (Le vieil homme et la mer) et bien d'autres auteurs. Avec tout cela, l'écriture est fluide, poétique !!! C'est dire que j'attends avec impatience l'arrivée de cet auteur dans la région comme je viens de lire dans le journal local.

H. Senzele
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Format: Broché
Un porc-epic reconte son existence à un baobab. C'est assez déroutant à priori mais passionant à posteriori. Ce porc-epic est le double maléfique d'un homme et "mange" (tue) les victimes désignées par celui-ci la nuit.

On plonge ainsi dans l'univers des contes africains ainsi que dans un jeu de portraits (principalement celui des victimes). L'ecriture est trés agréable (je n'aurais pas pensé que l'on pouvait se passer de ponctuations). Magnifique ! Une précaution tout de même : ce livre est comme je le disais un peu déroutant au départ; il faut donc laisser sa magie nous impregner. Conclusion : n'abandonnez-pas trop tôt !
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Par Mammut MEMBRE DU CLUB DES TESTEURS le 8 février 2008
Format: Poche
Comme les mémoires de ce porc-épic sont divertissantes, dépaysantes et agréables à lire, entraînantes !

On va écouter le récit que fait un porc-épic de sa vie de double nuisible d'un humain et tout ce que cela va impliquer, de bien comme de mal. Le récit est rythmé et l'intrigue progresse rapidement, en suivant les lacets de la vie de ce porc-épic.

C'est seulement à la fin que le passé et l'actuel vont se rejoindre, ce qui semble être une bonne construction du récit, de mon point de vue.

Un très bon mais court moment d'évasion totale.
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Par Ludwig Jean Sébastien TOP 500 COMMENTATEURS le 14 mai 2010
Format: Poche
Ce récit est l'étonnante histoire d'un porc-épic, animal maléfique vivant dans l'ombre d'un certain Kibandi, charpentier de métier. Ce double animal devient l'exécuteur des basses œuvres du double humain de Kibandi qui finit par le pousser à commettre des crimes de plus en plus gratuits et inexpiables.
Après un début assez lent qui rappelle les contes africains traditionnels avec leur côté magique (le mort doit désigner son assassin en remuant dans son cercueil quand on le promène dans le village, Kibandi arrive à échapper à toutes les poursuites en se plaçant une noix dans l'anus'), l'action accélère et les forces de l'ombre dont le porc-épic n'est que l'instrument, se déchaînent'
L'auteur s'évertue à n'utiliser aucun signe de ponctuation autre que la virgule, ce qui rend le texte compact, assez peu lisible et plutôt lassant pour le lecteur qui se demande où on veut l'amener dans cette histoire un peu ésotérique voire vaguement philosophique. Pour ne rien arranger, le style est assez lourd, émaillé d'approximations grammaticales (erreurs d'utilisation de prépositions) un peu gênantes. Il est étonnant que le jury du Renaudot 2007 n'ait rien trouvé de mieux à couronner ?
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Format: Broché
Ce livre constitue la confession du double animal (un porc-épic) d'un humain humilié et offensé (et avide de revanche) à un babobab. On y retrouve un protagoniste paria (comme dans African Psycho) et la verve satirique/parodique de Verre Cassé. Le narrateur n'y va pas de main morte lorsqu'il se moque de certaines traditions africaines archaïques (d'une manière scatologique...), les méthodes des ethnologues occidentaux ou encore la prétention des élites africaines éduquées à l'étranger. Toutefois, le récit est emprunt d'un certain fantastique associé aux coutumes africaines (le double, les fantômes) et la frontière humain/animal est brouillée de manière assez subtile.

Un grand livre d'un auteur dont on n'a pas fini d'entendre parler!
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