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Madame Bovary à 1,99 euros Poche – 1 juin 2006

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Flaubert avait beau affirmer qu'il désirait faire du style le coeur d'un "livre sur rien", son premier roman n'en est pas moins un récit, un roman de la "fatalité", comme le souligne innocemment Charles Bovary, sans même savoir qu'il s'agit d'une fatalité d'ordre narratologique qui imbrique imperceptiblement les éléments du texte pour rendre l'issue inévitable. Tableau des Moeurs de province, Madame Bovary dépeint avec tant d'efficacité la dynamique de la frustration que le mélange d'ennui profond, d'apathie et d'exaltation romanesque qui caractérise son héroïne a donné naissance au terme de bovarysme. De Tostes à Yonville-l'Abbaye, Emma Bovary traîne sa morne existence jalonnée d'adultères. Certes, ses échappées à bord de l'Hirondelle, l'express qui relie Yonville à Rouen, pimentent sa vie. Mais elle est conduite par Hivert, vouée au retour ironique et incontournable. Quelles que soient les tentatives d'évasion, le bovarysme triomphe. Dans le portrait de cette petite bourgeoise normande, Flaubert a poussé l'écriture objective, neutralité indispensable afin de se fondre dans les personnages, au point de rendre si vivantes les aspirations d'Emma que le roman lui valut un procès. --Sana Tang-Léopold Wauters --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.

Extrait

À Louis Bouilhet
Première partie

Nous étions à l'Étude, quand le Proviseur entra, suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail.
Le Proviseur nous fit signe de nous rasseoir ; puis, se tournant vers le maître d'études :
- Monsieur Roger, lui dit-il à demi-voix, voici un élève que je vous recommande, il entre en cinquième. Si son travail et sa conduite sont méritoires, il passera dans les grands, où l'appelle son âge.
Resté dans l'angle, derrière la porte, si bien qu'on l'apercevait à peine, le nouveau était un gars de la campagne, d'une quinzaine d'années environ, et plus haut de taille qu'aucun de nous tous. Il avait les cheveux coupés droit sur le front, comme un chantre de village, l'air raisonnable et fort embarrassé. Quoiqu'il ne fût pas large des épaules, son habit-veste de drap vert à boutons noirs devait le gêner aux entournures et laissait voir, par la fente des parements, des poignets rouges habitués à être nus. Ses jambes, en bas bleus, sortaient d'un pantalon jaunâtre très tiré par les bretelles. Il était chaussé de souliers forts, mal cirés, garnis de clous.
On commença la récitation des leçons. Il les écouta de toutes ses oreilles, attentif comme au sermon, n'osant même croiser les cuisses, ni s'appuyer sur le coude, et, à deux heures, quand la cloche sonna, le maître d'études fut obligé de l'avertir, pour qu'il se mît avec nous dans les rangs. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.

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Par Gwen 1ER COMMENTATEUR DU HALL D'HONNEURTOP 50 COMMENTATEURS le 14 septembre 2009
Format: Broché
Réduite à son intrigue, "Madame Bovary" ne casse pas vraiment des briques, puisque cette oeuvre nous relate en gros un adultère qui tourne mal dans une petite ville de province. Je suppose que l'on pourrait facilement trouver des centaines, voire des milliers de romans traitant plus ou moins le même sujet. Ce qui fait la singularité du livre de Flaubert (outre sa réflexion sur la littérature et ce qu'on appellera justement le bovarysme), ce n'est donc pas tant ce qu'il raconte, mais la manière dont il le raconte. Certes, son style, en soi, n'est pas révolutionnaire. Il relève à l'évidence de l'école réaliste. Pourtant, on sent bien que le réalisme de Flaubert n'est pas celui de Balzac. Ce qui sépare ces deux géants de la littérature, c'est que Balzac est toujours présent dans son texte, alors que Flaubert vise à une totale objectivité. Il plane tel un démiurge au-dessus de sa Création, n'éprouvant pour ses personnages ni mépris ni compassion, juste un immense intérêt, semblable à celui d'un entomologiste étudiant une colonie d'insectes curieux. Résultat, sa prose est d'une implacable froideur, aussi précise qu'un procès-verbal et dépassionnée qu'un rapport d'autopsie. J'y vois, personnellement, l'indice d'un certain fatalisme de la part de Flaubert. A quoi bon s'émouvoir de ces événements, semble-t-il nous dire, puisqu'ils sont dans l'ordre des choses? Les épouses fantasques, les amants veules et les maris insipides sont de tout temps.Lire la suite ›
Remarque sur ce commentaire 14 personnes ont trouvé cela utile. Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non Commentaire en cours d'envoi...
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Format: Poche
L'éducation sentimentale fait partie de ces livres qui contiennent tout. A ce titre, il est un des meilleurs romans de la littérature française.
Tout y est. S'appuyant sur un style musical et élégant ainsi que sur un sens certain de la mise en scène, Flaubert a écrit un roman qui donne l'illusion de la vie. L'éducation sentimentale touche à tous les thèmes, les entrelace et délivre une magistrale leçon de littérature. Tout y passe: la politique, l'amour, l'amitié, les illusions, la bêtise, la mémoire, rien n'est étranger à ce livre. Mais, bien que ce roman soit l'histoire de l'éducation d'un jeune homme, n'espérez pas trouver en Flaubert un professeur donnant une leçon du haut de son expérience: en deux chapitres magistraux (les deux derniers), il renvoie finalement le lecteur à l'ambiguïté de la vie et à l'impossibilité de lui donner un sens définitif.
2 commentaires 41 personnes ont trouvé cela utile. Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non Commentaire en cours d'envoi...
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Format: Poche
J'ai relu Madame Bovary. Je me suis fait violence car j'en ai un désastreux souvenir. Ou l'école, comment dégoûter de la littérature. Ainsi, les Balzac, Stendhal et autre Proust, dont la lecture imposée à l'adolescence, m'ont presque définitivement dégoûtée de la lecture. C'est le paradoxe de l'école, on veut faire découvrir aux jeunes esprits les perles de la littérature française, mais ces romans n'ont aucune résonnance pour un adolescent, ça reste un pensum. Ce sont des oeuvres adultes, écrites par des adultes avec leur préoccupation d'adultes, et adulés par d'autres adultes. C'est un univers qui laisse totalement indifférent l'adolescent, n'oublions pas que le « jeune vit dans un monde qu'il ne comprend pas et qui ne le comprend pas (cf une excellente pub pour la Poste). Ecrire sur les relations sociales, l'ennui, les mauvais choix que l'on peut faire dans une vie, c'est tout à fait à l'opposé de ce qu'attend le jeune : il veut qu'on le fasse rêver d'une vie pleine, enthousiaste et réussie.
Pourtant, je le reconnais aujourd'hui, c'est une oeuvre majeure de notre patrimoine culturel. Une leçon de littérature, sublime et habitée.
Madame Bovary, c'est moi, disait Flaubert. Je rajoute c'est moi aussi, et probablement vous également.
Un roman indispensable.
2 commentaires 63 personnes ont trouvé cela utile. Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non Commentaire en cours d'envoi...
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Par Kittynette TOP 1000 COMMENTATEURSMEMBRE DU CLUB DES TESTEURS le 7 août 2009
Format: Broché
Pauvre petite Emma ! La vie ne fut pas tendre pour elle, et pourtant, elle avait du pain et du feu et le pauvre abbé Bournisien ne put rien pour elle, quand elle vint le consulter pour lui faire part de son malheur et chercher une aide auprès de lui. Que lui manquait-il, à la pauvrette ? Elle qui avait épousé Charles, un brave homme attentif à sa femme, dont le seul défaut était un cerveau aux possibilités bien réduites et peu de flatterie dans ses paroles. Emma, nourrie de littérature romanesque, s'imaginait trouver l'amour dans le mariage ; elle ne le trouva point et sombra dans une sorte de mélancolie.

Mais vint un jour un individu sans scrupule, qui sut lui dire les mots qu'elle attendait et qui firent chavirer son coeur. Elle céda à Rodolphe Boulanger, un hobereau qui la roula dans la farine. Son nom n'était-il pas choisi à bon escient ?
Amour malheureux que celui-ci, bientôt remplacé par Léon Dupuis, comme si la vérité sortait du puits même de ses entrailles et allait révéler à Emma toutes les facettes insoupconnées de la passion. Lui aussi sut réciter de belles phrases pour la convaincre, mais l'emporta dans un fiacre pour consommer le bel amour. Le romantisme n'y allait pas par quatre chemins !

Pas même la petite fille Berthe au gros oeil bleu ne fit revenir sur terre la pauvre petite femme, que Flaubert appelait "ma pauvre Bovary".
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3 commentaires 12 personnes ont trouvé cela utile. Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non Commentaire en cours d'envoi...
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