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Marseille(s) - Yusuf Sevincli Broché – 2 octobre 2014


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Extrait

CHRISTIAN GARCIN

L'ÉCLAT MAT DES VOIX

Quiconque a grandi à Marseille mesure combien l'expérience de cette ville se déroule pour l'essentiel loin des images convenues, quoique finalement assez récentes, des pagnolades ensoleillées, de la faconde, de la sieste et des rires de bistrots. Avant d'être une destination pour touristes surtout désireux de se laisser bercer de clapotis en accroissant leur dose de mélanine un verre de rosé à la main (non-activités par ailleurs respectables), l'espace méditerranéen est depuis toujours un lieu de tragédies, d'ombres coupantes, de secrets et de rudes destins : il n'y a qu'à lire les Grecs, de Grèce comme de Turquie -d'où venaient ces marins qui fondèrent Massalia voici vingt-six siècles.

Ou alors il n'y a qu'à vivre à Marseille. Tacite disait des Marseillais qu'ils alliaient «la politesse des Grecs à l'austérité des Provençaux». Quelques siècles plus tard, Joseph Conrad se souvient d'y avoir vu «de robustes filles avec des profils purs, de superbes chevelures noires coiffées avec un art compliqué, des yeux noirs, des dents éblouissantes de blancheur», (je les ai croisées un soir dans une taverne à Cythère : deux grandes serveuses rudes et belles, yeux intenses, cheveux noués noir pruneau, et leur mère, assise à l'écart et portant sur le visage, dans son maintien, son regard, la tranquillité millénaire des reines de théâtre, comme un masque de fatalité antique.) Marseille, comme bon nombre de ports méditerranéens, vit dans un noir et blanc austère et permanent. Le mistral dévaste tout, la mer gronde, le soleil brûle, les bruits, les odeurs, les couleurs assiègent nos sens, les ombres sont violentes, et les vies aussi.

J'ai grandi du côté d'Endoume, pas loin de l'abbaye de Saint-Victor, dans une impasse goudronnée dont les habitants portaient des noms provençaux, italiens, espagnols. Les hivers étaient gris et les étés aveuglants de blancheur. Les couleurs de la Méditerranée, je ne les ai découvertes que plus tard, lorsque j'ai étudié l'histoire de la peinture. De la plage du Prophète où j'allais me baigner, je me souviens surtout de l'écume blanche des vagues agitées de mistral. Les murs de l'école communale, le goudron de l'impasse, les volets des voisins et les nôtres, les roches alentour, les rebords des trottoirs, la voiture de mon père, son costume, tout cela était gris, ou d'un noir et blanc fortement contrasté, jusqu'aux images du poste de télévision, jusqu'aux photos de l'époque. Plus tard j'ai arpenté Marseille de long en large pour diverses activités professionnelles. |e crois pouvoir avancer qu'il n'y a pas un quartier où je n'ai pas mis les pieds. Les éblouissements, l'obscurité, le silence et le boucan de cette ville m'ont accompagné partout, de Callelongue aux Aygalades, d'Endoume à Château-Gombert, du Roy d'Espagne au Plan d'Aou. S'il y a une homogénéité dans cette ville, c'est bien celle de l'extrême intensité des reliefs, des perspectives, des lumières, des odeurs, des gestes et des voix. À Marseille, chacun -chaque lieu - se tient à la pointe de lui-même et se livre avec une fougue teintée de méfiance.

Les morceaux de réalité marseillaise que prélève Yusuf Sevinçli sont du verre brisé sur un trottoir. Ils ne forment pas une unité thématique mais un tissu éclaté, révélateur d'un oeil à la fois erratique et aiguisé. Ce qu'ils disent de Marseille tient de tout cela à la fois, qui nomme la ville et la range dans le tiroir du réel brut, immédiat : la fougue et le secret, les ombres violentes et les rues glauques, les blocs de béton gris, les plages écartelées, la saleté, la lumière, la jeunesse éternelle - et toujours, partout, cette sourde inquiétude qui affleure et rappelle qu'à Marseille, l'Antiquité, avec ses cortèges de folies, de malédictions, de vengeances et de destins brisés, ne se tient jamais très loin.

La Méditerranée est une. Les marins qui fondèrent Massalia au VIe siècle avant notre ère étaient partis de la côte égéenne de la Turquie. Yusuf Sevinçli quant à lui est né sur la côte septentrionale et vit à Istanbul, sur le détroit du Bosphore, entre Méditerranée et mer Noire, au croisement de deux mondes et de plusieurs civilisations. Il fallait un homme de ces mixités-là, de ces richesses-là, pour discerner, sous le vernis contemporain vaguement clinquant (encore qu'à Marseille rien ne le demeure très longtemps), la crudité des grisailles antiques, le malaise diffus de certains coins de rue, l'anarchie bétonnée qui prend place au creux des criques, la belle violence des regards, la fière et feinte insouciance de la jeunesse et le sens tragique de la vie qui court, depuis toujours porté par le mistral et l'éclat mat des voix.

Présentation de l'éditeur

La collection Marseille(s) offre chaque année une carte blanche à un photographe méditerranéen qui livre sa vision de la ville. Au fil des ans, la diversité des écritures photographiques dessine le portrait d une cité multiculturelle, qui apparaît sous un jour nouveau.

Le premier titre de la collection présente le travail de Yusuf Sevinçli. D un noir et blanc très contrasté, au grain épais et à la surface souvent griffée, ses prises de vues presque compulsives de la vie quotidienne, faites d errance et d instabilité, proposent une vision subjective et ressentie du monde.
Les photographies sont accompagnées d un texte de l écrivain Christian Garcin.

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