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Nu Broché – 27 novembre 2014

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Descriptions du produit

Extrait

Mais lorsque vous vous isolez sur une petite île dans l'immensité de l'espace, alors l'instant présent se met à gonfler et à se dilater en grands cercles, la terre ferme disparaît, et votre âme sombre, nue et insaisissable, se retrouve dans le monde dépourvu de temps, où les chariots des prétendus morts dévalent à toute allure les vieilles rues des siècles...

D. H., Lawrence, L'homme qui aimait les îles

C'est fini. La porte est fermée, les volets calfeutrés. L'âme de la maison se vide par toutes ses ouvertures maintenant closes. Elle restera ainsi figée dans mon souvenir. Il me semble que je l'ai laissée morte, évanouie, qu'elle ne pourra plus jamais être. J'ai souvent ri du ridicule de prêter vie aux choses matérielles, de les personnifier. Mais c'est bien ainsi que je la vois aujourd'hui, comme un corps dont la vie s'échappe avec son dernier habitant.
Je suis monté dans la voiture et nous avons roulé. Je n'ai pas plus parlé que d'habitude avec mon fils et sa famille.
Au fur et à mesure de l'avancée de la voiture dans les terres, mon univers quotidien m'a semblé s'éloigner - comme si l'espace et le Temps étaient liés, comme si le trajet avait comporté plusieurs jours de voyage au cours desquels une transformation intérieure se serait effectuée où j'aurais laissé la dépouille de mon ancien moi dans les premiers kilomètres pour aborder un nouveau territoire étranger, en moi-même comme au dehors. Je n'avais pourtant rien projeté dans ce parcours : il me semblait être un accident dans mon existence, que j'étais décidé à laisser passer sans m'impliquer en rien dans sa réalisation. Et voilà que mon esprit, mes émotions, s'agitaient, à mon corps défendant, me faisaient traverser un abîme et parvenir au terme dans un état d'esprit totalement différent de celui qui m'était familier. L'inquiétude est venue de la pensée des conditions de vie absolument inconnues de mon nouveau lieu de vie. J'ai tenté de chasser ces idées parasites de mon esprit, de penser qu'on vivait là-bas comme partout, de m'appliquer à la contemplation des terres qui se déroulaient devant nous : ce sol plane et désert de la Beauce, à peine marqué de loin en loin du ruban de la route et de quelques fermes disséminées, sorte de rêve éveillé dans lequel rien ne change pendant des heures, les mêmes villages, les mêmes champs, le même vide revenant sans cesse. Un vertige a fini par me saisir, la sensation de tourner en rond sans fin dans un paysage identique depuis des jours. J'ai plongé mon visage dans mes mains et nous étions arrivés. La façade banale de la maison de retraite nous surplombait.
Lorsque nous sommes entrés dans le hall, une terrible angoisse m'a saisi, une angoisse énorme, gigantesque, qui en quelques secondes a pris possession de moi, s'engouffrant partout, s'immisçant dans tous les interstices de ma pauvre carcasse. Depuis, je suis cette angoisse qui marche, qui bouge et qui parle.
Malgré tout, je n'ai rien laissé paraître. Une femme nous a accueillis et emmenés dans ma chambre. C'est donc ici qu'il me va falloir vivre à présent, au milieu de ces meubles de mauvais goût, de ces murs blancs décorés de quelques reproductions qui feraient détester la peinture à tout étudiant des Beaux Arts normalement constitué. Triste vie...

Présentation de l'éditeur

«Là où je suis, il n'y a pas de vent. Du sol s'élève une odeur de terre mouillée qui sature l'air. J'en ai le goût dans la bouche. Mes membres sont cotonneux, tout comme le paysage dont les nuages s'accrochent aux aspérités du terrain comme du coton à une barbe. Tout est plongé dans une atmosphère irréelle. Je sais que le pire arrive, mais je suis incapable de le ressentir violemment. Mes émotions aussi sont cotonneuses, filtrées, étourdies. L'immobilité me pèse, la mienne comme celle qui m'entoure. Je voudrais que quelque chose se passe, mais j'ai la certitude que rien n'arrivera. Je suis condamné à demeurer dans ce paysage intime fait de grisaille, de froidure et de douceur anesthésiante. Les mêmes pensées roulent dans ma tête. Je ne peux pas en avoir d'autres, car rien de nouveau ne doit advenir. Je sais que personne ne viendra.»
François ressent le sentiment d'être nu face à l'existence depuis qu'il a dû quitter son domicile pour une maison de retraite. En proie à l'angoisse devant la mort qui approche, l'effritement progressif de ses certitudes le mène à revoir sa vie à l'aune du doute.
Ce roman est l'histoire d'une naissance tardive à la vie.

Christelle Goulley a grandi en Bourgogne et étudié les Lettres à Paris et Montréal s'intéressant en particulier à la littérature québécoise et aux récits de voyage au féminin. "Nu" est son premier roman.

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