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Penser la crise : Lexique critique de la crise dans tous ses états Précédé de Les meilleurs intentions par Alain Finkielkraut Broché – 10 novembre 2007

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Description du produit

Extrait

Alain FINKIELKRAUT

Conférence prononcée à Nantes, dans le cadre des 6e Rencontres de Sophie («La crise») accueillies par le Lieu Unique les 10-12 février 2006

LES MEILLEURES INTENTIONS

On parle tellement de crise, et depuis si longtemps, que ce mot a Uni par perdre sa charge d'inquiétude. Il y a crise de tout, toujours, alors, pourquoi s'en faire ? La crise tend à devenir notre élément. Pour sortir de ce ressassement, finalement tranquille, je partirai d'un événement qui a frappé tous les esprits : les émeutes urbaines du mois de novembre 2005 en France. Doit-on parler d'une crise au sens non somnolent du terme, c'est-à-dire d'une réalité inédite et peut-être intraitable ? Tout le monde ne le pense pas. Un certain nombre de commentateurs pensent, et l'ont dit, le contraire. Leur argumentaire a trouvé sa meilleure formulation dans un entretien accordé par Emmanuel Todd au journal Le Monde et publié le 13 novembre 2005, donc au coeur de l'événement : «L'embrasement des banlieues a eu pour acteurs les jeunes issus de l'immigration. C'est très inquiétant de voir brûler des voitures, des autobus et des maternelles. Néanmoins, je penche pour une interprétation optimiste de ce qui s'est passé. Je ne vois rien, dans les événements eux-mêmes, qui sépare radicalement les enfants d'immigrés du reste de la société. J'y vois exactement le contraire. J'interprète les événements comme un refus de marginalisation. Tout ça n'aurait pas pu se produire si ces enfants d'immigrés n'avaient pas intégré quelques-unes des valeurs fondamentales de la société française dont, par exemple, le couple liberté/égalité.» Une question lui est alors posée par le journaliste du Monde : «Vous voulez dire que les jeunes se révoltent parce qu'ils ont intégré le modèle républicain et qu'ils sentent qu'il ne fonctionne pas». A quoi Emmanuel Todd répond : «Exactement. Je lis leur révolte comme une aspiration à l'égalité. Ces gosses de banlieue, d'origines maghrébines ou africaines, s'inscrivent dans une tradition de soulèvement social qui jalonne l'histoire de France. Leur violence traduit aussi la désintégration de la famille maghrébine ou africaine au contact des valeurs d'égalité française, notamment d'égalité des femmes.» Et Todd de conclure, avec une clairvoyance qui coupe le souffle : «Si je ne suis pas optimiste sur le plan économique - je pense que la globalisation va peser de plus en plus sur l'emploi et les salaires -, je suis optimiste sur le plan des valeurs politiques. En termes de résultat, après ces deux semaines d'émeutes, que voit-on ? Ces gens marginalisés, présentés comme extérieurs à la société ont trouvé un mouvement qui a réussi, au plan national, à intervenir dans le débat politique et culturel, à obtenir des modifications de la politique d'un gouvernement de droite en l'obligeant, notamment, à rétablir les subventions aux associations de quartier et tout ça en réponse à une provocation verbale d'un ministre de l'intérieur dont on va sans doute s'apercevoir qu'ils ont brisé la carrière. On peut être plus marginal.» Autrement dit, selon Emmanuel Todd qui est démographe, politologue, cette violence urbaine est une lutte pour l'égalité et elle traduit, dans son refus de la société française actuelle, une adhésion à ses valeurs fondamentales. La réalité inégalitaire est combattue au nom de l'idéal d'égalité. «Les émeutiers sont noirs et arabes, poursuit Emmanuel Todd, mais au lieu de creuser l'abîme qu'il y a entre eux et la France, leur émeute comble cet abîme.» La haine qui les anime, nous dit donc Todd, ne doit pas faire peur, elle les rapproche, elle les intègre et en quelque sorte, paradoxalement, elle les naturalise. Ce paradoxe est brillant, tellement brillant que toute une partie de l'opinion éclairée, de l'opinion journalistique en tout cas, l'a repris à son compte et en a fait son credo. J'avoue qu'elle ne m'a pas convaincu. Et j'en exposerai les raisons en prenant appui sur un autre événement, survenu certes après ces trois semaines de violence urbaine, mais qui me semble éclairer celles-ci et faire apparaître leur dimension irréductible. Je veux parler de l'agression, au couteau, d'une enseignante du lycée Louis Blériot à Etampes. Mais tout de suite je corrige, car s'il ne s'était agi que d'une agression au couteau, je n'en parlerais pas. Il y aurait, en effet, quelque chose d'injuste, de scandaleux et même de manipulateur, à mettre cette agression individuelle sur le compte des émeutiers qui n'y pouvaient mais. Ils ont brûlé deux cent vingt-cinq établissements scolaires, c'est considérable mais ce n'est pas une violence du même type. Simplement, cette agression révèle un climat qu'il est difficile d'abstraire de ces émeutes sans mot d'ordre et qui, précisément, ont choisi pour cibles privilégiées les écoles. Un professeur de Lettres, collègue de Karen Montet-Toutain, la jeune femme victime de cette agression, confiait au journal Le Monde : «Cette agression est le résultat d'un crescendo. Il ne s'agit pas d'un acte isolé mais c'est le fruit de tensions, de violences urbaines et d'incivilités qui restent impunies, ou très peu punies. Cela commence par ne pas dire bonjour et cela va jusqu'à des menaces diffuses ou carrément des menaces de morts proférées à l'égard de certains personnels de l'établissement.» Ces propos ont été confirmés, et précisés, par Karen Montet-Toutain, le 10 janvier 2006, dans une conférence de presse dont Libération a publié de très larges extraits, lui consacrant même sa Une. L'agression, disait en substance Karen Montet-Toutain, n'a pas éclaté comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Et elle décrit l'atmosphère pesante et insupportable qui régnait dans cet établissement : «Dès le 16 septembre, j'ai connu la plus grosse angoisse de ma vie d'enseignante dans une classe très oppressante. Ce jour-là, je n'ai pas réussi à prendre le dessus. J'ai invité les élèves à quitter la salle avant la cloche.

Présentation de l'éditeur

Autorité, Baroque, Culture, Devenir, Egalité, Gauche, Humanité, Jeunisme, Krizis, Libéralisme, Mort, Néant, Obsolescence, Patatras, Quel chemin suivrais-je dans la vie ?, Rumeur, Sens, Tragique, Uchronie, Vérité, Way of life, Classé X, Yin/Yang, Zut

Le but de cet ABCDaire - exercice collectif original -est de diversifier les approches critiques, afin de rendre la richesse du thème général plus explicite encore pour l'auditeur et le lecteur. Ces interventions ouvrent ainsi des perspectives dialogales stimulantes, leurs auteurs proposant à chaque fois une démarche personnelle susceptible d'être partagée en ce qu'elle fait primer le travail de la pensée sur la communication de résultats tout faits.

La crise est un moment singulier de l'existence des hommes et du monde où l'ordre habituel des choses se met à vaciller et menace même de retourner au chaos. On la redoute donc le plus souvent, en essayant de l'éviter. Mais plutôt que d'en craindre le pire, ne peut-on en espérer le meilleur : dans sa violence même, la crise ne fait-elle pas apparaître de nouvelles possibilités d'être ? Ne faut-il pas alors tâcher de s'en saisir comme l'occasion d'une renaissance, aussi bien dans l'existence personnelle des individus que dans la vie collective des peuples ?

Jacques RICOT, Lucien GUIRUNGER, Joël GAUBERT, Guillaume DURAND, Christine MEYER, Yves TEXIER, Michel MALHERBE, Jean-Luc NATIVELLE, Marc JIMENEZ, Jean-Marie FREY, Franck ROBERT, André GUIGOT, David MORIN-ULMANN, Murielle DURAND-GARNIER, Denis MOREAU, François LANGAVANT, Jean-Claude DUMONCEL, Michel MAGNANT, Didier CAILLETEAU, Philippe CORMIER, Jean-Claude PINSON, Pascal TARANTO, Roland DEPIERRE, Jean-Michel VIENNE

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