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Regio : Et autres poèmes Broché – 7 février 2008


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Description du produit

Extrait

Une merveilleuse indigence

... la poésie de nos jours
est une lutte pour respirer
T. Rozewicz, Déposition de fardeau

Je ne connais nulle définition satisfaisante de la poésie, pour la simple raison que la plupart d'entre elles sont trop poétiques. Pour en finir avec ce genre de difficulté, nous avons la faiblesse (à moins qu'il ne s'agisse d'intuition) de ranger la poésie au rayon des mystères. D'autres estiment qu'il est pré­férable d'aborder la poésie - comme il en est d'Ithaque - soit comme un exercice de désignation du monde, soit comme un art de faire et donc d'agir. Ce serait hâtivement oublier que ce qui relevait de la techné chez les Grecs recouvrait un savoir et non un faire et que poien est faire dans le sens de créer ou plus exactement entrer dans l'Histoire.

Puisque la langue est, depuis l'aube des Temps modernes, un système de signes, nous savons qu'elle est autre chose, c'est-à-dire bien plus. Heidegger ne dit rien d'autre quand il avance que «la langue est le poème originel dans lequel un peuple dit l'être. Inversement, la grande poésie, celle par laquelle un peuple entre dans l'histoire, est ce qui commence à donner figure à sa langue. Les Grecs avec Homère ont créé et connu cette poésie. La langue qu'ils parlaient leur fut ainsi ouverte comme départ dans l'être.» Un texte plus tardif précise l'enjeu : «La parole du poète n'est pas une exaltation mélodique du parler courant. Renversons la proposition.

C'est bien plutôt celui-ci qui n'est plus qu'un poème oublié, dévasté par l'usage, et d'où à peine encore se laisse entendre un appel.»

Le faire de la parole poétique montre et donc désigne autant qu'il tente de retrouver la puissance du verbe jusque dans l'apparemment banal. Et Rozewicz d'écrire : «Le parler direct devait conduire à un retour aux sources, permettre de retrouver la banalité de la foi, de l'espérance, de l'amour. De cet amour que vainc la mort et de celui-là aussi qui est vaincu par la mort. Rien que de très simple en somme.» Mieux donc qu'une définition, la direction souhaitée et suivie ouvre un chemin vers la frémissante origine du langage où le travail du poète est de lutter contre l'oubli de l'être, l'usure naturelle de la langue. En ce sens, Rozewicz a raison d'insister en estimant qu'écrire un poème est un acte éthique et non esthétique : «J'essayais donc de reconstruire ce qui me semblait essentiel pour la vie tout court comme pour la vie de la poésie : l'éthique. La création poétique, pour moi, ne consistait pas à composer de beaux poèmes, mais à agir. Pas de poèmes, des faits. (...) Je réagissais aux événements par des faits que je créais sur le modèle d'un poème, pas par de la poésie.»

Le poète aime à citer le philosophe Wladyslaw Tatarkiewicz : «Che% les Grecs, la notion du Beau (...) avait une plus grande dimension que la nôtre, augmentée soit de l'éthique, soit des mathématiques. Le plus souvent beau voulait dire à peu près digne d'estime et seule une nuance subtile le distinguait du bien.» Il s'ensuit qu'un certain parler courant est à même de délivrer une beauté non étrangère au dessein éthique et que maîtriser cette grande poésie est à nouveau faire entrer, non sans peine, un peuple dans l'histoire et donc, dans cette langue ouverte sur l'être où il est possible d'entendre, malgré les parasites ambiants, malgré la surdité généralisée, l'appel que délivre le poème oublié. Ce poème-là est d'une simplicité accablante ; souvenez-vous : «A ces mots, il se mettait en marche sur la terre aux larges routes...» ; «Pauvres gens ! Malheureux, dont le coeur est toujours avide d'angoisses et de tristes soucis». Langage élémentaire d'une troublante venté, langage englobant la musique d'un parler presque courant.

Présentation de l'éditeur

Deux fois couronnée par le prix Nobel - Czeslaw Milosz en 1980 et Wislawa Szymborska en 1996 -, la littérature polonaise des dernières décennies est l'une des plus riches d'Europe. Par sa radicalité et son universalité, l'oeuvre de Rozewicz y occupe une place de tout premier plan. Poète, dramaturge, nouvelliste, Rozewicz appartient à une génération qui a eu 20 ans dans un pays martyrisé par les nazis et vécu sa maturité sous la dictature communiste. En rupture d'études, ouvrier, il combat dans les rangs de l'armée clandestine, VA. K., avec son frère Janusz - qui sera exécuté par la Gestapo en 1944. Au lendemain de la guerre, sa conscience de poète est littéralement foudroyée par le poids de l'histoire : «Comment écrire de la poésie après Auschwitz ?» C'est un homme presque sans voix qui parle, tout au bord de ce silence qui étouffe beaucoup de survivants.

Pour ces temps d'apocalypse, Rozewicz invente une poétique nouvelle : rupture avec le vers classique, abandon de toute métaphore, crudité et rugosité de la langue. Proches de la démarche d'un Paul Celan, ses poèmes sont comme les squelettes de cathédrales calcinées. Véritable révolution dans la poésie polonaise, son oeuvre constitue «la négation d'une littérature» qui, souligne Milosz, «semblait n'être rien d'autre qu'un mensonge recouvrant l'horreur de la brutalité de l'homme envers son prochain.» À partir des années 60, sa poésie s'approfondit encore pour dénoncer la désintégration des liens sociaux et des systèmes moraux et esthétiques dans les sociétés occidentales. Dans le même temps, sa sensation aiguë du néant trouve dans le théâtre un puissant moyen d'expression. Saluées par Grotowski et Kantor, des pièces comme Le Fichier influencent profondément leur esthétique.

Rozewicz aime à citer cette belle phrase de Mickiewicz : «Il est plus difficile de vivre décemment une journée que de composer un livre.» Écrire n'a d'autre sens, d'autre dignité, pour Rozewicz, que de tenter de vivre :

la poésie de nos jours
est une lutte pour respirer

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