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Revue Presence Africaine N 185-186 Broché – 6 octobre 2012


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Extrait

«Cinquante ans après La nuit coloniale», demande l'un des textes réunis dans le présent volume, «que reste-t-il du legs de Ferhat Abbas ?» De manière générale, la question qui parcourt les articles composant ce numéro spécial de Présence Africaine pourrait, sur ce modèle, être ainsi formulée : «cinquante ans après les indépendances, qu'en est-il du legs des nationalismes africains ?»
Il s'agit donc de méditer sur le sens d'un anniversaire (pour reprendre un autre titre du volume), le cinquantième, un nombre dont on conviendra facilement qu'il invite en effet à faire retour sur le passé pour mieux interroger l'avenir de l'héritage. Il est vrai qu'un anniversaire est toujours l'occasion d'un bilan et le moment de se (re)poser la fameuse question du poète Ausone : Quod vitae sectabor iter ? - «quel chemin suivrai-je dans la vie» ?
Mais il est d'abord et avant tout un jour pour fêter la vie et ses possibilités. Or, sur ce point, il s'est trouvé beaucoup de voix pour dire qu'au fond il n'y avait guère motif à fêter étant donné ce qui avait été fait de l'indépendance. Le texte de Gilbert Tshilumba Kalombo M. intitulé «L'Afrique, cinquante ans d'indépendance : le sens d'un anniversaire» mesure ainsi très précisément le fossé qui sépare ce dont les souverainetés recouvrées portaient la promesse au début des années soixante et ce qu'il en est aujourd'hui de l'état du continent. À ce discours il faut répondre deux choses.
La première est que l'état du continent, pour déplorable qu'il soit, la responsabilité en incombant au premier chef aux Africains et aux dirigeants qu'ils se sont donnés, est lui-même un moment dans un mouvement. La vie qu'il s'agit de fêter est elle-même mouvement. Ne voit-on pas aujourd'hui, en dépit de tous les maux dont le continent est accablé, la revue The Economist - dont personne n'ira penser qu'elle donne dans l'optimisme béat - revenir sur la note sans appel qu'elle avait accordée à l'Afrique en l'an 2000 - «sans espoir !» - pour maintenant voir en elle un continent «qui se lève» et qui «a des chances réelles de bientôt marcher sur les traces de l'Asie». De toute façon il n'est pas besoin que l'Economist nous l'apprenne : il ne s'agit pas d'être optimiste ou pessimiste mais d'être responsable et de voir loin comme y invitait le philosophe Gaston Berger : ainsi fêter les cinquante ans de l'Afrique indépendante c'est fêter le mouvement de vivre.
La deuxième réponse à faire est qu'il ne faut pas se tromper sur le sens de la commémoration. On ne célèbre pas des chiffres de PIB mais la liberté, la souveraineté et le principe dont la Conférence de Bandoeng a été l'affirmation. Au fond, avec les cinquante ans de l'Afrique, ce qui était à fêter c'était les cinquante-cinq ans de Bandoeng.
Voilà pourquoi il est heureux que ce numéro de l'anniversaire soit l'occasion de redécouvrir des textes essentiels qui littéralement respirent cet esprit de Bandoeng. Ainsi peut-on entendre, sous la plume de Mario de Andrade, Amilcar Cabral évoquer «la longue marche (...) pour la libération de nos peuples» ! Ou Nnamdi Azikiwe déclarer, en octobre 1959, ce que sera le Nigeria indépendant sur un ton qui est tout à la fois prophétique et technicien. Ou encore les accents inspirés d'Albert Lutuli déclarant en 1961 lorsque lui est remis le Prix Nobel de la paix que dans la révolution africaine où «renaissent la souveraineté et l'indépendance nationale, l'égalité et la dignité», l'homme se réconcilie avec le divin en lui.
On découvrira ou redécouvrira avec intérêt un texte qu'Aimé Césaire consacre à «la pensée politique de Sékou Touré». Quand on y voit le poète défendre alors le leader guinéen de l'accusation d'être un dictateur ou faire de lui un démocrate soucieux de voir «l'initiative accordée au peuple», on se prend à penser, avec tout ce que le recul historique permet de savoir de l'histoire tourmentée de la Guinée : «comme il s'est trompé !» Mais on voit
parfaitement aussi en quoi il a eu raison de louer un Sékou Touré ramené à une «passion» : celle de l'Afrique. Tout le bien qu'il en dit, on le sent bien, s'adresse à l'homme qui, tout à sa passion de l'Afrique, a déclaré préférer pour son pays la liberté dans la pauvreté lorsque la France a présenté en 1958 le chantage de choisir entre la Communauté et l'indépendance dans la rupture. Bandoeng encore !
Il est heureux, également, de retrouver le texte d'une conférence organisée par Alioune Diop où Madeira Keita, alors ministre de l'Intérieur du Soudan, a présenté les justifications du régime de parti unique en Afrique, ou plutôt, comme il dit avoir été convaincu par Léopold Sédar Senghor de le préciser : de parti unifié. Lire ce texte à un moment où la démocratie multipartite se développe et se consolide sur le continent présente un intérêt majeur : il y a des leçons à tirer aujourd'hui de cette conférence et du débat qui a suivi sur le sens du parti unique mais aussi sur d'autres questions aujourd'hui cruciales comme la religion et la politique, entre des étudiants et des personnalités comme Keita lui-même, Cheikh Anta Diop, Mehdi Ben Barka...
Justement, pour mieux tirer ces leçons, on lira avec profit l'article sur «le parti unique et les pays d'Afrique noire, le cas du Sénégal» où Amady Aly Dieng, qui représentait alors à cette conférence la Fédération des Étudiants d'Afrique noire en France (FEANF), revient sur la signification de l'instauration des partis uniques en Afrique.
Des contributions comme celles de Blondin Cissé, Djilali Djelali ou Mwayila Tshiyembe qui nous invitent à relire et à réentendre le socialisme africain de Kwame Nkrumah, la pensée politique de Ferhat Abbas ou celle de Patrice Lumumba donnent tout son sens à ce volume. Car s'il fait une place importante à des textes anciens qui se trouvent ici repris il s'agit toujours d'éclairer la réflexion présente qui doit s'en inspirer pour l'avenir. Ainsi est-ce le moment de revisiter la pensée de ces militants africains à une époque, la nôtre, où l'idéal socialiste cherche à se reformuler, dans le monde en général, mais aussi dans une Afrique dont le mouvement vers l'avenir n'a jamais eu autant besoin de conjuguer ensemble le développement économique
et la justice sociale.
La contribution qui illustre le mieux cette rétrospective et pensée de l'avenir est sans doute le texte de Séloua Luste Boulbina sur la culture nationale, la musique en particulier, qui est aussi un hommage à Fanon. Elle prolonge, dans cette importante contribution, ce que disait ce dernier du risque de réification culturelle par une analyse des «phénomènes» que sont aujourd'hui Khaled, Youssou Ndour ou la musique «zouglou». Comprendre sous cet angle les catégories du postcolonial, du global, du local, du cosmopolitisme est certainement une magnifique «leçon de musique» que ce numéro, dans son ensemble, nous offre.

Souleymane Bachir Diagne
Columbia University

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