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le 28 août 2017
Livraison rapide et conforme.Le récit de Flaubert nous fait découvrir tout un univers de Carthage avec ses combats sanglants et toute sa poésie de l'histoire d'amour de Salammbo.
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Salammbô/Gustave Flaubert/ Delenda est Carthago
Avant d’aborder ce monument littéraire qu’est Salammbô, publié en 1862 après cinq années de labeur et la lecture par Flaubert de centaines d’ouvrages antiques, un petit rappel historique est nécessaire.
C’est vers le Xé siècle avant J.C. que l’expansionnisme phénicien atteint les rivages de ce qui est aujourd’hui la Tunisie. Venus de Tyr leur capitale (aujourd’hui au Liban), les Phéniciens (appelés aussi Puniques) vont coloniser la Tunisie, la Libye, le sud de l’Espagne, la Corse, la Sardaigne, la Sicile et les Baléares.
La fondation de Carthage remonte au VIII é siècle avant J.C.
Cette colonisation forcenée incommode Rome qui pour rester maîtres du détroit de Messine entament la Première Guerre Punique qui durera 23 ans (264-241) et se soldera par la défaite des Carthaginois et de leur chef Hamilcar Barca lors de la bataille navale des iles Egates. La Sicile est perdue et contre l’avis d’Hamilcar le parti de la paix signe avec les Romains.
Pour tenir la durée de cette guerre, les Puniques avaient engagés de nombreux mercenaires issus de toutes leurs colonies. A l’issue de la guerre, Carthage est ruinée et la solde n’a pas été payée : c’est la révolte des Mercenaires contre Hamilcar et ses généraux, qui va durer trois ans (241-238) qui est relatée dans ce roman.
Cette révolte est menée par Spendius le gaulois et Mathô le libyen.
Finalement la solde sera payée au cours d’un festin mémorable mais insuffisamment selon les chefs mercenaires. Pris de boissons et d’une fureur destructive, ceux-ci se livrent au saccage du palais et le massacre des esclaves d’Hamilcar. La guerre civile est inévitable. Hamilcar habile stratège parviendra à amadouer Naravas un chef numide mercenaire ce qui entrainera la défection de nombreux autres mercenaires.
Giscon général en chef d’Hamilcar sera tué mais finalement le pouvoir punique restera maitre de la situation et Spendius sera crucifié et Mathô toruré à mort par Hamilcar qui écrasera la révolte sans quartier.
Quant à Salammbô…Attendons la dernière phrase du roman.
C’est influencé par Michelet et inspiré par le récit qu’en fit l’historien grec Polybe (208-126 Av JC), témoin de la révolte, que Flaubert nous conte dans un style magnifique et réaliste l’histoire de Salammbô fille d’Hamilcar, espérée par Mathô et dévolue à Naravas, récit dont la guerre civile elle-même occupe la plus large place.
Extraits :
Spendius, l’esclave mercenaire, en méditation nostalgique dans sa tente ;
« …et le Gaulois, les lèvres collées contre les trous de sa tente, râlait d’épuisement et de mélancolie. Il songeait à la senteur des pâturages par les matins d’automne, à des flocons de neige, aux beuglements des aurochs perdus dans le brouillard, et fermant ses paupières. Il croyait apercevoir les feux des longues cabanes, couvertes de paille, trembler sur les marais, au fond des bois. »
Le faste inouï qui régnait à Carthage, un monde sanguinaire et dévoué à une religion atroce chargée de pratiques effrayantes, est décrit avec force détails et couleurs et l’apparition de Salammbô est toujours un moment merveilleux :
« Salammbô défit ses pendants d’oreilles, son collier, ses bracelets, sa longue simarre blanche ; elle dénoua le bandeau de ses cheveux, et pendant quelques minutes elle les secoua sur ses épaules, doucement, pour se rafraîchir en les éparpillant. »
Mathô amoureux de Salammbô :
« Il la contemplait, et les vêtements pour lui, se confondaient avec le corps. La moire des étoffes était, comme la splendeur de sa peau, quelque chose de spécial et n’appartenant qu’à elle. Ses yeux, ses diamants étincelaient ; le poli de ses ongles continuait la finesse des pierres qui chargeaient ses doigts ; les deux agrafes de sa tunique, soulevant un peu ses seins, les rapprochaient l’un de l’autre, et il se perdait par la pensée dans leur étroit intervalle, où descendait un fil tenant une plaque d’émeraudes, que l’on observait plus bas sous la gaze violette….En la prenant par les deux poignets, il l’attira doucement, et il s’assit alors sur une cuirasse, près du lit de palmier que couvrait une peau de lion. Elle était debout. Il la regardait de bas en haut, en la tenant ainsi entre ses jambes et il répétait : comme tu es belle ! Comme tu es belle ! »
Peu après :
« … Mathô lui saisit les talons, la chaînette d’or éclata, et les deux bouts, en s’envolant, frappèrent la toile comme deux vipères rebondissantes. Le zaïmph tomba ; l’enveloppant ; elle aperçut la figure de Mathô se courbant sur sa poitrine… Et les baisers du soldat , plus dévorateurs que les flammes, la parcouraient ; elle était comme enlevée dans un ouragan, prise dans la force du soleil… »
Rappelons que le bris de la chainette chevillière en or signifie alors la perte de la virginité.
Mais l’histoire n’attend pas et pour obtenir la bienveillance du dieu Moloch, les Carthaginois procèdent au sacrifice de leurs enfants qui sont jetés vivants dans un brasier.
La victoire contre les Mercenaires sera à ce prix et par la suite la cruauté d’Hamilcar sera inouïe aussi bien à l’égard des ambassades que des prisonniers.
Pour être complet, mais cela n’est pas le sujet du roman, rappelons qu’il y eut une seconde Guerre Punique de 218 à 201 avant J.C., avec pour point culminant la campagne d’Italie avec les éléphants d’Hannibal Barca qui traversa les Pyrénées et les Alpes avec ses pachydermes. Puis la défaite des Carthaginois lors de la bataille de Zama en 202.
La troisième Guerre Punique (149-146) déclenchée par une offensive massive des Romains aboutit à la destruction complète de Carthage après un siège de trois ans.
L’analyse de cette œuvre de Gustave Flaubert dénote tout d’abord l’immense travail de recherche historique et archéologique auquel s’est livré l’auteur. Il a d’ailleurs effectué un long séjour en Tunisie sur le site de Carthage afin de se pénétrer des lieux. Il ressuscite avec minutie et souci du détail pour nous un épisode peu connu de l’histoire de Carthage. Les spécialistes y trouvent aujourd’hui encore une mine d’informations notamment au sujet des techniques de combat et de siège de l’époque.
Ensuite il y a l’aspect poétique de l’œuvre : l’imagination de Flaubert passionné d’Antiquité dès son plus jeune âge, et son style magique, ce style qui est « la chair même de la pensée », parviennent à suggérer l’atmosphère riche de magnificence, de luxe et de faste, mais aussi de misère, l’ascétisme mystique et les superstitions cruelles, l’héroïsme et la lâcheté.
Seule la psychologie des personnages est en demi-teinte : ce sont des êtres simples guidés par des traditions et des pulsions simples. Les rivalités d’ambition et les luttes d’influence sont omniprésentes pour justifier les comportements.
Finalement, Salammbô est peu présente, mais ses apparitions sont à chaque fois un moment de rêve.
C’est un grand roman d’aventure, une épopée riche de sensualité et de violence, teinté d’un pittoresque barbare indéniable. Rien à voir avec Madame Bovary ! Qui pourrait dire que c’est le même auteur qui a écrit les deux ?
Le lecteur non averti pourra certainement éprouver quelque lassitude dans les longueurs inhérentes au récit des combats, à ce tourbillon de sang , de soleil, de feu, d’ors, de rubis, d’étoffes éclatantes et d’incendies.
Certains ont critiqué la pompe et le clinquant, les monstruosités, la sauvagerie, le cannibalisme et les tortures décrites avec force détails.
Mais la qualité d’évocation de cette immense et fabuleuse civilisation quasi millénaire disparue depuis deux mille ans sans laisser de traces prévaut. C’est une œuvre hors du commun, un objet littéraire mal identifié !
En 1862, lors de sa publication, le roman suscita la critique des Goncourt et de Sainte Beuve, mais les louanges de Victor Hugo, Baudelaire, George Sand et Théophile Gautier.
J’ai mis un mois à lire ce stupéfiant et inoubliable roman, trente ans après ma première lecture.
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le 19 juin 2017
Jàvais lu des fragments su Bacalaureat, mais le plaisir de lire lòeuvre compl``ete était résévé pour ma villesse. L'envoi perfect
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Salammbô est un roman que j’apprécie énormément car c’est un texte vivant , méticuleux et l’univers punique du texte est d’une présence et d’une intensité fabuleuse .

Si on se réfère aux sources historiques et que l’on a en mémoire le site de Carthage ( dans sa dimension punique ) avec un rien de connaissances sur la fin de la première guerre punique , ce texte est alors une lecture gratifiante , car il possède la puissance évocatrice nécessaire pour vous transporter dans l’antiquité , au pied des murailles de Carthage et pour imaginer son port militaire circulaire , ses arsenaux , pour imaginer aussi la citadelle de Byrsa et les champs et les vergers inclus dans les murs , le tissus urbain serré , les navires nombreux sur la mer écrasée de soleil .. .

Salammbô , quelques mots clef à ce sujet : Flaubert , romantisme , descriptions détaillées , antiquité , roman historique , orientalisme , tragédie ..

L’auteur nous transporte dans une atmosphère historique soignée , qui restitue assez bien le contexte dramatique de la toute fin de la première guerre punique .
Flaubert est bien documenté , il n’est pas véritablement fidèle à l’histoire évènementielle de ce conflit implacable entre Carthage et ses mercenaires et alliés révoltés . Mais l’ambiance et les enjeux matérialisés par le roman sont historiquement valides et éloquents .

Il rend bien les affects , les scènes hallucinantes et quelquefois grandioses dont parlent les sources , le rythme , les angoisses , les enjeux existentiels , qui ont balayés ce bout de terre , littéralement ancré , tel un vaisseau redoutable et riche , sur les rives méditerranéennes de l’Afrique .

Au début du deuxième siècle avant l’ère commune , débute le premier choc de titan entre Rome et Carthage . Un conflit d’une violence et d’une âpreté inouïe aux enjeux existentiels pour les peuples concernés et aux retentissements énormes dans l’imaginaire latin de l’époque républicaine .
Rome contrôle la péninsule italienne , Carthage contrôle l’Afrique du nord , une frange côtière principalement , sauf sur l’actuel territoire tunisien ou son territoire est plus en profondeur vers l’intérieur de l’Afrique . Carthage contrôle également les cotes méditerranéennes de l’Espagne de l’Ebre à Cadix , avec une profondeur stratégique importante en Andalousie . Une flotte de guerre redoutable lui permet également de dominer la Sardaigne et la Corse . Les deux puissances s’écharperont pour la domination de la Sicile .
Rome aligne une armée de citoyens appuyés par des contingents alliés , Carthage aligne une armée de soldats puniques , qui est néanmoins majoritairement composée de mercenaires qu’il faut payer et nourrir .
Rome remporte la victoire et Carthage doit faire face après la paix , à la révolte de certains de ses sujets africains , qui se joignent à ses mercenaires révoltés que sa trésorerie à sec ne lui permet pas de rétribuer correctement .

Flaubert s’engouffre dans ce conflit entre Carthage et son domaine africain non punique . Ce conflit fut total , de forte amplitude , il a retourné l’Afrique du nord de fond en comble . Flaubert l’a compris et il est parvenu à rendre parfaitement l’ampleur de de cette tragédie implacable .

Les sources sont principalement et presque uniquement les pages de Polybe sur la fin de la première guerre punique . Flaubert vous étonnera par sa maitrise des concepts qui régissent l’antiquité classique et il vous fera découvrir un peu de cet imaginaire punique beaucoup trop marginalisé dans la connaissance historique de l’amateur de l’antiquité occidentale .
Carthage a bien existé , elle n’existe pas seulement donc , dans l’imaginaire romantique et orientaliste . Elle fut réelle , de pierres et de sang , et Flaubert l’a magistralement et brillamment ancrée dans la mémoire de tous les amateurs de lettres classiques et de littérature française .

Sur les sources historique que l’on mentionne comme utilisées par Flaubert je voudrais rajouter un texte qui pourrait être profitable aux lecteurs à qui Salammbô aurait donné envie d’éplucher les textes antiques concernant Carthage . Un texte dont il est impossible que Flaubert ne l’ai pas connu et qui n’est jamais évoqué comme étant utile à la compréhension de ce roman . Je pense au chapitre consacré à Carthage dans le Politeias ( le Politique ) d’Aristote . Un texte qui permettra certainement au lecteur de Salammbô de comprendre institutionnellement Carthage et son fonctionnement politique face aux mercenaires , dans ce roman intelligent .

Par ailleurs une remarque personnelle , il me semble très possible que Flaubert se soit inspiré du personnage de Didon et de son destin tragique pour bâtir le personnage de Salammbô . Didon la reine fondatrice de Carthage , souveraine légendaire dont nous entretiens Virgile dans le passage qui lui est consacré dans l’Eneide ...

Salammbô est un roman qui repose sur une maitrise époustouflante à rendre les mouvements et leurs contextes , d’immenses qualités scéniques redoutablement efficaces dans ce roman de guerre où les éléphants écrasent les fantassins , ou les murs tremblent , où les champs brulent , où la faim est tenace , où la mer scintille au soleil et où Carthage résonne de clameurs parfaitement audibles par le lecteur
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le 21 juillet 2010
Flaubert reconnait avoir eu beaucoup de mal à écrire ce livre qui ne ressemble en rien au reste de son oeuvre. "Salammbô" relate l'Orient, un Orient vieux de trois siècles avant J-C, fastieux et violent. Il s'agit donc d'une histoire dominée par la guerre (et non pas d'une histoire d'amour sur fond de guerre orientale contrairement à ce qu'on pourrait penser en lisant la présentation de l'éditeur), la guerre entre Carthage et les 'barbares', le tout sur fond de mysticisme. Le talent de l'écrivain est bien là mais les descriptions interminables des lieux et des évènements rendent la lecture souvent fastidieuse. Les amateurs de péplums et autres épopées orientales apprécieront, les autres moins, voire pas du tout.
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le 7 juin 2010
Voilà le roman inclassable de Flaubert, considéré par certains comme son chef d'oeuvre, par d'autres comme son grand raté.
Il est vrai que l'on semble au premier abord bien loin des préoccupations d'un Emma Bovary ou de Bouvard et Pécuchet.
Mais il ne faut pas se laisser tromper par le décor somptueux de la Carthage antique. SI "Salammbô" narre bien les combats qui opposèrent Hammilcar Barca (père du célèbre Hannibal) aux Barbares et aux Mercenaires, il ne s'agit pas pour autant d'une fresque historique, mais bien d'un roman moderne.

Salammbô est la fille d'Hammilcar, dont d'éprend Mâtho, le chef des Barbares. L' attirance que ressent Salammbô, aussi vivace que sa répugnance à son égard, sont rythmés et confondus par des scènes de bataille d'une violente étonnante (et d'une longueur quelque fois pesante).
Mais les images employées par Flaubert sont puissantes. Des éléphants aux trompes coupées, des hommes dévorés par les leurs quand la famine les a rendu fous, des lions crucifiés pour décourager leurs pairs de roder...

Flaubert n'épargne ni le lecteur, ni ses personnages dans cet âpre roman au goût de cendre et de sang. Ni même la belle Salammbô, qui paiera cher sa tentation et son désir, même dissimulés sous le masque de la violence et de la vengeance.
Culpabilité, violence et désir se mêlent à la manière destructrice finalement d'une Emma Bovary.
Cette héroïne orientale ne nous apparaît plus si lointaine, déesse déchue dans un monde en faillite.
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le 28 mars 2004
J'avais lu un extrait de "Salammbô" en cours au lycée et ça m'avait plu, c'était en fait la dernière scène, que j'avais trouvée à la fois magnifique et absolument horrible de violence.
Je pense qu'on peut résumer le roman comme ça...
C'est à la fois une magnifique histoire d'amour condamnée et une reconstitution apparamment très réaliste de l'époque de la grande Carthage.
J'ai lu ce roman en deux jours et j'ai beaucoup apprécié la façon dont on plonge dans l'histoire, dans l'époque. C'est vrai qu'il est assez difficile pour une jeune fille de 20 ans en 2003 de s'identifier à Salammbô, mais on s'attache quand même à elle, on s'intéresse vraiment à son histoire.
Je conseille donc ce livre à ceux dui ont une envie d'évasion et de découverte.
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Voici le tragique destin de la fille d'Hamilcar Barca (Salammbô), et le farouche combat entre Carthage, et les mercenaires (qu'elle avait employés pour ses batailles contre les Romains). Pour mieux s'imprégner de ses personnages, Flaubert est allé sur les ruines de la cité punique en Tunisie. A partir de ce fait d'armes il a composé une superbe fresque ou se mélangent un amour passionnel (celle d'un mercenaire pour Salammbô), et l'histoire de Carthage. Tout y est précis, détaillé (cf la sortie de mercenaires de la ville, la description des armes, des acqueducs, la vie des mercenaires). Les livres de Flaubert vieillissent bien, mais à mon avis, (et celà en raison de son rapport avec l'histoire peu connue de Carthage), celui-ci est exceptionnel. C'est un véritable "péplum africain", au scénario hollywoodien, et dont l'épilogue égale celui des tragédies grecques.
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"C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar..."

Ce livre est tout bonnement magique et ce vieux roublard de Flaubert manie la langue française comme un véritable magicien. Pour bien apprécier cette langue employée par l'auteur, mettez-vous debout et déclamez à haute voix le texte, comme le faisait Flaubert lui-même du haut de son "gueuloir" pour savoir si cela "passait bien" : vous verrez le résultat immédiatement.

On se sent immédiatement emporté par le souffle de la passion, et le vent chaud de l'Afrique du nord passe sur votre échine. Ce texte vaudra toujours mieux que la plus grande adaptation cinématographique qui pourrait en être faite. Bien entendu, le grand Gustave a forcé le trait de l'orientalisme puisque c'était à la mode, mais il a écrit une histoire d'amour incroyable qui vous laissera le cœur en capilotade.

Ah ! que cela est beau ! Cela n'en mérite pas le format vulgaire du livre de poche !
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le 5 avril 2016
Un roman brut, brûlé au fer chaud des glaives et des nuées de sables de l'antique Carthage. En refermant le livre on imagine le choc qu'a pu susciter ce récit en plein siècle bourgeois.

Flaubert a dû laisser de la sueur dans ces années qu'il consacra à cet ouvrage car Salammbô impressionne par sa cruauté fouillée, documentée, cadencée dans une narration infaillible et droite. L'auteur a libéré les vannes de son imaginaire comme pour soulager un besoin morbide. Celui d'évoquer le sang, la mort et les jeux de la guerre dans tout ce qu'elle a d'inhumain. Son héroïne même, bref répit de sensualité dans les quelques scènes qui lui sont consacrées, exhale le poison et l'encens malfamé au sein d'un luxe raffiné et animal: parures, serpents, pierres, fontaines et flambeaux. Ce livre a toutes les couleurs d'un Orient que le dix-neuvième siècle a fantasmé. Toutes les odeurs. Toute la ferveur. Flaubert a condensé cela dans une symphonie guerrière où les descriptions se déploient à perte de vue et saturent d'un vocabulaire à la palette large et lumineuse. Il y en a trop. On est éblouis de cet Orient. Effrayés. Assommés. Les scènes de bataille sont d'une modernité incroyable. On pourrait croire que tout le 7eme art s'en est inspiré. De mon avis les passages les plus époustouflants. Mais où, diable!, Flaubert a t-il été chercher cette science militaire?

Finalement, cette histoire d'amour résonne comme un prétexte pour tenter une immersion dans un conflit ébahissant d'atrocités. Et c'est réussi: on aime ou on se dégoûte. De mon avis, c'est une histoire rédigée pour un public masculin. Ici, les sentiments s'expriment par le sang, décidément le seul suc qui reliera Matho et sa muse, Salammbô; reine élevée pour la divinité, parcelle d'or et d'amour dans un monde, Carthage, qui s'est réduit en cendres.
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