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4,3 sur 5 étoiles
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4,3 sur 5 étoiles
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le 16 octobre 2016
Shining sorti en 1980 est un véritable masterpiece dans la filmographie de Stanley Kubrick, un OVNI du cinéma difficilement classable. Film d'épouvante, thriller paranormal, fantastisque? Ou alors tout cela à la fois peut-être?
Une chose est sûre: c'est que ce film ne vous laissera pas de marbre à la fin de la séance et qu'il vous tiendra en haleine durant 2H23. Contrairement à certaines productions comme Transformers, il vous faudra plus qu'un visionnage pour bien comprendre les subtilités de l'histoire ainsi que l'intrigue du film qui est assez complexe dans sa construction: et c'est la que réside tout le talent de Kubrick.
Réaliser un film fort et prenant sans trop en dévoiler sur l'histoire afin de garder une part de mystère pour permettre au spectateur d'élaborer plus ou moins sa propre théorie vis-à-vis du dénouement final, à travers les différents indices glissés dans Shining qui sont autant de pièces de puzzle formant une ou plusieurs explications. A certains égards, ce film fait penser à la série Twin Peaks de David Lynch mais en plus prenant.
La version testée ici est la version US, inédite chez nous, permettant de mieux saisir le shining/ la fulgurance du jeune Danny, les problèmes psychologiques 2 son père Jack Torrance (génial Jack Nicholson!!) ainsi que sa relation?? avec les événements étranges de l'hôtel Overlook (la R3D RUM, le "gardien" des lieux, les "apparitions" fulgurantes de Danny, le 7icisme ambiant...) Malgré cette version longue, NO PANIC car le film conserve tout de même son côté strange.

En ce qui concerne l'image HD, la qualité est époustouflante pour un film de 1980. Grâce à son encodage VC1 et un débit avoisinant les 20 Mb, l'image possède un niveau de détails hallucinant permettant de voir chaque élément, même minime, et c'est tant mieux surtout quand on sait que chaque détail de ce film a son importance pour bien comprendre. Si vous avez la chance de posséder un grand écran, le résultat sera encore plus probant. Les couleurs sont, quant à elles, bien restituées et flattent parfaitement la rétine que ce soit durant les scènes intérieurs ou extérieurs. Il suffit de regarder le début et de voir les paysages se déroulant sous nos yeux pour s'en apercevoir, et ne parlons même pas de l'hôtel Overlook!!! Le contraste et le piqué sont bons et permettent de voir Shining de façon agréable, aucun point blanc ou noir à déclarer, et un cadre qui n'a pas la tremblote et reste stable en permanence. De plus, le cadre est au format plein écran sans barres noires, ce qui permet donc d'en profiter pleinement.Pour finir, l'image possède un grain fin argentique bien maitrisé, ni trop absent ni trop envahissant, parfaitement restitué. Face à tout cela, on pourrait croire que l'on a affaire à une restauration 4K tant la qualité est au RDV et qu'un soin tout particulier a été apporté sur ce film. Surtout quand on s'aperçoit que ce Blu-Ray est sorti depuis 2007, au début du format HD, et qu'à l'époque beaucoup de films n'avaient de HD que le nom ( saga Rocky). Sans atteindre la qualité d'un blockbuster récent comme X-Men Apocalypse, on peut dire que Shining est dans le TOP image des films de patrimoine, au même niveau que Alien ou Blade Runner de Ridley Scott avec un résultat qui ne sonne pas "dâté". Bravo Warner!!!

Pour le son, 3 pistes sont proposées: VO en PCM 5.1 48 Hz 16Bts (plutôt rare de nos jours...) et en DD 5.1 plein débit (non testée) ainsi que la VF encodée aussi en DD 5.1 plein pot. Sachez que cette version import possède des sous-titres français et anglais pour ceux et celles voulant regarder ce film en VO. Dans tout les cas, VO et VF ne sont pas proposées dans leurs formats mono d'origine, un "oubli" désagréable pour les puristes audio souhaitant écouter le mix d'origine mono.

La VO en PCM est loin d'être de la poudre aux yeux car avec son débit fixe de 5.8 Mbts, ce remix est par moment plus surprenant que certains mix en DTS HD 5.1/7.1 natifs. Bien que le film en lui-même ne soit pas à la base une furie sonore, ce sont les passages mouvementés qui en profitent le plus ainsi que la musique de Wendy Carlos. La spatialisation des effets surrounds et de la musique sur l'ensemble des enceintes est un vrai délice, de la Crème Chantilly auditive. La dynamique, les basses et la puissance sonore sont bien présentes sans noyer les dialogues du film qui restent parfaitement intelligibles. It's All Good!! (C'est tout bon)

La VF partage la plupart des caractéristiques de la VO ( mix 5.1 provenant vraisemblablement du remix anglais), mais avec son débit 9 fois moins important que sa consoeur anglaise, la compression se fait plus sentir. Les effets sonores et la musique sont moins puissants, la spatialisation est moins bonne et les dialogues sont par moments plus sourds et moins intelligibles. Dommage.
Sachez cependant que cette version française est la même que sur l'édition "européenne" sorti en France il y a quelques années , c'est à dire que le doublage est bien celui supervisé par le réalisateur en personne, avec Jean Louis Trintignant doublant Jack Nicholson. Heureusement, pas de redoublage foireux.

Pour les bonus, une question: DO YOU SPEAK ENGLISH? NO?
Alors dans ce cas, les suppléments du disc ne seront pas intéressant pour vous car, édition import US oblige, Warner ne s'est pas foulé pour proposer des sous-titres français ou même anglais!! Un comble quand on sait que ces bonus sont pourtant instructifs et qu'ils permettent d'en savoir un peu plus sur le film. Warner aurait pu tout de même faire un effort sur ce point mais non. Carton rouge et une étoile en moins, non mais.
Si vous souhaitez visionner les bonus, il faudra vous rabattre sur l'édition FR en Blu-Ray/ DVD ou aller les chercher sur le Net. Super.
Les suppléments de ce disc sont (morceaux choisis): commentaire de Garrett Brown, l'inventeur de la Steadicam et opérateur.
Un documentaire de Vivian Kubrick "Le tournage de Shining" avec commentaire optionnel
D'autres suppléments: "Les visions de Stanley Kubrick" " Wendy Carlos: Compositeur".....
Par contre, si vous êtes un anglophile averti ou que vous vous moquez comme de l'an 40 des bonus, alors pour vous la note sera de 5 étoiles.
En tout cas, si vous ne possédez déjà pas ce film en DVD, alors prenez le directement dans cette édition Blu-Ray car , mis à part les bonus non sous-titrés, le reste (qualité image+ son) écrase aisément le DVD. De plus ce disc fonctionne correctement en zone B, vous pouvez l'utiliser sur votre platine de salon en France sans avoir à dézonner votre lecteur. L'édition TRO MAL quoi.

Bon film à tous. Bye.
22 commentaires| 3 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 25 février 2015
Mon commentaire fait référence à cette édition : Shining [Blu-ray]. Il s'agit de la version américaine dont le contenu propose le film en version longue, pour une durée totale de 144 mn (25 mn de plus que la version européenne).
La très bonne nouvelle pour les francophones réside dans le fait que cette version allongée est entièrement disponible en VF d'époque, puisque le film avait été traduit avant d'être recoupé. Il a également retrouvé son cadrage initial en 16/9° et le résultat en HD est proprement fabuleux, peut-être encore supérieur à la version blu-ray européenne. Nul doute que si Mr Kubrick était encore en vie, ce serait un director's cut.
Bref, une édition "zone free" (pouvant être lue sur n'importe quel lecteur blu-ray) qui, en ce qui concerne le film, rend caduque toutes les autres éditions sur le marché !
En revanche, les nombreux bonus (un commentaire audio, trois documentaires et un making-of, ainsi qu'une bande-annonce) ne sont pas sous-titrés. Ce qui est finalement logique pour un produit venu d'outre-Atlantique...

Tout le monde a vu ce film culte aujourd'hui, non ?
Réalisé en 1980 par le grand Stanley Kubrick, il s'agit de l'une des premières adaptations cinématographiques d'un roman de l'écrivain Stephen King (le deuxième, après Carrie).
Le pitch : Une petite famille (le père, la mère et le tout jeune fils) s'installe pour l'hiver dans un grand hôtel de luxe qui n'est ouvert que l'été. Car Jack Torrance (le père), voit ainsi l'opportunité, en acceptant la maintenance de l'hôtel durant sa période hivernale de fermeture, d'achever l'écriture de son roman.
L'hôtel "Overlook", doté d'une conscience et habité par des esprits malveillants, va bientôt posséder Jack. Mais Danny, le fils de Jack, possède le "Shining" (le "don de lumière"), une faculté de médium, qui le rend sensible aux forces surnaturelles et lui permet de voir l'avenir. Il parvient ainsi à percer les secrets de l'hôtel.
En plein cœur de l'hiver et alors que l'hôtel est quasiment inaccessible en raison de la neige qui l'isole, Jack finit par devenir un danger pour sa famille...

Dans son roman, Stephen King développait une intrigue horrifique qui n'était finalement que le vernis derrière lequel il dressait une éprouvante mais passionnante toile de fond sur la détérioration de la cellule familiale (l'un de ses thèmes de prédilection). L'hôtel, qui isole la cellule familiale du reste du monde social et la confronte à elle-même, canalisait ainsi toutes les menaces qui pulvérisent son équilibre (l'alcoolisme, les déviances du quotidien comme la maltraitance de l'enfant due aux colères parentales, l'effritement des sentiments amoureux, la précarité financière et la perte de confiance) en les exacerbant, afin de déverser sa malveillance naturelle, comme une métaphore de cette détérioration.
Kubrick n'a gardé que la surface de cette passionnante toile de fond, se focalisant essentiellement sur la perte de repères des personnages et leur basculement vers la folie. A ce titre, le réalisateur n'a évidemment pas son pareil pour magnifier une simple épure de la trame du roman initial. Ne gardant que quelques éléments du script originel, il parvient ainsi à en proposer une relecture simplifiée mais dont les effets purement cinématographiques tirent l'ensemble par le haut.

Avec un tel réalisateur, tout est affaire de mise en scène conceptuelle. Le thème du labyrinthe, véritable métaphore de l'esprit torturé des principaux personnages, s'impose ainsi de manière physique et allégorique, comme une mise en abîme : Dans l'esprit des personnages, dans les couloirs de l'hôtel, dans le jardin. Il est décliné partout.
L'équilibre entre la présence et l'absence des habitants de l'hôtel est également mis en scène de manière complexe et maniaque : Tandis que les fantômes n'apparaissent dans le cadre que de manière ponctuelle mais centrée, les vivants se reflètent sur tous les coins de l'image par un jeu de reflets de tous les instants (sur les miroirs, dans les fenêtres, etc.). Soit une façon purement cinématographique de développer certains des thèmes puisés ici et là dans le roman initial, auxquels s'ajoutent des effets horrifiques saisissants, qui n'ont pas pris une ride contrairement à la plupart des films d'horreur de la même époque...

C'est un fait établi : La peur en iconographie ne survit pas au poids de l'âge, et le cinéma, qui allie l'image et le son (deux vecteurs de peurs s'il en est), n'échappe pas à cette règle indéniable : Ce qui nous faisait peur il y a des décennies ne nous fait plus peur aujourd'hui. La peur "vieillit" mal, car elle est dépassée dans le temps par de nouvelles itérations.
Mais ce Shining de 1980 demeure toujours assez effrayant, et ce malgré une image surannée qui semble directement surgir des années 70 ! Les effets sont pourtant simples, voire archétypaux quand on y pense : Deux petites filles fantomatiques qui apparaissent brutalement dans un couloir au tournant d'un virage ; des flots de sang qui dégoulinent d'un escalier ; un gros plan sur le visage d'un enfant déformé par la peur ; une vieille femme décrépite qui avance vers la caméra en exultant d'un rire sépulcral ; une musique à faire pâlir d'angoisse un mur de pierre... Mais effectivement, rien que d'y penser on en frissonne d'angoisse ! Au point que, bien des décennies plus tard, la plupart des réalisateurs de films d'horreur continuent de réutiliser de tels effets !

Mais cette débauche de trouvailles cinégéniques s'oppose à une certaine "trahison" de l'intrigue imaginée par Stephen King. Raison pour laquelle de nombreux lecteurs n'ont pas apprécié cette adaptation, qui fait l'impasse sur beaucoup trop d'éléments issus du roman, et en transforme beaucoup d'autres.
Stephen King lui-même regrettera ce manque de fidélité envers son œuvre, au point qu'il sera l'initiateur d'une nouvelle adaptation en 1997 (près de vingt ans plus tard), dont il écrira le scénario en personne, en plus de produire le film (en réalité une mini-série télévisée) et de superviser sa mise en scène. Le résultat (Shining (mini-série)) sera à la fois très différent et très complémentaire de la version de Stanley Kubrick, substituant à l'expérience sensorielle de l'un (la première version de 1980), la richesse thématique de l'autre...

Et c'est là qu'intervient cette "version longue"...
Effectivement, les 25 mn supplémentaires rajoutées au montage ramènent beaucoup d'éléments jadis écartés en provenance du roman. L'alcoolisme de Jack Torrance est réhabilité, pour ainsi dire, de même que l'épisode tragique où il est raconté qu'il a brutalisé Danny un soir de beuverie, installant ainsi le terreau de "l'homme potentiellement colérique" sur lequel l'esprit malfaisant de l'hôtel va s'appuyer afin de posséder le pauvre homme.
D'autres scènes sont rallongées, en particulier celle de la visite de l'Hôtel avant sa fermeture. D'autres sont sensiblement différentes. Mais dans l'ensemble, le film gagne ainsi une nouvelle image, plus proche du roman initial.
Evidemment, comme personne n'est jamais content, cette version longue déplait à certains cinéphiles qui considèrent que le film est moins épuré, et donc moins intéressant artistiquement (mais il y en a également qui trouvent le film ridicule et surjoué !). A moi qui aime autant le roman que le film de Stanley Kubrick et même la version télévisée de 1997, cette version longue me convient parfaitement. Et c'est cette dernière que je reverrai désormais...
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le 22 juillet 2016
Film excellent, toujours agréable à regarder même après de nombreuses années. La qualité après remastérisation est très bonne. Le seul point négatif est ... qu'il n'y a pas de réel équivalent à l'heure actuelle.
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L'un de mes films préférés ! Quel talent ce Kubrick en retraçant l'histoire du livre de Stephen King
A voir et à revoir même s'il est traumatisant

sur ceux pour les fans je recommande le documentaire Room 237
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Pardon d'être une brute, un demeuré, un inculte, et que sais-je encore, mais ce que je vois, c'est :

_ une histoire mal fichue : un enfant avec des super-pouvoirs dans un hôtel hanté, c'est un peu comme des zombies voyageant dans le temps, il y a surdose.
_ des acteurs qui en font des tonnes : les parents du petit sont insupportables. Entre les grimaces de l'un et les mines cruche de l'autre, on croit assister à un duo entre Jim Carrey et Anémone.
_ des personnages écrits à la truelle : le mari, censé devenir fou par étapes, est manifestement barge dès les premières scènes, tandis que sa femme passe en un clin d'oeil de l'état de super-nunuche à celui de guerrière.

Je veux bien que l'on dise que l'ensemble est inquiétant, que Nicholson joue bien les cinglés et que certaines images marquent, mais que l'on ne me demande surtout pas de le revoir, du moins avant longtemps, et mine de rien, ce genre de détail m'empêche de parler de chef d'oeuvre. Un critère comme un autre.
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le 15 mars 2016
Ne pas s'attendre à une adaptation fidèle du roman L'enfant lumière (Shining) de Stephen King. J'ai acheté ce DVD car je venais de lire le livre. En gros il n'y a que le décor et une partie de l'histoire qui est repris du roman. Cependant je met quand même une note de 4 étoiles car j'ai apprécié ce film de Stanley Kubrick pour l'interprétation remodelée de Jack Torrance par Jack Nicholson.
Pour une version plus proche du roman, après recherche, je vais me tourner vers le téléfilm "Shining : Les Couloirs de la peur" en mini-série réalisé par Mick Garris.
Un grand point négatif de cette version DVD et que le bonus en langue anglaise n'a pas de sous-titrage français, quel dommage.
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le 6 mars 2013
Un classique sympa mais qui vieillit mal. Heureusement la réalisation vient relever un jeu d'acteur et un doublage français un peu faible
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"The Shining", à sa sortie, fut plutôt mal accueilli et trente ans plus tard il se trouve encore des gens pour penser que c'est l'un des grands ratages de Kubrick. Personnellement, je pense que c'est au contraire une de ses grandes réussites. A première vue, c'est un simple film d'horreur qui n'hésite pas à nous resservir un thème éculé du genre, celui de la maison hantée, laquelle devient ici un vaste hôtel perché on ne sait trop où. Mais Kubrick n'était pas homme à faire du réchauffé. Quand il s'attaquait à un genre cinématographique, c'était pour y apposer sa griffe unique, pour le marquer d'une empreinte indélébile. Cette histoire d'hôtel mystérieux où semblent errer d'étranges fantômes est en réalité une toile de fond sur laquelle se joue le véritable enjeu du film: la lente et inexorable descente d'un homme dans le cauchemar de sa propre folie.

Tout en gardant les personnages et les grandes lignes narratives du roman de Stephen King, Kubrick les subordonne ici à son propre univers, à son esthétique, à son projet. 2001 était une odyssée spatiale et philosophique, Barry Lyndon une odyssée historique. "The Shining", lui, est une odyssée mentale. C'est un voyage dans le labyrinthe du cerveau humain. Un labyrinthe dont l'hôtel Overlook, avec ses couloirs interminables, sa constante symétrie, ses moquettes aux motifs géométriques, offre une métaphore évidente, métaphore que file le labyrinthe de verdure attenant à l'hôtel lui-même.

Ce film n'assène pas des effets-choc. Il suggère. Distille. Déstabilise. Il crée le malaise par son décor, son atmosphère, sa musique. Bien sûr, il y a des scènes spectaculaires, comme celle des flots de sang qui jaillissent des ascenseurs, mais c'est malgré tout l'ambiguité qui domine, une ambiguité qui croît peu à peu, scène après scène, qui envahit le spectateur à mesure que la folie envahit Jack Nicholson. Le rythme du film est lent, mais c'est une lenteur lourde de menace, car très vite on sent que s'opère en Nicholson une évolution, une métamorphose. Coupé du monde, coupé de son inspiration de romancier, il se coupe progressivement de sa famille, se déconnecte de la réalité pour sombrer dans un univers de visions, de fantasmes et de voix intérieures.

Le tournage de ce chef-d'oeuvre de l'horreur fut, paraît-il, épique, Kubrick réclamant de ses acteurs ce qu'il réclamait de lui-même, à savoir la perfection, mais quand le résultat final est aussi majestueux, tous les efforts se trouvent justifiés. Du plan d'ouverture rythmé par la Symphonie Fantastique de Berlioz au mystérieux plan final que chacun peut interpréter à sa guise, ce film porte tout bonnement la marque du génie. A la vingtième, à la trentième vision, on continue de lui découvrir des subtilités, des interprétations nouvelles. C'est un film qu'on n'a jamais fini de voir, qui vous interpelle, qui vous interroge, qui vous ramène à lui. C'est un film universel et intemporel, car il parle de la folie qui sommeille en tout être humain. Et qu'un rien, hélas, peut réveiller.
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le 23 septembre 2006
Le maître KUBRICK a encore une fois sidéré le monde cinématographique en 1980 lors de la sortie de "THE SHINING" en réinventant le film dit "d'horreur". Pas, ou peu, d'hémoglobine ; pas, ou peu, d'armes trachantes, aucune scène gore, et pourtant cette oeuvre est horrifique du début à la fin. La "faute" aux acteurs, tous plus remarquables les uns que les autres, à commencer par NICHOLSON, et ses célèbres sourcils diaboliques, la fragile Shelley DUVALL, elle-même diminuée pendant le tournage du film, ce qui contribua à "l'efficacité" de ses larmes, et le jeune Dany LLOYD (dont ce sera l'unique film) et son petit copain "tony". Sans oublier l'un des "personnages" centraux : ce fameux hôtel délicieusement rétro mais terriblement inquiétant, dont les longs couloirs et les immenses salles de réunions, nous font frémir. KUBRICK avec l'emploi de la steadycam (une première pour l'époque) nous fait suivre pas à pas (au sens propre) les errements des parents et du fiston, dans cette immensité désertique. 36 ans plus tard, l'oeuvre n'a pas pris un ride et nous laisse toujours autant pantois lors de la dernière prise de vue. De plus, cet édition nous offre un petit making of, particulièrement rare, quand on connaît le culte de secret dont aimait s'entourer KUBRIK. Il fallait que cela soit sa fille pour qu'il accepte ainsi de se laisser filmer. Un DVD a posséder impérativement dans sa cinémathèque.
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Cette édition blu ray de Shining est sortie depuis pas mal de temps maintenant mais j'ajoute tout de même que la section image de ce transfert HD reste une des toutes meilleures pour un film ancien depuis l'avènement du support. Dès les premières séquences, quelle claque ! Master nettoyé, colorimétrie et contrastes claquants, piqué de haut vol et effet 3D palpable à plusieurs reprises sur les gros plans, on croirait presque le film tourné hier tant l'image est impressionnante. Le grain est très limité et les défauts de compression rares. On peut vraiment parler de renaissance pour ce monument de Kubrick.
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