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La Tache par [Roth, Philip]
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La Tache Format Kindle

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Longueur : 478 pages Composition améliorée: Activé Page Flip: Activé

Descriptions du produit

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Portrait d'une Amérique à la fois profonde et proche. Voilà le dessein de Philip Roth. Un portrait brossé sans mise à quatre épingles et à travers la figure centrale d'un professeur d'université, Coleman Silk, juif et noir à la peau claire, âgé de soixante et onze ans, accusé à tort de racisme puis à qui l'on reproche d'entretenir une relation avec une femme de trente-quatre ans, illettrée et agent d'entretien. De quoi faire tache dans la bonne conscience américaine, dans les Berkshires, où "il reste des gens, des péquenots comme des universitaires, qui n'auront jamais le bon goût de renoncer à leurs vieilles valeurs pour se mettre au pas de la révolution sexuelle. Des pratiquants étriqués, des maniaques des convenances."
L'existence de Coleman, son destin et les êtres gravitant autour de lui ont valeur d'illustration, rapportée par une présence omnisciente, jugeant ci et là les personnages. Pour ce faire, Philip Roth se crée un double, Nathan Zuckerman, qu'il n'épargne pas d'impuissance sexuelle ni d'un cancer de la prostate... Jouant sur le présent, revenant au passé pour conter la jeunesse de Coleman, multipliant les regards, en saute-mouton de narrateur, Philip Roth passe en revue l'enlisement de la guerre du Vietnam et ses horreurs, la pêche à la ligne sur les lacs glacés, les arcanes de l'art noble (jab, droite, gauche, crochet et uppercut), la bouffonnerie du hasard, les cuistreries philologiques, bibliographiques et archéologiques des universitaires, jusqu'au scandale éclaboussant la Maison Blanche, émue et excitée par Monica Lewinsky, dite "Gorge profonde", "pompant généreusement le sexe" de Bill Clinton... Troisième volet (indépendant) d'un regard drôle et acerbe sur le Nouveau monde, après Pastorale américaine et J'ai épousé un communiste, c'est là le plus tragi-comique des romans de Roth. L'un des plus puissants aussi. --Céline Darner

Extrait

De notoriété publique
À l'été 1998, mon voisin, Coleman Silk, retraité depuis deux ans, après une carrière à l'université d'Athena où il avait enseigné les lettres classiques pendant une vingtaine d'années puis occupé le poste de doyen les seize années suivantes, m'a confié qu'à l'âge de soixante et onze ans il vivait une liaison avec une femme de ménage de l'université qui n'en avait que trente-quatre. Deux fois par semaine, elle faisait aussi le ménage à notre poste rurale, baraque de planches grises qu'on aurait bien vu abriter une famille de fermiers de l'Oklahoma contre les vents du Dust Bowl dans les années trente, et qui, en face de la station-service, à l'écart de tout, solitaire, fait flotter son drapeau américain à la jonction des deux routes délimitant le centre de cette petite ville à flanc de montagne.
La première fois que Coleman avait vu cette femme, elle lessivait le parterre de la poste : il était arrivé tard, quelques minutes avant la fermeture, pour prendre son courrier. C'était une grande femme maigre et anguleuse, des cheveux blonds grisonnants tirés en queue-de-cheval, un visage à l'architecture sévère comme on en prête volontiers aux pionnières des rudes commencements de la Nouvelle-Angleterre, austères villageoises dures à la peine qui, sous la férule du pasteur, se laissaient docilement incarcérer dans la moralité régnante. Elle s'appelait Faunia Farley, et plaquait sur sa garce de vie l'un de ces masques osseux et inexpressifs qui ne cachent rien et révèlent une solitude immense. Faunia habitait une chambre dans une laiterie du coin, où elle aidait à la traite des vaches pour payer son loyer. Elle avait quitté l'école en cinquième.
L'été où Coleman me mit dans la confidence fut celui où, hasard opportun, on éventa le secret de Bill Clinton jusque dans ses moindres détails mortifiants, plus vrais que nature, l'effet-vérité et la mortification dus l'un comme l'autre à l'âpre précision des faits. Une saison pareille, on n'en avait pas eu depuis la découverte fortuite des photos de Miss Amérique dans un vieux numéro de Penthouse : ces clichés du plus bel effet, qui la montraient nue à quatre pattes et sur le dos, avaient contraint la jeune femme honteuse et confuse à abdiquer pour devenir par la suite une pop star au succès colossal. En Nouvelle-Angleterre, l'été 1998 s'est distingué par une tiédeur, un ensoleillement délicieux, et au base-ball par un combat de titans entre un dieu du home-run blanc et un dieu du home-run café-au-lait. Mais en Amérique en général, ce fut l'été du marathon de la tartuferie : le spectre du terrorisme, qui avait remplacé celui du communisme comme menace majeure pour la sécurité du pays, laissait la place au spectre de la turlute ; un président des États-Unis, quadragénaire plein de verdeur, et une de ses employées, une drôlesse de vingt et un ans folle de lui, batifolant dans le bureau ovale comme deux ados dans un parking, avaient rallumé la plus vieille passion fédératrice de l'Amérique, son plaisir le plus dangereux peut-être, le plus subversif historiquement : le vertige de l'indignation hypocrite. Au Congrès, dans la presse, à la radio et à la télé, les enfoirés à la vertu majuscule donnaient à qui mieux mieux des leçons de morale, dans leur soif d'accuser, de censurer et de punir, tous possédés par cette frénésie calculée que Hawthorne (dans les années 1860, j'aurais été pour ainsi dire son voisin) avait déjà stigmatisée à l'aube de notre pays comme le « génie de la persécution » ; tous mouraient d'envie d'accomplir les rites de purification astringents qui permettraient d'exciser l'érection de la branche exécutive — après quoi le sénateur Lieberman pourrait enfin regarder la télévision en toute quiétude et sans embarras avec sa petite-fille de dix ans. Non, si vous n'avez pas connu 1998, vous ne savez pas ce que c'est que l'indignation vertueuse. L'éditorialiste William F. Buckley, conservateur, a écrit dans ses colonnes : « Du temps d'Abélard, on savait empêcher le coupable de recommencer », insinuant par là que pour prévenir les répréhensibles agissements du président (ce qu'il appelait ailleurs son « incontinence charnelle ») la destitution, punition anodine, n'était pas le meilleur remède : il aurait mieux valu appliquer le châtiment infligé au XIIe siècle par le couteau des sbires du chanoine Fulbert au chanoine Abélard, son collègue coupable de lui avoir ravi sa nièce, la vierge Héloïse, et de l'avoir épousée. La nostalgie nourrie par Buckley pour la castration, juste rétribution de l'incontinence, ne s'assortissait pas, telle la fatwa lancée par l'ayatollah Khomeiny contre Salman Rushdie, d'une gratification financière propre à susciter les bonnes volontés. Elle était néanmoins dictée, cette nostalgie, par un esprit tout aussi impitoyable, et des idéaux non moins fanatiques.
En Amérique, cet été-là a vu le retour de la nausée ; ce furent des plaisanteries incessantes, des spéculations, des théories, une outrance incessantes ; l'obligation morale d'expliquer les réalités de la vie d'adulte aux enfants fut abrogée au profit d'une politique de maintien de toutes les illusions sur la vie adulte ; la petitesse des gens fut accablante au-delà de tout ; un démon venait de rompre ses chaînes, et, dans les deux camps, les gens se demandaient : « Mais quelle folie nous saisit ? » ; le matin, au réveil, les femmes comme les hommes découvraient que pendant la nuit, le sommeil les ayant affranchis de l'envie et du dégoût, ils avaient rêvé de l'effronterie de Bill Clinton. J'avais rêvé moi-même d'une banderole géante, tendue d'un bout à l'autre de la Maison-Blanche comme un de ces emballages dadaïstes à la Christo, et qui proclamait « ICI DEMEURE UN ÊTRE HUMAIN ». Ce fut l'été où, pour la millionième fois, la pagaille, le chaos, le vandalisme moral prirent le pas sur l'idéologie d'untel et la moralité de tel autre. Cet été-là, chacun ne pensait plus qu'au sexe du président : la vie, dans toute son impureté impudente, confondait une fois de plus l'Amérique.
© Gallimard

Détails sur le produit

  • Format : Format Kindle
  • Taille du fichier : 1115 KB
  • Nombre de pages de l'édition imprimée : 478 pages
  • Editeur : Editions Gallimard (26 septembre 2011)
  • Vendu par : Amazon Media EU S.à r.l.
  • Langue : Français
  • ASIN: B00632810A
  • Word Wise: Non activé
  • Composition améliorée: Activé
  • Moyenne des commentaires client : 4.0 étoiles sur 5 44 commentaires client
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Format: Broché
La lecture de ce roman qui débute par une diatribe des plus opportunes contre le puritanisme nauséabond, moralisateur et réactionnaire qui s'attaqua aux frasques de Bill Clinton, m'a laissé perplexe, partagé et après avoir refermé ce livre, il me reste un goût doux amer dans la bouche. "La tache" aborde un sujet très intéressant puisqu'il traite de la tolérance ou plutôt, de l'intolérance, sous bien des formes. Intolérance raciale, sociale, intolérance face à la liberté de disposer librement de son esprit et de son corps, intolérance engendrée par la guerre également car, presque un quart de siècle après la fin de la guerre du Vietnam, cette dernière marque toujours au plus profond et de manière indélébile (directement ou indirectement) bon nombre des personnages de ce roman.
Philip Roth explore les entrailles de ses personnages qui sont rongés et irrémédiablement modelés, psychologiquement sculptés par cette intolérance, mère de tous les vices.
"La tache" est un roman profondément cérébral, trop peut-être et Philip Roth nous entraîne dans quelques passages mortellement ennuyeux et exagérément statiques. Il ne fait pas de doute que, sans ces longueurs, sans ces lourdeurs pour le moins gênantes, ce livre eut été aussi bon que "Pastorale américaine" et "J'ai épousé un communiste" car Philip Roth est toujours capable, par épisodes, de nous transporter irrésistiblement dans des envolées narratives dont il a le secret.
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Format: Broché
J'avoue que La Tâche est le premier livre de Philip Roth que je lis. Et il est excellent. Pele-mele s'y trouvent des critiques parfois subtiles, parfois violentes, de la societe americaine mais aussi _par le biais de Delphine Roux, personnage pas si secondaire du livre_ de la societe francaise. La societe americaine va mal, dit Roth, elle souffre de ses veterans, de sa pudibonderie, de son racisme passe et de la violence de son anti-racisme present, du puritanisme de sa frange droite et de l'ultra-feminisme de sa frange gauche. Le style de Roth est magnifique: il detaille la psychologie de ses personnages en leur empruntant leur langage. Certains effets stylistiques sont eux aussi surprenants et jouissifs, comme la maniere dont on apprend le passe cache de Coleman Silk.
Bref, a lire au plus vite. Et le Nobel pour Roth, ce serait merite.
Dernier petit bemol cependant, la traduction n'est pas a la hauteur: certaines expressions sont mal traduites et d'autres retranscrivent assez mal l'effet voulu par l'auteur.
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Par Gerard Müller TOP 100 COMMENTATEURSMEMBRE DU CLUB DES TESTEURS le 9 janvier 2016
Format: Broché Achat vérifié
La Tache/ Philip Roth/Prix Médicis étranger 2002.
Dans cet excellent roman, Philip Roth nous décrit une Amérique avec ses tares et ses qualités. Le personnage principal est un professeur et doyen d’université, Coleman Silk, juif et noir à la peau claire, âgé de 71 ans, « un homme extraverti à l’intelligence aiguë, un homme de la ville, charmeur, mains de fer dans un gant de velours, tenant du guerrier et du manipulateur. »
Accusé à tort de racisme puis critiqué du fait de sa relation avec une jeune fermière agent d’entretien illettrée de 34 ans, Faunia, Coleman va connaître une série de déboires qui nous sont contés par son ami écrivain, Nathan Zukermann. Un écrivain passionné de musique qui écrit :
« La musique que j’écoute après dîner n’est pas un palliatif au silence, mais bien sa substantiation : écouter de la musique une heure ou deux, le soir, ne me prive pas du silence, la musique, c’est le silence réalisé comme un rêve. »
Mais aussi un écrivain hanté par l’obsolescence de l’être alors qu’il assiste à un concert :
« Tandis que les spectateurs reprenaient peu à peu leurs places, je me suis mis à imaginer, de manière caricaturale, la maladie incurable qui, sans qu’on s’en soit aperçu, était déjà à l’œuvre en chacun de nous jusqu’au dernier.
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Format: Broché Achat vérifié
Acheté sur le conseil radiophonique d’Arnaud Viviant, pour qui il s’agit du « dernier grand roman du XXème siècle ». Le doyen d’une université américaine est poussé à la démission suite à une accusation de racisme. En apparence le roman s’attaque à la diffamation (un seul mot prononcé, à double sens !), mais sans véritablement aller au-delà du constat d’injustice. Le récit central porte en réalité sur le choix de cet homme de cacher ses origines : l’un de ces ancêtres est noir, mais sa peau de couleur blanche lui permet de dissimuler cet héritage (le titre original, « the human stain », est d’ailleurs à double sens, de ma compréhension : stain signifiant la tache mais aussi la teinte). Philip Roth vagabonde d’un portrait à l’autre (le doyen, sa maîtresse, ses enfants, une collègue délatrice…), mais le plus réussi est sans doute celui d’un vétéran du Vietnam, victime de stress post-traumatique et psychopathe meurtrier. Le délire intérieur est parfaitement rendu, en total décalage avec un ton d’ensemble plutôt posé.
La vision (lucide ?) par un écrivain contemporain d’une Amérique torturée et mal dans sa peau.
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