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le 27 avril 2017
"Salopard". C'est l'appréciation de Staline, censeur en chef, laissée en marge d'un des manuscrits d'Andrei Platonov, sa vie durant tenu en marge de la littérature dont il est un servant inimitable. Rédigée entre 1926 et 1929, l'oeuvre ne sera pas publiée du vivant de l'auteur, mort en 1951 ; elle finira par l'être dans sa version d'origine en 1988...

Impossible d'aborder Tchevengour comme un ouvrage ordinaire (mais qu'est-ce que "l'ordinaire" en littérature ?!). C'est une parabole dont chaque dimension (politique, humaine, poétique) possède plusieurs niveaux de lecture, c'est un objet littéraire aussi labyrinthique que la cathédrale de l'Intercession de la Vierge à Moscou, plus connue sous le nom de "Saint-Basile" (ceux qui ont sinué entre les neuf églises de ce cumulonimbus minéral comprendront). C'est un style indéfinissable --défi au traducteur, brillamment relevé--, naïf en première approche, dont l'ironie n'apparaît que par affleurement indirect à travers l'absurdité de certaines situations. Car si l'absurdité abonde ici, elle fait le lit de questions autrement plus profondes, tel l'apprentissage de l'inéluctable solitude.

Le résumé classique, reproduit partout, ne fait pas honneur au récit : "A Tchevengour, seul le soleil travaille... L'utopie se révèle être un ironique échec, et le soleil se lève sur l'indigence du pays ". Or ce lieu --Tchevengour-- ne devient "le communisme et vice versa", qu'après trois cents pages de mise en place...

Au cours des cent dernières, la frugalité des conditions est surmontée, mais l'ennui vient aux communistes. Une activité fébrile s'empare alors des Tchevengouriens. Ce travail acharné n'est pas utilitaire : chacun fait à son initiative pour le donner à tel ou tel camarade, ou le mettre à disposition du premier venu. C'est l'amour d'autrui --fragile abri contre la mort et la solitude de l'homme-- qui commande ; pour opérer, il faut effectivement une empathie qui ne fonctionne qu'entre adeptes d'un même rapport, communiste, à la réalité. La propriété est effectivement abolie, la notion de valeur a purement et simplement disparu : exeunt les repères petit-bourgeois, la grammaire socio-économique capitaliste, "l'exploitation de l'homme par l'homme". Les épisodes loufoques ou amphigouriques se succèdent, entre lesquels perce le rayon d'une suprenante lucidité où flotte la sentimentalité rêveuse de la campagne russe peinte par Levitan. Tchevengour parvient d'un seul bond à un état qui ressemble à ce paradis terrestre : le communisme réalisé. Au prix cependant de la liquidation physique des bourgeois ! Ici encore, les valeurs ont disparu : cette liquidation sans phrases contraste radicalement avec l'empathie entre communistes ! La naïveté à la limite parfois du ridicule mais toujours émouvante et la pénétration du style ; la cruauté aveugle et l'empathie des personnages, l'innocence et la sagacité du récit, l'ambivalence et l'ambiguité, tous ces contrastes règnent. Dépouillé de tout repère, le lecteur est laissé à son propre jugement et fait à son tour l'apprentissage de la solitude.

Surviennent des "soldats" surgis d'on ne sait où (l'absence de précision n'empêchera pas la censure), qui mettent fin à l'expérience et exterminent les expérimentateurs. Les bolcheviks de la première heure ont été dévorés après la fin de la NEP ; Staline achève de purger le Parti des vieux-bolcheviks (entre autres) au cours des célèbres procès des années trente qui saignent la Russie avant la seconde guerre mondiale. Platonov anticipe ainsi dès la mi-décade des années 20 ce qui sera l'une des plus grandes cruautés de l'ère moderne. Quoi d'étonnant à l'appréciation de Staline sur l'auteur ?
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le 17 janvier 2012
rien d'autre à dire. Une langue totalement nouvelle (bravo à la traduction !), un texte dense, poignant, parfois drôle. L'auteur imagine l'épopée de paysans misérables et enthousiastes qui vont tenter de créer leur monde idéal, de multiples péripéties et une traversée cruelle mais innocente de la Révolution et des espaces russes.
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