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Le Temps de l'innocence Poche – 5 octobre 1993

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Newland Archer, symbole de toute une société imbue d'elle-même, devient, sous la plume d'Edith Wharton, l'incarnation d'un espoir avorté. A la veille de ses fiançailles avec la chaste May Welland, appartenant comme lui à la plus haute caste new-yorkaise des années 1870, il rencontre Ellen Olenska, comtesse désargentée, sensuelle et éprise de liberté. Mais il ne trahira jamais ses principes ; sa passion le condamne donc à une vie d'amertume. Dans ce conflit entre l'individu et le groupe, Wharton maîtrise à merveille l'art de la suggestion. Sans frasques, subtilement, sur un ton qui mêle ironie et observation clinique, la romancière invite le lecteur à relire le thème de l'innocence sous un jour nouveau et le surprend sans cesse, jusque dans l'ultime ressort dramatique par lequel elle ramène au premier plan le souvenir de May, signifiant ainsi que Le Temps de l'innocence est révolu et qu'une ère de liberté est désormais envisageable. Cette satire de l'hypocrisie et de la recherche du bon ton, prix Pulitzer en 1920, est donc l'illustration de ce à quoi la romancière a échappé en menant sa vie à l'inverse de son héros. --Sana Tang-Léopold Wauters --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.

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Par Gaëlle TOP 500 COMMENTATEURSMEMBRE DU CLUB DES TESTEURS le 17 août 2005
Format: Poche Achat vérifié
Les critiques littéraires ont longtemps reproché à Edith Wharton de faire du Henry James, mais en moins bien. Les temps changent, et depuis quelques années, le grand écrivain qu'elle est commence à être reconnu à sa juste valeur. Le temps de l'innocence est peut être son roman le plus connu, l'adaptation qu'en a fait Martin Scorsese au cinéma en 1992 y est sans doute pour beaucoup. Ce roman met notamment en scène le personnage central à presque tous les romans de Wharton, la société New Yorkaise du début du 20ème siècle . Le chapitre d'ouverture, à l'opéra, est une merveille d'intelligence, d'observation, de cruauté aussi, et la suite de l'ouvrage est de cet ordre. Il n'y a pas, ou peu de cris, de scènes dans cette société ultra policée, conservatrice et moralisatrice, mais la perfidie, la mesquinerie sont partout. Et le personnage de la comtesse Olenska, qui se trouve en dehors de cette société bien pensante, est une figure féminine extrèmement attachante, bien ancrée dans la réalité, et qu'on ne peut qu'approuver dans ses choix.
Le temps de l'innocence est de la grande littérature, qui se lit extrèmement facilement, à condition d'accepter de se laisser emmener il y a un siècle, à New York...
3 commentaires 34 personnes ont trouvé cela utile. Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non Commentaire en cours d'envoi...
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Format: Poche
Jusqu’au chapitre 5, l’intrigue progresse très paresseusement quand, soudain, lors d’un repas avec ses futurs beaux-parents, le sage Newland s’élève pour prendre sa défense : « Qui a le droit de refaire sa vie, si ce n’est elle ? Je suis écœuré de l’hypocrisie qui veut enterrer vivante une jeune femme parce que son mari lui préfère des cocottes. Les femmes devraient être libres, aussi libres que nous le sommes, déclara-t-il, faisant une découverte dont il ne pouvait, dans son irritation, mesurer les redoutables conséquences. » Terrible passage. Le revirement du personnage, le tournant tout nouveau que prenait l’histoire sous la plume d’une femme née en 1862 m’a véritablement laissée sous le choc. Il avait osé ! Impossible, après cela, de ne pas tourner la page pour ne pas passer au chapitre suivant, puis, de dévorer finalement tous les autres, car une question obsédante nous tient jusqu’à la fin : Newland pourra-t-il aller jusqu’au bout de sa pensée ?

Je vous laisse le suspens, dire serait gâcher le plaisir d’une écriture qui sait jouer sur les émotions tout en critiquant vivement l’aristocratie américaine de la Belle Epoque. Edith Wharton n’est pas tendre, son réalisme est mordant, son style ne manque pas de piquant. C’est assez jubilatoire. J’aime sa façon de souligner des énormités sur un air apparemment détaché.
Newland perd ses idéaux romantiques au moment où il les obtient. Sa fiancée, la belle et vertueuse May, n’est rien d’autre qu’une âme préformatée.
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Par l'ivre libre COMMENTATEUR DU HALL D'HONNEURTOP 100 COMMENTATEURS le 27 septembre 2010
Format: Poche Achat vérifié
Voilà un roman fort dont la férocité parfois rappelle les très grands écrivains ; ce n'est pas un hasard si l'auteur fut la 1° femme à recevoir le prix Pulitzer pour ce livre (facile à lire) qui n'a rien à envier à la littérature masculine:« Il n'avait pas d'opinions personnelles, en revanche, il avait des habitudes » (Page 130)
Je pensai tout au long de ma lecture à Proust pour la finesse du trait, Flaubert dans l'éducation sentimentale, Balzac, Tolstoï pour l'intrigue et le portrait de la flamboyante comtesse Olanska. Le personnage principal (qu'on ne peut appeler « héros ») n' a pas le courage d'échapper à une société qui le tient véritablement dans ses filets insidueux. E. Wharton étouffe sous un décor victorien, les scandales et les éclats de voix. Chacun s'épie à l'opéra et dans une vie qui ignore la réalité, si loin qu'elle est du « vrai » monde. Un individu comme Newland Archer, n'a aucune chance d'échapper au poids qu'impose une société puritaine, hypocrite, calculatrice, manipulatrice.

Sens de l'observation et finesse psychologique d'une intrigue où chaque pensée, faux pas, sentiment est décortiqué et vu à la loupe ; mais, au final, dans ce monde, les émotions se brisent face au mur des bienséances. Entre raison et sentiments, le lecteur devine vite que la 1° va gagner, pourtant on est pris par cette machinerie qui dénonce autant qu'elle démonte un mécanisme que l'auteur connaît bien : le carcan d'une éducation corsetée.
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Format: Poche Achat vérifié
L'écriture de ce roman est classique et délicieuse. La société aristocratique new yorkaise avant 1900 est dépeinte avec précision. Ses codes, ses usages sont abordé à travers la confusion des sentiments d'un jeune homme de la haute société qui est fiancé avec une jeune femme pure tout à fait conforme aux convenances et une femme plus sulfureuse qui revient d'Europe et souhaite divorcer de son mari.
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