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Jo Walton a eu l'idée assez audacieuse de raconter une histoire de dragons mi-humanisés mi-dragons classiques dans une ambiance géorgienne manifestement inspirée des romans de Jane Austen (on pense souvent que les romans de cette auteur anglaise reflète la société victorienne, mais c'est une erreur : Jane Austen a vécu un peu avant le règne de la Reine Victoria et les différences des règles sociales, en particulier en ce qui concerne la relative liberté des jeunes filles, sont très importantes pour le déroulement de l'intrigue de chacun de ses romans).

Mes quelques essais de lecture de romans Jane Austen-like ne m'ont pas convaincu, à l'exception notable de l'admirable Jonathan Strange et Mr Norrell, qui s'est inspirée de l'époque géorgienne pour écrire une histoire très personnelle, dans un style d'une pureté étrangement semblable à celui de Jane Austen.
Les autres auteurs m'ont plus parus comme des arrivistes avides de s'approprier le talent d'un auteur classique pour faire un "coup" plutôt que comme des écrivains dotés d'une réelle personnalité cherchant à honorer un auteur classique tout en écrivant un roman de qualité.
Jo Walton, dont j'ai goûté le talent de conteuse hors-pairs dans Among Others, a su me convaincre, par un récit très agréable à lire, sobre, sans prétention, distrayant et bien ficelé (malgré une fin légèrement abrupte - j'aurais bien aimé un peu plus d'épilogue).

Jo Walton présente sans complexe une société de dragons très semblable à une société humaine, et j'ai dû faire une petit effort d'acclimatation au tout début de ma lecture. Le lecteur n'apprend pas comment les anciens dragons sauvages, vivant dans des grottes et chassant, en sont venus à une organisation sociale et économique semblables (à des différences notables près tout de même !) à celle de l'époque anglaise géorgienne. Mais les nombreuses variantes liés à la nature dragonienne des personnages, très bien bien mis en scène et habilement utilisés comme moteurs de l'intrigue ont rapidement permis mon adhésion complète : le résultat est extraordinaire.

L'histoire raconte les mésaventures d'une fratrie de jeunes dragons dont le père vient de mourir, léguant tous ses biens (son or et son corps) à ses trois plus jeunes enfants, non encore établis : Avan, un jeune dragon qui a un petit poste dans l'administration d'une ville moyenne et deux soeurs très unies, Selendra et Haner, encore chez leur père à l'heure de sa mort.
Le beau-frère, qui a épousé la soeur aînée, un dragon riche, noble et arrogant, refuse d'accepter la décision du mort, pourtant confirmé par Pernn, le frère pasteur, et se taille la part belle du corps du défunt.

Les dragons pratiquent en effet l'anthropophagie - ou plutôt la "dragophagie" - et cette notion est parfaitement intégrée, sans aucun effet gore ou choquant. Les dragons, s'ils atteignent l'âge adulte et demeurent en vie en consommant de la viande crue d'élevage (porc, moutons, boeufs) et des fruits, ne peuvent grandir en longueur et donc accéder à un statut supérieur, qu'en consommant de la viande de dragon. On comprend ainsi combien le corps d'un défunt est important pour sa famille, constituant une part intégrante de l'héritage.
Cette notion est également utilisée pour expliquer la richesse des seigneurs : ceux-ci ont le droit de consommer les dragonnets chétifs (d'une couleur verdâtre) et toute personne jugée trop faible pour survivre. On imagine fort bien les dérives possibles si le seigneur manque de noblesse d'âme et se laisse aller à la cupidité !

Les jeunes dragons, bafoués de leur juste héritage, se partagent l'or, trois fois rien, car le bon vieux dragon, un nobliau campagnard, ne possédait pas grand chose ; les deux soeurs, qui s'adorent et ont grandi ensemble, doivent quitter la demeure familiale : la plus vive, Selendra, est accueillie par le frère pasteur, et la plus effacée, Haner, par la soeur aînée, la femme du dragon très antipathique qui les a lésés de leur héritage.

La suite est passionnante, mêlant affaires familiales, religions, destins tragiques, féminisme, dans une ambiance très romantique et fougueuse, digne d'un roman classique. Les personnages sont excellents, dotés de personnalités variées, crédibles et attachantes. Les petites notes rappelant la nature et le physiques des dragons sont magnifiquement intégrées, les données typiquement dragoniennes subtilement utilisées.

Après la notion fondamentale de la consommation de chair de dragon pour une croissance magique, une autre idée m'a beaucoup plu, dans l'idée elle-même, mais surtout dans la façon où elle est habilement enchevêtrée dans l'histoire : les jeunes dragonnes sont d'un ton doré, qui rosit aux premiers émois (les mères de famille, qui ont eu plusieurs pontes, rougissent). Ainsi, une jeune femelle ayant reçu et accepté une demande en mariage va changer de couleur en un instant, mais aussi toute malheureuse bousculée de trop près par un mâle grossier, même sans rapports effectifs. Cette notion constitue l'un des moteurs de l'intrigue et rappelle avec beaucoup de subtilité la situation d'une jeune fille qui a passé la nuit seule avec un homme, même dans deux chambres séparées, dans une auberge par exemple : aux yeux du monde cette jeune fille doit se marier coûte que coûte.

Le vol des dragons suit également des règles : les ailes ne poussent qu'assez tardivement et les dragonnets ne volent pas ; le jour de culte les femelles de qualité ne volent pas mais marchent posément ; les serviteurs ont les ailes attachés (très serrées quand les maîtres sont sévères) et ne volent jamais, tout comme les pasteurs, mais par choix pour ceux-ci.

Enfin, la mort est une menace permanente : la société consomme ses faibles, les mâles risquent l'affrontement à tout moment et donc la mort et la consommation, les pontes sont dangereuses pour les femelles, les affaiblissant parfois jusqu'à une mort prématurée. Le feu, qui n'arrive que tardivement aux mâles, quoique un signe de puissance, précipite la fin du dragon.

Il y a plein d'autres exemples de l'habilité de l'auteur à nous envoûter par son récit plein de charme et de personnalité. Et si les thèmes Austiniens sont évidents, il apparaissent bien plus comme des clins d'oeils ou un hommage à l'auteur qu'à une spoliation grossière et sans intérêt.
On reconnait régulièrement un type de personnage, une relation entre deux autres, mais à chaque fois nuancé, modéré et intégré à un récit authentique : pas de ridicule patchwork ici, mais un auteur doué et doté d'une réelle personnalité à l'oeuvre, et cela se ressent !

J'espère vraiment que ce livre, pas très long, porté par un style sobre et clair, adapté à un large public, trouvera son chemin jusqu'à nos éditeurs français ; je suis convaincue que ses nombreuses qualités feraient le bonheur de bien des lecteurs.
Une suite ne s’impose pas, toutefois j'ai été si charmée par cette lecture que je serais ravie de lire une autre histoire dans le même monde !
1414 commentaires| 6 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
J'ai eu beaucoup de mal avec ce roman, traînant depuis des mois dans ma pile virtuelle. Le début du roman m'avait complètement déstabilisée et j'avais laissé la lecture de côté. La qualité de "Among Others", du même auteur, m'a encouragée à tenter une nouvelle lecture.

Le début est très étonnant car l'auteur décrit une société de dragons qui portent des chapeaux, ont des avocats et prennent le train. Et on ne semble pas voir d'humain. J'ai trouvé le tout tellement saugrenu pour ne pas dire plus, que j'avais calé. J'ai persévéré. Les premiers 20% sont durs (il faut s'habituer à l'univers, et l'histoire n'est alors par très passionnante, un père qui décède en laissant ses enfants sans ressources ou presque). Les 20% suivants sont un peu plus intéressants (on voit comment chacune des 3 sœurs et comment chacun des 2 frères s'inscrit dans la société, quelles sont ses aspirations, ses rejets etc.). Les 20% suivants sont encore mieux pour la guimauve que je suis (il y a des débuts d'histoires d'amour, contrariées par le manque d'argent/de statut/la partialité de la potentielle belle mère/etc.). Et le final est en fanfare, à un rythme soutenu.

L'auteur a eu l'excellente idée de faire reposer son univers sur une idée clé: les dragons ne peuvent se développer (en taille et force) qu'en mangeant de la chair de dragon. Cela a été inscrit dans la société, et les morts sont mangés (plus le dragon mort est gros, plus ceux qui mangent une part de lui grossiront) ainsi que ceux jugés trop faibles pour survivre, "affaiblissant la race". Les nobles, veillant sur leurs serviteurs, ont donc le devoir (et surtout le privilège!) de dévorer tout dragon qu'il juge trop faible pour vivre correctement. La religion est censée définir dans quelles circonstances ceci est possible, mais le récit prouvera que c'est très sujet à l'interprétation personnelle... Au final on se retrouve avec une population clairsemée, des serviteurs de petite taille (2 mètres de long ...) et des nobles engloutissant toutes les ressources vitales (nobles pouvant dépasser les 20 mètres de long). Quelques points de première importance sont donnés comme des détails, ainsi on comprend que les dragons vivent dans un espace où le gibier est rare lui aussi, limitant d'autant plus les ressources de développement des dragons.

L'histoire est donc simple: c'est celle d'une famille dragon, petits nobles de province, qui se sont élevés dans la société. La mère est morte en couches (enfin, en cours de pondaison ^^), sort que redoutent toutes les dragonnes (c'est quasi inéluctable si les femelles sont enceintes trop régulièrement, plus de 2 pontes et c'est le désastre quasi assuré). Le père est mort à un âge vénérable, sans laisser beaucoup de ressources derrière lui (il en avait laissé la plus grande partie dans la dot liée au mariage de sa fille aînée). La sœur aînée a réalisé un mariage très avantageux avec un dragon quasi aussi imposant que son père, sachant que plus gros est le dragon, plus puissant il est. Le beau-fils semble au début être un dragon avide et arrogant, rien de plus. Il y a aussi deux sœurs quasi jumelles (de la même ponte), l'une très extravertie, l'autre beaucoup moins. Elles vont être séparées, accueillies dans des foyers très différents de ce qu'elles connaissaient. Il y a aussi un frère, religieux. Et un autre qui occupe un petit poste de cadre dans l'administration.

Ce roman parle de société (de la place des femmes, des serviteurs etc.), de la famille, de l'amour. C'est finalement très universel et j'ai fini par (presque) oublier la représentation des dragons avec chapeaux sur la tête. L'humour manié avec malice par l'auteur (surtout concernant les titres de chapitre) a aussi eu raison de mes dernières réticences, ainsi que le beau final un peu surprise pour moi (les invités...).
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