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Un barrage contre le Pacifique Poche – 20 janvier 1978

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D'une facture romanesque relativement classique, l'ancrage des personnages de ce roman dans le réel préfigure cependant cette "écriture de l'indicible" qui marquera plus tard la singularité de l'écrivain. Un barrage contre le Pacifique inaugure une série de romans d'inspiration autobiographique ayant pour cadre le Vietnam. Le récit s'articule autour du personnage de la mère, une femme qui, dans sa lutte contre la misère, brave à s'en rendre folle les obstacles infranchissables qui se présentent à elle. À l'image du titre, les ambitions, aussi nobles soient-elles, ne peuvent être que démesurées et toute tentative s'avère inéluctablement vouée à l'échec. Lorsque tout finit par être rongé, sali, violé, c'est aller au-delà de la souffrance, au-delà du pathétique. Car la douleur est sans fond, la perte est définitive, aucune trace de compassion dans ce roman de l'irrémédiable. Une oeuvre qui n'émeut pas mais qui bouleverse, parce qu'elle exprime le réel à l'état brut dans la trivialité de la concupiscence, dans la perte de toute émotion, dans l'acharnement à vouloir survivre malgré les autres. --Lenaïc Gravis et Jocelyn Blériot

Présentation de l'éditeur

«Les barrages de la mère dans la plaine, c'était le grand malheur et la grande rigolade à la fois, ça dépendait des jours. C'était la grande rigolade du grand malheur. C'était terrible et c'était marrant. Ça dépendait de quel côté on se plaçait, du côté de la mer qui les avait fichus en l'air, ces barrages, d'un seul coup d'un seul, du côté des crabes qui en avaient fait des passoires, ou au contraire, du côté de ceux qui avaient mis six mois à les construire dans l'oubli total des méfaits pourtant certains de la mer et des crabes. Ce qui était étonnant c'était qu'ils avaient été deux cents à oublier ça en se mettant au travail.»

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Le produit égal à l'idée que je m'en faisais, il n'y a pas eu de mauvaise surprise. Tout est correct.Délai correct aussi.
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Par lyly le 8 août 2006
Format: Poche
La mère et ses deux enfants, Joseph qui a vingt ans et Suzanne qui en a seize, vivent, ou plutôt survivent, dans leur bungalow à l'autre bout de la planète, une colonie française.

Leur concession est incultivable car envahie chaque année par l'océan et son sel qui brûle tout sur son passage.

Le barrage du titre est construit et détruit bien avant le début du roman, et ne sert que de vague fil rouge, un peu comme les mailles d'un filet qui serait la dernière chose à pourvoir retenir la sanité mentale de la mère.

Car elle n'a pas toute sa raison cette mère, son esprit semble avoir été brûlé comme la terre par les marées, et l'on se demande ce qui la tient encore en vie si ce n'est la présence de ses enfants.

Ces enfants, jeunes adultes qui ne rêvent que de s'échapper de ce taudis, par tous les moyens mais sans trop savoir comment s'y prendre ni par où commencer.

Et comme dans toutes les histoires qui méritent d'être racontées, il suffira d'une rencontre pour que change leurs trois vies.

Ce que j'ai aimé dans ce livre, ce sont les quelques fou-rires que l'on surprend soudain au milieu de cette misère. Un rire qui est à la fois moqueur et libérateur, un rire qui nous rappelle que même dans la pire des misères on reste un être humain tant que l'on sait encore rire.

Ce qui m'a troublé c'est l'admiration presque incestueuse de Suzanne pour son frère Joseph, et ceci de la première page jusqu'à la dernière ligne du roman.
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Format: Poche
Sommes-nous capables de réaliser notre propre déchéance, quand celle-ci est le fruit d'une érosion aussi imperceptible qu'inexorable ? Sommes-nous condamnés à répéter l'aventure de ceux qui, démunis de tout, hésitent encore à tenter leur chance ailleurs, quitte à pourrir sur place ?
Voilà la question que Duras nous pose dans ce roman sévère, qui restitue parfaitement l'ambiance unique de l'Indochine des années 20. Il y a des formules admirables dans ce livre, d'autant plus saillantes qu'elles tranchent radicalement avec la simplicité des dialogues que Duras a adoptée pour suggèrer la condition misérable des personnages. Le style de l'ensemble est ainsi parfaitement équilibré, c'est un plaisir à lire.
Un roman sur la déchéance donc, mais aussi sur son compagnon de route, l'espoir. Car la grande leçon, c'est ici que les deux sont inséparables.
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Format: Poche
Barrage est vraiment la matrice de l'oeuvre de Duras qui ne cessera par la suite de réécrire son histoire d'amour scandaleuse - elle a 15 ans- avec le "chinois"dans l'Indochine française de l'entre-deux guerres. On retrouve ce récit dans L'Amant et l'Amant de La Chine du Nord , avec quelques variantes. Dans Barrage, le récit est encore chronologique, l'écriture assez classique. La mère, ancienne intitutrice, après le décès du père, achète une concession au gouvernement colonial. Mais la plantation est inondable et ainsi, chaque année, les récoltes sont dévastées par la mousson.
Alors germe dans son esprit le projet fou de construire un barrage pour arrêter le Pacifique. Entreprise vouée à l'échec,sans cesse recommencée. Et le roman nous plonge en pleine tragédie. La folie de la Mère va générer des sentiments exacerbés, au-delà de toute morale: amour ambigu entre le frère et la soeur, prostitution de la fille par la mère elle-même. Ici le prétendant de Suzanne est laid et ridicule, mais l'intérêt du roman est ailleurs, dans ces relations d'amour-haine entre ce trio qui a perdu tout repère et qui rappelle les grands maudits de la mythologie.
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Par Zazou MEMBRE DU CLUB DES TESTEURS le 20 août 2009
Format: Poche
Un peu d'ennui et de déception face à ce classique. Le rythme parait assez bancal avec une première partie assez longue qui s'éfiloche par la suite. Les personnages, chacun à la dérive dans leur folie respective, ne m'ont pas touché. De plus, le style laisse le lecteur assez froid. Seul point intéressant, la vie rêvée de ces expatriés dans les colonies où à côté des nouvelles grandes fortunes survivent les autres.
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Par D. Legare MEMBRE DU CLUB DES TESTEURS le 30 mai 2010
Format: Poche
La Cochinchine, début des années trente, au bord de l'Océan Pacifique, une mère - La Mère - et ses deux enfants survivent misérablement. Le roman débute au moment où, une fois encore, le Pacifique a envahi les rizières et les plantations malgré le barrage érigé quelques mois plus tôt. L'histoire de la Mère est d'ailleurs édifiante : elle a durant des années économisé sur sa maigre paie de professeur de piano et ses cachets dans les bars de grands hôtels le soir pour acheter une concession. L'ironie du sort fait que la concession qu'on lui a attribuée est incultivable, car tous les ans le Pacifique envahit les terres basses. Seul un lopin de terre un peu en hauteur échappe à ce phénomène et permet à la famille de survivre dans une grande pauvreté. Alors, la mère, avec ses dernières économies décide de construire un barrage pour protéger les terres et elle convainc tous les paysans du coin de se joindre à elle. Cependant malgré tous leurs efforts, le Pacifique démolit leur pauvre barrage et baigne à nouveau les terres d'eau salée. C'est là que commence le roman.
Joseph est le fils aîné, il est bourru, brutal et semble insensible, il vient juste d'acheter un cheval pour gagner quelques sous en faisant une navette entre leur village et la ville la plus proche. Là encore, il s'est fait rouler et il a acheté une vieille carne qui ne tarde pas à crever dans une ambiance lourde, un peu comme l'écroulement du dernier espoir.
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