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Contenu rédigé par Luc REYNAERT
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Commentaires écrits par
Luc REYNAERT (Beernem, Belgium)
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Souvenirs d'un pas grand-chose
Souvenirs d'un pas grand-chose
par Charles Bukowski
Edition : Poche
Prix : EUR 6,90

5.0 étoiles sur 5 Défoulements, 18 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Souvenirs d'un pas grand-chose (Poche)
Charles Bukowski évoque dans son autobiographie son enfance dans une famille d’émigrés catholiques polonais pendant la dépression économique aux États-Unis.
Sa famille est très pauvre avec un père chômeur et une mère qui travaille à temps partiel. L’enfant a un handicap physique : il souffre d’acné.
Pour un rien, il est roué de coups par son père.
L’école est un véritable cauchemar aussi bien physique que mental : ‘Ainsi donc c'était ça qu'ils voulaient: des mensonges. Des beaux mensonges. Les gens étaient bêtes.’ ‘Moi, je n'étais qu'un étron de cinquante cents qui surnageait les cents au milieu du grand océan vert de la vie.’
En tant qu’adolescent, il noie ces harcèlements continuels et ses passages à tabac dans des excès de sexe et d’alcool.
En fin de compte, il décide d’entreprendre des études de journalisme, parce qu’apparemment ‘les étudiants là-bas n’avaient presque rien à faire pour obtenir leur diplôme’.

Ce document est une confession directe et cynique de quelqu’un qui apprend dès son enfance que ‘survivre’ est le but principal de la vie et cela par tous les moyens. Il est parfaitement traduit (aussi l’argot américain) par Robert Pépin.
A lire, et certainement par les fanas de l’auteur.


Staline : Aperçu historique du bolchévisme
Staline : Aperçu historique du bolchévisme
par Boris Souvarine
Edition : Broché
Prix : EUR 28,00

5.0 étoiles sur 5 La formation de l’Etat knouto-soviétique, 9 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Staline : Aperçu historique du bolchévisme (Broché)
Ce livre est considéré comme une des textes de première importance pour l’étude de l’histoire d’U.R.S.S. Il couvre la période entre 1879 (date de la naissance de Staline) et 1934 (l’assassinat de Kirov). B. Souvarine y analyse l’origine idéologique et la structure du PC russe, ainsi que l’évolution politique et socio-économique de l’Etat soviétique, la Révolution d’octobre et le caractère des révolutionnaires russes les plus importants (Lénine, Staline, Trotski).

Théorie et pratique révolutionnaire
B. Souvarine montre clairement l’influence de Blanqui et de Tkatchev sur le PC russe: ‘le coup d’Etat sera le fruit d’une conjuration, l’œuvre d’une minorité consciente, et n’est possible que par la violence, ce qui rend nécessaire un parti centralisé, hiérarchisé.’
Ce point de vue est confirmé par Lénine : la lutte des classes exige des révolutionnaires professionnels. De plus, il n’y a pas de mouvement révolutionnaire sérieux sans organisation stable et sans des dirigeants aptes à en assurer la durée. Une telle organisation ne saurait être démocratique.
Le but exclusif de Lénine était, des lors, de mettre et de maintenir le parti bolcheviste au pouvoir : ‘oui, dictature d’un seul parti’ et dictature du Comite central, du Politbureau; en d’autres termes d’une oligarchie.
Le résultat de cette politique sera ‘qu’à la fin des fins un seul homme réunira en lui tous les pouvoirs’ : monopole de l’information, contrôle de l’appareil administratif, économique et politique, de la police, de l’armée et des services secrets.

Révolution d’octobre
Comme le confirme Trotski, la Révolution d’Octobre était un coup d’Etat essentiellement militaire contre un gouvernement sans défense militaire. La prise du Palais d’Hiver à Saint-Pétersbourg n’a pas fait couler une goutte de sang. De plus, les institutions tsaristes existantes ont survécu sous d’autres noms : Commission extraordinaire (Tchéka), armée (rouge), bureaucratie (soviétique). Ce coup d’Etat sera suivi d’une guerre civile barbare. Boris Souvarine démontre que la Révolution a été sauvée par Trotski (l’armée rouge) et Lénine (l’organisation du parti bolcheviste).
D’un autre côté, Lénine n’a jamais cru que la Révolution russe pourrait survivre sans qu’il y ait une révolution prolétarienne au niveau mondial (à commencer par l’Allemagne).

Staline
Staline a montré dès le début de sa carrière son vrai caractère : avidité du pouvoir et manipulateur par des intrigues.
Il n’a jamais été élu. Il a exclusivement profité du cercle clandestin des dirigeants qui l’ont imposé aux dirigés.
Sa politique nationale peut être caractérisée comme suit : sacrifier ‘la consommation à la production, l’agriculture à l’industrie, la campagne déshéritée aux villes tentaculaires, l’industrie légère à l’industrie lourde, la plèbe laborieuse au patriciat bureaucratique, l’homme à la machine’ avec comme résultat ‘famine et misère’. Au lieu d’une dictature du prolétariat, il a créé une dictature sur le prolétariat (Trotski).
B. Souvarine souligne aussi la ressemblance psychologique entre Staline et Trotski. Tous les deux avaient la prétention d’être infaillible, alors que Lénine a reconnu à plusieurs reprises qu’il avait commis des erreurs.

Les 15 premières années de l’ère bolcheviste
Apres la révolution il régnait une famine atroce surtout dans les villes : ‘les ouvriers et les soldats vivaient à peine d’une ration misérable tandis que les paysans, en grand nombre affamés, se défendaient par la dissimulation des denrées, la grève des semailles et parfois l’obstruction à main armé. Une industrie produisant moins de 20 % d’avant-guerre, des finances anéanties par l’émission illimitée de papier-monnaie, un commerce intérieur réduit au troc, le commerce extérieur abaissé aux environs de zéro.’
Lénine tente de sauver la situation par la N.E.P. (Nouvelle politique économique) : un essai d’économie dirigée mixte tolérant une saine compétition entre le secteur étatique et l’initiative capitaliste.
Après 10 ans, la situation est très loin d’être brillante : vagabondage infantile (des millions d’enfants abandonnés), 25 millions d’excédent de main-d’œuvre, misère paysanne, dépravation et criminalité et toujours environ 70 % d’illettrés.
Par contre, le PC a créé une aristocratie de fonctionnaires, tous membres du PC, qui sont devenus les gérants d’un capitalisme d’Etat.
Avec l’aide de ces fonctionnaires, Staline imposera la collectivisation du secteur agraire, qui tournera au désastre.

Citations, vision et omissions
B. Souvarine cite Robespierre (‘Personne n’aime les missionnaires armés’) et Trotski (‘la révolution est grande mangeuse d’hommes).
En 1935, il ne voit qu’en cas de conflit grave que ‘seule, la jeunesse accepte d’emblée l’idéologie du chauvinisme soviétiste et défendrait les frontières sans réticence’. (Quelques années plus tard, 25 millions de morts pour la plupart des jeunes soldats, victimes de la lutte contre le nazisme)
B. Souvarine ne mentionne pas ou peu l’intervention de l’Allemagne dans la révolution : le train spécial et le traité de Brest-Litovsk.

Cette analyse fouillée et incisive d’un personnage qui a changé la face du monde, devrait être lue par tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté.


Signor Giovanni
Signor Giovanni
par Dominique Fernandez
Edition : Poche

5.0 étoiles sur 5 Culte du beau, pratique du laid, 2 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Signor Giovanni (Poche)
Le personnage principal de ce livre est Johann Joachim Winckelmann, l’historien de l’art, considéré comme le pape du néoclassicisme. Il proclamait que l’art de la Grèce antique à l’époque classique constituait le summum de l’expression artistique, le beau idéal et absolu. Il ne restait rien d’autre pour les véritables artistes modernes que l’imitation (au sens littéral ou figuré) d’œuvres classiques existantes.

Mais apparemment la glorification de l’art grec par Winckelmann n’était qu’une sublimation de son homosexualité.
Pour D. Fernandez, Winckelmann est ‘le représentant d’une période définie dans l’histoire de l’homosexualité. Cette période a commencé avec l’avènement de bourgeoisie, quand la nouvelle morale du rendement et du profit a éliminé de la vie sexuelle publique tout ce qui était désordre, luxe, joie, gratuité.’ De la sorte, ‘les homosexuels ont été condamnés à la double vie : culte du beau, pratique du laid.’

Psychologiquement parlant, on pourrait dire que Winckelmann était hanté par le complexe de la madone et de la p., les madones étant les sculptures d’éphèbes grecs, les p. les prostitués masculins qu’on abordait dans la rue. Une de ces rencontres fortuites s’est terminée d’une manière tragique.

Ce récit est une excellente analyse d’une altercation violente à première vu assez ordinaire.
Lecture hautement recommandée.


Si la vie continue...
Si la vie continue...
par Lacouture
Edition : Broché
Prix : EUR 14,50

5.0 étoiles sur 5 L’écriture et l’engagement, 30 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Si la vie continue... (Broché)
L’entretien de Jorge Semprun avec Jean Lacouture tourne surtout autour de sujets politiques et de la vie de l’auteur; d’abord, sa famille fortement politisé (catholique de gauche), la guerre d’Espagne et l’émigration en France ; et ensuite, son propre itinéraire de militant communiste, Buchenwald, la clandestinité en Espagne jusqu’à son mandat de ministre de la culture dans un gouvernement socialiste en Espagne.

Jorge Semprun y confirme qu’il a abandonné le communisme à cause de deux facteurs cruciaux : la découverte du Goulag (le plus important) et sa constatation que le PC espagnol n’était qu’un instrument dans la politique mondiale de l’URSS.
Un autre point important abordé dans cet entretien est la différence fondamentale entre deux concepts de totalitarisme (le fascisme nazi et le communisme stalinien) : le totalitarisme stalinien a vraiment détruit la bourgeoisie capitaliste, alors que le nazisme ne l’a pas fait. Les nazis n’ont pas touché au capital, ni à la propriété privé.

Pour Jorge Semprun, ‘il n’y a pas de tour d’ivoire. S’il est nécessaire de temps en temps de s’y retirer pour écrire, il faut revenir dans la vie, dans la réalité. Il faut s’engager.’
Ce livre est une parfaite introduction aux thèmes qui dominent l’oeuvre d’un des plus grands écrivains de l’ère moderne.
Hautement recommandé.


Discover Music of the Romantic Era by Discover Music of the Romantic Era (2013-05-03)
Discover Music of the Romantic Era by Discover Music of the Romantic Era (2013-05-03)

5.0 étoiles sur 5 L'art est jugé subversif par l'État (Platon), 12 juillet 2016
Ces deux CD dans la série ‘Discover’ de Naxos contiennent des extraits exemplaires de musique romantique dans des interprétations très décentes.
Dans le livret d'accompagnement, David McCleery donne une excellente analyse du romantisme, son origine et son contexte politique (nationalisme) et philosophique (Jean-Jacques Rousseau), ainsi qu'une brève esquisse de la vie et de certains œuvres de 22 compositeurs romantiques.

Le romantisme
Le terme ‘romantique’ vient du vieux mot français ‘romanz’, qui se réfère à des histoires médiévales chevaleresques et passionnelles. Le romantisme oppose le ‘cœur’ à la ‘tête’. Le mouvement est synonyme de déférence à l'Église et l'État et à la croyance que le monde peut être entièrement expliqué par la science et la raison. Il défend l'importance de l'individu (le virtuose), de l'identité nationale, de traditions folkloriques et de la nature vierge et sauvage, contre la cité et ses élites.

La musique
La musique romantique a brisé les structures ‘classiques’ de la musique. Ses compositeurs ont inventé la musique à programme et le poème symphonique, qui sont tous les deux inspirés par des idées non-musicales (par ex., par la littérature ou un paysage).
Beethoven est le premier qui rompt avec les conventions classiques dans sa symphonie ‘Eroica’ avec ses explosions dramatiques et émotionnelles. Sa symphonie pastorale peut être considérée comme le premier exemple de musique à programme.
Le destructeur de toutes les règles classiques est Berlioz avec sa ‘Symphonie fantastique’. Elle contient une ‘idée fixe’ (un leitmotiv) qui réapparaît dans tous les mouvements.
Un autre thème important est le nationalisme (chansons et danses folkloriques), avec des compositeurs comme Chopin (polonaises, mazurkas), Wagner (la mythologie germanique), Glinka, Borodine et Tchaïkovski (mélodies russes), Smetana et Dvořák (airs tchèques), et, Grieg et Sibelius (des sons scandinaves).
Au 20ème siècle, Puccini et Rachmaninov prolongent la tradition romantique en continuant à mettre l’accent sur la ligne mélodique.
Par contre, Richard Strauss sonne le glas de l’ère romantique avec sa ‘cacophonie’ pour épater les bourgeois. Schoenberg l’enterre complètement avec l'atonalité absolue de sa musique dodécaphonique.

Une splendide présentation de la musique romantique par Naxos.


Discover the Symphony by Various Artists (1998) Audio CD
Discover the Symphony by Various Artists (1998) Audio CD

5.0 étoiles sur 5 Une symphonie est un unisson de sons (K. Anderson), 25 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Discover the Symphony by Various Artists (1998) Audio CD (CD)
Les 2 CDs de ‘Discover the Symphony’ de Naxos contiennent des extraits de 23 symphonies représentatives de 23 compositeurs importants et tout cela dans des interprétations très décentes.
Dans le livret d'accompagnement Keith Harrison esquisse brièvement l’histoire de la symphonie comme forme musicale, ainsi qu’un bref commentaire sur la vie des différents compositeurs, une analyse succincte d’une de leurs œuvres majeures (extraits sur ces CDs) et le contexte historique.
La ‘sinfonia’ française et italienne est à l'origine de la symphonie. Elle est une introduction instrumentale (ouverture) ou une interpolation dans un travail plus élaboré (un opéra). En Italie, avec Alessandro Scarlatti, l'ouverture est devenue une œuvre instrumentale à part entière avec trois mouvements : rapide, lent, rapide.
Joseph Haydn doit être considéré comme le père de la symphonie ‘classique’, préparant le chemin pour des génies comme Mozart et Beethoven.
Keith Anderson analyse également techniquement la forme générale (les mouvements) et les clefs d’une symphonie classique.

Texte uniquement en anglais.
Hautement recommandé à tous les amateurs de musique classique.


Discover chamber music
Discover chamber music
Prix : EUR 14,09

5.0 étoiles sur 5 La musique de chambre est dans son essence une conversation musicale (J. Siepmann), 23 juin 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Discover chamber music (CD)
Les deux CD de la série ‘Discover’ de Naxos présentent des extraits exemplaires de musique de chambre depuis ses débuts au 16ème siècle.
De plus, dans le livret d'accompagnement J. Siepmann analyse brillamment l’origine et l’évolution de cette musique, ainsi que son contexte sociopolitique. Ci-après un résumé.

Définition
La musique de chambre est une musique pour plus d'un, mais moins de dix joueurs. Elle est une musique ‘de et pour des amis’.

Origine et évolution
Cette musique est née au début de la Renaissance et a atteint son apogée au 19e siècle, principalement en Allemagne.
Au début de l’ère musicale les compositeurs ne s’intéressaient pas comment, par qui, ou sur quel instrument leur musique était jouée. Ils se limitaient à écrire des notes. A titre d’exemple, l'éditeur T. Susato de ‘Danserye’ mentionnait dans sa publication que cette musique pouvait être jouée sur toutes sortes d'instruments.
La 'Sonata pian e forte’ de Giovanni Gabrieli, écrite en 1597, peut être considérée comme le véritable début de la musique de chambre moderne avec des indications spécifiques pour chaque instrument.
L'invention du violon (et de l’alto et du violoncelle) en Italie a provoqué une véritable révolution pour le genre. Ces instruments ont inspiré une nouvelle génération de compositeurs, comme, en Italie, Arcangelo Corelli (des sonates pour violon et clavecin), et, en Allemagne, J. S. Bach (concertos brandebourgeois, Concerto italien) et Georg Philipp Telemann (Tafelmusik).

Les temps modernes
Le père de la musique de la chambre moderne (la sonate, le quatuor à cordes) est Joseph Haydn. Dans ses quatuors op. 33 les quatre instruments conversent ensemble à titre égal. Il a influencé directement Mozart (œuvres majeures: ses quintettes à cordes KV 515, 516, 593 et 614) et Beethoven (œuvres majeures: ses cinq derniers quatuors à cordes n ° 12-16, op. 127, 130-133, 135, le Trio ‘Archiduc’, et la Sonate à Kreutzer).
Un autre géant de la musique de chambre était Franz Schubert, fortement influencé par le style ‘personnel’ de Beethoven (œuvres majeures: quatuor à cordes D 810 ‘La Jeune Fille et la Mort’, le quatuor D 887 et le quintette à cordes D 956).

Le romantisme
Avec l'avènement du romantisme les compositeurs ont d’autres priorités. La discipline classique cède la place à un culte de l'expression individuelle, au primat de l'émotion. Compositeurs importants : Robert Schumann (Andante et Variations pour 2 pianos, 2 violoncelles et cor op. 46), Félix Mendelssohn (Octuor pour cordes op. 20), César Franck (Sonate pour violon et piano), Johannes Brahms (Trio pour piano, cor et violon op. 40, les sextuors op. 18 & 36) et Piotr Il'yich Tchaïkovski (Quatuor à cordes op. 11).

20ième siècle
Arnold Schoenberg (dans son ‘Pierrot Lunaire’ la voix est utilisée au même niveau que les instruments) a cassé l’harmonie diatonique de la musique avec son système dodécaphonique. Il doit être considéré comme le compositeur le plus révolutionnaire des temps modernes. Mais, en fin de compte, il est responsable de l'impopularité (!) d’une grosse partie de la musique du 20ème siècle.
Les plus grands non-schoenbergiens sont Claude Debussy (Estampes, Quatuor à cordes), Igor Stravinsky (L'Histoire du Soldat), Béla Bartók (Contrastes, 6 quatuors à cordes), Olivier Messiaen (Quatuor pour la fin du temps) et Dmitri Chostakovitch (Quintette avec piano op. 57, Trio avec piano No. 2 op. 67). Aux Etats-Unis, J. Siepmann recommande les compositions de George Crumb avec leurs combinaisons instrumentales non conventionnelles (quatuor à cordes Black Angels, Vox Balaenae).

Ces CD et le livret d’accompagnement ne devraient pas manquer dans la médiathèque des amateurs de musique classique.


Laterna magica
Laterna magica
par Ingmar Bergman
Edition : Poche
Prix : EUR 9,20

5.0 étoiles sur 5 Kill your darlings (Tuez vos chouchous) (W. Faulkner), 16 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Laterna magica (Poche)
Contrairement aux autobiographies d’Akira Kurosawa (Comme une autobiographie) et de Josef von Sternberg (Souvenirs d’un montreur d’ombres), celle d’Ingmar Bergman ne se limite pas à sa carrière de réalisateur ou de directeur artistique (d’un théâtre), mais expose également des problèmes personnels et familiaux, parfois difficiles et douloureux, comme Luis Buñuel l’a fait dans ‘Mon dernier soupir’. Un seul exemple: après la mort de sa mère, le père de Bergman lit le journal de sa femme et se rend compte qu'il ne l’a jamais vraiment comprise.

Dans son travail artistique, Ingmar Bergman a été fortement influencé par le réalisateur Victor Sjöström. Il lui a appris de respecter la ‘simplicité’ avant tout. De plus, toutes les scènes d’un film ne sont pas cruciales: les spectateurs ont besoin de repos, sinon ils deviennent fatigués et ennuyés. Quant aux acteurs, ils aiment/préfèrent être filmés face à la caméra.
Son monteur, Oscar Rosander lui a fait comprendre que le ‘rythme’ d’un film doit déjà être une partie intégrante du scénario.
Son directeur photo Sven Nykvist lui apprend les éléments de base pour l'éclairage d’un décor. Bergman les a utilisés par la suite dans ses productions théâtrales.
Quant à ses collègues réalisateurs, il a surtout apprécié et aimé les films de Tarkovsky, Buñuel, Fellini et Kurosawa.

Bien qu'il critique le premier ministre de l’époque, Olof Palme, pour ses problèmes fiscaux, il est possible que les services secrets voudraient déstabiliser le gouvernement Olof Palme en attaquant notamment un de ses fervents supporters; voir le lien dans le documentaire ‘Palme’ de K. Lindstrøm et M. Lycander, et pour une évaluation globale, le livre ‘The Secret War against Sweden’ d’Ola Tunander.

A ne pas manquer par tous les amateurs de cinéma et tous les fans d’Ingmar Bergman.


The Geisha House [Import allemand]
The Geisha House [Import allemand]
DVD ~ Maki Miyamoto
Proposé par thebookcommunity_fr
Prix : EUR 215,50

4.0 étoiles sur 5 Mizu shōbai (Le commerce de l’eau), 1 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Geisha House [Import allemand] (DVD)
Le film de Kinji Fukasaku, comme ‘La Rue de la Honte’ de Kenji Mizoguchi traitent du même sujet: l'abolition de la prostitution au Japon dans les années 1956-1958. Alors que le film de Mizoguchi plaide ouvertement pour l'abolition, le film de Fukasaku est contre (p. ex. sa musique est plutôt une glorification du métier de geisha). Son film est une analyse plus ou moins objective du ‘commerce de l'eau’ (les règles de la maison, les aspects financiers, les filles, les clients, la mamasan, le parrainage), dans la même veine de l'écrivain japonais Nagai Kafû dans ses romans et nouvelles.
Les deux films expliquent clairement le contexte social et les causes directes du choix des filles pour entrer dans le ‘commerce de l'eau’: la pauvreté et des problèmes familiaux (mauvaise santé de membres de sa famille).

Aussi bien Sayo Masuda (Autobiography of a Geisha) qu’Arthur Golden (Geisha) confirment dans leurs livres que l'investissement financier important nécessaire pour former une geisha est pour une grande partie immédiatement récupéré par la ‘vente’ de son initiation sexuelle. Ce fait a été complètement ‘oublié’ dans le film de Rob Marshall ‘Mémoires d'une geisha’, basé sur le roman d’Arthur Golden.
Le film n’est pas un chef-d'œuvre, mais vaut la peine d’être vu.


Mouchette [Blu-ray] [Import anglais]
Mouchette [Blu-ray] [Import anglais]
DVD ~ Nadine Nortier
Proposé par dodax-online-fr
Prix : EUR 6,75

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 L'humiliation des innocents, 23 avril 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mouchette [Blu-ray] [Import anglais] (Blu-ray)
Ce film, basé sur le roman de G. Bernanos, est un portrait bouleversant d’une exclue de la communauté humaine. La famille de Mouchette est très pauvre. Sa mère est malade et son père parvient à peine de survivre grâce à de la contrebande d’alcool et du braconnage. Elle est mal habillée et pas soignée, un véritable oiseau bariolé. Elle est continuellement humiliée et insultée par d’autres gosses et par ceux et celles qui exercent un certain pouvoir dans le village, comme l’institutrice ou la bourgeoisie soi-disant chrétienne.
Pourtant, elle est l’incarnation de vertus chrétiennes comme la pauvreté et l’innocence. La pureté de ses sentiments est admirablement illustrée dans la séquence de la kermesse avec ses autos-tamponneuses.

Dans son récit ‘Cet Eté-là’, Marie Cardinal (qui joue la mère dans ce film) brosse un portrait de Bresson, qui est loin d'être hagiographique : un homme insupportable, inhumain et cafouilleux. Néanmoins, dans son style sobre, (apparemment) sans passion et loin des grands gestes théâtraux, Robert Bresson a créé un chef-d’œuvre saisissant. Il stigmatise d’une manière féroce la communauté humaine, qui bafoue et conspue sans la moindre pitié les démunis.
A voir absolument.


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