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Contenu rédigé par Pokespagne
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Commentaires écrits par
Pokespagne "Pok" (São Paulo, Brésil)

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Les Enquêtes du Département V : Profanation
Les Enquêtes du Département V : Profanation
DVD ~ Nikolaj Lie Kaas
Prix : EUR 9,99

4.0 étoiles sur 5 Noir et accablant..., 14 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Enquêtes du Département V : Profanation (DVD)
Après un premier volet relativement convaincant de l'adaptation en film des "Enquêtes du Département V", Nørgaard et son équipe nous régalent avec ce "Profanation" d'un second film encore plus réussi : plus noir, plus pessimiste, plus accablant, moins superficiel peut-être si l'on considère que la crainte de voir ses enfants adolescents se laisser aller à d'éventuels penchants criminels est un sujet plus universel, ainsi bien sûr que l'arrogance des "classes supérieures"... Des scènes de violence bien plus dures et une fin qui n'a rien d'un happy end (un reproche que l'on pouvait faire à "Miséricorde") compensent largement certaines facilités scénaristiques et surtout les excès du personnage de Carl Mørk, de plus en plus incohérent et paradoxalement stéréotypé. La construction - similaire à celle du premier épisode - offre rapidement au spectateur la résolution de l'énigme, mais ne désamorce pas le suspense puisque "Profanation" se concentre sur les conséquences - tragiques bien sûr - des crimes commis 20 ans auparavant sur l'existence actuelle des protagonistes. Soit au final un thriller original et implacable comme on aimerait en voir bien plus, en particulier du côté d'Hollywood, décidément largement distancé désormais par nos amis Danois. On attend avec impatience les prochains épisodes d'une "série" étonnante, dont on regrette d'ailleurs qu'elle ne soit pas sortie plus largement en salle dans nos contrées.


Disney / Glénat - Mickey's Craziest Adventures
Disney / Glénat - Mickey's Craziest Adventures
par Lewis Trondheim
Edition : Album
Prix : EUR 15,00

5.0 étoiles sur 5 Un brillant coup de force !, 4 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Disney / Glénat - Mickey's Craziest Adventures (Album)
Biberonné avec "le Journal de Mickey", j'ai, paradoxalement sans doute, développé une aversion assez profonde pour les personnages "fondamentaux" de la Maison Disney (maison que je ne porte pas non plus dans mon cœur, je l'avoue...), et j'ai du mal à comprendre l'enthousiasme de beaucoup pour la réédition des fastidieuses aventures de Mickey, Donald, Picsou et compagnie... Je ne me suis donc pas laissé séduire par ce "Mickey's Craziest Adventure" par nostalgie, mais bien par fidélité au travail de Lewis Trondheim, dont je suis un fan absolu. Et je n'ai donc eu aucun mal à admettre le coup de force narratif brillant à la base du livre : ne livrer qu'une partie d'une (fausse) histoire complète, laissant au lecteur le plaisir divin d'imaginer ce qui se passe durant les pages "perdues" (on joue le jeu d'imaginer que le tout est un livre perdu et partiellement redécouvert en piteux état - d'où la jolie idée des pages vieillies, tachées, voire déchirées... même s'il s'agirait dans ce cas d'une "censure" de la Maison Disney, veillant à ce que l'humour décalé de Trondheim n'aille pas trop loin). Bien entendu, l'histoire intégrale est non seulement improbable, "crazy", mais magnifiquement "impossible", même pour Mickey, l'embarquant sous la terre où ont survécu des dinosaures, sur la lune ou dans l'Atlantide, sans parler de sa miniaturisation qui l'entraîne sous les lames du parquet ! Bien entendu, les péripéties qui ont survécu aux outrages du temps et aux trous dans l'imagination de Trondheim sont l'occasion d'un gag par page, complètement dans l'esprit habituel de celui-ci : il y a quand même fort à parier que cette approche à la fois pince-sans-rire et assez intellectuelle déroutera plus d'un fidèle des aventures plus "classiques" de Mickey, mais je suis sûr qu'ils se réconforteront devant le graphisme remarquable d'élégance et de dynamisme de Keramidas, qui tire à de nombreuses reprises le livre vers le haut quand Trondheim a tendance à tourner en rond. Car, pour qui aime les beaux livres, ce "Mickey's Craziest Adventures" est un régal, combinant trouvailles formelles excitantes (les en-têtes de chaque page, la dernière page de couverture qui conclut en point de suspension le récit) et belle qualité d'un pur objet de collection.


L'Amour est un crime parfait
L'Amour est un crime parfait
DVD ~ Mathieu Amalric
Proposé par Showpeen
Prix : EUR 5,56

4.0 étoiles sur 5 Comment filmer / comment écrire / comment aimer, 3 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Amour est un crime parfait (DVD)
D'abord il y a livre de Djian. Pas son meilleur et loin de là, mais enfin, il y a quelques leçons sur l'écriture dispensées par cet écrivain obsédé par la belle prose, et aussi les fameuses ellipses qui tuent, chères à l'auteur. Ensuite, il y a les Frères Larrieu, capables du tout meilleur ("Un Homme Un Vrai", remember ?) mais un peu enlisés dans leur propre univers salace depuis quelques temps. Les faire se rencontrer dans la froideur de la Suisse (un bâtiment à l'architecture transparente étonnante, des montagnes sous la neige) était a priori une idée un peu bizarre mais intéressante. Et puis il y a eu le mépris, la haine avec laquelle le "grand public" a répondu au film, qui décuple forcément l'intérêt qu'on peut lui porter. "L'Amour est un Crime Parfait" est, logiquement, un objet singulier, avec sa belle parole directement extraite de chez Djian, son scénario qui ne respecte aucun code du thriller, malgré les crimes et le jeu du chat et de la souris auxquels se livrent tous les personnages (rappelons-le, "Incidences" n'était pas un thriller non plus, ou alors à peine...), et ses acteurs qui ont surtout l'air de beaucoup s'amuser (une caractéristique, et peut-être la meilleure, de la plupart des films des Frères Larrieu...). Et sa mise en scène patiente, distanciée, qui laisse assez d'espace au spectateur pour qu'il se fasse son propre film dans les trous béants de la mémoire de Marc. On pourra à la rigueur déplorer une tendance à la caricature facile - mais le texte de Djian, assez pince-sans-rire, l'autorisait - et un bon quart d'heure de trop. On s'étonnera surtout que Djian ait autorisé à mettre dans la bouche de Marc des théories aussi différentes des siennes quant à la littérature... même si on comprends que le paysage comme représentation de l'être humain, c'est une sorte d'illustration de ce que les Larrieu font, et plutôt bien, depuis des années. Quant à la haine du Français moyen pour ce film, j'ai bien peur que cela soit cette haine croissante de l'intelligence et de l'originalité qui gangrène notre pays, autrefois cinéphile : "L'âge d'Or" de Buñuel serait encore plus mal reçu aujourd'hui qu'il ne le fut à l'époque...


Été Diabolik (L') - tome 0 - L'Été Diabolik
Été Diabolik (L') - tome 0 - L'Été Diabolik
par Thierry Smolderen
Edition : Album
Prix : EUR 21,00

5.0 étoiles sur 5 Les diaboliques, 3 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Été Diabolik (L') - tome 0 - L'Été Diabolik (Album)
En 1967, j'avais dix ans, et je n'avais pas la chance de vivre sur la Côte d'Azur comme Antoine Lafarge, le héros (et narrateur du livre dans le livre) de "l’Été Diabolik", je lisais "le Journal de Tintin" chaque semaine (encore trop jeune pour Pilote, cela viendrait plus tard...), et "le Fantôme du Bengale" cité par Clerisse comme l'influence du Diabolik des sœurs Giusani, référence "pop" (au même titre que Warhol et bien d'autres artistes 60's...). J'avais été moi aussi, malgré mon jeune âge, bien traumatisé par l'assassinat de Kennedy, qui fut le 9/11 de notre génération, mais je rêvais aussi d'histoires d'espions soviétiques implacables tels que John Le Carré les avait immortalisés avec son "Espion qui Venait du Froid"... Cette introduction paraît compliquée, tirée par les cheveux ? Pourtant, ce sont ces références, subtilement agencées, magnifiquement intégrées dans un récit qui tient autant du roman d'initiation (le sexe, la drogue, forcément...) que du thriller paranoïaque, qui font de "l’Été Diabolik" l'un des romans (graphiques ou non) les plus passionnants que j'aie lus depuis un petit moment. Plusieurs degrés de lecture, bien entendu, un aspect "oeuvre d'art" graphique qui ne gâche rien mais vient au contraire enrichir tout cela d'un intense plaisir esthétique... Pour ceux que les concepts élaborés fascinent, l'idée "de génie" de Smolderen, c'est de nous proposer d'abord le récit d'Antoine, mystérieux, riche de résonances multiples et aussi fascinant que follement divertissant par les tournants fantaisistes que prend l'histoire (voir l'épisode magique de l'Aston Martin de 007...) : même s'il se clôt sur de multiples interrogations, ce récit se suffit à lui même au point que j'aurais envie de conseiller au lecteur le plus aventureux de ne pas lire - ou au moins de faire une pause avant de lire... - la seconde partie (20 ans plus tard...) du livre. Car le coup de force de "l’Été Diabolik" est de rajouter une conclusion qui comble rationnellement - un peu trop systématiquement (la lettre du père, explicative...) même pourrait-on trouver - les béances de la première : on regrettera un peu ce retour à la raison, à la logique, finalement bien typique des tristes années 80, mais on admettra la force d'une résolution qui ramène la perception d'un Mal métaphorique (le fameux masque de Diabolik) à la réalité d'un Mal beaucoup plus intime (le regard dans le rétroviseur illuminé). Bien trop intime pour qu'on puisse espérer en sortir indemne, sans même parler d'en guérir vraiment 20 ans ou 50 ans plus tard. Un chef d'oeuvre de la BD.


Summer 08
Summer 08
Prix : EUR 11,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Joseph est triste..., 1 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Summer 08 (CD)
Joseph est triste, comme d'habitude. Cette fois, c'est le souvenir de ses premiers succès, en cet été 2008 maudit, qui le rend dépressif en diable. Comme quoi, il ne va pas bien, Joseph, puisque même le fait d'être aimé, admiré, respecté lui file le bourdon. Alors, du coup, il nous pond un nouvel album de son faux groupe, Metronomy, qui va lui permettre de diffuser dix nouvelles doses de poison neurotoxique dissimulé sous la forme de chansons pop dansantes a priori insignifiantes. De petites reminiscences disco (ah ! Giorgio, comme tu es devenu branché désormais !), des sons électroniques eighties (30 ans quand même avant ce foutu été 2008, mais l'anachronisme ne gênera personne...), et nous n'y verrons que du feu : pour ceux qui trouvèrent un jour "The English Riviera" trop ambitieux / prétentieux, et par contre "Love Letters" trop trivial / vulgaire, "Summer 08" propose un équilibre parfait entre mélancolie crève coeur et pop simplissime (simpliste ? Les "ya ya ya" de "Old Skool" en irriteront plus d'un, mais feront rire les autres). Finalement, pourvu que Joseph reste encore triste très très longtemps !


A Moon Shaped Pool
A Moon Shaped Pool
Prix : EUR 10,99

5 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 The Great Rock'n'Roll Swindle, 1 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : A Moon Shaped Pool (CD)
Ah Radiohead ! L'une des plus belles représentations de l'autisme d'une époque emberlificotée dans sa fascination-répulsion pour la virtualité (la dissolution de l'humanité dans sa représentation digitale, la toute-puissance de medias totalitaires incontrôlables, etc.). L'une des caricatures les plus pitoyablement extrêmes du vide musical contemporain, rituellement adulée par les foules aveugles et sourdes, ainsi que, inévitablement, par les journalistes cyniques et complaisants. Un album et demi réussi sur une interminable carrière qui agonise désormais sur des décennies, et une succession de morceaux prétentieux qui ne redéfinissent que la notion de vacuité. Depuis les impayables et pourtant célébrés "Kid A" et "Amnesiac", chaque disque de Radiohead est un nouveau sommet de nullité arrogante, relativement bien produit il est vrai, ce qui importe plus que tout à une époque où la substance est sacrifiée au culte de la forme. "A moon shaped pool" fait rire tellement il pète plus haut que son cul : des chansons informes classées par ordre alphabétique puisque totalement interchangeables, pas une seule idée intéressante en une heure de souffrance musicale, pas un fragment de mélodie mémorisable, des textes vains, un chanteur tête à claques qui geint à n'en plus finir. Le nadir absolu de la musique, incompréhensiblement (ou alors au contraire logiquement...) acclamé par les foules décérébrées. Non, Malcolm, tu n'as pas inventé la grande escroquerie du rock'n'roll, parce que, malgré toi peut être, Rotten et Vicious faisaient de la musique, parlaient de politique et empestaient la Vie : c'est l'oeil torve et la laideur fantomatique du répugnant Tom Yorke qui ont bel et bien réalisé la sodomie parfaite - car consentie - d'une génération. Radiohead, ou le néant qui phagocyte le cerveau. "Et je coupe le son !"
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 23, 2016 2:49 PM MEST


Femme insecte (la)
Femme insecte (la)
par Osamu Tezuka
Edition : Broché

4.0 étoiles sur 5 Monster, 27 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Femme insecte (la) (Broché)
La lecture de n'importe quel livre du grand Tezuka, quelle que soit sa place dans la hiérarchie qualitative de sa bibliographie, réserve au lecteur son lot de surprises et d'émerveillements. Avec "la Femme-Insecte", c'est l'audace et l'originalité du thème qui sidèrent tout d'abord, et ce d'autant que notre culture occidentale associe mal un dessin rond et "enfantin" avec un sujet aussi complexe et sombre : une femme, génialement manipulatrice et capable d'absorber l'essence même de ses partenaires (sexuels), réussit une ascension sociale sidérante, non sans voler littéralement le travail de des victimes ! Et bien entendu, le talent de Tezuka est de rendre cette femme monstrueuse aussi attirante physiquement (beaucoup de scènes de sexe, évidemment soft) que touchante émotionnellement, grâce à un mélange complexe de vulnérabilité (elle est facilement victime - au moins dans un premier temps - des hommes / prédateurs de la société japonaise), de confusion mentale (son repli embryonnaire dans le foyer maternel, assez semblable à celui du "héros" de "Profit") et de froide détermination (sidérant moment quand elle incendie ce fameux foyer-refuge pour conquérir une nouvelle liberté). Tezuka nous ballade en outre dans le monde de l'art, de la littérature, de la pègre et de l'anarchisme, pour finir avec celui des affaires, évidemment le plus cruel de tous, et nous montre que, aussi dérangée que soit son héroïne, il lui en reste toujours à apprendre de ses semblables en matière de vilenie et de perversité. Les amoureux de la belle forme se raviront également devant la construction souvent aussi magnifique qu'efficace des cases et des pages, qui permettent à Tezuka de varier à l'extrême les points de vue qu'il offre sur ses personnages et les situations, avec un sens de la narration impressionnant.


Love & Mercy
Love & Mercy
DVD ~ John Cusack
Prix : EUR 9,99

4.0 étoiles sur 5 God Only Knows, 27 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Love & Mercy (DVD)
Bien sûr, je suis comme vous, j'en ai marre des biopics hollywoodiens ou autres... Mais on parle quand même ici de Brian Wilson, nom de Zeus ! Alors, après bien des tergiversations (de bonnes critiques ça et là, un metteur en scene débutant,...), je me suis lancé... et n'ai pas regretté de l'avoir fait, malgré un indéniable délitement du film sur la longueur : la dernière partie, celle de la libération des griffes de l'abominable Dr. Landy (que Giamatti peut être bon quand on lui donne un personnage intéressant à incarner !) est quand même assez convenue et inintéressante. Car "Love & Mercy" est une petite réussite, grâce en particulier à des choix scénaristiques et narratifs originaux : seulement deux "chapitres" de la vie de Brian Wilson, disons la chute et la résurrection, la première - la meilleure - parlant du Génie et de la Musique, alors que la seconde traite de la Survie d'un homme une fois que génie et musique s'en sont allés, mais ces deux chapitres sont montés en parallèle. Grâce aussi à une excellente idée de Bill Polhad, nous faire vivre - si une telle chose est possible - le calvaire du jeune Brian, cette cacophonie sonore dans sa tête, entre fragments de musique sublime et éclats de voix qui le torturent. Mais bon, je l'avoue, s'il y a une chose qui rend la vision de "Love & Mercy" IMPERATIVE à toute personne amoureuse (ou même simplement intéressée par le sujet) de la Musique, ce sont les merveilleuses scènes de construction en studio des chefs d'oeuvre des Beach Boys : elles sont à pleurer, et elles démontrent que Polhad a saisi quelque chose d'important sur Brian Wilson et sur la musique en général.


Pour en finir avec le cinéma - tome 1 - Pour en finir avec le cinéma
Pour en finir avec le cinéma - tome 1 - Pour en finir avec le cinéma
par Blutch
Edition : Relié
Prix : EUR 19,99

5.0 étoiles sur 5 Cinéphilie terminale, 23 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pour en finir avec le cinéma - tome 1 - Pour en finir avec le cinéma (Relié)
D'abord, un avertissement : ce livre (remarquable, à mon humble avis) de Blutch est exclusivement réservé aux cinéphiles compulsifs, et sans doute vaut-il mieux avoir dépassé la cinquantaine pour pouvoir réellement "se l'approprier". Les autres s'ennuieront probablement profondément devant ce qu'ils qualifieront d'histoires incohérentes pleines de références obscures, même s'ils prendront logiquement plaisir devant un dessin magnifique (mention spéciale aux délicieuses jeunes femmes peu vêtues qui parsèment "Pour en Finir avec le Cinéma" d'images excitantes...). Maintenant, si l'on est fan de "La Horde Sauvage", de Burt Lancaster ou de Michel Piccoli, si l'on a passé une bonne partie de sa vie à ennuyer à mort sa compagne à force de rabâcher des considérations profondes sur le Cinéma, à se fâcher avec ses amis et se ridiculiser en société parce qu'on admet mal l'inculture cinématographique générale, ce livre est bel et bien un délice. Et une souffrance aussi. Car tout ici est VRAI : le génie des réalisateurs, des acteurs, des films célébrés dans des planches reprenant souvent magistralement des scènes célèbres, mais aussi notre bêtise terminale à disserter éternellement sur ces sujets qui n'intéressent que nous, et, pire, à vouloir toujours avoir raison. Et finalement à foutre notre vie en l'air. Oui, Blutch a raison, sans doute vaudrait-il mieux en finir une bonne fois pour toute avec le Cinéma !


Station 16
Station 16
par Hermann
Edition : Album
Prix : EUR 14,45

2.0 étoiles sur 5 Rageant !, 22 juillet 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Station 16 (Album)
Il est quand même peu probable qu'après tant de tentatives ratées, un scénario d'Yves H. arrive à nous surprendre positivement, mais notre fidélité au dessin de papa Hermann est telle que nous sommes régulièrement prêts à affronter une nouvelle frustration. En fait, "Station 16" commence de manière passionnante, entre une ambiance digne du "The Thing" de Carpenter, et un contexte historique littéralement extraordinaire (les essais nucléaires gigantesques effectués par Staline dans un îlot perdu nord de l'Union Soviétique), et on se dit qu'on tient ENFIN un livre d'Hermann au niveau de ses œuvres de son lointain passé. Et ce d'autant que, si les personnages sont un peu indifférenciés, le traitement des couleurs est encore plus magistral qu'à l'habitude (ah ! Cette page avec l'aurore boréale !)… Malheureusement, une fois que le principe du labyrinthe temporel est établi, et qu'on a compris que le récit se boucle (plusieurs fois) sur lui-même, Yves H. lâche les commandes de son scénario, et se met à raconter à peu près n'importe quoi, sans se soucier de cohérence (puisqu'on est dans des allers-retours continuels dans le temps, pourquoi même se fatiguer, hein Yves ?) : toute tension s'évanouit, puisque n'importe quoi - sans logique aucune - peut advenir, et on en est réduits, encore une fois, à admirer les dessins en attendant la fin de l'histoire. Une fin qui frôle le grand n'importe quoi, mais a au moins le mérite d'être amusante, sorte de clin d'œil aux films d'horreur de série B (ou Z ?). Bref, à partir d'un thème remarquable, dont on s'étonne même qu'il n'ait jamais encore été traité, la famille Hermann a produit encore une fois un livre qui n'est ni fait, ni à faire, principalement à cause du manque de sérieux du travail scénaristique : c'est parfaitement rageant, vu le potentiel de "Station 16".


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