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Contenu rédigé par Pokespagne
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Commentaires écrits par
Pokespagne "Pok" (São Paulo, Brésil)

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Existenz [Blu-ray]
Existenz [Blu-ray]

4.0 étoiles sur 5 Pertinent et radical, 19 mars 2017
Ce commentaire fait référence à cette édition : Existenz [Blu-ray] (Blu-ray)
Alors qu'on est bien forcés d'admettre que David Cronenberg, en virant "mainstream", n'est plus un metteur aussi intéressant qu'il le fut dans toute la première partie de sa carrière - la plus scandaleuse et la plus féconde - revoir "eXistenZ", qui fut un peu sous-estimé à sa sortie, est à nouveau un sacré direct au foie. Voici un film qui est peut-être encore plus pertinent aujourd'hui qu'il y a 20 ans, tant les interrogations sur les dangers (politiques, mentaux) du développement des univers virtuels sont devenues cruciales. Bien sûr, "eXistenZ" n'est pas un chef d'œuvre, car on s'égare un peu - et ce, non sans délices - dans les méandres de son scénario multipliant les twists : du coup, le film perd pas mal de son impact initial au fur et à mesure qu'il progresse. Cronenberg a toutefois le grand mérite ici de nous proposer une alternative conceptuelle aux habituels scénarios SF à la "Matrix", tant il se gausse élégamment de la différence entre réel et virtuel. Dans ses meilleurs moments, "eXistenZ" peut donner l'illusion d'un film presque interactif, d'une expérience où le spectateur ne peut que s'identifier aux deux personnages égarés, et cesse d'être passif pour chercher avec eux la solution (mais quelle solution ? On sait bien qu'il n'y en a jamais chez Cronenberg…). Pour finir, pointons une évidence, mais l'une des facettes du film qui l'élève au dessus du simple "genre", aussi intelligent soit-il : la vision cronenbergienne d'une sexualité anale, "sale" et dangereuse, aussi jouissive que vaguement répugnante, couplée aux hauts-le-cœur provoqués par l'ingestion de batraciens graisseux, offre au spectateur des instants pour le moins radicaux.


My Sassy Girl
My Sassy Girl
DVD ~ Cha Tae-hyun
Proposé par cinebox
Prix : EUR 7,99

3.0 étoiles sur 5 Pretty In Green, 19 mars 2017
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : My Sassy Girl (DVD)
Le goût pour le comique d'Extrême-Orient est vraiment ce que les anglophones qualifient de "acquired taste" (pas quelque chose de "naturel" pour l'Occidental moyen comme moi...). Bien que nourri au cinéma de Hong-Kong, Chine, Japon ou Corée depuis 25 ans environ, j'avoue avoir toujours beaucoup de mal quand on veut me faire rire avec une fille ivre qui vomit sur la perruque d'un type dans le métro, ou bien avec un jeune homme qui découvre que sa conquête d'un soir utilise un urinoir à côté de lui au restaurant. Bref, les tentatives comiques de "My Sassy Girl" m'ont laissé de marbre, voire légèrement consterné... sans même parler de l'air ahuri assez systématiquement arboré par un Cha Tae-Hyun peinant à nous faire comprendre le pourquoi de sa résilience masochiste. Si "My Sassy Girl" fait quand même le taff, c'est avant tout grâce au charme fou de Jun Ji-Hyun, qui fait, elle au contraire, passer comme une lettre à la poste les petites cruautés absurdes d'une jeune fille blessée par la vie. Mais, si le film est beaucoup trop long et teste notre patience, si le travail de Kwak Jae-Young à la mise en scène est parfois maladroit (... mais aussi inspiré à d'autres moments), c'est quand "My Sassy Girl" abandonne la romcom ado gentillette pour prendre un virage mélodramatique à la limite du fantastique, dans sa dernière partie, qu'il nous passionne : le savoir-faire coréen en matière de mélange des genres reste inégalé, et nous sortons de "My Sassy Girl" charmés par son originalité et son culot, et prêts à lui pardonner ses grossièretés et son sucre.


Le Couteau Dans L'Eau
Le Couteau Dans L'Eau
Proposé par store2dvd
Prix : EUR 4,48

3.0 étoiles sur 5 Carrefour, 18 mars 2017
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Roman Polanski est certes un personnage discutable, mais c'est indiscutablement l'un des grands metteurs en scène de la fin du XXème siècle, à la tête d'une filmographie certes irrégulière, mais toujours passionnante. Se pencher sur les premiers films de Polanski est donc incontournable pour tout cinéphile qui se respecte, et "le Couteau dans l'Eau", bien que co-signé par le génial Jerzy Skolimowski; sera forcément jugé à l'aune de l’œuvre qui suivra. Premier film remarqué à l'époque de sa sortie, alors que le "cinéma moderne" était en pleine éclosion à travers l'Europe, il s'agit toutefois d'une oeuvre maladroite, et relativement frustrante : si le travail formel est absolument remarquable, la plupart des plans étant absolument magnifiques, et témoigne de l'aspect "exercice de style" d'un jeune homme qui sortait juste - me semble-t-il - d'une École de Cinéma, le propos du "Couteau dans l'Eau" témoigne d'une confusion qui empêche vite l'adhésion du spectateur. Car finalement, sommes-nous devant une critique sociale, qui pointe la déliquescence morale d'une société polonaise où les rapports entre individus sont uniquement des rapports de force ? Ou devant un jeu pervers d'un couple fatigué s'amusant à se faire peur en invitant un tiers au milieu de leurs ébats et de leurs conflits ? D'un thriller avorté (le fameux "couteau" du titre, promesse non tenue de violence) ? D'un conte moral faisant écho au travail d'un Rohmer en France ? Un peu de tout cela à la fois sans doute, et c'est bien là le problème... Du coup, malgré la virtuosité de Polanski, on s'ennuie un peu devant ces péripéties qui ne mènent pas à grand chose, jusqu'à une conclusion certes symbolique (le film s'arrête devant une décision non prise, une voiture arrêtée à un carrefour devant un panneau indicateur), mais témoignant surtout de l'indécision de Polanski et de Skolimowki, plus que d'une véritable ambigüité fertile.


Vintage Series, Vol. 9 (The Paris Concerts: Eldorado 1981) [Like Boats Against the Current]
Vintage Series, Vol. 9 (The Paris Concerts: Eldorado 1981) [Like Boats Against the Current]
Prix : EUR 5,99

4.0 étoiles sur 5 Flashback, 15 mars 2017
Qu'il est sympathique de tomber ainsi par hasard sur une enregistrement intégral d'un (beau) concert auquel on a soi-même assisté, il y a... 35 ans ! Bon, ce "The Paris Concerts : Eldorado 1981", faisant partie des "archives" (un peu confidentielles, mais quand même) du grand et trop méconnu Elliott Murphy, n'est pas publié sous forme physique, malheureusement, mais il a le mérite d'exister sous forme digitale, pour le plus grand plaisir des fans du troubadour new-yorkais exilé à Paris... Si le son en est un peu rudimentaire, le rendu "acide" de la voix et de la guitare acoustique d'Elliott ne trahit finalement pas le sentiment que j'avais eu à l'époque d'un set aussi fragile, un peu amateur que furieusement passionné, qui avait vu Elliott emporter le morceau dans un Eldorado bien rempli, à la force de sa conviction et de sa générosité. Flashback, donc : en 1981, Murphy se relevait d'avoir été proprement largué par sa maison de disques, faute d'avoir atteint les scores commerciaux qui étaient attendus de son talent mélodique (la plupart des morceaux ici sont à tomber par terre !) et de son charisme "fitzgeraldien" : il entamait une traversée du désert qu'il devait imaginer bien courte, mais dont il ne sortirait finalement jamais. L'ex-baladin électrique qui avait fait la une des journaux suscitait encore une indéniable curiosité, et ce qui passait alors pour un "exercice acoustique" allait avec le temps d'avérer la norme, devant un public qui allait devenir de moins en moins nombreux, mais aussi de plus en plus fidèle et passionné. Ce qui est évidemment remarquable ici, c'est l'intensité ludique avec laquelle Murph' investit ses chansons, et les transforme en une offrande frémissante à son public : du coup, le set s'apparente vite à un tour enivrant sur les montagnes russes, chaque virage serré, chaque montée de tension et chaque descente éperdue produisant son lot de sensation fortes. Le tout déjà à l'époque épicé d'une dose d'humour et de sympathie qui annihilent la traditionnelle distance entre l'artiste et son public... 35 ans plus tard, on sait qu'Elliott gagnera de l'assurance et de la profondeur sur scène, que sa voix embellira avec l'âge qui lui conférera une profondeur qui n'existait pas encore en 1981, et que le plaisir que nous ressentions alors devant ces chansons aux mélodies enchantées et aux mots inspirés (rappelons que Murphy fut, et reste encore, un très bel écrivain) n'était pas près de s'effacer.


Les Nouvelles Enquêtes de Ric Hochet - tome 2 - Meurtres dans un jardin français
Les Nouvelles Enquêtes de Ric Hochet - tome 2 - Meurtres dans un jardin français
par Simon Van Liemt
Edition : Relié
Prix : EUR 12,00

2.0 étoiles sur 5 Dressed to Kill, 14 mars 2017
Démarré sur les chapeaux de roue avec un "R.I.P. Ric" original et de belle facture, le reboot de Ric Hochet déçoit malheureusement dès son deuxième tome, cette fois du fait d'une intrigue manquant furieusement de dynamisme malgré des prémisses sympathiques (la baiser qui tue, le Jardin du Luxembourg en hiver, l'ambiance mai-soixante-huitarde qui va bien...). Oui, le récit se traîne mortellement au fil de péripéties qui n'en sont pas, avec un Ric Hochet qui ne fait pas grand chose, pour déboucher sur une révélation du coupable qui ne surprendra personne et arrivera sans aucun suspense digne de ce nom. On s'ennuie, on compte les invraisemblances, on s'ennuie encore, et ce d'autant que le dessin de Van Liemt est sévèrement bâclé, frôlant même le catastrophique lors de la scène de poursuite automobile (l'ami Tibet au trait si élégant doit se retourner dans sa tombe...). Ce n'est qu'in extremis que Zidrou rattrape (partiellement) le coup en inscrivant son intrigue farfelue dans un cadre historique et politique plus que notable (les essais nucléaires effectués par la France dans le Sahara algérien...). Comme dans la premier tome, cette connotation réaliste est certainement la meilleure idée du reboot, et on espère que Zidrou poursuivra dans cette direction (et ce d'autant que "Meurtres dans un Jardin Français" laisse suspendue l'une de ses fictions, avec le curieux personnage du Nyctalope, dont on espère entendre parler à nouveau au prochain tome...). Mais par contre, et encore une fois : s'il vous plaît, changez de dessinateur !


La double vie de pete townshend
La double vie de pete townshend
par Christophe Sainzelle
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 "His Life was Saved by Rock'n'Roll / Rock'n'Roll", 11 mars 2017
Ce commentaire fait référence à cette édition : La double vie de pete townshend (Broché)
Si pour moi, ça a été la Sainte Trinité Iggy / Lou Reed / Bowie, la vie de Christophe (pardon David) aura été sauvée par les Who. La différence est insignifiante, pas plus grande que celle entre Château-Thierry et une petite ville du Morvan par exemple. Mais bien sûr, comme la vie est chienne, ce qui nous sauve est aussi ce qui nous perd : nous n'aurons échangé la dissolution dans l'ennui et (ce que nous jugions être) la médiocrité que pour les tourments de l'incompréhension et du rejet... un deal pourri, mais dont nous restons curieusement, imperturbablement, fiers. Et même quand la vie nous aura montré que nos idoles ne mesuraient pas grand chose à l'aune de nos rêves, nous ne pourrons que continuer à penser que nous avions raison. Que c'était bel et bien une question de survie. Voilà de quoi parle - et très bien, avec beaucoup de justesse dans sa légèreté - "la Double Vie de Pete Townshend". Le (premier) livre de Sainzelle commence un peu comme celui de François Bon sur les Stones, par le passage de météores dans la Province française, qui changera définitivement une vie. Mais il bifurque vers la chronique de tourments familiaux qui pourront rappeler ceux de "Eddie Bellegueule", traités par contre avec un humour élégant qui en fait tout le sel. Ce court roman d'une jeune vie se dévore en quelques heures, et distille en nos veines plaisir et poison mêlés : la marque des lectures qui comptent. Maintenant, Sainzelle parlera-t-il aussi bien à l'oreille de ceux qui n'ont pas vécu pareille expérience (mon blouson à moi était en poils de chien...) ? Je ne sais pas, et je m'en moque un peu. Je suivrai dorénavant le travail de Sainzelle, qui une fois débarrassé de ses "défauts de jeunesse" (le recours inutile au fantastique au début du livre, peut-être aussi un excès paradoxal de légèreté alors que son sujet est potentiellement puissant, quelques petites maladresses d'écriture çà et là) pourrait bien devenir un compagnon de route.


Gentlewoman, Ruby Man
Gentlewoman, Ruby Man
Prix : EUR 13,99

4.0 étoiles sur 5 Patchwork frustrant, 4 mars 2017
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gentlewoman, Ruby Man (CD)
L'idée d'un duo entre la voix de crécelle (parfois à la limite du supportable) de la brindille folk Flo Morrissey et le velours ténu - un tantinet revivaliste - du nounours Matthew E. White, ne paraissait pas à priori si bonne que ça, et semblait en tout cas bien loin de pouvoir délivrer les frissons existentiels de couples mythiques tels que Hazelwood / Sinatra ou Cave / Minogue. Là où nos deux pieds tendres ont été malins, c'est qu'ils ont refusé la répartition attendue des voix mâle / femelle, pour tenter des combinaisons souvent originales lead / backing vocals, qui évitent donc l'écueil de la comparaison avec des prédécesseurs autrement plus doués. L'intelligence de la production soul-rock de White permet également d'harmoniser des compositions pas forcément toutes égales devant la postérité (Nino Ferrer vs. le Velvet Underground, ou bien encore Cohen vs. le thème de Grease - paradoxalement le meilleur titre, et de loin, de "Gentlewoman, Ruby Man"). Il faut bien reconnaître que l'album démarre sur les meilleurs auspices, et promet d'emblée une certaine félicité très "feel good" à son auditeur, promesse qui ne sera malheureusement pas tenue jusqu'au bout : une fois passée la brillante version de "Grease", le disque s'effondre, entre une reprise morne et inutile de "Suzanne", un contre-sens absolu sur "Sunday Morning", et un délayage pénible sur le "Govindam" de George Harrison. Au final, voici un autre exemple de patchwork frustrant, tutoyant l'excellence ("Looking for You", de Nino Ferrer donc, impressionnant) avant de plonger vers la médiocrité ("Everybody Loves the Sunshine" de Roy Ayers).


Bravoure
Bravoure
par Emmanuel Carrère
Edition : Poche
Prix : EUR 8,20

4.0 étoiles sur 5 La cabine du Capitaine, 4 mars 2017
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bravoure (Poche)
Bien différent du travail ultérieur d'Emmanuel Carrère, "Bravoure" est une expérience littéraire hors du commun, pas tout-à-fait maîtrisée tant ses ambitions sont immenses, mais parfaitement passionnante. Le roman est constituée en 3 parties, qui s'assemblent l'une à l'autre par une transition aussi bien "spirituelle" que physique (le passage d'une porte, la descente d'un escalier), tout en se superposant puisque certains personnages sont "dédoublés" (Polidori - le Capitaine par exemple) tandis que d'autres semblent vivre dans les deux temporalités (1815 et l'époque de l'écriture du livre, dans les années 80). Construit autour de la scène fondatrice qui est le moment où Mary Shelley "trouve" le sujet de son futur fameux "Frankenstein", "Bravoure" explore de manière très conceptuelle le vieux thème de l'inspiration de l'écrivain : d'où vient-elle, de récits entendus çà et là, d'une partie secrète de notre imagination, ou bien... un thème qui fait écho par exemple à certains scénarios de Shyamalan, s'agit-il de la traduction inconsciente d'une réalité cachée qui ne nous est accessible qu'à travers la fiction ? La seconde partie du livre sera pour les fans - comme moi - de Philip K. Dick la plus passionnante, car le fan de l'auteur américain qu'est Carrère reproduit merveilleusement - et avec plus de talent littéraire ! - les scénarios paranoïaques du génie de la SF, et les remises en question en boucle de la "réalité" et de sa signification. Là où "Bravoure" devient un "mindfuck" particulièrement prenant, c'est qu'au delà de son sujet "principal", Carrère joue à multiplier à l'infini les enchâssements de récits - le merveilleux conte "alternatif" de "Frankestein" écrit par le Capitaine est sans doute le sommet du livre... -, et les jeux à tiroirs (le défi du Capitaine à Ann qui se transforme en Murder Party à Brighton !). Bref, on ne pourra adhérer à "Bravoure" qu'à condition d'aimer être mené en bateau et jouer avec l'auteur à une multiplication d'hypothèses jamais complètement cohérentes, qui ne seront, bien évidemment, pas résolues à la fin (Le David Lynch des années 2000 pourrait très bien adapter brillamment ce roman !), mais ne laisseront pourtant aucune frustration, plutôt un indéniable enchantement. Finalement, j'ai trouvé que le plus difficile ici, ce sont les cinquante premières pages, écrites dans un style volontairement lourd et pompeux (en accord avec la personnalité insupportable du pauvre Polidori) et qui semblent se perdre dans un délire opiacé gratuit: il faut néanmoins accepter cette épreuve ingrate pour arriver finalement à rejoindre la cabine pointue du Capitaine, où la fiction va s'épanouir devant nos yeux éblouis.


A Ta Merci
A Ta Merci
Prix : EUR 13,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 C'est comme ça !, 26 février 2017
Ce commentaire fait référence à cette édition : A Ta Merci (CD)
On dirait bien que depuis le succès quasi stellaire (et justifié, à mon sens) de Christine & The Queens, la recherche de jeunes femmes sexuellement troublantes ou décalées, jouant de la musique que l'on pourrait estampiller 80's, et chantant des textes ambitieux ou au moins sombres sur le trouble d'identité, bat son plein en France. On avait aimé Jeanne Added l'année dernière, on suit donc le mouvement - mené bien entendu par les hipsters des Inrocks - en écoutant Flora Fischback (dite Fishbach) en ce début 2017. Ce joli album qu'est "A Ta Merci" a été lancé sur les rails du succès par la locomotive assez irrésistible qu'est "Un Autre que Moi", mais soyons honnête : tout n'est pas ici au même niveau... La première impression que laisse l'album est même plutôt d'une certaine fadeur, voire un peu de platitude : là où le passé (soi-disant) "punk" de la demoiselle, ainsi que les échos de Catherine Ringer dans sa voix indiscutablement sensuelle pouvaient laisser espérer une approche un tant soit peu peu rêche, on a quand même droit à une ambiance gentiment consensuelle, pour ne pas dire très radio friendly. Heureusement, lorsque Flora lâche un peu les rênes, et qu'elle se laisse aller à une sorte de lyrisme menaçant, comme dans "On Me Dit Tu", l'un des meilleurs titres de l'album, on touche quelque chose de vraiment intéressant. De la même manière, les touches un peu vulgaires, "à la Rita Mitsouko", ça et là ("Eternité"), laissent espérer un peu plus de désordre dans ce disque très intéressant, mais trop sage. La prochaine fois sans doute !


Le Secret de la Licorne
Le Secret de la Licorne
par Hergé
Edition : Relié
Prix : EUR 10,95

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Et ce n'est que le début..., 26 février 2017
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Secret de la Licorne (Relié)
Avec "le Secret de la Licorne" commence le temps des chefs d’œuvre. On connaît le contexte : la Belgique occupée, Hergé qui se concentre sur son travail, tout en évitant tout ce qui pourrait fâcher les autorités, et qui progresse à une vitesse confondante vers la maîtrise, tant de son dessin qui atteint une éblouissante maturité, que de la narration, ici pour la première fois irréprochable. Premier album dans lequel Tintin ne voyage pas hors de Belgique, premier récit policier à l'intrigue finalement assez complexe - plusieurs sujets de superposant, entre la recherche des origines du Capitaine Haddock, la poursuite du pickpocket diabolique, le mystère des maquettes de la "Licorne" -, et surtout premier pas vers l'élargissement de l'univers du jeune Tintin, ex-globe trotter solitaire passablement hystérique, qui va désormais adopter / être adopté par une bande de personnages, bande au sein de laquelle sa personnalité définitive se formera. Mais quand on a dit tout cela, qui est bien connu, on n'a rien dit sur ce livre stupéfiant, cette pilule de plaisir concentré, cette merveille de rythme et d'humour qu'est "le Secret de la Licorne" : les mystères, les rebondissements, les bagarres, les chocs et les coups - on est toujours à la frontière du burlesque chez Tintin - s'enchaînent à toute allure. Haddock n'arrive plus à porter un verre à ses lèvres, tant la volonté de l'auteur s'oppose maintenant à ce que son alcoolisme brutal le consume, il lui faut s'élever lui aussi vers son destin de héros, même paradoxal : l’extraordinaire, le visionnaire flashback central, qui dédouble le combat entre Haddoque et Rackham le Rouge par une scène de destruction domestique, est la marque indiscutable du génie de Hergé, et c'est au Capitaine Haddock qu'il doit d'être aussi inoubliable, aussi parfaitement cinématographique, aussi profondément troublant. "Tintin" quitte ici le domaine innocent des "petits mickeys" pour enfants, et devient une œuvre adulte, dont on va pouvoir, des décennies durant, analyser les motifs sous tous les angles possibles, et bien entendu - c'est malheureusement inévitable - avant tout psychanalytiques. Lisez, relisez mille fois chaque page du "Secret de la Licorne", vous ne pourrez qu'être ébloui par la perfection de la composition, des mouvements, du récit. Déjà, en 1942, au delà du petit monde de l'édition bruxelloise, malgré la Guerre, malgré les pénuries, la rumeur enfle, les ventes des albums s’accélèrent : quelque chose de monstrueux est en train de se passer autour de Tintin. Et ce n'est que le début.


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