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Contenu rédigé par Pokespagne
Classement des meilleurs critiques: 1.480
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Commentaires écrits par
Pokespagne "Pok" (São Paulo, Brésil)

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The Bridge (Bron / Broen) - Saison 2
The Bridge (Bron / Broen) - Saison 2
DVD ~ Sofia Helin
Prix : EUR 24,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Toujours très très haut !, 20 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Bridge (Bron / Broen) - Saison 2 (DVD)
Soyons honnête : après une première saison stratosphérique, un certain niveau de déception était inévitable avec la seconde saison de "Bron / Broen"... Mais la légère baisse d'intensité reste quand même parfaitement admissible, puisqu'elle est - logiquement - liée au fait que nous ne découvrons plus cette fois les deux personnages extraordinaires de Saga et Martin (le gros, gros atout de cette série par rapport à la concurrence, indiscutablement), mais nous les accompagnons dans leur évolution, d'ailleurs plutôt difficile, puisque, une fois encore, le pessimisme radical sera au rendez-vous à la fin des dix épisodes. L'intrigue de cette seconde saison - d'ailleurs inachevée - a l'intelligence de s'aventurer dans d'autres domaines que celui des inévitables serial killers : on parle cette fois d'éco-terrorisme et d'amour incestueux, mais la tenson - surtout dans la seconde partie de la saison - est à nouveau à son comble, au point qu'il est bien difficile de ne pas sombrer dans le binge-watching et de ne pas boucler le visionnage des 10 heures en deux jours de marathon (toujours un bon signe, non ?). Deux petits bémols néanmoins, qui n'entachent pas vraiment le plaisir du téléspectateur : pas mal de petites incohérences simplificatrices dans l'avancement "à marche forcée" de l'intrigue, et surtout une tendance un peu lourde à faire de l'humour un peu facile, de manière systématique, sur le comportement asocial de notre héroïne affligée du syndrome d'Asperger. Il reste que, grâce à la complexité des personnages - même les personnages secondaires sont traités avec respect par le scénario, et échappent aux stéréotypes - et à une mise en scène souvent inspirée de Henrik Georgsson, principal réalisateur, "Bron / Broen" vole toujours très très haut.


Temps glaciaires
Temps glaciaires
par Fred Vargas
Edition : Poche
Prix : EUR 8,20

2.0 étoiles sur 5 Marc le sanglier, 18 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Temps glaciaires (Poche)
M'étant fait lyncher par les fans de Fred Vargas chaque fois que j'ai osé émettre une réserve quand à l'un de ses livres, je suis très inquiet en attaquant ici la chronique de son plus mauvais roman à date, ce "Temps Glaciaires" assez consternant : consternant parce que, une fois de plus, Vargas est en roue libre les trois quarts du temps, justifiant son assemblage précieux de pur n'importe quoi par une étiquette "poétique" qui semble de plus en plus usurpée. Entre démon islandais qui dévore les jambes des imprudents, sanglier apprivoisé répondant au doux prénom de Marc et démangeaison de membres amputés, la barque est vite pleine, et Vargas vient à bout de notre patience au bout de 250 pages : il en reste malheureusement autant à lire, et c'est un calvaire ! Car l'ennui se fait ici particulièrement pesant quand on explore les arcanes d'un curieux club de passionnés de la Révolution Française (en fermant "Temps Glaciaires", on ne veut tout simplement ne plus JAMAIS rien lire sur Robespierre ! ), ou quand Vargas ressasse pour la nième fois les tensions improbables au sein du commissariat. C'est parfois à hurler d'irritation, et ce d'autant plus que le ressort policier du livre était (pour une fois) particulièrement bien tendu , et que le tout début et la fin de " Temps Glaciaires" tiennent plutôt bien la route. Finalement, ce qui rend la lecture des livres de Vargas depuis quelques années aussi désagréable, c'est cette auto complaisance d'un auteur visiblement persuadée qu'elle peut écrire n'importe quoi et que ses fans la suivront.


Fabrication Defect : Com Defeito De Fabricacao
Fabrication Defect : Com Defeito De Fabricacao
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 18,91

4.0 étoiles sur 5 Arrastão e Revolução !, 17 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fabrication Defect : Com Defeito De Fabricacao (CD)
Avec "Com Defeito de Fabricação", album publié sur le label de David Byrne qui avait découvert Tom Zé lors d'un voyage au Brésil, un artiste fondamental de la culture brésilienne, étouffé par la dictature militaire, reparaissait en 1998, et gagnait d'un coup une visibilité mondiale. Difficile d'imaginer quelqu'un au Brésil qui méritait autant cette reconnaissance, même tardive, même temporaire : car si les racines sont ici indiscutablement "bahianas", voici une musique hors du commun, fondamentalement exceptionnelle, puisqu'il s'agit ici d'un exemple rare de travail avant-gardiste qui génère plaisir et bonheur chez l'auditeur (la relation avec les plus belles réussites des Talking Heads se trouve évidemment là, dans cette rencontre miraculeuse du populaire et de l'intellectualisme…). "Com Defeito de Fabricação" est, avant même d'être un album impressionnant d'audace et d'originalité - rythmique, sonore, mélodique -, un pur "feelgood album", dispensant une allégresse irrésistible. Il faut néanmoins souligner à l'attention des non-lusitophones qu'il ne s'agit pas seulement de danser (de manière désarticulée…) et de chanter (des chansons fondamentalement absurdes), mais que "Com Defeito de Fabricação" est aussi - avant tout ? - un disque furieusement militant, célébrant gaillardement la vivacité d'un tiers monde abreuvé par les codes impérialistes de l'Occident, mais les dérobant, les recyclant et les distordant pour créer une culture qui lui soit vraiment propre. Du vol et du détournement comme déclaration révolutionnaire : difficile en remuant les fesses et en rigolant sur "Com Defeito de Fabricação", de ne pas être d'accord avec les théories baroques de Tom Zé !


Com Defeito de Fabricação
Com Defeito de Fabricação
Prix : EUR 8,99

4.0 étoiles sur 5 Arrastão e Revolução !, 17 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Com Defeito de Fabricação (Téléchargement MP3)
Avec "Com Defeito de Fabricação", album publié sur le label de David Byrne qui avait découvert Tom Zé lors d'un voyage au Brésil, un artiste fondamental de la culture brésilienne, étouffé par la dictature militaire, reparaissait en 1998, et gagnait d'un coup une visibilité mondiale. Difficile d'imaginer quelqu'un au Brésil qui méritait autant cette reconnaissance, même tardive, même temporaire : car si les racines sont ici indiscutablement "bahianas", voici une musique hors du commun, fondamentalement exceptionnelle, puisqu'il s'agit ici d'un exemple rare de travail avant-gardiste qui génère plaisir et bonheur chez l'auditeur (la relation avec les plus belles réussites des Talking Heads se trouve évidemment là, dans cette rencontre miraculeuse du populaire et de l'intellectualisme…). "Com Defeito de Fabricação" est, avant même d'être un album impressionnant d'audace et d'originalité - rythmique, sonore, mélodique -, un pur "feelgood album", dispensant une allégresse irrésistible. Il faut néanmoins souligner à l'attention des non-lusitophones qu'il ne s'agit pas seulement de danser (de manière désarticulée…) et de chanter (des chansons fondamentalement absurdes), mais que "Com Defeito de Fabricação" est aussi - avant tout ? - un disque furieusement militant, célébrant gaillardement la vivacité d'un tiers monde abreuvé par les codes impérialistes de l'Occident, mais les dérobant, les recyclant et les distordant pour créer une culture qui lui soit vraiment propre. Du vol et du détournement comme déclaration révolutionnaire : difficile en remuant les fesses et en rigolant sur "Com Defeito de Fabricação", de ne pas être d'accord avec les théories baroques de Tom Zé !


Alone With Everybody
Alone With Everybody
Proposé par westworld-
Prix : EUR 12,98

4.0 étoiles sur 5 C'est abusé et c'est malheureux..., 16 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Alone With Everybody (CD)
Après le triomphe quasi planétaire qu'avait été le fameux "Urban Hymns" de The Verve, le premier album solo "officiel" de Richard Ashcroft, "Alone with Everybody" (joli titre mélancolique bien représentatif des textes introspectifs du disque), fut reçu assez tièdement. D'un côté, les vrais fans continuèrent à crier au génie, les autres pestaient contre la répétition - en plus faible - des formules éprouvées dans "Urban Hymns",... et l'album, peu écouté finalement, disparut rapidement des radars et des mémoires. A posteriori, il est désormais clair que "Alone with Everybody" ne mérite ni excès d'éloges, ni indignation : les spécialistes d'Ashcroft expliquent que ces chansons sont pour beaucoup des restes de l'enregistrement de "Urban Hymns" (qui aurait dû en réalité être publié sous le seul nom du leader de The Verve, ce qu'il n'osa pas faire à l'époque...). Je ne sais pas si c'est vrai mais cela expliquerait beaucoup de choses, la similarité d'ambiance, et la baisse de qualité entre les deux disques. Il reste néanmoins ici une bonne moitié des chansons qui sont impeccables, voire parfois franchement bouleversantes : loin de la morgue typique du rock anglais de l'époque, Ashcroft déploie une sensibilité et une honnêteté confondantes, alliées à un sens de la mélodie indiscutable, qui élève "Alone with Everybody" bien au dessus de la production normale de ses pairs. Finalement, le vrai défaut du disque, c'est sa longueur - une heure, c'est vraiment abusé ! - alors qu'il n'est constitué que de morceaux mid tempo à l'ambiance relativement similaire. C'est malheureux, car un peu de discipline et de lucidité de la part de Richard l'aurait réduit aux 40 minutes rituelles, et aurait alors produit probablement un autre succès commercial.


Searching for the Young Soul Rebels
Searching for the Young Soul Rebels
Prix : EUR 20,23

4.0 étoiles sur 5 A la recherche des futurs jeunes rebelles de l'âme..., 13 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Searching for the Young Soul Rebels (Album vinyle)
Il est difficile aujourd'hui, surtout si l'on n'est pas britannique, de comprendre l'impact que "Searching for the Young Soul Rebels" eut sur un pays - et sa jeunesse - sombrant dans la terrible dépression des années Thatcheriennes : On peut l'affirmer sans exagérer : voici un disque historique, un disque "révolutionnaire", non pas seulement au niveau musical, mais dans le sens "social" du terme... c'est dire combien la Musique importait encore à cette époque là ! Trois ans de punk rock, de 1976 à 1979, avaient porté leurs fruits, et la jeunesse anglaise avait retrouvé une combativité politique sans équivalent dans son histoire... mais tout le monde sentait qu'il fallait de nouveaux sons pour prendre la relève : ce fut la renaissance du ska, autour des musiciens géniaux des Specials, de Madness et de The Beat, entre autres, qui allaient se coltiner sans craintes à la grande question raciale. Mais pour le jeune (et très énervé, et très arrogant aussi) Kevin Rowland, pas question de sauter dans le train du Ska, déjà bien emballé, il avait l'ambition de créer son propre mouvement. Inspiré par la fameuse "Northern Soul", musique des classes sociales les plus populaires qui n'avait encore jamais eu la faveur des groupes de rock - en général issus de la classe moyenne, voire supérieure. Rowland repompe donc tout ce qui l'a toujours fait vibrer dans la grande soul américaine, chez Motown en particulier, colle des textes sanglants par dessus (on ne fait pas dans la dentelle, ici !), et monte un groupe "cuivré" qui va jouer le tout avec cette fameuse rage punk incontournable en 1980. Et c'est un triomphe. Artistique comme commercial. Car "Searching for te Young Soul Rebels" permet de danser en rigolant autant que de monter des barricades pendant les mouvements de grève : et l'Angleterre prendra ainsi le goût de faire la fête, une fête qui durera encore au moins une bonne décennie. Mais Rowland, insupportable coq de basse-cour dressé sur ses ergots, passera vite à autre chose, avec des hauts (l'album suivant, celte...!) et des bas (pas mal de dégâts sur sa trajectoire de comète auto-destructrice...).

Réécouter cet album en 2016, surtout si l'on ne s'attache pas aux textes, fondamentaux, expose pourtant l'auditeur à une certaine déception, du genre : "Alors, tout ça pour ça ?". L'abrasiveté festive de nombreuses chansons, le chant histrionique de Kevin, qui n'est pas encore le grand chanteur qu'il devint ensuite, la simplicité trompeuse de certaines mélodies, la lourdeur indéniable de l'hommage aux racines noires, tout cela fait que l'album fait désormais hausser les sourcils des puristes, et qu'il est de plus en plus souvent oublié dans les livres d'histoire de notre musique. Que faudrait-il pourtant pour que nous retrouvions le goût de cette musique joyeusement excessive, qui préfère gueuler plutôt que de suggérer ? Plus de chômage ? Une montée encore plus forte du FN ? Plus de misère et de rage autour de nous ? Plus de carnages dans nos salles de concerts favorites ? Allons, camarades, nous ne sommes pas si loin que ça d'une nouvelle ère où les jeunes rebelles de l'âme viendront à nouveau lancer des pavés, dans la marre ou sur la tronche des CRS !


Triple 9 [Blu-ray + Copie digitale]
Triple 9 [Blu-ray + Copie digitale]
DVD ~ Casey Affleck
Prix : EUR 17,99

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Hamburger film sandwich, 13 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Triple 9 [Blu-ray + Copie digitale] (Blu-ray)
"Triple 9" est un film qui nous en donne pour notre argent : un beau braquage en intro (qui nous fera citer notre "Michael Mann" habituel, une bonne référence ), une intrigue retorse avec quelques twists comme on les aime désormais, une galerie de gueules qui permet à chaque acteur de venir faire son petit numéro quand c'est à son tour, et surtout une vision très noire de l'Amérique qui conforte les stéréotypes les plus communs, sur les flics ripous, les latinos imbéciles et cruels, et les russes mafieux et implacables... De quoi se divertir "sainement" pendant deux heures. Sauf qu'on sort du dernier Hillcoat - mauvais cinéaste qui loupe systématiquement tout ce qu'il fait mais arrive toujours à tromper une partie de la critique, et des spectateurs - avec une sorte de vague nausée, comme après une injection forcée de trop de junk food. Comme un gros burger bien gras, "Triple 9" faisait saliver à l'avance (cette distribution !), a bien tué notre grosse faim (sang, violence, mecs qui ont des grosses c..., femmes qui en ont encore des plus grosses), mais après, on a l'estomac lourd. Et on a bien senti tous les produits chimiques, les OGM et toute la m... qu'il y a dedans (trop de personnages qui ne servent à rien, une accumulation de clichés vus et revus dans chaque scène, aucune respiration, aucun recul...). Du coup, l'indigestion n'est pas loin.


Les premiers, les derniers [Blu-ray]
Les premiers, les derniers [Blu-ray]
DVD ~ Albert Dupontel
Prix : EUR 19,96

4 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Plus que respirer..., 13 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les premiers, les derniers [Blu-ray] (Blu-ray)
"Les Premiers les Derniers" commence très mal : par une esthétique post apocalyptique qui caresse le public actuel dans le sens du poil. Dans des paysages ravagés, au milieu de bâtiments laids et décrépis, des êtres fatigués ou débiles courent sans conviction après de vagues "McGuffins" qui servent à Lanners à justifier à peu près n'importe quoi, pourvu que ça soit lent, décati, sinistre... et filmé avec une indéniable élégance. Le pire arrive quand Jésus débarque (je me souviens d'une citation des 70's : "Tout bouquin (ou film) où il y a Jésus, c'est forcément mauvais...") : là on se dit que Lanners se fout vraiment de notre tronche. On est prêt à abandonner devant une telle accumulation de poncifs, devant ce faux geste artistique qui sent la frime et le manque d'inspiration. Et puis quelque chose arrive, à peu près à la moitié du film : d'abord une femme, puis Lonsdale - l'acteur qui peut transcender n'importe quel film pourvu qu'on le laisse 5 minutes à l'écran -, puis Max Von Sydow, éternellement vieux. Ainsi renaît l'humanité - sujet du film, ok, ok... -, et les personnages ont quelque chose à dire, à faire, et "les Premiers les Derniers" dépasse - enfin - le stade de la pose artistique pour devenir du vrai cinéma. Lanners a alors l'intelligence de laisser hors champs ses "méchants" stéréotypés s'entretuer loin de nos regards, pour filmer des gens qui ont quelque chose à vivre ensemble. Parce que "Vivre, c'est plus que respirer" (Lonsdale) : le film devrait commencer là. Malheureusement il se termine.


Max Fridman, Tome 5 : Sin ilusion
Max Fridman, Tome 5 : Sin ilusion
par Vittorio Giardino
Edition : Album
Prix : EUR 13,90

3.0 étoiles sur 5 Immobilisme fatal, 13 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Max Fridman, Tome 5 : Sin ilusion (Album)
"Sin ilusión", conclusion désabusée, amère même, de "la trilogie de la guerre d'Espagne" de Giardino, est certainement le meilleur des trois livres - le plus rempli d'action, de coups de théâtre, etc. -, mais ne réussit pas non plus à soulever le même enthousiasme de notre part que les débuts de Max Fridman. Malgré les multiples péripéties qui mènent Fridman à la découverte de Treves et du secret de "Cocorito", règne ici une impression d'immobilisme pesant : on a du mal à vibrer même quand les balles sifflent - de manière un peu répétitive d'ailleurs - aux oreilles de notre héros. On peut tenir pour responsable de ce manque de dynamisme le dessin parfait, mais par trop "posé", de Giardino, mais c'est peut-être plutôt l'immobilisme de Fridman, paralysé par ses désillusions (le titre du livre est clair) et par une forme naissante de défaitisme qui passe mal ! ... Et est dans doute antinomique par rapport à un récit policier / d'aventures où l'on doit craindre pour la vie du héros. Ici tout est clairement perdu depuis toujours, la grande Histoire (on sait bien entendu le funeste destin de la jeune République espagnole) comme la petite : la fuite de Fridman devant l'aventure de l'amour qui lui est offerte, même si elle nous offre une jolie conclusion avec ses retrouvailles avec sa fille, n'est pas un grand moment romantique, plus une lâcheté sans aucun panache. On peut comprendre, voire avoir de la sympathie pour le pessimisme (la lucidité) Giardino, mais il est indiscutable qu'il est fatal au charisme de "Max Fridman", le personnage de BD. (C'est d'ailleurs en cela que Giardino est infiniment inférieur à son compatriote Pratt qui réussit au contraire à nourrir le romantisme éperdu des aventures de Corto Maltese du cynisme élégant de son héros...).


Vernon Subutex, Tome 2
Vernon Subutex, Tome 2
par Virginie Despentes
Edition : Poche
Prix : EUR 7,90

5.0 étoiles sur 5 Pieds nus dans le parc, 13 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Vernon Subutex, Tome 2 (Poche)
Légèrement inférieur au premier tome (mais comment pouvait-il en être autrement ? ), "Vernon Subutex T2" voit Despentes abandonner un temps sa narration polyphonique pour focaliser son intrigue sur ce groupe étrange qui se crée aux Buttes Chaumont autour d'un Subutex transformé en DJ messianique et halluciné. A la noirceur envoûtante du premier tome succède donc une sorte de bienveillance tiède à laquelle il n'est pas facile d'adhérer : alors Despentes baba ? New age ? Naïve ? Les pistes "de sortie" qu'explore "Vernon Subutex T2" sont plus que discutables, à la fois utopiques et régressives, mais elles ont finalement le mérite d'extraire les personnages du livre de l'abattement, la haine ou l'autodestruction. Et le lecteur d'une certaine jouissance de la "lose". Ceci dit, quand Despentes reprend ses monologues / portraits intimes, elle nous parle cette fois d'une jeune musulmane convertie en réaction contre ses parents, du père de celle-ci, immigré modèle revenu de ses illusions sur la France, d'un jeune trop lucide aspiré par l'extrémisme de droite, d'une épouse lasse de sa vie... Oui, Despentes continue à nous parler mieux que personne de ce qu'est la France d'aujourd'hui, et si elle décide finalement de clore son chef d'oeuvre en faisant danser ses personnages dans une obscurité totale, au bord du renoncement complet, c'est son droit absolu. Et je suppose que cela fait de "Vernon Subutex", au delà de ses impressionnantes qualités littéraires, un bouquin salement contestataire.


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