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Contenu rédigé par Papasam
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Commentaires écrits par
Papasam "papasam" (France)

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Sur les cimes du désespoir
Sur les cimes du désespoir
par Emile Michel Cioran
Edition : Broché
Prix : EUR 10,10

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un livre qui laisse son empreinte., 18 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sur les cimes du désespoir (Broché)
"Sur les cimes du désespoir" est le premier livre de Cioran. Il l'a écrit en roumain et publié en 1934 à l'âge de 22 ans. Ce livre doit donc être abordé comme une oeuvre de jeunesse...

Dans sa préface à l'édition française de 1990 l'auteur explique simplement et brièvement pourquoi le ton général de l'oeuvre est souvent si excessif, trop lyrique, peu maîtrisé : Il souffrait d'insomnie, cette "absence criminelle de l'oubli", cette "lucidité vertigineuse qui convertirait le paradis en un lieu de torture". Ce livre a donc constitué sa planche de salut : Il doit être vu comme un exutoire, une oeuvre de libération... On pourrait ajouter, et Cioran le dira lui-même dans certains entretiens par la suite, que le roumain est beaucoup plus "permissif" que le français, ce qui fait que l'expression y est moins canalisée.
Ceci étant, "Le" Cioran de l'âge mûr s'y démasque déjà, "exalté entre l'espérance du rien et le désespoir du tout", qui écrit "Je n'ai besoin d'aucun appui, d'aucun encouragement ni d'aucune compassion, car, si déchu que je sois, je me sens puissant, dur, féroce ! Je suis, en effet, le seul homme à vivre sans espoir. C'est là le sommet de l'héroïsme, son paroxisme et son paradoxe. La folie suprême !". La matière première affleure, reste à l'extraire et à l'affiner...

Un livre excessif mais superbe. Un livre qui peut emporter le lecteur. Un de ces livres qui laissent leur marque, leur empreinte... et qu'il vaut peut-être mieux conseiller à ceux qui connaissent déjà un peu Cioran. Pour une première approche de ce penseur hors-norme il paraît en effet plus facile, j'allais dire moins dangereux, de commencer avec un de ses livres d'aphorismes comme "De l'inconvénient d'être né" ou "Aveux et anathèmes".


De la certitude
De la certitude
par Ludwig Wittgenstein
Edition : Poche

8 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 certitude ou expression de la certitude ?, 18 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : De la certitude (Poche)
A lire certains commentaires j'en arrive à me demander si je ne me suis pas trompé de livre !

Remettre en cause nos "certitudes" me paraît être un besoin essentiel et toujours d'actualité et il n'est pas question ici de revenir sur cela... Ma perplexité vient uniquement du décalage qui se fait jour entre le sujet apparent du livre et ce que l'on peut en retirer pratiquement.

On peut jouer au "jeu du langage" et discuter des valeurs respectives des diverses expressions "je sais", "je suis sur que", "je crois", "je comprends" ou "j'ai appris" mais cela ne révèle que la nécessité de définir le plus exactement possible une sémantique et une syntaxe et ceci dans un environnement donné... on semble devoir rester à la surface des choses. On se limite à l'expression et à la justesse de celle-ci. Ainsi, si certains paragraphes utilisent les mots "Dieu", "la Génèse" ou "le voyage sur la lune" (ce dernier point avec un humour involontaire) ils ne s'y attardent pas, ces derniers n'étant que des éléments parmi d'autres de "propositions exemples" tout comme "la main", "la Terre" ou les cinq orteils d'un pied humain.

"De la certitude" m'apparaît donc plus comme un document de laboratoire que comme un écrit philosophique et où l'auteur ne semble se soucier que de son positionnement par rapport à Moore. Est-ce cela "faire de la "philosophie analytique" ? On est à des années lumière des sceptiques grecs, dans un monde qui n'aurait jamais connu ni Schopenhauer ni Nietzsche... et où on semble redécouvrir le doute à la façon d'un certain Descartes (qui n'est pas cité) quand ce dernier se posait la question de savoir comment il pouvait s'assurer qu''il ne rêvait pas!

Je vais certainement relire ce livre plus tard, et peut-être plusieurs fois, pour me faire une idée mieux construite et plus exploitable, mais pour l'instant je n'ai qu'une envie : revenir à mes classiques !


Précis de décomposition
Précis de décomposition
par Emile Michel Cioran
Edition : Poche
Prix : EUR 11,00

14 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Incontournable !, 16 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Précis de décomposition (Poche)
"Précis de décomposition" est le premier livre que Cioran a écrit directement en français et ceci non sans mal puisqu'il l'a réécrit plusieurs fois avant d'en être satisfait. Si Cioran dira plus tard que cette "discipline linguistique" a tempéré son "délire", cette contrainte qu'il s'était donnée d'écrire en français l'aura surtout amené à pousser plus loin sa réflexion, à la préciser, ce qu'il n'aurait certainement pas fait s'il avait continué d'écrire en roumain, langue qui est, de son aveu même, plus "floue", plus poétique et donc plus permissive. Lors de sa parution en 1949 ce livre d'un inconnu a été salué par de nombreux articles élogieux d'intellectuels et d'écrivains français comme André Maurois et Claude Mauriac. Un excellent article de Maurice Nadeau, paru dans Combat, et titré "Un penseur crépusculaire", a même annoncé la venue de "celui dont tous les philosophes du néant et de l'absurde préparaient l'avénement", d'un penseur qui s'opposait à l'optimisme affiché d'un certain Albert Camus et de son fameux "il faut imaginer Sisyphe heureux"...

Le livre est composé de plusieurs oeuvres et c'est le titre de la première, la plus conséquente, qui donne son titre à l'ouvrage. Les autres oeuvres s'intitulent respectivement "le penseur d'occasion", "visages de la décadence", "la sainteté et les grimaces de l'absolu", "le décor du savoir" et "abdications". Chacun de ces titres est composé de textes courts, qui ne sont pas encore des "fragments" et encore moins des "aphorismes" comme on pourra en trouver dans des oeuvres ultérieures comme "Syllogismes de l'amertume", "de l'inconvénient d'être né" ou "Aveux et anathèmes". Avec ce livre Cioran n'a donc pas encore trouvé la forme qui, à ses yeux, conviendra le mieux à ce qu'il veut dire tout en respectant son exigence de vérité. En effet Cioran dira plus tard, pour expliquer son choix du fragment, que plus un texte est long, plus il est difficile d'échapper à l'esprit de système, plus il devient impossible d'empêcher l'introduction du faux dans le discours. Le lecteur atténuera certainement ce jugement ultérieur à l'oeuvre puisque dans celle-ci il pourra bénéficier de certains développements qui l'aideront à mieux saisir le cheminement de la pensée de l'auteur, libre à lui d'en pondérer certaines parties.

Un livre majeur, incontournable. Un livre qui contribue à cette alchimie de l'effet Cioran, à ce mystère qui fait que l'exercice de la lucidité la plus froide, la plus extrême, régénère, renforce et vivifie. Mais Nietzsche, le philosophe "au marteau", n'a-t-il pas écrit "ce qui ne me tue pas me rend plus fort" ?


Colère
Colère
par Patrick Grainville
Edition : Poche
Prix : EUR 7,60

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Pour passer le temps..., 16 décembre 2011
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Colère (Poche)
J'attendais beaucoup plus de ce livre...

Si ce livre se lit facilement, il n'accroche pas ! Je suis toujours resté étranger ou extérieur à ce qui s'y passait tant les multiples personnages qui s'y croisent sont caricaturaux, plats, peu crédibles, et ceci du "père de saints" au grand proprétaire, du conseiller d'ambassade à la jeune directrice du centre socio-éducatif en passant par les petits caïds des favelas... Quant à Damien, le personnage central, il n'a rien pour attirer la sympathie ni même l'empathie tant il est inconsistant. Damien semble avoir été conçu par l'auteur dans le seul but de servir d'ossature à ce roman... il ne maîtrise rien, il est manipulé.
De plus ce Rio convenu de guide touristique bon marché, de poncifs éculés, ne fait pas illusion et, à ressentir cette impression de dilution, on peut songer au vieux dicton "qui trop embrasse, mal étreint"... Patrick Grainville n'a pas réussi à refaire avec Rio -et ce n'est certainement pas par manque de matière- ce qu'il avait magnifiquement réussi avec son Afrique magique et mythique dans son livre "Le tyran éternel".

Au final une histoire trop simpliste, une histoire pour passer le temps... si vous avez du temps à perdre!


De l'inconvénient d'être né
De l'inconvénient d'être né
par Emil Michel Cioran
Edition : Poche
Prix : EUR 6,50

23 internautes sur 24 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le livre qui résume tout Cioran ?, 14 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : De l'inconvénient d'être né (Poche)
"De l'inconvénient d'être né" est un des rares livres de Cioran qui trouvait grâce à ses yeux. L'auteur a avoué dans un entretien accordé à Sylvie Jaudeau qu'il y était très attaché et avait même précisé..."j'adhère à chaque mot de ce livre qu'on peut ouvrir à n'importe quelle page..". Ceux qui ont déjà "fréquenté" son oeuvre savent bien que Cioran était peut-être son critique le plus sévère et qu'il disait même qu'il "avait trop écrit"... ils ne pourront donc qu'apprécier cet attachement à sa juste valeur.

Le titre, qui peut être considéré comme un euphémisme exceptionnel dans l'oeuvre de Cioran, s'il fait référence à la naissance, ne considère cette dernière que comme connexion au Temps, que comme point de départ du processus de chute et de dégradation car "vivre, c'est perdre du terrain"... une fois plongé dans la vie il ne reste plus qu'une chose à faire : "apprendre à être perdant" !

Un des meilleurs livres de Cioran. Un livre que l'on gardera à portée de main et que l'on ouvrira de temps en temps un peu au hasard... et qui continuera par son étrange alchimie, pour ceux qui le comprennent, à transformer le pessimisme le plus noir en joie réconfortante.


Entretiens
Entretiens
par Emile Michel Cioran
Edition : Poche
Prix : EUR 16,50

8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Pour les lecteurs passionnés..., 14 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Entretiens (Poche)
Ce livre regroupe quelques entretiens que Cioran a accordés à diverses personnalités sur une période d'une vingtaine d'années.

Le niveau d'intérêt de ces entretiens n'est pas homogène mais cela est dû essentiellement à la disparité des "Interviewers" et, évidemment, aux motivations qui animaient ces derniers. Certaines questions pourront donc être jugées simplistes ou tendancieuses et d'autres apparaître comme de simples faire valoir pour celui qui les pose, mais, tout compte fait, le résultat est globalemment très positif et la matière débattue dense et enrichissante.
Il y a de grandes chances qu'une fois ce livre lu on trouve finalement plus clairs beaucoup des thèmes récurrents de l'oeuvre de Cioran et plus lumineux certains de ses aphorismes.

On ne peut que recommander vivement ce livre à tous ceux qui ont déjà retiré un premier profit personnel à la lecture de Cioran. Il les incitera certainement à poursuivre leur étude de cette oeuvre singulière qui, écrite essentiellement comme exutoire aux obsessions et aux malaises de son auteur, se révèle finalement, comme transformée par un mystérieux processus, apporter liberté, réconfort et stimulation à ses lecteurs reconnaissants.


Au coeur des ténèbres
Au coeur des ténèbres
par Joseph Conrad
Edition : Poche
Prix : EUR 11,90

11 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Confus et frustrant !, 13 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Au coeur des ténèbres (Poche)
J'ai trouvé ce livre bien surfait et très frustrant...

L'histoire est maintenant bien connue : Marlow raconte à ses amis l'expérience qu'il a vécue en Afrique équatoriale et en particulier sa remontée du grand fleuve comme capitaine d'un bateau à vapeur afin d'aller "récupérer" un chef de poste de l'intérieur nommé Kurtz. Hélas, ce qui aurait certainement gagné à nous être présenté dans un style "grand reportage" nous est servi avec emphase comme un récit symbolique, comme une remontée aux commencements du Monde, un retour à la barbarie des origines...

Ce Kurtz, ce "génie", cet apôtre de la civilisation qui avait proclamé que chaque poste "devait être comme une balise sur la route d'un monde meilleur", ce personnage qui a fasciné et subjugué tous ceux qu'il croisait, ce génie a fini par basculer dans le monde des ténébres! Il est devenu un tyran impitoyable et sanguinaire... Dans ce pays, où "on peut faire n'importe quoi", contrairement aux "pélerins" minables qui ont "basculé" simplement par laisser-aller et par veulerie, Kurtz, missionnaire exalté qui ne peut s'accomoder de demi-mesures, a quant à lui "basculé" d'un extrême à l'autre. Il semble tout-à-fait normal que le lecteur se pose des questions sur le pourquoi et le comment d'un tel revirement... De plus ce lecteur voudrait certainement en apprendre plus sur le contenu du discours de ce conquérant des ténèbres dont on nous dit qu'il est "une voix", que l'on écoute et avec qui "on ne discute pas" ! Marlow arrive trop tard... le personnage devenu mythe qui est remonté sur le bateau, allongé sur une civière, n'est plus qu'un moribond. Kurtz, mais aussi l'auteur, échappe au tout dernier moment à l'épreuve de la présentation des preuves... en laissant le lecteur sur sa faim.

Et que nous conte Marlow le témoin? Son récit non linéaire est souvent confus, alourdi par des digressions plus ou moins emphatiques qui reviennent périodiquement sur les mêmes thèmes. Son discours finit par lasser, comme ses piques continuelles à propos des "pélerins". En écoutant Marlow on a l'étrange impression que celui-ci a vécu cette expérience comme s'il n'était pas complètement éveillé, comme si ce qui l'entourait n'était pas totalement réel, comme s'il commençait à être miné par les fièvres... Le lecteur peut donc se sentir légèrement gêné face à ce personnage un peu flou, d'autant que l'auteur semble s'en être désolidarisé dès le début du livre quand il écrit que les amis réunis sur ce yawl sur la Tamise étaient sur le point d'entendre Marlow relater "une de ses expériences peu concluantes" ("to hear about one of Marlow's inconclusive experiences")!

Il reste à aborder l'aspect "anti-colonialiste" du roman... Sur ce point également on peut être insatisfait. Si la critique des nouveaux "pélerins de la civilisation", prédateurs minables et hypocrites, est cinglante bien qu'un peu facile, l'auteur reste par ailleurs très distant de ces indigènes exploités vus essentiellement comme des groupes, qu'ils soient mourants dans "le bosquet de la mort", équipage de noirs aux dents limées, ou bien "sauvages" asservis par Kurtz, et jamais comme des individus, à peine comme des "fonctions". Ils restent des "non-civilisés", dont il n'est nul besoin de connaître les moeurs. L'auteur semble bien plus intéressé par l'observation des comportements humains quand l'homme perd ses repères, quand il est plongé dans un monde inconnu où les barrières sociales et morales ont disparu. L'Afrique n'est finalement "utile" que comme un décor exotique se prêtant idéalement à ce genre de conflits éthiques. Pouvoir absolu et Force brute ne vont pas l'un sans l'autre dans la grande majorité des sociétés dites "primitives" ... il n'y a qu'à penser aux rois de l'ancien Dahomey qui n'ont certainement pas eu besoin d'attendre l'exemple d'un Kurtz pour installer leur trône sur des crânes d'ennemis vaincus. L'homme n'est pas naturellement bon et le soit-disant "contrat social" n'est qu'une vue de l'esprit : Kurtz n'a-t-il pas seulement voulu "re-vivre" dans ce "monde du début", dans ce monde des ténèbres, comme on y vivait, et plutôt comme on y survivait, à cette époque, en faisant fi des valeurs qui ont affiné nos instincts ? et cela parce qu'elles n'y sont pas adaptées..ou même, peut-être, parce que ces valeurs se sont révélées fausses à ses yeux ?

Je signale que j'ai lu ce livre dans la série "Folio bilingue" pour disposer du texte original et ainsi m'assurer que mes commentaires ne sont pas perturbés par une traduction approximative.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 27, 2013 7:20 AM CET


Aveux et Anathèmes
Aveux et Anathèmes
par Emile Michel Cioran
Edition : Poche
Prix : EUR 12,90

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Pour accéder à Cioran..., 10 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Aveux et Anathèmes (Poche)
Cioran vient de faire son entrée dans le club très fermé des auteurs publiés dans la Bibliothèque de la Pléiade. Est-ce à dire qu'il est enfin reconnu ? Certainement pas... Tous ceux qui le relisent depuis des années savent bien qu'il ne répond à aucun des critères exigés de nos jours pour alimenter le Buzz du médiatiquement correct. On ne peut imaginer Cioran "récupéré" !

Avec "Aveux et Anathèmes" Cioran fait la preuve de sa maîtrise du fragment, du texte court, de l'aphorisme, dans la lignée des moralistes français du XVIIIème siècle. Mais Cioran va beaucoup plus loin que ces derniers car aucun idéal, aucun absolu, aucune transcendance, ne trouve grâce à ses yeux... N'être dupe de rien même si cela se retourne contre soi... " la lucidité : un martyre permanent".
Ici, avec ce livre, on découvre comme une sorte de panorama de la plupart des thèmes majeurs que l'auteur a abordés et traités tout au long de sa vie. On y passe ainsi, entre autres, de Dieu au Néant, de la musique de Bach au Bouddhisme, de l'illusion à la lucidité, de la solitude à la mort, de la Création au scepticisme, du Temps à l'Avenir...

Comme il balaie tous ces thèmes, et ceci sous une forme accessible, ce livre est donc peut-être LE livre de Cioran par lequel il faut commencer si on envisage d'entrer réellement dans l'oeuvre pour le moins dérangeante de ce dernier. Mais attention ! pour Cioran, un peu comme pour Nietzsche, un bon livre est un livre qui marque son lecteur, sinon c'est simplement un livre inutile !


Jésus sans Jésus : La christianisation de l'Empire romain
Jésus sans Jésus : La christianisation de l'Empire romain
par Gérard Mordillat
Edition : Broché
Prix : EUR 20,30

7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une référence... qui dérange !, 10 décembre 2011
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jésus sans Jésus : La christianisation de l'Empire romain (Broché)
Comment est-on passé d'un prédicateur juif qui annonçait la venue du "royaume" à une structure temporelle comme l'Eglise Catholique ? Pourquoi les chrétiens ont-ils intégré l'ancien testament des juifs ? Pourquoi le dogme de la Sainte Trinité ? La doctrine s'est-elle construite sereinement ? Y-a-t'il eu conflits d'idées ? Sur quels points portaient les premiers débats théologiques ? En quoi consistent les premières hérésies ? Pourquoi l'église catholique est-elle qualifiée de "romaine" ?
Si vous vous posez ce genre de questions ce très bon livre, qui se veut essentiellement historique, est pour vous. Vous y apprendrez ce que la grande majorité des catholiques ignorent... ou veulent ignorer car, même de nos jours, il est encore malvenu de creuser le terreau des origines.


Histoire et utopie
Histoire et utopie
par Emile Michel Cioran
Edition : Poche
Prix : EUR 6,50

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Le délire s'achève en servitude..., 8 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Histoire et utopie (Poche)
Ce livre relativement ancien est constitué de six textes dont trois sont respectivement intitulés "Sur deux types de société", "A l'école des tyrans" et "Mécanisme de l'utopie". Ce sont ces trois textes que j'ai voulu relire à titre d'éléments de comparaison alors que je lisais "Fatigue du sens", un des derniers livres de Richard Millet dans lequel ce dernier nous fait part de son abattement devant l'érosion continue des valeurs de notre civilisation.

Si on essaie de faire un parallèle osé et rapide, et forcément trop simplifié, entre les deux oeuvres on peut dire qu'avec Cioran, auteur pessimiste et sceptique extrême, on prend à la fois plus de hauteur pour couvrir plus large dans le temps et dans l'espace, mais aussi on va beaucoup plus loin dans la connaissance des mécanismes et des causes qui font que "cela ne peut être autrement". Avec Cioran on dépasse le stade du constat. Les civilisations, comme toutes les constructions humaines, sont destinées à disparaître... et il n'y a aucune raison pour que la nôtre fasse exception. D'un autre côté, se refugier dans l'utopie, "le seul idéal dont on puisse affirmer avec certitude qu'il ne se réalisera pas", n'est aucunement une solution envisageable car en plus de son caractère illusoire et irréaliste elle peut aussi nous amener à des situations catastrophiques si elle est utilisée et promue par des apprentis sorciers plus ou moins illuminés. Sur ce dernier point nul besoin de remonter au goulag communiste ou bien aux khmers rouges pour trouver des exemples car le danger est encore et toujours présent... ainsi on commence à entendre des mises en garde contre les dérives fascistes de certains mouvements écologistes qui voudraient bien faire notre bonheur malgré nous !

Bien que les oeuvres de Cioran soient maintenant disponibles dans la célèbre collection de la Pléiade, cela ne veut pas dire que ce dernier soit sorti de l'enfer du politiquement et médiatiquement correct ! Il est toujours jugé dangereux et rares sont ceux parmi les intellectuels qui le citent ou qui en parlent, ceci aussi bien pour des raisons idéologiques compréhensibles que par méconnaissance ou même par auto-censure... A vous donc de voir si vous êtes prêts à affronter cet auteur singulier, ce "moraliste à l'esprit corrosif" qui délivre une "vision désabusée des hommes et du monde"


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