Profil de Polo > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Polo
Classement des meilleurs critiques: 301
Votes utiles : 2852

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Polo "polopicolo" (France)

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20
pixel
To Pimp A Butterfly [Explicit]
To Pimp A Butterfly [Explicit]
Prix : EUR 9,69

19 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le potentiel d'un classique, 19 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : To Pimp A Butterfly [Explicit] (Téléchargement MP3)
Avec son précédent Good Kid m.a.a.d. city, Kendrick Lamar avait lâché un gros pavé dans la mare du hip-hop, prouvant qu'il était capable à 25 ans de maitriser un album concept de rap conscient, digne successeur du fabuleux undun des Roots (de 20 ans son aîné). Déjà considéré comme un classique par certains (même si je ne suis pas complètement d'accord), Kendrick Lamar s'est retrouvé avec une pression sur les épaules qui aurait pu l'assommer.
Mais il signe au contraire avec To Pimp A Butterfly un album encore plus abouti. On savait le californien capable de flows improbables, mais rien ne laissait présager qu'il puisse aborder le rap de tant de façons différentes. Prince avait créé des personnages pour développer les différentes facettes de son funk, et Lamar s'inscrit dans sa suite, s'incarnant dans chaque titre, alternant la caresse et la claque, variant les vitesses à l'envi, il n'est jamais sur un ton unique (le reproche qu'on pourrait faire à Kanye West par exemple).
Musicalement, TPAB est plus riche que le précédent GKMC, plus organique et recherché. TPAB est gorgé de soul, de jazz et de funk, bien plus que de pur hip-hop comme l'était GKMC. Tout commence d'ailleurs avec du George Clinton, avant que ne soient samplés Michael Jackson, les Isley Brothers, mais aussi (et c'est plus inattendu) Radiohead (sur le sommet de l'album: How much does a dollar cost) et Sufjan Stevens (qui, tiens donc, avait participé au sus-cité undun). L'album est luxuriant et semble ne jamais finir de se dévoiler au fil des écoutes.
Au niveau des paroles, Lamar est bien inspiré, interrogeant la société sur ce qu'elle est, s'interrogeant sur sa place (les médias lui ayant laissé celle d'un leader d'opinion dont il n'ose pas se saisir tout en sachant devoir l'assumer), espérant des jours meilleurs et proposant à chacun d'agir pour qu'il en soit ainsi. Il s'éloigne du gangsta-rap et traverse le paysage musical hip hop pour s'asseoir à côté de Mos Def.
Mais s'il y a bien une filiation à laquelle Kendrick Lamar se rattache, c'est surtout Outkast, période Aquemini. Funk autant que hip-hop, intelligent, techniquement impressionnant, le rappeur reprend le flambeau de cet immense groupe (le plus grand du hip hop?) avec une facilité et une désinvolture impressionnante.
Seul le temps dira si TPAB est bien le classique instantané qu'il semble être. En attendant, la claque qu'il produit à chaque écoute est monumentale.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 20, 2015 1:14 PM CET


Vieux Freres Partie 2
Vieux Freres Partie 2
Prix : EUR 11,99

9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Belle suite (conclusion?), 23 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Vieux Freres Partie 2 (CD)
Il est impossible de parler de cet album sans faire le lien avec la partie 1 parue il y a un an, car le projet "Vieux Frères" est bien un tout unique qui soit s'écouter comme un seul album. Mais si on s'essaie à isoler les chansons de ce deuxième opus, que peut-on en dire?
Cette partie 2 reprend les choses exactement là où elles en étaient à la fin de la partie 1: Fauve est un groupe angoissé, mais pas angoissant, qui fait un constat dur sur le monde qui l'entoure. Les mots sont toujours aussi durs, le parler franc et l'élocution aussi claire et directe. Les membres de Fauve semblent toujours autant dire leur rage et leur difficulté de trouver leur place, mais ont toujours l'espoir de s'y retrouver, ils ont toujours l'envie folle de s'en sortir, eux mais aussi leurs proches. C'est ça qui est toujours aussi beau chez Fauve, c'est cet optimisme sous-jacent qui soutient les moments les plus durs.
D'ailleurs, il y a une logique imparable à ce que l'album se conclue sur les Hautes Lumières, morceau ouvertement tourné sur un avenir qui s'annonce moins sombre, où les lumières ont déchiré le blizzard, mais aussi le morceau le plus chanté de l'album. Bref, cette deuxième partie est la suite parfaite de la première partie, prolongeant les obsessions du premier Vieux Frères, et allant jusqu'à une très belle conclusion.
Le seul problème que rencontre ce Vieux Frères partie 2 est de sortir le mois-même où Diabologum réédite son incroyable album #3, la référence en matière de rock parlé, qui n'a (presque) pas pris une ride en 20 ans, et avec qui il est difficile de se comparer.
La question qui se pose ensuite est de savoir si Fauve aura quelque chose de plus à dire, quelque chose de nouveau à apporter dans le futur. Mais quelque part, peu importe, tant qu'on peut profiter de ce très beau double disque qu'est Vieux Frères.


At Least For Now
At Least For Now
Prix : EUR 9,49

12 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Belles chansons, 23 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : At Least For Now (Téléchargement MP3)
Il y a des gens qu'il est difficile de ranger dans un genre, et Benjamin Clementine en fait partie. Fait-il du blues, de la soul ou du folk? Aucun de ces styles ne semblent vraiment définir le travail de cet artiste ghanéo-londonien et français d'adoption. En fait, à l'écoute de son disque, on pense (malgré des paroles en anglais) à de la chanson française façon Brel (lui-même pas vraiment français d'ailleurs) ou Ferré. Car Benjamin Clementine est un chanteur qui nous parle tout en chantant, qui s'affranchit des rythmes habituels dans son phrasé, et qui met une émotion incroyablement puissante dans son interprétation.
Vocalement, il fait aussi beaucoup penser à Nina Simone, ce qui n'est pas une mince affaire, donnant beaucoup de gravité dans son chant, capturant l'auditeur à chaque chanson. Voilà un album qui n'est pas qu'une musique de fond, mais bien un album qui s'écoute et qui se savoure. Et si on sait que Nina Simone était une fan de Brel (sa reprise de Ne me quitte pas est un classique), on peut dire que Benjamin Clementine s'est emparé du lien improbable et pourtant si fort qui unit ces deux artistes.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 27, 2015 9:37 AM CET


Africa Express Presents... Terry Riley's In C Mali
Africa Express Presents... Terry Riley's In C Mali
Prix : EUR 8,99

5.0 étoiles sur 5 Une rencontre au sommet, 23 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Africa Express Presents... Terry Riley's In C Mali (Téléchargement MP3)
Damon Albarn, entouré de quelques compères de haut rang, dont Brian Eno, a lancé il y a quelques années le projet Africa Express, ou comment des musiciens de l'hémisphère nord vont faire des jam avec des musiciens d'Afrique. Le nouvel arrêt dans ce périple est situé cette fois au Mali, un pays où la musique a une véritable puissance, comme on a déjà pu en juger avec des artistes aussi superbes que Salif Keïta ou Rokia Traoré.
Et quoi de mieux pour ce jam qu'un morceau en écriture permanente comme le In C de Terry Riley? In C est un morceau autant qu'un concept, une somme de phrases musicales à répéter à l'envi par un nombre indéfini d'instruments, donnant à chaque interprétation un caractère unique. Et ce sont ici les instruments traditionnels maliens qui servent à la création de cette reprise. Ou comment une oeuvre contemporaine met en avant une très belle musique traditionnelle. Loin du choc des cultures, cet album est d'une fluidité et d'une beauté assez hypnotique.
40 minutes de bonheur qui s'écoutent en boucle.


Black Messiah
Black Messiah
Prix : EUR 14,11

15 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 L'attente valait le coup, 16 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Black Messiah (CD)
14 ans pour pondre un album (et en toute honnêteté, j'avais un peu de retard, donc "seulement" dix ans d'attente). C'est long, très long et ça peut être inutile (vous avez dit Chinese Democracy?). Oui, mais là, on a affaire à un pur génie de la soul.
Comment faire pour donner une suite à Voodoo? Album quasi-parfait, véritable phare de la scène neo-soul et qui a le bon goût de ne pas vieillir. C'est sans doute la question que s'est posé D'Angelo. Et il a trouvé une formidable voie. Plutôt que de changer radicalement de style au risque de perdre les fans ou plutôt que de faire une espèce de bis repetita beau mais par essence répétitif, le génie revient avec un album qui part des mêmes bases, mais s'en affranchit très légèrement.
Falsetto superbe, rythmiques aux oignons (?uestlove, pur génie, toujours aux baguettes), soul allant puiser aux racines (on croirait entendre Sly Stone, Funkadelic, Stevie Wonder ou bien sûr Prince dans cet album), ce qui fait l'ADN de l'ange est toujours là. mais là où Voodoo était brumeux, Black Messiah est superbement ouvert, là où Voodoo mettait en veilleuse les instruments pour mettre en avant la voix, Black Messiah fait la part belle aux instrumentistes (d'ailleurs l'album n'est pas signé D'Angelo solo mais D'Angelo & the Vanguard). Globalement, Black Messiah sonne beaucoup plus live, ou du moins plus jam, donc plus direct, moins travaillé. Du coup, il est accessible extrêmement facilement et s'écoute et se réécoute avec un plaisir intense.
Il faudra attendre quelques années pour savoir si l'album aura la même longueur en oreille que son prédécesseur, mais aujourd'hui, le plaisir est là, il est intense et l'attente, pour une fois, n'a pas été déçue.


Higher!
Higher!
Prix : EUR 19,29

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Le funk a son état le plus pur, 24 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Higher! (Téléchargement MP3)
Les amateurs de listes des meilleurs albums de tous les temps sont sûrement déjà les heureux possesseurs des perles Stand et There's A Riot Goin' On. Les curieux qui ont voulu en savoir un peu plus sont aussi sûrement devenus fans des trois premiers géniaux albums de la famille Stone. Les amoureux du funk se sont aussi sûrement penchés sur les suivants et diablement réussis Fresh et Small Talk. Et à vrai dire, il fallait bien s'arrêter là. Alors, pour ceux-là, quel est l'intérêt de ces 71 titres?
Pour commencer, il y a les titres inédits (ou versions inédites), et vu le niveau de génie déployé par Sly Stewart, il y a de quoi être heureux. De I get high on you à Fortune and fame (un sommet véritable) en passant par Undercat (réponse au génial Underdog) et une partie du live de l'Ile de Wight (pas au niveau du Woodstock que tout fan se doit d'avoir, mais quand même très bon), tous les amateurs en trouveront pour leur goût.
Et puis, il y a quelque chose d'incroyable qui se dégage de la publication (quasi-)chronologique des titres de Sly and the family Stone. Si les premiers titres montrent un artiste sous influences variées allant de la soul au rock en passant par la pop pure et dure, on redécouvre à quel point les titres que le groupe a sorti dans sa période faste (Stand/Riot) sont des pierres d'angle du funk, des bases et en même temps des sommets. Car si James Brown était le parrain du funk et si Parliament en a été le petit frère déluré (n'est-ce pas Dre?), Sly Stone EST le funk. Il en est le créateur et l'incarnation. Son Sex Machine est l'un des tubes les plus sensuels et groovy jamais enregistrés. Thank you (Falettinme Be Mice Elf Agin) sorti comme un single hors album, est une pure merveille (on regrettera juste que le coffret n'ait pas renvoyé la chanson à sa version sous tranxène sortie sur Riot, le comparatif aurait été amusant). In Time est tout simplement un condensé du talent de Prince en une chanson (et on ne parlera pas de l'influence que le groupe a pu avoir sur le hip-hop, mais il est indéniable, tant dans les rythmiques que dans les ambiances). Bref, retrouver ces morceaux qui s'enchainent avec une telle aisance et une telle décontraction est un véritable moment de bonheur auditif.
Les néophytes trouveront avec ce quadruple best-of/collection d'inédits une porte d'entrée grande ouverte pour découvrir ce génial auteur (à mon avis) trop méconnu en France. Il leur sera alors dur de résister à l'envie d'écouter le reste de la discographie, et grand bien leur en prendra.
A mettre en toutes les oreilles et très vite!


Silo : Générations
Silo : Générations
par Hugh Howey
Edition : Broché
Prix : EUR 23,00

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une belle conclusion, 16 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Silo : Générations (Broché)
Silo, le premier volet, était un très bon roman de science-fiction, bien mené et palpitant, qui pouvait se suffire à lui-même. Silo origines, le deuxième volet, était un peu moins passionnant, le livre servait très clairement de transition au dernier volume de la trilogie, tout en introduisant de nouveaux personnages, mais sans qu'il développe une histoire propre. Cependant, en tant que livre de transition, il faisait très bien son affaire, et ce dernier volume était donc très attendu.
Et le volume est à la hauteur des attentes. On retrouve tous les personnages ainsi qu'on les avait laissés à la fin des deux précédents volumes, et c'est un vrai plaisir de les voir encore se débattre. L'histoire se tient parfaitement, et on a envie de suivre les personnages, d'autant plus qu'ils ont le bon goût de ne pas être trop simplistes: tous vivent avec leurs erreurs, leurs défauts mais aussi leur indéfectible espoir. On pourra reprocher au livre de faire quelques changements de points de vue un peu trop rapides ou d'être par moment un brin répétitif, mais il est malgré tout passionnant et plein de surprises.
Par ailleurs, les personnages et les situations (comme souvent en SF) peuvent se lire comme des allégories de notre société. Le livre peut paraitre parfois un peu naïf dans le message qu'il véhicule et dans sa vision des choses, mais il y a quand même quelque chose d'assez juste dans le fait de décrire une société où les individus vivent en silos, isolés des autres silos, se souciant peu des autres, se débattant avec ses propres problèmes. Le rapport au pouvoir m'a en revanche semblé un peu simpliste.
Bref, un bon livre d'aventures qui fera passer un bon moment.


Pastoral Division
Pastoral Division
Prix : EUR 8,99

4.0 étoiles sur 5 Superbe noirceur, 8 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pastoral Division (Téléchargement MP3)
Pastoral Division a choisi de ne pas choisir, de ne pas rentrer dans un genre de musique parfaitement défini. A l'écoute de l'ensemble, on ne sait pas vraiment si on a entendu un album de folk, de rock, d'électro ou de pop. Pastoral Division, c'est un peu tout ça en fait, noyé dans une ambiance sombre mais splendide.
Le groupe varie les plaisirs et nous en apporte à chaque titre. Sa musique est faite de plages ambiantes, de voix noyées dans la musique, de guitares folk, de synthés en boucle et de rythmiques lentes. On pense pas mal à Other Lives (dont on attend toujours le nouvel album) avec une touche d'Air des débuts. Loin des structures simples, le groupe a construit patiemment un album qui n'est pas qu'une suite de singles (même si on sortirait bien Every simple lie is an ornament du lot) mais bel et bien un creuset de petites merveilles qu'on écoute de bout en bout, avec une bonne envie d'appuyer sur repeat pour en savourer les détails.
Après Cascadeur et Mermonte, Pastoral Division vient confirmer que l'année 2014 pourrait bien être l'année de la pop française.


Art Official Age
Art Official Age
Prix : EUR 16,99

13 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Le problème Prince, 8 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Art Official Age (CD)
Prince est un cas problématique depuis déjà quelques temps. Alors qu'il a démarré sa carrière sur des albums parfaitement impeccables de bout en bout, le voici maintenant en roue libre... pour le meilleur et pour le pire.
Et c'est de ça qu'il est question dans cet Art Official Age: d'excellente musique et de soupe. Forcément, un album qui commence avec un morceau aussi pompier et taillé pour les stades (mais pas pour un pressage album), il y a de quoi être sur la défensive. Seulement, dans les morceaux qui suivent, il y a de véritables perles, des pépites brutes et incroyablement géniales comme l'ultra-funky Gold Standard ou la ballade soul Breakfast Can Wait, mais le tout est parsemé de soupes comme What It Feels Like, sans intérêt. Bref, Prince ne se contente pas d'être gentiment bon ou moyennement mauvais, il est soit excellent soit exécrable. Du coup, l'album ne s'écoute pas avec un immense plaisir, mais pour les amateurs de bons morceaux (par opposition aux amateurs d'albums), il y a vraiment de quoi se faire extrêmement plaisir.
Alors, ne boudez pas votre plaisir, mais choisissez vos pistes.


Je suis Pilgrim
Je suis Pilgrim
par Terry Hayes
Edition : Broché
Prix : EUR 22,90

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Le successeur de Ludlum, 1 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Je suis Pilgrim (Broché)
Robert Ludlum, en quelques livres (les Bourne, Parsifal, Matarese), avait fixé un niveau d'exigence dans le thriller d'espionnage que peu d'auteurs ont su atteindre, mêlant action, réflexion sur l'état du Monde, voyages aux quatre coins du globe, suspense impitoyable, personnages travaillés et surtout un grand plaisir de lecture immédiat. Voilà un auteur suivant Graham Greene et John Le Carré qui avait su moderniser le genre en le diluant dans une action effrénée. Depuis sa mort, peu (pas?) d'auteur avait su prendre sa suite, jusqu'à ce Pilgrim.
Terry Hayes reprend le cocktaïl explosif (espionnage, action, personnages fouillés, aventures aux coins du monde) et écrit un grand thriller d'espionnage fondamentalement ancré dans son époque. Le personnage principal est un agent secret formé sur les ruines fumantes de l'antagonisme Est-Ouest et qui doit évoluer dans un monde en (r)évolution depuis le 11 septembre. Le livre s'attarde d'ailleurs avec talent sur cet évènement et montre son impact sur la mentalité américaine. Je suis Pilgrim est un livre long, qui part dans de nombreuses digressions, mais toutes ces digressions sont les pièces d'un puzzle qui forme l'image d'un Monde (le nôtre), autant que le portrait d'un homme (Pilgrim). Chaque digression aurait pu être une histoire à part entière, et le livre contient dix livres potentiels, dix histoires qui auraient été intéressantes séparément et sont franchement passionnantes en étant ici réunies.
L'écriture est parfois un peu facile et use de recettes efficaces, mais sans en abuser pour autant, si bien que le plaisir purement littéraire est là, et comme le fond est passionnant, il est quasiment impossible de lâcher le livre.


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20