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Contenu rédigé par laetitia
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Commentaires écrits par
laetitia

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Le Roi des Aulnes
Le Roi des Aulnes
par Michel Tournier
Edition : Poche
Prix : EUR 9,20

5.0 étoiles sur 5 L'enfant d'avant la chute, 21 juin 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Roi des Aulnes (Poche)
Abel Tiffauges est convaincu qu'il est voué à un destin exceptionnel. Il pense que tout concourt à la réalisation de ses desseins puisque la Providence elle-même semble ne dresser aucun obstacle en travers de sa route. Pour lui, tout est signe dans le monde et il lui incombe de déchiffrer ces signes pour comprendre le monde et le posséder.

C'est en la personne de l'enfant, pense -t-il , que l'explication de tout réside . L'enfant d'avant la chute: celui qui n'a pas encore connu la souillure avec le passage à la puberté, celui qui n'est encore que pureté, innocence qui symbolise l'unité préservée par opposition au monde de l'adulte celui de la séparation du cocon originel, de la puberté et de l'anéantissement du monde de l'enfance. Monde adulte auquel Tiffauges refuse d'adhérer, de participer.

Abel est un ogre, un prédateur d'enfants, un homme dont le monde et inversé et où le salut réside dans la possession de l'enfant, de tous les enfants afin d'essayer de reconstituer son unité première à lui Tiffauges.

Sa nature monstrueuse prend son plein essor au moment de la deuxième guerre mondiale où il est envoyé en Allemagne pour y travailler. Cette rencontre avec un pays en proie lui aussi à une inversion complète de ses valeurs et de ses lois avec l'idéologie nazie est le terreau idéalement propice sur lequel Tiffauges va pouvoir accomplir librement ses forfaits. C'est que dans cette Allemagne un autre Ogre, Hitler, est à l'oeuvre, lui aussi, qui enrôle toute une jeunesse destinée à lui être sacrifiée pour le bien du pays et pour sa plus grande gloire. Ils ont tous deux oublié et dévoyé la signification de la Phorie qui est de porter l'enfant afin de lui faire franchir les obstacles. Ils l'ont au contraire élevé, éduqué dans le seul but de le condamner à mort.

Si Tiffauges agit en toute impunité, c'est parce que le monde autour de lui vacille: la guerre a facilité son travail car elle a renversé les règles, le chaos a remplacé l'ordre. C'est aussi et surtout parce qu'il opère dans un monde obscur comme lorsqu'il s'adonne à la photographie. Un passion qui amplifie ses fantasmes puisqu'elle transforme le réel en mythe: l'enfant photographié est dématérialisé et devient donc une image et de ce fait objet de tous ses fantasmes et le passage à l'acte n'est déjà plus pour lui aussi effrayant puisque l'enfant est déshumanisé comme sanctifié.

D'ailleurs, ce n'est pas une coÏncidence si Abel se réfère aux textes bibliques et si l'éducation religieuse qu'il a reçue a fortement façonné sa personnalité car la religion exalte la pureté, l'innocence de l'enfant et exècre la sexualité adulte ,coupable de tous les péchés donc condamne quelque part ce nécessaire passage à l' âge adulte.

C'est un aveuglement dont semble frapper les adultes qui ne distinguent pas les Tiffauges qui eux sont pourvus d' un oeil profond (c'est le sens de son nom d'ailleurs) et de leur double maléficié (oeil malade) et qui pensent que ces êtres ne sont enfantés que lorsque se présentent des conditions historiques particulières et refusent de s' interroger sur la "part de monstruosité" que chacun recèle et qui resurgit comme un terrible rappel préférant croire qu'il s'agit d'une anomalie extérieure à la condition humaine.

C'est un roman très dense, compact, parfois angoissant du fait de l'extrême lucidité et de l' intelligence dont son héros est pourvu.
Il est plus que difficile de résumer et d'analyser ce roman parce que l'auteur s'y est déjà brillamment livré tout au long du roman .
Ses interprétations bibliques, symboliques et psychanalytiques sont passionnantes. Son style est parfait.


L'an premier du siècle: (1919)
L'an premier du siècle: (1919)
par John Dos Passos
Edition : Poche

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 L'Amérique conquérante, 21 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'an premier du siècle: (1919) (Poche)
En ce début du 20ème siècle, l'Amérique est parcourue par des forces contraires: d'un côté les mouvements ouvriers soutenus par les syndicalistes , socialistes, communistes et anarchistes exigeant des revendications sociales fortes et légitimes. De l'autre, le monde des puissants, des grands trusts, des grosses sociétés et les hommes d'affaires toujours soucieux de développer leurs activités, de s'étendre et d'accroître leurs revenus.
Une inégalité sociale qu'on retrouve jusqu'au sommet de l'Etat car pour accéder à la présidence des Etats-Unis mieux vaut être doté d'une solide fortune qu'on l'ait hérité ou acquise par son travail. Ainsi, tous les espoirs des travailleurs américains mais aussi européens reposent 'ils, en ce début de siècle, sur la personne du candidat Wilson et ses 14 points censés apporter plus de justice sociale.Espoirs qui seront bien vite déçus car, une fois élu, Wilson devra composer avec la réalité et les compromis notamment lors de la signature de la paix après la première guerre mondiale. La fameuse « Société des Nations » qui avait suscité tant d'espoirs chez les peuples ne verra jamais le jour. C'est une paix où les vainqueurs voient une formidable occasion de se partager les richesses des pays vaincus et d'imposer leurs industries et leurs produits à une Europe qui leur doit sa liberation.

C'est une Amérique paradoxale qui se targue d'avoir la Constitution la plus démocratique du monde mais qui oblige en temps de guerre tous les hommes à s'engager, qui les traque dans les rues, mettant ainsi à mal le concept de liberté de conscience puisque tout objecteur de conscience est emprisonné pendant 20 ans et considéré comme un traître.
C'est un pays qui a érigé le principe de liberté d'expression comme un droit fondamental, mais qui n'hésite pas à matraquer et à arrêter toute personne participant à un rassemblement et manifestation de mouvements anarchistes communistes et socialistes.
Mais c'est aussi l'Amérique de la réussite pour certains, celle qui permet avec son système capitaliste l'ascension sociale, l'accès à une vie meilleure et à des responsabilités pour les hommes comme pour les femmes.
C'est également l'époque où les jeunes gens issus de milieux aisés prennent pour prétexte la guerre en Europe pour voyager et échapper au destin concocté par leurs parents( riche mariage et reprise de la société familiale).

Pourtant, ce qui frappe dans cette Amérique décrite par Dos PASSOS ,c'est l'extrême solitude des êtres dans un pays en plein effervescence. C'est le sentiment qu'on a affaire à des individus coupés d'eux -mêmes , évoluant dans un vide existentiel ,d'un pays qui n'est plus rattaché à son peuple, mais qui n'a décidé d'intégrer et de ne reconnaître que ceux qui répondent et correspondent à l'image de réussite sociale et financière qui sera désormais associée à l'Amérique.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 27, 2016 8:44 PM MEST


Le Général de l'armée morte
Le Général de l'armée morte
par Ismaïl Kadaré
Edition : Poche
Prix : EUR 6,90

3.0 étoiles sur 5 L'armée sans repos, 25 avril 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Général de l'armée morte (Poche)
Un général italien est chargé par son gouvernement, plus de 20 ans après la Seconde Guerre Mondiale, de rapatrier les restes des soldats tués en Albanie.Il est accompagné d'un prêtre, lui aussi italien , qui parle albanais et lui sert de traducteur. C'est donc avec fierté et honneur qu'il entame sa mission de recherche des soldats tués. Il se sent investi d'un sentiment noble, au service de familles sans corps à enterrer et d' un pays qui attend lui aussi le retour de ses enfants.

Mais arrivé sur le sol albanais, une atmosphère d'hostilité l'enveloppe durant tout son séjour de plus de 2 ans, entravant sans cesse ses recherches. C'est que,venir sur une terre étrangère, sur une terre où un peuple a lui aussi pleuré ses morts, est vécu par les Albanais comme une nouvelle occupation de leur territoire. Les souvenirs resurgissent: la haine, la rancune sont ravivées par la présence de ce général qui déterre ses morts,qui, par ce geste, ravive les souffrances des Albanais et réactive sans cesse ce passé lié à la guerre, emprisonnant ainsi un peuple dans des souvenirs qui le tourmente sans possibilité pour lui de s'extraire du passé.

C'est également une inversion des sentiments à laquelle on assiste entre le général et le prêtre. On s'attendait à trouver un être rationnel en la personne du général. Et voilà qu'il critique les agissements, par ailleurs criminels, d'un des hommes de cette armée des morts , un colonel ,le colonel "Z"qu'on lui avait demandé de rechercher. Il se découvre une empathie singulière avec ces soldats d'une armée qu'il n'a jamais eu à commander. C'est un sentiment quasi maternel qui l'habite, un sentiment d'intense remords qu'il éprouve envers ses soldats qu'il se reproche de ne pas avoir pu sauver comme une mère qui n'aurait pas su protéger ses enfants. Il se met à l'écoute du désir de ces morts pour essayer de répondre à leur véritable souhait et non à celui des familles.

Quant au prêtre, ce n'est pas l'âme des soldats qu'il cherche à sauver. Point de compassion de sa part, mais le besoin d'accomplir un devoir. Il ne veut pas juger, même quand il apprend la conduite du colonel Z. Il n'est là que pour célébrer l'office rendu aux morts quand ils seront retrouvés. Le rituel prime sur les hommes.

C'est un roman qui peut sembler lent, monotone comme la mission du général, mais c'est aussi et surtout un roman sur le peuple albanais, ses coutumes, son courage, ses relations avec ses voisins, ses luttes. Et en cela, c'est également enrichissant.
Je vous conseille plus particulièrement "les tambours de la pluie".


Une saga moscovite (Tome 1)
Une saga moscovite (Tome 1)
par Vassili Axionov
Edition : Poche
Prix : EUR 12,50

4.0 étoiles sur 5 Desagrégation d'un peuple, 13 avril 2016
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La famille Gradov est une famille bourgeoise vivant à Moscou, composée de grands intellectuels et ayant déjà donné à la Russie de grands médecins.La révolution russe de 1917 a fait évoluer les mentalités et les plus jeunes des enfants Gradov sont très enthousiastes et prêts à soutenir ce nouveau régime qui prône l'égalité pour tous. De Nina, la future grande poétesse,à Nikita son frère aîné, futur général de l'Armée Rouge en passant par Kyrill fervent partisan de la ligne marxiste.Cependant , les années 1929 et surtout 1930 marquent le début d'une période sanglante pour la Russie avec les purges, la dékoulakisation, les grands procès de Moscou de 1936-1938 ainsi que la fin de toute opposition politique sous peine d'arrestations et de déportations. L'Histoire elle -même fait l'objet d'une falsification dans les manuels soviétiques.Scientifiques et médecins voient leurs découvertes confisquées ou détournées par le régime soviétique.

La peur s'installe chez tous les citoyens car tous peuvent être arrêtés la nuit par la Gépéou ,la police politique, sur simple dénonciation.

Aussi, chacun des membres de la famille Gradov incarne-t-il le sort terrible réservé à tout un peuple à travers les décisions absurdes du régime ce qui les amènera à côtoyer l'enfer des camps de la Kolyma , à subir les tortures ou à être enrôlés par l'armée allemande pour ensuite une fois libres être traités d'ennemi du peuple par les siens et être déportés dans des camps. Pour ceux qui survivent aux camps, le retour à la vie normale n'est jamais un soulagement, mais la certitude d'être désormais coupés d'eux-mêmes et des autres après avoir connu la déshumanisation et l'expérience de l'avilissement. Cette hypnose collective d'un peuple, qui se trouve dans l'incapacité de se révolter face à une idéologie mortifère, se retrouve également dans la fascination des partis de gauche espagnols et français de l'époque. L'aveuglement persiste malgré les publications des journalistes étrangers présents en Russie. Personne ne veut voir ni croire à cette réalité. Schizophrénie des dirigeants, Staline en tête, fustigeant et diabolisant les impérialistes que sont les Etats- Unis et le Royaume -Uni et ,dans un même temps,sollicitant leur aide militaire et alimentaire pour vaincre les troupes hitlériennes qu'ils avaient jusque -là soutenus.

C'est un roman tout à fait à part, vraiment captivant qui mérite qu'on s'y arrête parce qu'il nous donne une mine d'informations sur la vie quotidienne à Moscou et au Caucase . Et malgré l'horreur qui frappe les soviétiques, on découvre une vitalité, un amour de la littérature, du théâtre des arts et surtout de la poésie qui caractérise si bien le peuple russe. C'est incontestablement cet amour qui leur a permis pour bon nombre d'entre eux de tenir jusqu'à présent.

Même si le roman est souvent écrit dans une langue familière voire vulgaire , il faut y voir justement l'influence pernicieuse de l'idéologie communiste qui pervertit les sentiments qui les tire vers le bas comme l'a constaté Nikita après son séjour dans les camps.

Un grand merci à la traductrice car traduire un tel roman est un vrai challenge.


Retour à Killybegs - Grand prix du roman de l'Académie Française 2011
Retour à Killybegs - Grand prix du roman de l'Académie Française 2011
par Sorj Chalandon
Edition : Poche
Prix : EUR 7,10

4.0 étoiles sur 5 Tragédie de la guerre, 7 mars 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Retour à Killybegs - Grand prix du roman de l'Académie Française 2011 (Poche)
Irlande du Nord. Tyrone Meehan est né dans les années 1920 et comme son père et son grand-père avant lui n'a connu que la guerre. Il est élevé dans le culte des héros de l'IRA comme James Connolly,et c'est tout naturellement qu'il rejoindra ses rangs à l'adolescence ayant pris conscience de l'oppression que les Britanniques font vivre à son peuple et ayant lui -même et sa famille été victimes de leur violence.
Il connaît l'emprisonnement, la torture, les privations comme nombre de ses amis.

Mais comme dans toute guerre, les tragédies changent le cours d'une vie. Aussi, lors d'un affrontement au cours duquel les Britanniques lancent des bombes lacrymogènes, la confusion est telle que les balles de Meehan atteignent mortellement son ami Danniel Finley, figure marquante de l'IRA.
Les services secrets britanniques en profitent et lui proposent de le recruter ou bien de révéler à tous son terrible secret.

Le mensonge et le silence ou la vérité et l'exclusion de sa communauté? voilà les choix auxquels il est confronté. Peut-il réellement se permettre de parler et de se voir exclu lui, sa femme et son fils de la communauté, de l'IRA qui les protège, leur sert de famille, de patrie mais aussi comme tout groupe et communauté les enferme, les étouffe et ne pardonne rien si l'adhésion aux idéaux n'est pas totale.

Comment avouer, et surtout s'avouer, que le rôle qu'il doit jouer désormais lui procure pour la première fois de sa vie l'impression d'être enfin compris, entendu, reconnu et admiré- ironie du sort- non par sa propre communauté mais par l'ennemi de toujours.

Comme dans tous les romans de Sorj Chalandon , le récit est captivant et nous sommes souvent submergés par la souffrance qu'il dépeint, mais c'est aussi la force de son écriture qui convoque toutes les richesses de la langue française afin d'exorciser la souffrance d'un peuple, d'un pays et le traumatisme engendré par celui qui fut si longtemps un héros puis s'effondra dans l'estime de tous.

La langue au secours de la tragédie, du désespoir, celle qui .réussit à dire l'inacceptable, la trahison,et qui permet de raconter la violence du père, de l'ennemi et celle du héros.


Les étoiles du sud
Les étoiles du sud
par Julien Green
Edition : Poche

3.0 étoiles sur 5 Tourments, 15 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les étoiles du sud (Poche)
Après la mort tragique de son mari, provoqué par son premier amour,Elisabeth Escridge mène une vie très retirée. Mais à l'occasion des funérailles de son parent Mr Hargrove, elle retrouve son fougueux cousin Billy dont elle tombe amoureuse. Ils se marient et connaissent un véritable bonheur conjugal.Pourtant Elisabeth prend réellement conscience qu'elle est attirée également par d'autres hommes. Cette découverte l'effraie et la tourmente d'autant plus qu'elle vit dans un monde où ce qui est toléré pour les hommes, le plaisir des sens et les multiples maîtresses est totalement proscrit pour les femmes qui seraient mises au ban de la société.
La vie semble reprendre ses droits pour Elisabeth , mais l'Histoire s'invite et bouscule impitoyablement tous ses projets. La guerre civile apparaît comme une évidence même si tous refusent de l'envisager...

Ce deuxième tome est très enrichissant par le nombre de sujets qu'il explore notamment la relation fusionnelle d'Elisabeth envers son premier enfant, quasi incestuelle, puisqu'elle appelle ce dernier du nom de son premier amour et qu'elle lui demande de n'en parler à personne. Elle projette sur cet enfant l'amour qu'elle avait pour cet homme en faisant endosser à son fils un rôle d'adulte et d'amant qu'il n' a pas à assumer.

Le sort des femmes est également au centre de ce tome puisqu'elles n'existent qu'au travers de leurs maris, si elle sont la chance d'être heureuses en mariage. Aussi lorsque les maris sont en voyage d'affaires ou dans l'armée,la solitude est insupportable et pour supporter l'absence , le recours au laudanum est fréquent.Il faut donc meubler ce vide et les bals, les réceptions, les visites et autres promenades en calèches sont là pour palier à ce manque. Le choix d'un amant est parfois également le remède à ce vide existentiel puisque les femmes n'ont ni droit de travailler dans la Haute société ni le droit d'étudier.

Enfin, la guerre de Sécession est dans tous les esprits et déchire les familles et le Nord abolitionniste et le sud esclavagiste sont eux-mêmes parcourus par des dissensions car la vision simpliste du méchant Sud et du bon Nord ne reflète pas les opinions des personnages du roman vivant dans le Sud et bien qu'ayant des esclaves noirs , ils ne sont pas tous partisans de l'esclavagisme.


Les pays lointains
Les pays lointains
par Julien Green
Edition : Poche
Prix : EUR 10,70

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 La vie dans le Sud, 25 janvier 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les pays lointains (Poche)
Elisabeth Escridge et sa mère appartiennent à l'aristocratie. Mais suite à de mauvais placements effectués par le père d'Elizabeth, mère et fille se retrouvent sans le sous.Elles doivent ravaler leur fierté et demander à leurs riches cousins d'Amérique de les accueillir dans leur propriété du Sud des Etats-Unis. Bien qu'elles soient très chaleureusement accueillies, elles font toujours figure de parentes pauvres et cette hospitalité leur pèse. L'arrivée dans le Sud est un choc car elles découvrent l'esclavage, un climat tout autre que celui de l'Angleterre et un monde où la guerre de Sécession n'a pas encore eu lieu mais est sur toutes les lèvres.

Ce roman qui évoque des thèmes comme l'esclavage, la guerre ou l'aristocratie les survole car il s'attache davantage aux descriptions de la nature et surtout à la vie un peu monotone rythmée par les repas, la sieste et les promenades à pied ou à cheval, mais aussi n'élude pas les désirs qui habitent les plus vénérables patriarches de la famille envers leur nièce(ici la jeune Elizabeth) qu'on éloigne pour que ces derniers retrouvent la paix de l'esprit et du corps...

L'éducation des jeune filles étant principalement constituée par la lecture de la Bible qui dicte la conduite à tenir à chaque instant, ces demoiselles sont conditionnées pour ne jamais poser de questions et sont maintenues volontairement dans un état d'ignorance quant aux choses du sexe jusqu'à leur mariage.Seules les femmes ayant embrassé le célibat ont une liberté de ton qu'on n'ose pas leur enlever. Elles sont ainsi les porte-parole de celles qui mariées n'ont jamais eu le droit de s'exprimer et elles assurent aux jeunes filles une liberté, une respiration courte mais nécessaire jusqu'à leur mariage.

Beaucoup de jeunes et moins jeunes lecteurs trouveront ce roman ennuyeux ( en fait il dépeint parfaitement l’aristocratie de cette époque) voire fleur bleue parce qu'il tranche terriblement avec notre modernité , et il s’inscrit en complète rupture avec notre temps qui a oublié que l'ennui est aussi un moment d'espace, de liberté, d'imagination et d'intimité , mot qui n'existe plus aujourd'hui. En somme, tout le contraire de l'addiction qui rempli notre vide existentiel… Aussi profitez de cette lenteur à laquelle vous invite ce roman. 1037 pages pour vous reposer.


Paris est une fête
Paris est une fête
par Ernest Hemingway
Edition : Poche
Prix : EUR 8,20

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 L’ éclosion d’un écrivain, 20 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Paris est une fête (Poche)
Hémingway vit à Paris dans les années 1920. Il a quitté son métier de journaliste et reporter pour se consacrer uniquement à sa passion pour l’écriture. Il n’a encore publié aucun roman, mais pour lui, Paris est la ville rêvée pour un écrivain, la seule où l’on peut prendre le temps d’écrire et celle qui lui permettra de découvrir tous les grands auteurs russes. La vie y est difficile car il vit très pauvrement avec sa première femme Hadley, mais ce sont, dit-il, les années les plus heureuses de sa vie, celles où le bonheur fut si présent. C’est aussi l’endroit où les artistes se côtoient et où Hémingway rencontrera des écrivains et poétes comme James Joyce, Scott Fitzgérald ou encore Ezra Pound, qui deviendront ses amis, et une grande figure de la poésie et du féminisme comme Gertrude Stein avec qui les relations seront souvent compliquées. La peinture a d’ailleurs beaucoup influencé l’œuvre d’Hémingway.
Paris est aussi la ville des tentations auxquelles il est difficile de résister pour un homme qui ne gagne pas encore bien sa vie: les courses de chevaux, et surtout les superbes devantures des magasins ainsi que les restaurants et les terrasses des cafés qui exhalent l’odeur des plats commandés par les clients. Aussi le bonheur suprême pour Hemingway, bon vivant s’il en est, est de pouvoir s’offrir un succulent repas avec femme Hadley ou de déguster une bonne bière chez Lipp. Pourtant Hemingway ne court pas les salons littéraires ni les réceptions. Il préfère les promenades sous le Pont- Neuf où il regarde les pêcheurs qui font de belles prises en attrapant des goujons.
On découvre un homme aux goûts simples et au tempérament passionné, un homme qui aime ressentir l’atmosphère de Paris, qui sait observer et apprécier les changements de la lumière du jour, qui discute bien volontiers avec les garçons de café et les gens de son quartier. Un écrivain qui prend forme au contact d’une ville, de ses habitants et d’un univers unique parisien qui lui permit de devenir le grand écrivain que nous apprécions toujours.


Petit piment
Petit piment
par Alain Mabanckou
Edition : Broché
Prix : EUR 18,50

3.0 étoiles sur 5 L'avion qui n'attérrit jamais..., 30 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Petit piment (Broché)
"Petit Piment" vit à l'orphelinat de Loango à Pointe-Noire, au Congo, depuis son plus jeune âge. Il survit grâce à la présence d'un prêtre, "Papa Moupélé,"qui vient régulièrement leur apprendre les danses et chants traditionnels et grâce à la présence de son meilleur ami ,Bonaventure, et de Sabine Nangui qui joue le rôle d'infirmière et celui de mère en leur apportant la seule affection qu'ils peuvent recevoir dans cet établissement. En effet, le directeur et ses adjoints frappent les enfants et leur infligent des humiliations sans arrêt.
Une sorte de stabilité s'est instaurée pour les orphelins jusqu'au jour où Papa Moupélé "disparaît",avalé par l'instauration d'une révolution socialiste qui s'abat sur le Congo.
Il décide de s'enfuir avec les deux terreurs de l'orphelinat les deux jumeaux Songi-Songi et Tala-Tala.Ils vivent sur la Place du Marché et volent pour manger.Mais "Petit Piment" croise le chemin de "Maman Fiat 500", une prostituée qui le prend sous sa protection. La promesse d'une vie familiale qui de nouveau s'écroule à la suite de la décision du maire d'éradiquer les prostituées zairoises du Congo. Cette seconde "disparition" est celle qui le fera basculer définitivement hors du monde des hommes.
L' impossibilité de tisser des liens, de s'inscrire dans une relation durable le conduit à l'enfermement.

Ce roman est passionnant parce qu'il montre l'influence déterminante des choix politiques sur la vie des habitants et sur leur destin.Toute tentative pour se libérer d'une vie misérable est systématiquement entravée.
Il faut aussi compter avec une autre forme de puissance bien plus enracinée dans les esprits, celle des croyances, de la place des morts et du pouvoir des guérisseurs et de leur magie.C'est tout un monde surnaturel qui cotoîe un monde moderne dont les intérêts sont souvent inconciliables.


La fin de l'homme rouge -  Prix Médicis essai 2013 - Prix Nobel de Littérature 2015
La fin de l'homme rouge - Prix Médicis essai 2013 - Prix Nobel de Littérature 2015
par Svetlana Alexievitch
Edition : Broché
Prix : EUR 24,80

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Récits d'un peuple, 21 novembre 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Svetlana Alexievitch a sillonné la Russie pendant des années et s'est mise à l'écoute d'un peuple qu'on n'avait jamais pris la peine d 'entendre jusqu'ici. Elle a recueilli ces témoignages avec un soin extrême. Des témoignages de paysans, de petites gens, d'intellectuels, de managers.
C'est une occasion unique de revisiter et de retraverser, non sans douleur,le vécu de gens nés sous le communisme. On y cotoie leurs peurs légitimes et incessantes d'avoir vécu dans la peur d'être arrêtés, torturés, d'avoir vu leurs proches exécutés sous leurs yeux ou bien d'avoir été eux même arrêtés, dénoncés par un proche, un voisin et le terrible paradoxe qui habitent certains de regretter malgré tout cette époque, ce régime et ce pays, l'URSS ,qui n'existe plus alors qu 'eux continuent de vivre. S'ils appellent de leurs voeux la restauration du communisme, c 'est parce que le nouveau système capitalisme les a balayés et que la seule chose à laquelle ils peuvent se rattacher, qu'ils cultivent et nourrissent c'est cette souffrance qui est la preuve de leur existence.

Et c'est justement ce que souligne Svetlana Alexievitch et les différents intervenants , cette omniprésence dans leur vie de la souffrance qui fait obstacle à tout changement en Russie et surtout le culte de la mort si imbriqué eux eux depuis l'enfance à travers l'éducation soviétique et les récits de guerre.. "La vie ne vaut rien , il faut la sacrifier à un idéal", à la Patrie, au pays...Etre un héros avant tout.Et un héros ça meurt ou ça tue.
Mais comme dans toute dictature, un univers parallèle s'est crée, la vie dans les cuisines où la parole se libère et la "résistance s'organise", une bouffée d'air face à l'oppression.Et la littérature comme moyen de survie mais qui s'avère totalement inutile dans ce nouveau monde capitaliste.

Cependant la perestroika et les espoirs de liberté n'ont pas fait le poids avec l'arrivée d'un capitalisme sauvage. Faire fortune est devenu le crédo et les mafias se sont développées.

C'est un livre bouleversant, souvent insoutenable dans les descriptions des atrocités, mais aussi dans le récit du quotidien des gens. Un monde où chacun est livré à lui-même, où on ne peut rien attendre ni de l'autre, et surtout pas de l'état. Et un constat que partage l'auteur avec de nombreux Russes : cette incapacité à changer les mentalités, cette croyance que les choses changeront sans rien faire.


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