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Contenu rédigé par papi Mormès
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papi Mormès (gers)

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Commandos de choc Algérie : Le dossier rouge, services secrets contre F.L.N.
Commandos de choc Algérie : Le dossier rouge, services secrets contre F.L.N.
par Erwan Bergot
Edition : Broché
Prix : EUR 22,40

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 "Tort ou raison, c'est mon pays", 3 juillet 2017
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Commandos de choc en Algérie
Le dossier rouge
Erwan BERGOT

Dans l’avant propos de son livre Mr. Bergot était optimiste quand il écrivait : - « Dans cinquante ans, les historiens qui se pencheront sur cette période pourront entrevoir objectivement ce que fut réellement cette guerre qui n’osa pas dire son nom, sans accuser quiconque, sans condamner personne ».

La création du 11e choc fut décidée de suite après guerre, (1946), au bénéfice du service action du SDECE (pour la branche militaire), sous la tutelle de la plus haute autorité politique, la présidence du conseil. Il formera, à la manière des Jedburghs, des centaines de jeunes, opérationnels en commandos libres ou en centaines encadrés et parallèlement des cadres d’active ou sous contrats.
Le 11e avait fait ses preuves en Indochine. l’Algérie présentait un tout autre aspect, on était sur le territoire français ; des revendications indépendantistes se faisaient jour sous forme d'attentats et de massacres. Le but recherché était de provoquer la réaction par une répression disproportionnée que l'on pouvait exposer sur la place internationale. De terroriste on se réclamait victime. Un des principes de la guerre révolutionnaire.

En 1954 le problème du maintien de l’ordre va se poser avec acuité mais sans vraie réponse immédiate. Les attentats étaient des délits du droit commun, régentés par la loi civile et faisant l'objet d'une procédure judiciaire.
Jusqu'à fin 56 « le gouvernement de Guy mollet s’empêtre dans ses contradictions. C'est la confusion la plus totale ». Pendant ce temps la rébellion s’organise dans les Aures, en Kabylie, dans l’ Ouarsenis… Le gouvernement ne sait qu’envoyer de plus en plus de militaires du contingent et rappelle des classes. Sur le terrain la troupe est dans le flou, elle protège, se protège, quadrille le terrain de jour, s’installe dans la routine et s’enferme la nuit dans ses cantonnements.
Il a fallu la recrudescence des attentats à Alger pour que le gouvernement donne les pleins pouvoirs civils et militaires au général Massu pour le département algérois en janvier 57. Ce sera la bataille d'Alger.

Dès 54 se posa au SDECE la recherche de solutions pragmatiques et efficaces.
L'emploi d'un bataillon du 11e choc est déjà sur place en Kabylie.
- Il fallait enrayer les filières du trafic d’armes qui alimentaient le FLN. (Pendant qu'en métropole des intellos transportaient les valises de fonds destinées à l'achat d'armes leurs enfants tombaient sous leurs balles).
- Il fallait établir l'organigramme de la composante FLN, OPA politique et ALN militaire…connaître celui que l'on allait combattre.
- Il fallait s'immiscer dans les mouvances révolutionnaires FLN, MNA et populaires afin d'utiliser les rivalités séculaires entre les différents groupes ethniques et politiques. l’Algérie n’est pas un pays homogène, il y a les autochtones, les différentes tribus berbères : Kabyles, Chaouïs, berbères du tell, du rif ou des oasis. «  Les Berbères n'ont jamais pu constitué d'État berbère depuis la conquête arabe au Maghreb ». C'est un patchwork de tribus d'origines, d'obédiences, d'idiomes divers.
La direction du SDECE, depuis la « piscine », va donc activer tous ses réseaux de permanents en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient. Il fallait du renseignement, le nutriment indispensable pour élaborer une stratégie efficace. Et passer la main aux différents services (dont le service action) pour concrétisation.
Ce combat là était moins coûteux en vies humaines, un commando léger de deux trois agents était plus efficace (en opérant) qu’une compagnie. Et il y eu cette superbe intox de la « main rouge » à qui l'on attribuait des morts non-élucidable.

Dans ce livre qui fait suite à « Commandos de Choc en Indochine » Erwan Bergot va nous narrer, et il a la plume pour cela, cette passionnante aventure qui tient du romanesque, du picaresque, que l'on croirait inventée de toute pièce et pourtant elle fut dans ce qu'une guerre a de plus pernicieux et d'insoutenable la réalité dans sa cruelle expression.
Parmi ces faits d'armes il y a des hommes. Des hommes qui ont dans leur vocabulaire le sens des mots servir, devoir, engagement, don de soi, et qui se regardant dans une glace peuvent affirmer J'ai servi la France et en tirer fierté tout en restant ces humbles hommes de l'ombre qui ont un jour bousculé les lois du combat à ciel ouvert pour se rendre invisible.
Au service du 11e Choc il ne fallait rien attendre, ni reconnaissance, ni honneurs, ni décorations.

La première page du livre ouverte on a de cesse de continuer la lecture tellement cela est passionnant.


Artilleurs en Algérie 1954 - 1962 : Un défi relevé
Artilleurs en Algérie 1954 - 1962 : Un défi relevé
par Fédération Nationale de l'Artillerie
Edition : CD-Rom
Prix : EUR 29,80

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un bon document d'études., 30 juin 2017
Ce commentaire fait référence à cette édition : Artilleurs en Algérie 1954 - 1962 : Un défi relevé (CD-Rom)
Artilleurs en Algérie
Fédération Nationale de l’Artillerie.

Ce livre s’intègre parfaitement dans l’histoire de l’artillerie.
Il fallait que dans une guerre dite asymétrique l’artillerie puisse redéfinir ses missions. Redéfinir également les modalités opérationnelles dictées par un conflit qui sortait des normes conventionnelles enseignées dans les écoles d’artillerie.
Il fallait qu’elle fut présente par son écrit dans l’Histoire car elle est partie intégrante des armées combattantes.
Les artilleurs ont dû s’adapter et relever le défi d’être présents en appui de troupes extrêmement mobiles en opérations, d’assurer la couverture des barrages frontaliers, de déclencher la protection des postes isolés en moins de trois minutes, de couvrir les étendus de zones interdites en concentration dissuasive et ce 24/24 h. par tous temps et tous terrains. D’où une artillerie de campagne plus mobile, plus réactive, plus rigoureuse, tout en intégrant les innovations techniques les plus diverses, « poudres, optique, topographie, cartographie, météorologie, transmission... »
Les artilleurs ont dû également, dans leur sous-secteur et dans un cadre bien souvent spartiate, occuper le terrain : protéger les populations, observation et renseignement, devenir fantassins, ouvertures de routes ou pistes, protection, intervention, patrouilles de jour, embuscades de nuit, bouclages, ratissages, s’engager dans le combat souvent au corps à corps… être présent parmi la population, soutenir les chefs de douar, faire l’école, ouvrir des dispensaires… Un engagement permanent qui sortait de la guerre conventionnelle.

Un premier chapitre met en évidence l’historique de l‘artillerie en Algérie de 1830 à 1954.
Au début du conflit (1954) il n’y avait que trois groupes de campagne traditionnels émanation des 65°, 66° et 67° régiments d’artillerie d’Algérie. Puis chapitres suivants, évolution de l'arme tout au long de ces huit années. La définition de l'ennemi (son historique, son organisation, son armement...) ; le politique ; l'humain ; le géographique ; l'organisation et l'adaptation ; les modes d'action (opérations, commandos, supplétifs, pacification) ; le combat des frontières ; l'ALAT ; les FTA ; l'artillerie parachutiste ; l'engagement des hommes.

Ce qui conditionne le livre c'est le coté très technique mais jamais rébarbatif. De nombreuses photos, de plans, de graphiques, de chiffres et moult détails accompagnent la lecture. Chaque paragraphe est concrétisé par un récit du vécu sur le terrain qui décrit très bien ce qu'était la vie de l'artilleur au quotidien.
Ce qui m'a frappé c'est d’apprendre que plus de la moitié des groupes d'artillerie sont à pied (cad sans canons et opèrent comme des bataillons d'infanterie). Et qu'en 1962, à l'inventaire, l'artillerie de l'ALN se compose de huit canons de 105 SR, d'une douzaine d'obusiers de 122, de cent vingt canons de 75 SR, d'une douzaine de canons de 85 AC, de quarante canons de 35, de six canons de 76 et de vingt tubes antiaériens de 20, de mortiers de 60 et 81. Ce matériel opérant surtout aux frontières tunisienne et marocaine.

Livre d'un grand intérêt pour historiens, thésards, chercheurs mais aussi pour les passionnés et les curieux de l'Histoire.
La plus grande qualité d'un tel document c'est qu'il sort du domaine du récit, qu'il n'oppose aucun parti-pris, n'est dicté par aucune sensibilité politique et reste parfaitement neutre et que loin des controverses il remet bien des pendules à l'heure et efface bien des dénigrements qui n’ont lieu d’être.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 9, 2017 12:16 PM MEST


Opérations spéciales : 20 ans de guerres secrètes
Opérations spéciales : 20 ans de guerres secrètes
par Colonel Jean Sassi
Edition : Broché
Prix : EUR 10,14

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Testament d'un Enfant de l'empire., 25 juin 2017
Ce commentaire fait référence à cette édition : Opérations spéciales : 20 ans de guerres secrètes (Broché)
Opérations Spéciales
20 ans de guerres secrètes
colonel Jean SASSI

De tout temps le métier des armes a existé. Son but premier est la protection de la communauté et la sauvegarde de la nation. On y apprend la discipline, le respect, l’engagement et l’honneur.
Chaque siècle est pourvoyeur d’hommes d’armes au destin d’exception.
Jean SASSI fut un de ceux là, un des pionniers de la guerre non conventionnelle. Il était devenu une des références en matière de contre-guérilla. Il nous a quitté le 9 janvier 2009.
Peu de temps avant son décès il a éprouvé le besoin, lui l’homme si secret, de raconter ce que fut son engagement.
C’est Jean-Luc Tremblais, grand reporter, qui en sera l’initiateur et l’intervenant. Le livre abouti est présenté sous forme de questions-réponses. Et au fil des jours après bien des heures d’entretiens SASSI va peu à peu se dévoiler : «On a écrit tellement de mensonges sur la guerre d’Indochine ou sur la guerre d’Algérie. Le temps est venu de donner ma vérité, celle d’un soldat qui a fait son devoir pour la patrie, sans gloire mais dans l’honneur.»
Rapide passage sur ses origines, son éducation, sa jeunesse mais qui, comme pour beaucoup d’autres, expliqueront son comportement et seront à l’origine de ses décisions.
La guerre de 40 le surprend pendant son service militaire, il en dira : «La guerre est arrivée. C’est elle qui m’a choisi. Pas moi.»
Dans le «Foutoir» ambiant il rejoint l’armée d’Afrique, les FFL puis les Jedburghs en Angleterre. Il sera parachuté dans les maquis en France puis à la libération, «secoué» par ce qu’il voit :« … l’épuration dont j’avais été le témoin impuissant. C’était un pays malade, en pleine convulsions» il part pour l’Extrême-Orient, et c’est pour lui l’engrenage... d’abord l’Inde, Calcutta la force 136 puis l’envoûtante Indochine… ce «mal jaune» dont Larteguy se fera le chantre.

Après le coup de force des japonais le 9 mars 45 (deux mille européens seront sauvagement massacrés ; à Dong Dang les militaires seront décapités ; à Lang Son les 400 rescapés seront fusillés ou achevés à la baïonnette….) le SOE (Special Operations Executive) par l’intermédiaire du FIS (french indo-china section) décide l’envoi de commandos de la force 136 (Anglais, Français) destinés à intervenir à l’arrière des lignes japonaises.
De janvier 45 à mars 46, quarante trois Jeds seront parachutés chez les Hmong, les Rhadés et les Meos dans la zone des Hauts-Plateaux et cela sera, par petits groupes, des mois d’errance sans appuis, mal armés, en manque de médicaments, sans nourriture, sans contacts amis, pourchassés par les japs, mais Calcutta voulait du renseignement, la mission première de ces commandos.

Août 45 le Japon capitule. La conférence de Potsdam (Truman, Churchill, Staline, sans les français) divise l’Indochine en deux, le sud sous commandement britannique, le nord sous contrôle sino-américain. Washington s’affirmait anticolonialiste et francophobe. Hô Chi Minh déclenche aussi sec l’insurrection générale contre la présence française. On rapatrie les commandos, seuls trente trois rentreront vivants.

Le service action sera dissous en mars 46, le 11°choc va être créé. SASSI n‘y sera affecté qu’en novembre 49 comme instructeur.
Retour en Indochine d’août 53 à mars 55 au GCMA qui avait pour mission de développer la guérilla derrière les lignes ennemis. C’est la création des maquis autochtones.
Mai 54 Diên Biên Phu tombe. Juillet 54 le cessez-le-feu. Les maquis Méos doivent disparaître. Jean SASSI les arme et les transforme en soldats laotiens devant la commission de contrôle évitant ainsi leur destruction par le viêt-minh.
En les quittant SASSI avait un pressentiment, il écrit dans ce livre : «Pour les Hmongs, la guerre ne s’est pas terminée en 1975. Ils ont été plusieurs milliers à prendre le maquis à cette époque. La répression communiste a été terrible : bombardement au napalm, agents chimiques, villages rasés, etc. Trente après ils continuent à se battre, cachés dans la jungle, oubliés de tous. De 100.000 personnes en 1975 la population Hmongs est passée à moins de 10.000 aujourd’hui. Traqués dans leur pays ces survivants de l’armée des ombres défient toujours les lois de l’occupant communiste»

Après un passage comme instructeur à l’école d’application de l’infanterie il peut enfin repartir en Algérie au PC du général Faure pendant le plan Challe. En mars 60 «la maladie m’a fauché». Il est rapatrié sanitaire en France. Il reprendra du service en 63, désabusé, «C’est en Allemagne, au bord d’une route que j’ai enterré ma pilule de cyanure, vestige de mon passé Jed. A quoi pouvait-elle me servir désormais ?... il n’y avait plus de guerre» et prendra sa retraite en 71.
Interrogé sur les déclarations du général Aussaresse dans son livre «Services Spéciaux» il élude la question de conscience mais ne transige pas sur l’honneur du soldat et évoque «le livre blanc de l’armée française en Algérie».

En fin de livre sont annexées 95 pages de documents concernant les différentes missions qu’il eu à effectuer sous les Jedburgh, le service action, les maquis.
Une importante iconographie accompagne également le livre.
L’intérêt historique est indéniable.

Jean-Louis Tremblais relate en épilogue le ressenti de leur dernier entretien : 
«Pudique, il taisait ses blessures. Alors que nous regardions ses films en Indochine, les noires colonnes de partisans Hmongs serpentant vers Diên Biên Phu, j’avais senti sa gorge se nouer, ses souvenirs le submerger. Il n’était plus avec moi, mais la haut, «au pays des Nuages», chez les fils du Grand Chien Meo et de l’empereur de Jade.
Sans doute les a-t-il rejoints aujourd’hui.»
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 28, 2017 8:49 PM MEST


La Guerre en Algérie
La Guerre en Algérie
par GEORGES FLEURY
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Quand on fait simple on comprend mieux., 18 juin 2017
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Guerre en Algérie (Broché)
La Guerre en Algérie
Georges FLEURY.

Après une «délirante» discussion sur la guerre d’Algérie avec une prof d’histoire j’ai senti, comme un accusé le reçoit, le poids écrasant de la condamnation définitive et sans appel. Quelque chose s’était cassé dans les relais de l’Histoire. Une levée de vents contraires.
Orphelin de ce que j’ai cru avoir appris j’ai donc recherché des lectures sur l’histoire de la guerre d’Algérie. J’ai rouvert le livre qui, dans mes souvenirs, me semblait le plus pertinent historiquement. Celui de Georges Fleury. Cela n’est pas que ceux des historiens attachés à ce conflit n’offrent pas d’intérêt, c’est simplement une recherche de lecture facile, compréhensive et ne souffrant d’aucuns compromis.

Le livre est imposant, 640 pages. Georges Fleury, ancien de Jaubert, écrivain confirmé d’une quarantaine d’ouvrages pour la grande majorité sur les deux derniers conflits que sont l’Indochine et l’Algérie a repris la plume : - «J’ai déjà écrit sur l’Algérie. Sur les hommes qui y ont combattu. Sur les harkis. Je pensais ne plus jamais le faire…. à force de nous entendre seriner les mêmes questions demeurées sans réponses, je me suis dit que je devais me remettre au travail. Animé par le seul souci de me débarrasser de vaines passions et de m’en tenir à la stricte réalité, j’ai désiré raconter ce qui s’est réellement passé durant les événements d’Algérie… peut-être aussi pour que les enfants d’aujourd’hui, ceux de demain, se rendent compte que leur père ou leurs grands-pères n’ont pas été pires que d’autres, alors même qu’ils étaient confrontés à des situations extrêmes qui dépassèrent souvent ceux qui les avaient envoyés se battre dans ces djebels si beaux dont ils rêvent encore la nuit... et qu’ils entendent encore l’étrange et lancinante petite musique de là-bas. Celle de nos vingt ans...»
Dans cet avant-propos G. Fleury parle au nom des appelés du contingent qui «trente ans après n’ont toujours pas le droit de dire qu’ils ont fait la guerre…(le livre date de 1999). Ceux qui, sans se plaindre en sont revenus à jamais marqués dans l’esprit.»
En 2017 le fait de guerre a été reconnu pour tous ces appelés. Mais dans l’esprit des gens cette «sale guerre» elle, n’a pas trouvé sa vraie place dans l’Histoire. Elle est plus que jamais l’objet de conflits odieux et absurdes fomentés par une vision en dehors de son temps et de son contexte.

«La Guerre en Algérie» enfin, un livre bien charpenté, découpé en douze parties et soixante sept courts chapitres, ce qui allège considérablement la lecture, qui nous emmènent de la Toussaint rouge, premier novembre 1954, «une naissante élite d’enfants libres de l’Algérie a déclenché l’insurrection de la liberté contre l’impérialisme français tyrannique en Afrique du nord» radio Le Caire, jusqu’à la «naissance d’une nation», le 5 juillet 1962.
Chaque phase est bien documentée, bien détaillée, le fait historique se construit, au fil de la lecture, avec en parallèle le politique et le militaire. Dans chaque chapitre on a les dates, le contexte, la parole politique, l’action militaire, la situation civile en Algérie et en métropole, cela concours à une compréhension facile et précise des événements.
Le texte est émaillé d’actions militaires extrapolées de journal de marche et d’entretiens et comme G. Fleury a vécu certaines de ces actions il a la pertinence de l’écriture soldatesque et sait les illustrer avec exactitude et précision. Cependant il est sans concessions, n’épargne personne tant de l’armée, des HLL, des pieds-noirs, des politiques. Les faits sont là, non édulcorés.
Ce qui est passionnant, ce n’est pas tellement l’action militaire (quoique...Fleury sait nous en convaincre) mais toute la trame politique à Alger, à Paris et tant nationale qu’internationale. Ce sujet finalement est celui qui concerne la phase finale de la décolonisation. Et les dessous dont G.Fleury lève le voile ne sont pas des plus réjouissants. Les indécisions, les incompétences, les revirements, les complots, les coups fourrés, les promesses déliquescentes, pour ne pas dire pourries, un gouvernement en décomposition ne trouvant pas de solution de maintien d’ordre si ce n’est de se défausser par l’armée, des intellectuels qui se positionnent aux ordres de l’est, des militaires qui partent en dérive, une métropole qui n‘avait de vision que la récupération de ses enfants, une population dite «coloniale» incertaine sur son destin… (G. Fleury est plus modéré que moi dans ses propos).
On dit que la guerre n’a qu’un œil, cet œil c’est celui du soldat qui fait cette guerre. L’historien n’a pas le même regard mais il se doit de raconter. Quant aux autres …. qu’ils aillent fendre leur bois ailleurs.
La décolonisation c’est comme une grosse épine à extraire, laissant d’irréparables cicatrices si l’extraction se passe mal. Et cela fut le cas.
Ce que l’on apprécie le plus dans ce livre c’est qu’il est neutre politiquement, ne prononce pas d’opinions, ne donne pas de solutions, ne juge pas.
C’est peut-être une des plus saines lectures qui nous sont proposées sur le conflit en Algérie de 1954 à 1962. Car l'auteur est en dehors de toutes positions idéologiques, de rancune, de compromis, de lâcheté et de tout ce qui peut perturber un apaisement souhaitable.
Livre très complet, très détaillé, de lecture agréable.


Vandenberghe : Le commando des Tigres noirs
Vandenberghe : Le commando des Tigres noirs
par Charles-Henry de Pirey
Edition : Broché

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 « Et en un jour il fut roi de l’univers », 2 juin 2017
Ce commentaire fait référence à cette édition : Vandenberghe : Le commando des Tigres noirs (Broché)
VANDENBERGHE, le commando des tigres noirs.
Charles-Henry de Pirey

« plutôt la mort que la honte »
- Ce livre qui se voulait une simple biographie va nous plonger dans un mystère, le mystère de la conscience humaine.
Les circonstances vont happer la construction d’un gamin défavorisé de la vie, à l’instruction défaillante, le révéler à lui même, le guider et le conduire vers un destin à géométrie imparfaite puisqu’il en sera la victime.

La rusticité du personnage dans la brutalité de ses réactions va faire naître un personnage exceptionnel dont la trajectoire va s’inscrire sur la face apparente du héros de légende.
Héros de légende, certes non. Mais un guerrier instinctif et courageux, qui a ce sens inné du chasseur, ce désir de revanche sur la vie, cette jouissance de vaincre un implacable ennemi, le déjouer à son propre jeu pour l’anéantir. Abnégation, opiniâtreté, indépendance, ruse et courage sont les vecteurs du personnage. Et surtout ce besoin de commander, d’ordonner mais de ne pas se soumettre à quelque autorité que ce soit. Contradictoirement, un loup solitaire qui a besoin de sa meute. Un chef de commando avec un certain dédain de la mort.
Ch. de Pirey le décrit comme un personnage qui se trouve : « Dans un univers à part avec ses héros mythiques… monde assez déboussolé et chaotique, qui manque de discipline intellectuelle et de rigueur de jugement ». Mais il sut mener à bien la mission de nettoyage de la région de Nam Dim que le colonel Gambiez, qui l’avait repéré au 6 RIC, lui confia en 1950. « Je vous laisse toute latitude pour recruter un commando, comme vous l’entendrez et vous aurez liberté complète d’action … son nom est désormais « Commando 24 ». Bonne chance ».

Roger Vandenberghe ainsi que son frère Albert débarquent au Tonkin avec le 49 RI en février 1947 puis au 6e RIC. Albert sera tué le 6 juin 48. Le dernier membre de la famille. Roger se renferme sur lui même. Un jour il s’écriera, les larmes aux yeux, à la cantine de la compagnie : « L’Indochine sera ma tombe, mais je leur ferai payer la mort d’Albert ». Là va commencer son exaltant périple, son chemin de croix parsemé de victoires arrachées jusqu’à l’inconscience qui soulagent son désir de vengeance.
La suite se lit comme un grand roman de fiction guerrière avec ses joies, ses exaltations, ses coups d'éclats mais aussi ses souffrances.
Roger Vandenberghe mènera son combat en désespérance parfois, en recherche d’un éventuel soulagement à ses tourments et ce jusqu’à la ligne fatidique qui l’emportera. Une mort à l’image de sa vie, violente et tragique nimbée de « romantisme ».

Charles-Henry de Pirey, auteur de ce livre, jeune lieutenant a été nommé chef de peloton au 1er chasseurs en remplacement du lieutenant Bernard de Lattre de Tassigny mort au combat à Ninh-Dinh en 51. Ce peloton est engagé en appui du commando 24. Témoin des fulgurances des tigres noirs il en a été comme bien d’autres profondément marqués et c’est avec toute légitimité qu’il nous en fait le récit.
Un important apport photographique parfait ce document.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 3, 2017 3:14 PM MEST


Notre révolte
Notre révolte
par Challe Maurice
Edition : Fournitures diverses

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Général Challe, le stratège de la guerre contre-insurrectionnelle., 2 juin 2017
Ce commentaire fait référence à cette édition : Notre révolte (Fournitures diverses)
Notre Révolte.
Gl. Maurice Challe

- Ce livre date un peu (1968), mais en le relisant on est frappé par certaines approches et réflexions qui restent d’actualité, notamment sur l’OTAN, la politique américaine, l’Europe, le tiers-monde, le nationalisme, l’indépendance, la défense nationale…

- En avant propos : « Dans l’Histoire, les grands ensembles, les ambiances peuvent être véridiques, et les récits particuliers plus ou moins déformés. »
- Pour  légitimer son action  Maurice Challe pose ce postulat. : « il n ‘y a pas de raison d’état, il n’y a pas de loi au monde qui puissent obliger un homme à faire du parjure son pain quotidien ».

- Le livre débute ainsi : « Avant de disparaître je désire conter quelques histoires auxquelles j’ai été mêlé. Peut-être un certain nombre d’occidentaux apprendront ainsi comment les peuples libres vont à une perte prochaine .»
Tout débute par l’affaire de Suez le 6 novembre 1956 . Puis « l’histoire d’un chemin de croix vers la désespérance » (une quinzaine de pages seulement). Son procès, le verdict (31 mai 61), (une dizaine de pages). Le chapitre suivant, un peu plus long relate son action en Algérie où il expose ses directives lorsqu’il prendra le commandement des troupes en Algérie (décembre 58 à avril 60) et son plan opérationnel qui restera dans les annales « le Plan Challe ». Sur deux pages, schémas à l’appui, l’essentiel est formulé pour son plan.
Nota : le plan Challe se fait conjointement avec le plan de Constantine de Paul Delouvrier.
Un chapitre sur les barricades de janvier1960, Lagaillarde et son fort Chabrol. Suit un chapitre important car c’est le noyau du livre, « La Révolte », le putsch du 20 avril 1961 avec Jouhaud et Zeller. Sa construction et les causes de son échec.

La suite du livre (plus de la moitié du livre) consiste en de courts chapitres, deux trois pages, à la manière d’un journal où il fait part de réflexions, d’idées qui concernent la géopolitique mais également de pensées existentielles et philosophiques. Et là c’est la partie la plus intéressante du livre.
En fin de lecture cinq annexes, dont annexe IV les témoignages de harkis rescapés sur la tuerie des supplétifs de l’armée, harkis, moghzanis, anciens militaires. De la barbarie à l’état pur. La bestialité d’atrocités inexplicables.
L’annexe V concerne une déclaration devant le haut tribunal du commandant H.Denoix de Saint Marc, remarquable, émouvant, de grande tenue.
Une suite iconographique de 36 photos complète le volume.

Le paradoxe est que ce livre a été écrit entre 1961 et 1966 par un homme qui est en prison, la Santé puis Tulle mais qui pense, parle, écrit en toute pleine liberté, comme libéré d’un pesant poids que lui aurait imposé l’impossible conflit entre légalité et honneur. « En prison je reste un homme libre ».

Quoi que l’on puisse se permettre d’un jugement, le général Maurice Challe fut un grand militaire et un homme d’honneur.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 4, 2017 2:42 PM MEST


Aviateurs en guerre, Afrique du Nord - Sahara 1954-1962
Aviateurs en guerre, Afrique du Nord - Sahara 1954-1962
par Patrick-Charles Renaud
Edition : Broché

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5.0 étoiles sur 5 "Et la protection vint du ciel..."., 30 mai 2017
Ce commentaire fait référence à cette édition : Aviateurs en guerre, Afrique du Nord - Sahara 1954-1962 (Broché)
Aviateurs en guerre.
P-C Renaud.

Dès fin 1954 il parut évident qu’en Algérie l’aviation deviendrait un intervenant indispensable, tant pour l’appui-feu des troupes au sol que pour la surveillance des zones isolées.
l’étendu du territoire à surveiller (l’équivalent de cinq fois la métropole), l’insuffisance des effectifs présents sur le terrain, (nombre d’hommes du service d’ordre au km2) , la difficulté à se mouvoir au sol, conditions climatiques très dures, terrain escarpé jalonné de pics, de grottes inaccessibles, de ravins, d’oueds profonds, de forêts denses , de grandes vagues de dunes ; la montagne, la forêt, le désert. Tel est planté le décor de ce « théâtre des opérations » que l’on qualifiera de guerre quarante ans plus tard.

Début 1955 la rébellion s’intensifiera par le terrorisme en milieu urbain et par des actions cruelles et sanglantes parmi la population rurale musulmane et européenne.

Dans ses début l’aviation sera surtout d’observation et de renseignement. Ensuite elle sera d’appui et enfin de combat. La surveillance du littoral et des zones frontalières se fera avec l’aéronavale, l’observation par l’ALAT, le mouvement, le sanitaire et l’appui sol par les hélicoptères. Mais finalement tout se trouvera imbriqué et tout ce qui vole sera opérationnel et combattant.

Ce livre est le fruit d’un énorme travail car il va balayer d’ouest en est et du nord au sud l’action de toutes les escadres et, ponctué dans le temps, le détail de chacune des opérations qu’elles eurent à mener. Nous suivrons également l’évolution de l’arme aérienne s’adaptant au plus près à cette nouvelle forme de combat. Celle des hélicoptères est des plus flagrantes.

La tâche des aviateurs fut rude et dangereuse, un grand nombre de pilotes et d’accompagnateurs le paieront cher, même très cher.
Quelle que fut cette tâche, ils ne peuvent que s’enorgueillir d’avoir accomplit leur devoir. Honneur à eux.

Un livre à portée historique évidente, passionnant se lisant comme un grand roman d’action. Le livre est accompagné d’une intéressante et importante suite iconographique.


Les mensonges de la guerre d'Algérie
Les mensonges de la guerre d'Algérie
par Jacques Demougin
Edition : Relié

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4.0 étoiles sur 5 Un mensonge utile peut devenir verité., 24 mai 2017
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Les mensonges de la guerre d’Algérie
Jacques Demougin

- Ce livre n’est pas une nouvelle « histoire » de la guerre d’Algérie. Jacques Demougin a voulu simplement relever ce que le temps, les lectures divergentes, les œuvres partisanes, 50 ans après la fin du conflit, ont laissé ce qui apparaît être des vérités. Comment l’Histoire s’emparant des empreintes a fait distordre le réél.

L’auteur met en exergue : « le mensonge s’introduit naturellement dans l’information historique. Plusieurs raisons concourent à cette fin. La première est l’esprit partisan en faveur de certaines opinions ou de certaines tendances... » (Ibn Khaldûn 1377).
Et ce postulat : « le devoir de mémoire est un rituel commémoratif, qui fait porter aux générations présentes le fardeau de l’Histoire (Hegel) … La mémoire dénature les faits par une double projection du présent sur le passé et le passé sur le présent. »

- J. Demougin s’appuie sur une imposante documentation de ce qui a pu être écrit avant, pendant et après ce conflit par des militaires, journalistes, écrivains, essayistes, politiques, philosophes ... de toutes sensibilités, aussi bien du coté français qu’algérien.

- Le premier « mensonge » : « une guerre qui n’osait pas dire son nom ».
Sa démonstration : Le 18 octobre 1999 une loi reconnaissait que la France avait menée une « guerre » sur le territoire algérien. « Guerre d’Algérie » et non « guerre en Algérie » comme à l’époque les gouvernement ne cessaient d’affirmer, l’Algérie c’est la France.
L’Algérie forme depuis le 21 novembre 1849 un ensemble de trois départements, partie intégrante du territoire nationale. l’auteur développe ensuite, textes, dates, chiffres à l’appui. Et il apparaît que : -  « les hommes qui commettent des attentats contre les personnes et les biens, ne sauraient être considérés comme ayant un caractère militaire » - « Les rebelles, citoyens français opérant sur un territoire français, ne pouvaient donc être légalement tenus pour des belligérants ; au yeux de la loi comme au regard de l’opinion internationale, ils n’étaient que des criminels de droit commun. ». et que « si la France était en guerre, tous les français qui ont aidé l’ennemi en soutenant sa propagande, en le ravitaillant en armes ou en argent, tous les porteurs de valises sont devenus des traîtres de plein droit, et les soldats perdus de l’OAS, qui ont refusé d’obéir à leur hiérarchie militaire ne sont pas autre chose que des déserteurs devant l’ennemi. » On faisait une guerre en Algérie qui n’était pas reconnu comme guerre en terme juridique.
Puis suivent, un chapitre sur  les pieds-noirs, sur le FLN, sur l’armée, sur le terrorisme et la torture, sur les intellectuels, sur les rapatriés et les harkis, sur de Gaulle et sur les bilans.
Ce livre démontre que toute vérité de l’histoire basée sur les mémoires, subit avec le temps une déformation due à la vision du passé par le présent. Qu’un témoignage à chaud peut, par la suite, à la lecture de documents officiels (archives ouvertes) et recoupements avoir une autre interprétation des faits. Qu’il faut se méfier de toute vérité proclamée, mais qu'une non vérité peut servir de raison d'état. Que notre subjectivité issu de notre éducation n’est pas le meilleur révélateur. Une certaine approche de l’Histoire ne contient pas toutes les vérités.
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Le 11e choc
Le 11e choc
par Éric HUITRIC
Edition : Broché

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5.0 étoiles sur 5 « Nostalgie d’une époque où les héros n’étaient pas fatigués. », 22 mai 2017
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Le 11° Choc.
Eric HUITRIC

Au lendemain de la guerre il se trouva des militaires, de formations diverses et de "constitution atypique", sans affectation. Quand on a vécu les maquis, les SAS, la Résistance, les Corps Francs, il est difficile de passer du statut de soldat à celui de militaire !
Perdu dans le sud-ouest de la France, l’armée venait d’hériter d’une ancienne forteresse à Montlouis. L’occasion était trop belle d’y envoyer cette gent turbulente s’y refroidir. Cela soulagea la DPMAT en mal d’imagination.
L’on confia la mission, au commandant Yves Godard, de créer un centre d’instruction de formation commando. Le 11° Bataillon de Choc. Stage montagne à Montlouis, stage nageur de combat à Collioure. Le ministère de l’intérieur avait besoin de "bras" pour étoffer le service action (BCRA) du SDECE. Il s’appropriera le 11°Choc.

Indochine 1951, de Lattre veut renouer avec les tribus des hautes montagnes du nord Laos hostiles au viêt-minh. Le 11° est parfait pour çela. Ce sera les GCMA. Ils agiront dans l’ombre et seront d’une redoutable efficacité.
Juillet 1954, l’ordre est donné de rallier le sud du 17° parallèle.
L’auteur écrit : "Perdus avec leurs maquis, dans la jungle, certains cadres des GCMA ne purent être évacués. Quelques uns furent capturés par le viêt-minh et cruellement mis à mort. D’autres, après une odyssée épouvantable, réussiront à revenir… Alors, quand ils embarqueront à Haiphong, les français qui, sur ordre, auront abandonné au massacre et au désespoir les populations fidèles, feront un serment redoutable : celui de ne jamais plus commettre une telle ignominie. Huit ans plus tard, en Algérie, ce serment les conduira jusqu’à la révolte, la désertion, la prison et pour certain, le poteau d’exécution."

Décembre 1954, Algérie, le 11° Bataillon de Choc va être l’une des premières unités chargés de maintenir l’ordre. Mais comme il agit toujours dans la discrétion et dans l’ombre il va changer d’intitulé : le GM (groupement de marche). Cependant il restera le fer de lance du service "action" du SDECE.
Là c’est la grande aventure, le roman des coups tordus, l’obscure mais retentissante épopée des bérets bleus. Opération Oiseau Bleu, l’équipée Bellounis, le drame Kobus, opé sur le barrage, Ali Hambli, Si Sallah…

La deuxième mais courte partie concerne : "Bilan,avenir et doctrine des commandos spéciaux".
Et en fin de livre une suite iconographique où l’on retrouve Godard, Sassi, Bergot, Léger, Krotoff, Toqueville, Desmoulins…
. Aucun fronton n’honore leur nom et si cela avait du être ils l’auraient refusé. C’étaient des Hommes comme chacun d’entre nous mais ils avaient la foi, le courage et l’honneur.
Une passionnante page de l’Histoire militaire secrète.


De port Saïd à port Say
De port Saïd à port Say
par Bernard Estival
Edition : Broché

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4.0 étoiles sur 5 Fusilier-marin, l’efficacité du marin quand il pose un pied sur terre., 21 mai 2017
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De Port Saïd à Port Say
Amiral Bernard ESTIVAL

- Ce livre du contre-amiral Bernard Estival est un épisode détaillé relatant son expérience personnelle pendant la période 1956 à 1960 et vient en complément de son livre « La Marine Française dans La Guerre d’Algérie ».
Suite à la nationalisation du canal de suez par Nasser, le Royaume-Uni, la France et Israël préparent une riposte. Les intérêts divergent, monopole britannique, soutien actif aux front de libéralisation algérien, atteinte à sa sécurité pour Israël. Après pas mal de tergiversations l’attaque à lieu sur le canal. La marine sécurise et assure les accès de Port Fouad. Intervention des russes et des USA. Un flop.
Retour à Bizerte, la marine a pour mission la surveillance maritime des cotes tunisiennes et algériennes (surmar). l’approvisionnement de l’ALN en armes et munitions se fait par mer et transite par la Tunisie et le Maroc. Survient l’affaire de Sakiet. Juillet 58. Incident diplomatique. C’est le blocus de Sfax et de Bizerte. Puis l’enseigne de vaisseau Estival part à Siroco, (à l’est d’Alger) à l’école des fusiliers-marins et stage commando.
Septembre 1960 , le discours de de Gaulle enflamme les pieds-noirs. Barricades à Alger : - « enflammés par leur rhétorique méditerranéenne, occultant les véritables problèmes, négligeant la faiblesse d’une province isolée face à une métropole dont ils stigmatisaient l’ingratitude et l’incompréhension sans comprendre combien leurs propres problèmes étaient étrangers à leurs compatriotes, les algérois n’arrivaient pas à admettre la fragilité de leur situation. »

Bernard Estival part en stage de capitaine à Saint-Maixent puis est affecté au 3 eme bataillon de la DBFM à Nemours (redevenu maintenant Ghazaouet). Là c’est la partie la plus passionnante du livre. Les vicissitudes journalières de la vie en poste. Ces petits postes, plus ou moins vulnérables, s’étagent le long de la frontière, sur le réseau électrifié de la frontière algero-marocaine nord, de Port-Say à Bab El Assa. Et la particularité dans ce secteur c’est la parfaite symbiose entre marins, marsouins, artilleurs, soldats du génie, aviateurs.

Le contre-amiral Estival a écrit une dizaine de livre sur la marine de guerre. Sa plume est limpide et élégante…il y a une référence littéraire, philosophique ou politique à chaque chapitre « lecture » et une suite iconographique... Un réel plaisir de lecture.

Photo jointe : deux pieces de 105 à l'intérieur du réseau électrifié au sud de Bab El Assa. (décembre 1958)
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