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Contenu rédigé par Guy Vachaudez
Classement des meilleurs critiques: 320
Votes utiles : 1671

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Commentaires écrits par
Guy Vachaudez "Marcheur tranquille" (Bruxelles)
(TOP 500 COMMENTATEURS)   

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Symphonie n°6 "Pathétique"
Symphonie n°6 "Pathétique"
Prix : EUR 13,53

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Seul le silence peut répondre à la musique..., 26 avril 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Symphonie n°6 "Pathétique" (CD)
Certaines œuvres ne veulent pas vous lâcher...

Je pensais avoir trouvé LA version de la Symphonie Pathétique de Tchaïkovski (Symphonie N 6 Pathétique - Polonaise From Eugen Onegin). Je le pensais et, dans le même temps, je continuais à écumer tous les endroits où sont accessibles les commentaires et les évaluations sur les innombrables versions de cette œuvre vraiment exceptionnelle.

Je n'oserai donc plus dire que, cette fois, je la tiens. Pourtant, je ne vais vraisemblablement plus chercher...

La musique ne pouvant vivre qu'à l'endroit où elle avait été jouée, S. Celibidache s'était toujours refusé à fixer ses interprétations sur un support sonore. Ses héritiers ont, pour notre plus grand bonheur, permis de graver certains enregistrements. Celui qui nous occupe, et qui a été réalisé en public, est réellement bouleversant.

Ce qui frappe d'abord à l'écoute, c'est le silence respectueux du public après les applaudissements initiaux. Une fois Sergiu Celibidache en place, nous restons durant quelque 40 secondes dans un silence vivant, avant que la musique ne se fasse entendre.

Cette symphonie étant une des œuvres les plus enregistrées au monde, les différents mouvements ne se présentent plus.
Ici, ils sont menés avec une majesté et une lenteur inouïes. Il est notoire que Sergiu Celibidache n'accordait pas d'importance aux indications métronomiques de la partition. Il adaptait le tempo à l'acoustique de l'endroit ! Il faut savoir que la qualité, bonne ou moins bonne, de la musique entendue (de même que de tout ce qui produit du bruit) est influencée par de nombreux facteurs. Les parois, leur forme ainsi que leur structure et leur consistance, vont faire office de caisse de résonnance en renvoyant des ondes primaires. Le volume de l'endroit va permettre une réverbération naturelle en renvoyant des ondes secondaires. La note jouée va ainsi « se multiplier ». Tenir compte des spécificités acoustiques de la salle permet donc de faire vivre de manière optimale ces éléments ajoutés.

La lenteur du premier mouvement est parfaitement révélatrice du choix adopté par Sergiu Celibidache. La clarté, les détails entendus lors des moments puissants ou plus calmes, la plénitude sonore des épisodes plus forts qui peuvent, enfin dirais-je, se déployer et occuper l'espace sonore sans bousculade ou mélange, ... tout cela prouve l'absolue maîtrise sonore de cet immense chef.

Un mot sur la qualité de l'enregistrement. Il est remarquable. Le relief est surprenant et la scène sonore se reconstitue parfaitement. Les différents pupitres se distinguent sans peine. L'acoustique très naturelle enrobe véritablement les instruments dans les moments calmes et le volume de la salle est réellement perceptible. Quelle différence par rapport à un enregistrement en studio !

Les timbres sont d'un naturel confondant. Les cordes sont splendides, tant sur les épisodes « sautillants » que sur les longues phrases ondulantes ou les envolées de bravoure. Les cuivres ronds ou éclatants sont irrésistibles, les vents ont des timbres suaves et les percussions sont d'une totale précision et d'une puissance inimaginable.

L'interprétation est celle d'un musicien doté d'une sensibilité hors du commun. A aucun moment, que ce soit pour les volumes, les accents, les phrases musicales, la battue ou tout autre aspect, on ne ressent la moindre frustration ou la moindre réserve. C'est, et le mot est pesé, parfait !

Restent les silences, celui du public, ceux de la musique qui s'arrête pour un ou plusieurs temps avant de repartir. Le nôtre, tant il est improbable d'oser respirer lorsque notre cœur et celui de cette fabuleuse partition battent à l'unisson, de crainte que les deux respirations ne s'accordent pas totalement...

Les dernières mesures sont réellement bouleversantes. Les cordes se perdent à leur tour dans un silence que le public n'osera pas briser avant de longues secondes. Lors de certains concerts du Maître, ce silence s'est même parfois prolongé durant plusieurs minutes !

Et là, on réalise que la plus grande qualité d'un chef est de parvenir à libérer la musique, et ces secondes de silence deviennent alors l'expression de l'émotion ressentie et la marque du respect le plus profond.

Et enfin, on comprend que seul le silence peut répondre à la musique...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : May 23, 2016 11:38 PM MEST


Winter Poem
Winter Poem
Prix : EUR 23,36

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Magie de la première neige., 9 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Winter Poem (CD)
La musique de Secret Garden ne s'écoute pas simplement, elle vous porte vers le lieu où repose votre écritoire la plus secrète, celle sur laquelle s'est déposée la poussière parfois bienveillante de l'oubli. Repasser par les sentiers qui nous ont amenés à être aujourd'hui, c'est vivre des émotions qui n'étaient qu'assoupies. A moins que ce soient des sentiers non encore explorés que nous parcourions, des sentiers probables que nous voudrions bordés des fleurs du succès mais, qui le sont en fait des bourgeons de l'espoir...

Ce septième disque du groupe, si on compte "Dreamcatcher" qui est une compilation avec un seul morceau inédit, ne quitte pas la ligne suivie par ses prédécesseurs (les disques "Once in a Red Moon" et "White Stones" restant cependant mes préférés...). Le boîtier en carton contient un livret reprenant les textes des trois morceaux chantés, ainsi que de splendides photos à l'atmosphère hivernale, mais qui évitent les traditionnels paysages enneigés.
Rolv Lovland a composé la totalité des onze morceaux dont trois avec paroles. Comme dans les disques précédents, il tient la partie piano et est secondé par Fionnuala Sherry dont le violon distille des phrases musicales tendres et mélancoliques qui semblent toujours hésiter à se poser. Jouant sur les retards comme pour laisser vivre la musique un peu plus longtemps, elle nous invite à installer dans notre esprit la note qui va suivre. Quelle magnifique façon de nous inclure à ce rêve musical !

Ce poème de l'hiver ouvre nos yeux sur la première neige. Les ambiances sont calmes dans l'ensemble. La délicatesse est sans doute ce qui caractérise l'œuvre de Secret Garden, une délicatesse portée par une multitude d'instruments acoustiques, des voix ainsi que par un orchestre qui se fondent pour chanter en douceur et en tendresse. Peu de morceaux rapides, les notes dérivent comme des flocons de neige ou des cristaux de glace et saupoudrent des endroits d'une telle splendeur, que seule une joie émue, une espèce de langoureuse tristesse, peut les accueillir en nous. Face à un paysage de neige, le cœur sourit avec une respectueuse gratitude, et les yeux, se promenant sur cette blancheur magique, deviennent des fenêtres qui s'ouvrent sur toute la beauté de l'univers.

Les influences irlandaises sont réelles par moments, une caractéristique de leur discographie d'ailleurs.

"The Dream" (un des morceaux chantés) est proche de ceux de leur album "Once in a Red Moon" Once in a Red Moon.

"Powered By Nature", également chanté, rappelle le remarquable et puissant "Dawn of a New Century", sur le disque du même nom. Les voix sont splendides et captées à la perfection : naturelles, bien posées et "vivantes" (comprendre: accompagnées d'infimes bruits de présence). Les moindres inflexions sont captées, ce qui rend l'émotion vraiment palpable.

Que dire enfin du splendide "Suite", le dernier morceau ? D'abord, qu'il a été composé pour le Pavillon de la Norvège lors de L'Exposition Universelle de Shanghai en 2010. Mais surtout qu'il représente un magnifique condensé de toute leur musique. Une suite en six parties avec des moments où les notes ne sont plus qu'émotion. Après une introduction très harmonieuse, les cordes de l'orchestre vont tisser un univers ouaté sur lequel un violon cristallin va dériver. La musique va ensuite s'animer avant de revenir au calme de l'hiver et nous emmener vers des sonorités plus orientales pour ensuite terminer avec une force pétrie de douceur. Des instants où les notes et les timbres se fondent en une jubilation respectueuse.

Alors, avec un merci dans les yeux, on dérive comme ces premiers flocons, incapable de choisir s'il faut se poser ou scintiller au soleil hivernal et emplir le ciel d'étoiles...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 11, 2015 4:05 PM CET


Le Dernier Loup
Le Dernier Loup
Prix : EUR 18,00

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Entre urgence et sérénité., 18 juillet 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Dernier Loup (CD)
Avec cette magnifique partition enregistrée peu de temps avant son décès accidentel, James Horner nous offre un ultime voyage musical.

Entre urgence et sérénité, entre nature vaste et tranquille et bouillonnements des émotions, la musique va tour à tour ouvrir nos yeux sur des paysages splendides et les fermer pour ouvrir un espace intérieur où déployer nos ressentis.

Le thème d'ouverture est d'une grande beauté. Une voix aérienne, des sonorités orientales et une orchestration classique plantent un décor où l'harmonie teinte la grandeur de tons paisibles.
Le second morceau est un remarquable exemple d'une musique faite avec « rien », ou plutôt avec des éléments peu définissables. Une ambiance propice à une douce rêverie qui sera interrompue par un épisode plus énergique avant que la tranquillité s'installe à nouveau. Une tranquillité que seul le silence viendra prolonger...
Les autres morceaux vont alterner les atmosphères. Richesse des thèmes, profusion des timbres, moments où les cordes et des cuivres ronds murmurent des phrases d'une infinie douceur ponctuées de timbres cristallins : un voyage sonore d'une rare variété.

En remarquable orchestrateur, James Horner va nous enivrer. La douceur est présente, entrecoupée de moments plus lestes où la musique court avec une grande légèreté. Des épisodes plus puissants vont s'insinuer de manière naturelle, comme l'orage qui gronde au loin avant de déchirer le ciel pour s'évanouir à nouveau, perdu dans la brume où se dissipe la chaleur.

On reconnait en de nombreux endroits de cette vaste partition le coup de baguette et les signatures, voire des phrases musicales, de ses autres compositions, comme Braveheart, The New World, Avatar, Titanic ou Légendes d'Automne pour n'en citer que cinq. Cette façon unique de laisser vivre les traits de violons, ces notes répétées, ce sens du chant, ces déferlements d'une puissance si bien contrôlée, ces lignes musicales qui dérivent jusqu'à se poser nulle part, là où nos pensées et nos émotions nous précèdent... tout cela n'appartient qu'à lui.

Remarquable dernier témoignage d'un Maître qui sait nous emmener de l'autre côté de l'écran, là où nos propres histoires refont surface.

Il sait comment nous déposer entre sérénité et urgence. Ici, le regard se pose sur la douceur du couchant et là, les éléments se déchaînent.

Et à chaque écoute, le trajet reprend différemment, guidé par la merveilleuse équivoque des partitions de ce très grand compositeur.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 13, 2015 5:16 PM CET


Clés pour le zen. Un guide pour la pratique du Zen
Clés pour le zen. Un guide pour la pratique du Zen
par Nhat-Hanh Thich
Edition : Broché
Prix : EUR 17,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La leçon du pamplemousse, 16 juillet 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Clés pour le zen. Un guide pour la pratique du Zen (Broché)
Goûter un pamplemousse, c'est faire l'expérience directe de la réalité...
Se souvenir du goût du pamplemousse ou en parler, c'est établir des distinctions et en faire un concept...
L'expérience Zen, c'est entrer dans la réalité-en-soi...
Dire le Zen, c'est entrer dans les spéculations et donc, s'en éloigner...

Pourtant, cet ouvrage alignera des mots. Mais des mots qui sont des moyens habiles, des clés comme le dit le titre. Et une clé sert à ouvrir une porte; elle n'est pas un objet d'investigation intellectuelle.

Les quatre premiers chapitres qui représentent quelque 90 pages sont très éclairants. Mêlant des explications très claires et accessibles dans la toute grande majorité et de nombreuses citations et exemples précis, l'auteur met l'expérience Zen à notre portée. On a l'impression qu'un programme s'installe comme le ferait une mise à jour. Et très lentement, la bande verte progresse tandis que l'on ressent la chose « en soi », de manière directe sans que des mots ou des concepts soient nécessaires pour la fixer. Aussi longtemps que la chose est dite, elle n'est pas le Zen, car on établit des distinctions entre soi et la chose: c'est ce que l'on appelle la dualité. Lorsque vous faites l'expérience véritable d'une tasse de café, vous ne distinguez plus de différence entre vous et le café et aucun mot ne peut rendre cela: parler de l'expérience du café bu n'est pas boire le café...

Personnellement, j'ai perçu à la lecture des ces premiers chapitres que des vides et des manques se comblaient en moi, tout en désinstallant des applications qui m'égaraient.

Le chapitre suivant « Les empreintes du vide » reprend l'histoire du Zen, sa position dans le bouddhisme et explique de manière approfondie quelques points dogmatiques : la vérité relative et la vérité absolue, l'être et le non-être, l'impermanence, le vide, sujet et objet,... Une quarantaine de pages qui ont le mérite de la clarté et de la profondeur pour ceux qui veulent davantage s'instruire et alimenter la cognition. Mais on peut tout aussi bien rester dans le Zen et survoler ces pages en leur préférant l'expérience directe qui ne se nourrit pas de concepts.

L'avant-dernier chapitre est plus court. Il replace le Zen dans le monde actuel, parle de la vie monastique et des retraites de méditation en solitaire (qui peuvent durer plusieurs mois ou des années...), du rôle des laïcs, de la possibilité de réveil face aux dangers du fonctionnement de notre monde et de la technocratie.
Il est étonnant de noter qu'en Orient, le Zen a reculé, victime de l'attrait du confort technologique et de la consommation.
Par contre, l'Occident en recherche de valeurs plus essentielles a adopté le Zen, ce qui a eu pour conséquence de le relancer partout, y compris dans son berceau ! A la lecture de cette vingtaine de pages, on réalise l'universalité de cet esprit.
Hier, la réalisation de « l'Homme vrai » était centrale, aujourd'hui, elle l'est encore et demain cette priorité sera pareille.

Reste le moment le plus subtil du livre... 43 kong-an avec remarques et poèmes. Une traduction qui est une première ! Le kong-an, c'est une ou quelques phrases ambiguës, contradictoires, surréalistes et qui ne sont pas destinées à être comprises, car les raisonnements, les concepts ou les spéculations ne conduisent pas à l'Eveil. Le choc provoqué par un kong-an peut déclencher quelque chose, mais il est destiné à une personne en particulier, ce que le Maître sait... Il a une fonction plutôt qu'une signification. Mais il doit au moins avoir une signification pour la personne à qui il est adressé. Donc, le répéter à quelqu'un d'autre ou vouloir en percer le sens, c'est passer à côté de l'objectif. Le kong-an est un doigt montrant la réalité, se focaliser sur le doigt, c'est manquer la réalité.
Un exemple (bien connu...) de kong-an ? « Quel est le son d'une seule main ? »

Au-delà de la mode qui met le mot « Zen » littéralement à toutes les sauces, au-delà du sens que presque tout le monde lui attribue : calme, sérénité,... le Zen est l'expérience directe de la réalité. Il reste en parfaite correspondance avec les origines du bouddhisme.

L'éveil ne s'acquiert pas par des connaissances, de la réflexion ou des concepts que l'on manipule.
L'éveil s'acquiert par la pleine conscience, par l'expérience directe de la réalité. "Il n'y a pas d'illumination hors de la vie quotidienne."
Le Bouddha l'a dit, les adeptes du Zen s'en souviennent.

Loin des acrobaties intellectuelles, le pratiquant marche, simplement, dans la poussière que les dinosaures foulaient déjà à l'époque d'avant la mémoire. Et pourtant, il s'en souvient encore...
Alors, il s'assied, sort un pamplemousse de son sac et l'épluche sans se presser. Puis, le portant à sa bouche, il oublie enfin...
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 3, 2015 9:05 PM MEST


Cambrian
Cambrian
Proposé par RAREWAVES USA
Prix : EUR 16,31

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Dériver entre ici et nulle part..., 17 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cambrian (CD)
Chaque année, les « Cosmic Nights » rassemblent des passionnés d'un courant musical relativement confidentiel : celui de la musique dite cosmique. Un genre qui a vu le jour dans les années 70 et dont les principaux précurseurs sont Klaus Schulze et Tangerine Dream.
Comment décrire cette musique ? Les moyens sont très majoritairement électroniques : synthétiseurs et séquenceurs.
Le résultat ? Une musique dite planante aux timbres « artificiels » (peu ou pas d'instruments acoustiques), aux mélodies rares et dont la voix est presque toujours absente. Très spatial, voire « science-fiction »...

Serge Devadder se situe dans cette mouvance. C'est d'ailleurs lors de ces « Cosmic Nights » du 29 mai dernier à Bruxelles que nous nous sommes revus et avons échangé à propos de nos productions respectives.

Cambrian, son disque, est le fruit d'un travail qui s'est étalé sur 12 années !
L'atmosphère générale est celle d'une musique qui se déploie dans des espaces immenses. Un univers où dérivent des timbres très variés, traces sonores d'une vie qui se cherche...
L'enregistrement et le mixage sont d'une qualité optimale. Les plans s'étalent en largeur et en profondeur, aidés en cela par des réverbérations opulentes d'une très grande stabilité. Les timbres sont variés et travaillés à l'extrême. Pas de sonorités d'usine, d'orchestrations ou d'arrangements préenregistrés. La signature sonore est celle d'un artiste au style très personnel.

Le disque contient 11 morceaux pour un total de près de 70 minutes.
La pièce d'ouverture est une merveille d'harmonie dont est pourtant absente toute mélodie chantante. Des sons cristallins scintillent sur un monde aux couleurs discrètes et plus sombres. Léger et lumineux...
Les 9 pièces suivantes vont nous maintenir dans une ambiance homogène. Pas de véritables mélodies, mais un entrelacs où les timbres, les arrangements et l'habillage sonore nous plongent dans un univers tour à tour inquiétant, apaisant ou tumultueux et où nous glanons nos propres émotions. En effet, sous ce vaste océan musical, des courants se croisent, agitent les zones cachées. Alors, du tréfonds se détachent des bulles, émotions multiples qui vont se libérer en surface.

Ce qui m'a toujours frappé dans la musique de ce courant, c'est sa faculté de faire émerger nos ressentis, notre monde intérieur. Sans doute parce qu'elle est "incomplète"... Et pourtant, quelle richesse dans ce monde sonore ! Et que de mondes derrière cette musique ! Le morceau « As the last tribute passes away » en est un magnifique exemple.

Le dernier morceau est un chef-d'œuvre absolu.
Jamais encore je n'avais entendu vivre un univers...
C'est immense, désincarné et pourtant peuplé d'éternité.
Y souffle le vent de l'être.
Y chante la lumière la plus rare, celle que masque le silence.
Stupéfiant...

Un disque à découvrir, mais qui pourrait surprendre l'auditeur non initié.
Une plongée en apesanteur entre un ici et un nulle part que chaque parcelle de notre univers abrite.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 11, 2015 12:07 PM MEST


Un été magique
Un été magique
DVD ~ Morgan Freeman
Proposé par cinebox
Prix : EUR 9,22

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Le présent gâché et le présent caché..., 28 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un été magique (DVD)
Monty Wildhorn, Morgan Freeman, est un écrivain qui a connu la renommée. Aujourd'hui, il boit à plein temps et les mots n'apparaissent plus sur les feuilles de sa vieille machine à écrire. Son héros, un cow-boy du Far West, semble à la retraite.
Il va s'installer pour l'été dans la maison d'un neveu, ce dernier espérant ainsi lui redonner goût à la vie. L'endroit est calme et aéré. Les voisins sont accueillants, principalement Madame O'Neil, une charmante mère de famille qui vit là avec ses trois filles. Mais notre romancier à la retraite semble plus attiré par sa bouteille de whisky quotidienne que par ce nouvel environnement qui pourrait lui redonner le goût d'écrire et... de vivre.
C'est alors que Willow, la seconde des trois filles d'à côté, va croiser sa route.
Et elle n'a peur de rien...

Un film très rafraîchissant par son côté bucolique. On est loin des villes surpeuplées, du béton et du trafic. Les rues sont ceinturées de verdure, les paysages sont vastes et les gens sont simples et directs.

La musique de Mark Shaiman est très réussie. Elle se glisse délicatement dans l'histoire, comme le ferait une légère brise un soir d'été. Et la bande musicale fait même, à l'un ou l'autre moment, un détour par un thème classique très connu et qui est remarquablement exploité...

L'histoire est simple. Elle nous parle du cadeau caché, celui qui se trouve derrière tout événement, derrière toute difficulté ou même derrière la souffrance. Sans en faire l'apologie, on pourrait dire que les moments pénibles de l'existence, une fois la douleur aiguë passée, peuvent nous ouvrir les yeux sur un aspect qui se révèle positif, elle peut nous apporter quelque chose, nous dire quelque chose. Bien sûr, on souhaite tous éviter la souffrance. Mais si elle survient, on peut choisir de la transcender...

Remarquable présence de Morgan Freeeman, de Virginia Madsen (Madame O'Neil) et de Madelin Carrol (Willow). Ils donnent à leur personnage une consistance d'un réalisme troublant.

Quelques très belles phrases sur la création artistique. L'imaginaire, qui est peut-être une des plus grandes forces de l'univers, est mis en lumière avec une grande intelligence. Cette histoire facile recèle en effet des petits trésors, des idées sur lesquelles méditer.

Un beau film, empreint d'émotion, de bienveillance et de tendresse, une tendresse parfois masquée par une certaine rugosité. Les dialogues, au début de l'histoire, sont de fait parfois un peu abrupts.

Les blessures de la vie, difficile magasin où nous attend un improbable cadeau.
Un cadeau auquel on ne croit plus...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 6, 2015 7:06 PM MEST


Coffret noël 2 : CHRISTMAS WEDDING + Mrs MIRACLE + LOVE'S KITCHEN + COUP DE FOUDRE A NAPA VALLEY
Coffret noël 2 : CHRISTMAS WEDDING + Mrs MIRACLE + LOVE'S KITCHEN + COUP DE FOUDRE A NAPA VALLEY
DVD ~ Michael Feifer
Prix : EUR 11,55

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Quelques heures dans un petit jardin., 6 février 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
D'entrée de jeu, une précision importante : il ne s'agit pas à 100 % d'un coffret de films de Noël. Si vous désirez vous plonger totalement dans la magie de cette ambiance, vous risquez une déception.
Mais il y a de bonnes choses à y découvrir.
En fait, l'ordre dans lequel ils sont sur la jaquette, correspond (pour ma part en tout cas) à leur qualité.

« Mrs Miracle » est une très belle histoire. Seth élève seul ses jumeaux de huit ans. Entre son travail et ses enfants, il n'a pas de temps pour lui. Les gouvernantes se succèdent à une vitesse désespérante. Les deux jeunes garnements, délurés et espiègles, les dégoûtant en effet les unes après les autres. Jusqu'à l'arrivée inattendue de Mrs Miracle, une dame d'un âge respectable qui va bouleverser la vie de cette petite famille. Et même celle de Reba, une jeune femme qui ne parvient pas à cicatriser une blessure de cœur et qui va croiser leur chemin de manière très particulière...

« Love's kitchen » est un film fort plaisant à suivre. Rob est un chef très talentueux. Pour échapper à un passé douloureux, il va quitter son restaurant et ses mauvais souvenirs et va tenter de se lancer dans une nouvelle aventure culinaire. Il a repéré un pub à vendre dans un petit village. Le transformer en restaurant gastronomique ne peut se faire sans convaincre les guides culinaires. Kate, une guide qui avait descendu Rob lorsqu'il était dans sa période dépressive, habite l'endroit. Ils vont donc se fréquenter et devoir s'apprivoiser, car ils ne s'apprécient pas vraiment au début, et pourtant... Et puis, il y a certains habitants prêts à tout pour maintenir l'atmosphère calme du village, car un restaurant gastronomique attirerait bien du monde...

« Christmas Wedding » est une plaisante comédie familiale. Rudy et Cheri vont se rencontrer lors d'une balade avec leur chien respectif, un mâle et une femelle. Très vite, ils vont se fréquenter assidûment et vont faire des projets. Mais à deux, ils ont cinq enfants. Tout ne sera pas simple. Le mariage qu'ils envisagent pour le jour de Noël semble voué à l'échec...

« Coup de foudre à Napa Valley » est une histoire d'héritage. Wendy est étudiante et vit à la débrouille. Elle hérite du domaine viticole de son père qu'elle ne voyait plus. Nathan, un voisin également viticulteur, veut l'acquérir et bénéficier ainsi de son excellente réputation. Elle va rencontrer Chris, le fils de Nathan. Et ils vont se plaire, mais il ne lui dira pas de suite qui il est. Une belle embrouille en perspective...

Les deux premiers scénarios tiennent parfaitement la route. Les histoires se suivent avec intérêt, du fait également de l'émotion et du jeu des acteurs. Les rebondissements rendent les récits intéressants. La magie qui se dégage de « Mrs Miracle » en fait un excellent film de Noël. Le second met en scène des personnages un peu caricaturaux, mais l'énergie qui s'en dégage maintient la tension.
« Christmas Wedding » est nettement plus prévisible. Sans être vraiment ennuyeux, il est tout de même un peu poussif. Les personnages charment moins.
« Coup de foudre... » est beaucoup moins convaincant. Peu vraisemblable, voire naïf, il est difficile de se laisser aller dans l'histoire. Les personnages manquent de maturité et les péripéties de réalisme.

Ces films ne conviendront pas à un jeune public, sauf peut-être le premier (à partir de 8 ans) et encore... Les situations évoquées (disputes familiales, solitude, problèmes professionnels ou financiers,...qui émaillent ces histoires) parlent en effet davantage aux adultes.

D'une manière générale, la musique est de bonne facture. Elle n'est pas envahissante. Principalement acoustique, elle évite les pièges de la facilité et des compositions à la va-vite lissées par ordinateur.

Au total et dans l'ordre, quatre étoiles pour les deux premiers, respectivement trois et deux étoiles pour les deux suivants.
Pas incontournable, ce coffret vous procurera quelques heures de détente avec des histoires qui se suivent facilement. Certaines vous prenant davantage, certaines vous laissant en surface.

Dépaysement possible, mais à l'ombre d'un parasol.
Le voyage vous mènera en effet vers un petit jardin modeste et non vers des immensités verdoyantes entourant un lac sans fond où se reflètent des sommets lointains.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 3, 2015 9:09 PM MEST


Noël
Noël
DVD ~ Penélope Cruz
Prix : EUR 8,05

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un cadeau inestimable..., 1 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Noël (DVD)
Quelques heures à passer...
Quelques heures difficiles à négocier en ce soir de Noël délicat.

Rose vit seule et entre son travail et sa maman atteinte de la maladie d'Alzheimer, son existence est vide. Pas d'épaule sur laquelle poser sa tête, personne avec qui partager son café du matin, personne pour lui rappeler la tendresse... Pourtant, elle s'occupe de tout le monde. Et un soir, elle va se soucier d'un inconnu en train de mourir seul dans une chambre de l'hôpital où sa maman est internée. Un inconnu qui va bouleverser sa vie...
Nina aime Mike à la folie, mais la jalousie de ce dernier rend sa vie insupportable. Elle croit qu'elle est enceinte. Il n'en sait rien. Elle va s'enfuir après la scène en trop. Ils s'aiment, mais ne peuvent plus continuer ainsi...
Artie, un homme assez âgé qui dégage une douceur un peu trouble, est également attiré par Mike qu'il semble bien connaître. Pourtant, ils ne se sont jamais rencontrés.
Et enfin, il y a Marcus qui rêve de retrouver le seul Noël qu'il ait apprécié de sa vie. Il y a longtemps, encore enfant, il avait été admis aux urgences. Le personnel était en fête pour égayer les enfants. Apparemment, les infirmiers et les médecins de l'hôpital étaient plus accueillants que sa propre famille... Et aujourd'hui, adulte, il voudrait combler son vide d'amour en vivant le deuxième réveillon heureux de sa vie... à l'hôpital.

Quatre histoires dont on suit alternativement les péripéties. Des histoires qui se mélangeront par moments, mais sans convergence vers un feu d'artifice final où tous se retrouveraient en un lieu commun où autour d'un événement rassembleur. Le découpage équilibré rend le rythme très vivant. La lente montée des émotions est magnifiée par le passage d'un récit à l'autre, entretenant l'intérêt et permettant de s'interroger sur la manière dont les personnages que l'on quitte vont avancer dans leur soirée. Ce serait comme suivre quatre feuilletons en alternance.

La mise en scène privilégie le côté intime. Les lieux, les éclairages et le choix des cadrages induisent une proximité et une convivialité qui collent avec les différents récits. Pris dans une espèce partage intime, on se sent concerné comme le serait un confident.

La distribution particulièrement riche élève cette suite d'histoires à un niveau superlatif. Penélope Cruz, Paul Walker, Susan Sarandon, Alan Arkin Marcus Thomas et Robin Williams (dont le nom est absent de la jaquette !!) sont d'une justesse confondante. Les seconds rôles sont simplement des rôles plus courts, mais pas des rôles secondaires... Ces acteurs parfois oubliés méritent des éloges pour leur présence et la qualité de leur jeu ! Ils sont tout sauf des figurants.

La musique est un petit bijou supplémentaire. Vous ne l'écouterez sans doute pas, ce qui est le signe indéniable de sa plus belle qualité. Vous l'entendrez seulement, et elle deviendra un aspect équivoque et générateur d'émotions. La musique, acteur discret et oublié, comme l'ami qui amplifie vos moments subtils ou passionnés sans récupération, et qui se fait oublier quand rien ne vous trouble.

Il y a, en outre, un côté magique dans ces récits, une ouverture vers un Ailleurs inattendu.
Les guirlandes de nos sapins de Noël, par leur côté irisé, nous ouvrent parfois à une dimension moins rationnelle.
Ce Noël va, de manière imprévue, nous projeter dans une dimension magique.
Le Miracle de cette nuit est de réaliser que l'Essentiel n'a pas de poids et que l'Autre, et surtout l'Inconnu, est le chemin qui mène vers soi-même, car aller vers Lui nous construit tous les deux.

Derrière une mièvrerie de surface, une lame de fond va faire émerger la veine secrète, celle qui sommeille en chacun et qui a pour visage l'anonymat et pour prix la gratuité.

Nous parvient alors un cadeau inestimable. Un cadeau sans emballage ni ruban et auquel rien ne nous a préparés...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : May 30, 2015 9:34 AM MEST


Smitty Le Chien
Smitty Le Chien
DVD ~ Mira Sorvino
Proposé par plusdecinema
Prix : EUR 4,98

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Quand hier empoisonne aujourd'hui..., 26 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Smitty Le Chien (DVD)
La recette est connue... Elle le goût des repas familiaux ratés, de ceux que l'on prend les jours de discorde, les jours où personne n'entend la peine derrière la plainte.

Ben a 13 ans. Expert en déménagements, du fait de l'instabilité professionnelle de sa maman avec qui il vit seul, il va commettre la bêtise en trop avec des camarades de sa dernière école. Une grosse bêtise ! La juge laisse le choix à la maman : trois années en centre de redressement ou trois mois chez son grand-père qui est fermier et qu'il ne connait pas. Trois mois pour prendre des leçons de vie, et surtout comprendre qu'il a besoin d'un ami...

Les personnages sont typés.
Le grand-père est un homme froid et autoritaire n'ayant plus vu sa fille depuis 13 ans. La suite d'une vieille histoire dont ils soignent tous deux la blessure en quarantaine.
Ben, adolescent caractéristique, prêt à suivre n'importe qui. Exigeant, malpoli, ingrat, révolté,... Bref, un ado pur et dur que l'absence du père et le manque de référence ont encore fragilisé davantage.
La maman, une femme dépassée pas la difficulté d'élever son enfant seule. Elle se voit en outre contrainte de sortir de sa quarantaine pour reprendre contact avec son père. Sa vie est compliquée, combiner son rôle de mère, son travail de serveuse et son désir de reprendre ses études est de l'ordre de l'impossible.
Et puis il y a Monsieur Smith, un brave commerçant qui achète et revend des articles de seconde main. Un homme doux et bon qui cache dans une carcasse impressionnante un coeur gros comme ça. Son rôle sera d'ailleurs important dans l'histoire.

Un film vraiment agréable à regarder.
D'abord, pour le cheminement des personnages. Les paroles, les gestes et les situations vont les toucher, les faire avancer. L'autre comme révélateur, toute l'histoire de nos vies...
Ensuite, pour son côté aéré. Il est émaillé de nombreuses scènes en extérieur où les champs, les levers de soleil, les nuages permettent de diluer le mal de vivre et les peines.
Pour l'histoire également. Elle est en effet racontée de manière intelligente et laisse aux personnages le temps de réaliser les choses, un peu comme l'eau qui traverse la roche goutte à goutte, se purifiant en se frottant aux souillures du sol, traces cachées de sédiments anciens. Elle pourrait également être l'histoire de nos vies, du moins lorsque le présent parvient à filtrer les traces du passé, s'accordant ainsi une nouvelle chance de redevenir promesse.
Aussi pour Smitty , un adorable chien de ferme, aussi intelligent qu'attendrissant.
Et enfin pour la musique et sa merveilleuse équivoque. Une partition discrète et de très bonne facture, habillage judicieux des moments importants; acteur trop souvent oublié lorsqu'elle cadre si bien avec l'histoire.

Moins adaptée au jeune public, cette histoire de famille résonnera plus chez les adolescents et les adultes.
Elle ne contient pas de recette miracle pour une vie de famille réussie, mais montre simplement une famille qui tente de trouver le plat qui convient au plus grand nombre. Et pour cela, il faudra plonger dans le passé, retrouver les errements et repasser par le même chemin... ensemble.

Lorsque hier empoisonne aujourd'hui, il faut cesser de marcher en soliloque.
Seul compte le pas qui me mène vers la table dressée où tous s'arrêtent en même temps et où chacun entend enfin l'autre.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 30, 2015 9:49 PM CET


Le patchwork de la vie
Le patchwork de la vie
DVD ~ RYDER WINONA
Proposé par plusdecinema
Prix : EUR 9,98

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un édredon cousu au fil d'histoires d'amour., 21 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le patchwork de la vie (DVD)
Prendre du recul, s'installer pour les vacances à l'abri des soucis domestiques, retrouver la maison de sa grand-mère... Qui n'en rêve pas à certains moments ?

Finn (Winona Ryder) quitte pour quelques semaines la ville de Berkeley, la poussière et le bruit de son logement en cours de transformation, son fiancé qui l'a demandée en mariage et le bureau où elle prépare sa thèse de fin d'études. Besoin de travailler sans distractions, besoin de savoir que répondre au gentil garçon qui désire passer sa vie avec elle, besoin de se poser dans un endroit familier où elle pourra lisser ses ailes avant de, peut-être, prendre son envol dans la vie.
Elle arrive en pleine séance de couture: sa grand-mère, sa grand-tante et quelques autres dames du voisinage se sont rassemblées pour l'assemblage du traditionnel patchwork de l'année dont le thème est "Là où se niche l'amour". Un nom judicieux pour ce couvre-lit qui est leur cadeau de mariage. Chacune prépare une pièce que Anna, la maîtresse de l'oeuvre, va devoir utiliser pour créer l'harmonie au départ de tous ces éléments disparates, couleurs, thèmes, matières,... Un peu comme la vie qui est faite de moments si différents.
Et en cousant, les femmes vont laisser vagabonder leur esprit, glanant des souvenirs, repassant par des chemins fleuris ou par des chemins envahis par les ronces... Livrant leur histoire, leurs espoirs, leurs désillusions, elles vont dire l'amour, ce mystère qui trône au centre de toute vie. Les attirances, le désir, la passion, la trahison, toutes les folies dont il nous rend capables; mais aussi l'abnégation, l'acceptation, le refoulement, le don, la rencontre et la fusion , cette douce torture qui tue et exalte,...
Tout ce qui le rend vital depuis la nuit des temps est revisité.
Dans cette atmosphère de confidences, Finn va cheminer à la rencontre de ses sentiments et de ses doutes et, dans le même temps, elle va comprendre qui sont ces femmes.
Leurs yeux d'aujourd'hui posent sur la vie un regard entaché des errements de leur jeunesse.
Leurs paroles d'aujourd'hui disent encore les manques, exhortent d'autres à éviter leurs erreurs d'hier.
Et ces paroles révèlent la vieille douleur tapie dans leur coeur, trace ineffaçable d'une trahison ancienne qui restera à jamais impensable à chaque fois qu'elles l'évoqueront.
Et dans cette maison chaleureuse où le présent de Finn se nourrit d'histoires, le couvre-lit va prendre forme.
Mais un jour, elle va faire la connaissance d'un jeune et bel inconnu...
La voilà à la croisée des chemins de son propre destin.
Tandis que son gentil fiancé transforme leur future maison, elle ne peut détourner le regard de Léon...

Ambiance particulièrement réussie pour cette histoire assez lente qui évoque l'amour sur fond d'un présent molletonné et coloré. La vie des autres comme modèle, le passé des autres qui, comme les pièces d'un patchwork, vont permettre de comprendre qu'une histoire est une multitude de secondes où se sont déroulés une multitude d'événements.

Une histoire qui, malgré la souffrance évoquée, reste dans un registre doux et ouaté. La musique (How to Make an American Quilt) y contribue beaucoup. Des morceaux qui ne quittent pas le registre langoureux, avec des cordes qui glissent, un hautbois suave qui caresse et un piano aux marteaux enrobés de duvet... Thomas Newman nous promène une fois encore du côté de la douceur. Signalons la présence de six morceaux plus anciens (Bing Crosby, Benny Goodman, The Ink Spots,...), ce qui ajoute encore à la patine des épisodes de jeunesse des couturières du film.

Un film avec une présence majoritairement féminine, et servi par des actrices parfaitement investies de leur personnage.
A une époque (la nôtre) qui érige la mode ou la modernité en référence unique, voilà une occasion de souffler sur la poussière qui masque un passé que certains pensent peuplé de femmes et d'hommes incapables de passion amoureuse.
La vanité d'un contemporain que l'on croit innovant ne résiste pas longtemps à ce coup de plumeau.

Alors, confortablement installés sous l'édredon de nos grands-mères, on se prend à penser que l'amour, décidément, a été le premier mot de l'Humanité et qu'il sera aussi sans doute son dernier...


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