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Contenu rédigé par Bruce Tringale
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Bruce Tringale (France)

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DAREDEVIL : END OF DAYS T01
DAREDEVIL : END OF DAYS T01
par Klaus Janson
Edition : Album

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 DDébandade...., 12 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : DAREDEVIL : END OF DAYS T01 (Album)
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Daredevil The End est une mini série en 8 épisodes mettant en scène DD dans une réalité alternative. Il s’agit en fait d’un scénario élaboré par Bendis il y a quelques années dans le cadre de l’opération The End mettant en scène les derniers jours des Super Héros Marvel.

Matt Murdock, le visage défiguré par la raclée que lui inflige Bullseye est assassiné en public par son pire ennemi. Avant de succomber, il murmure un mot mystérieux : Mapone. Comme d’habitude, le préposé aux Murdockeries, l’infatigable Ben Urich va enquêter sur la mort de son ami pour chercher à comprendre ce que ce mot voulait dire. Au long de ces 8 épisodes, presque 200 pages au total, il va interviewer les amis de DD, ses ennemis et surtout ses femmes.

Pour mettre en scène la fin de son personnage culte, Bendis reprend les événements peu ou prou après son arc Hardcore, où Matt Murdcok disjonctait et se démasquait devant tout le monde au s’auto-proclamant Kingpin of Hell’s Kitchen. Ca tombe bien, votre serviteur avait toujours clamé qu’après cet arc, la qualité des histoires de Bendis étaient allées décroissantes.

Murdock continue ici son glissement vers le côté obscur. De plus en plus violent, il franchit la ligne rouge en tuant un ennemi. A partir de là, Urich et l’opinion publique ne voient plus DD comme un héros, et ses agissements deviennent de plus en plus mystérieux. Le picth, comme toujours avec Bendis est plutôt excitant. Mais très vite, le lecteur qui refuse de se laisser aveugler par la beauté du dessin voit que quelque chose cloche.

.Premièrement, Bendis a déjà écrit cette histoire il y a 10 ans dans l’arc Cauchemar où Ben suspectait que les agissements de DD avaient plongé un petit garçon ,Tim, dans un état catatonique. Bendis est plutôt honnête sur ce coup là. Il inclut cette histoire dans la continuité en reproduisant des pages entières et en mettant en scène un Tim devenu adulte élevé par Urich.

Tous les défauts de ce qu’est devenue l’écriture de Bendis se déchaînent : Une intrigue décompressée frimeuse, des pleines pages qui ne servent qu’à remplir du vide, une histoire catalogue où défilent les personnages venant dire bonjour, et surtout une enquête ennuyeuse qui n’avance pas d’un chouia au fil des épisodes…. La révélation du mot Mapone est complètement alambiquée : une fois connue, arguments lourdingues répétés des fois que, le lecteur a l’impression de s’ être fait berné ( je suis un garçon poli ) .

Comme pour Décalogue, Bendis veut se la jouer cinéphile en singeant le Rosebud de Citizen Kane. Sauf qu’à l’instar d’Urich, le lecteur n’apprend rien , sur Mapone, sur Murdock, ni sur les personnages secondaires. Il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir comme Gaiman ou Ennis parler d’un personnage absent. Ici DD est totalement évacué avant de revenir dans la dernière histoire sur un claquement de doigt….

La plupart des réactions des témoins sont hallucinantes d’idiotie : Nick Fury révèle à la fin qu’il détenait le dossier Mapone et le donne placidement alors qu’il aurait pu le faire dès le début. Milla Donovan est devenue une mégère brutale qui gifle sans raison Urich qui venait de lui dire que son fils était beau. Entre temps, Bendis semble oublier qu’elle est aveugle, encore un symptome à sa propension à massacrer ses personnages et ceux des autres !

Quant aux autres femmes du récit, il en fait des pondeuses éplorées tentant de reconstruire leur vie après le décès de Matt. Ces femmes, on vient de le voir, sont écrites hors des clous, et représentées avec des jeunes enfants roux, des mini Murdock du même âge, suggérant que notre héros était polygame et a fait des marmots à toutes ses copines une nuit après l’autre.
Mention spéciale à Elektra, qui accompagne son fils jouer au foot le jour de l’enterrement de son amant et fait preuve d’une brutalité lamentable envers Urich. Ce n’est pas la première fois que Bendis massacre allègrement la ninja grecque mais alors là, c’est le pompom….

Ce qui est complètement dingue, c’est que les sauts dans le temps que Bendis propose sont complètement carabinés, inexplicables et à contre pied de la plupart des caractères mis en scène…. Ah ? Milla n’est plus aveugle ? Matt Murdock avait un plan post mortem ? Stick est capable de se réincarner ? Bref des personnages creux, une intrigue plate invraisemblable où Bendis parvient à déglinguer ses personnages en leur faisant faire et dire n’importe quoi, une fin nulle et une histoire décompressée sur huit volumes où les dessinateurs se font plaisir….

Encore une Bendisserie laborieuse, loin, bien loin de l’effroyable concision, de la violence et de l’économie verbale d’un Garth Ennis qui clôturait en moins de 40 pages la vie de Frank Castle avec Richard Corben sans toute cette débauche de moyens : quatre dessinateurs par histoire, des ( très belles) couvertures alternatives par dizaines pour une montagne qui accouche de sa souris habituelle…..


Love in vain
Love in vain
par Jean-Michel Dupont
Edition : Broché
Prix : EUR 19,50

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Pleased to meet you, 2 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Love in vain (Broché)
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Love in vain est une biographie illustrée du bluesman Robert Johnson. Il s’agit d’une histoire complète publiée par Glénat dans un format à l’italienne. Une traduction des chansons les plus célèbres de Johnson complète le programme à la fin de l’album.

Comme ce serait facile de jouer au loto avec les chiffres que Robert Johnson nous a laissé ! Premier musicien mort à 27 ans, il ouvre le bal du club des 27 où le rejoindront par la suite Janis Joplin, Brian Jones, Jim Morrison, Kurt Cobain ou Amy Whinehouse. Il laisse derrière lui 29 chansons enregistrées, seulement 2 photos de lui authentifiées, 3 tombes éparpillées aux Etats Unis se disputant chacune l’authenticité de sa dernière demeure et une légende romanesque aussi dense que celle de James Dean qui mourra 18 ans plus tard.

Une légende finalement devenue plus célèbre que la vie et l’oeuvre du musicien noir : un soir sur un carrefour du Mississippi ( Crossroad ) , le jeune Robert aurait pactisé avec le Diable en personne ! Le guitariste devint alors le meilleur bluesman de sa génération avant de disparaître tragiquement empoisonné par un rival amoureux et/ ou des suites d’une syphilis foudroyante.

Avant lui, seul peut être Mozart provoqua la fascination du public pour un destin aussi tragique que génial. Le rock, qui fut la première musique populaire à bâtir une mythologie autour de ses musiciens, ne pouvait que se pourlécher d’une telle aura. Sans Jonhson et l’influence qu’il eut sur Clapton, Hendrix ou les Stones, la musique du Diable aurait perdu son principal prophète ! Héros du rock, il était tout à fait logique que Johnson devienne un héros de BD.

Robert Johnson revit via le dessin habité de Mezzo ! Et ceci n'est que la première page !
Robert Johnson revit via le dessin habité de Mezzo ! Et ceci n’est que la première page !

Love In Vain ( du nom d’une de ses chansons que les Stones reprendront dans Beggar’s Banquet ) retrace donc tous les grands moments de la vie de Robert Johnson. La plus grande force du scénario de Jean Michel Dupont est de parvenir à nous intéresser au destin d’un musicien au parcours fulgurant sans qu’il soit nécessaire d’apprécier le blues. Approuvé par Lawrence Cohn, le producteur de l’album Robert Johnson The Complete Recordings, voici un ouvrage qui force le respect par le sérieux de son entreprise et la sobriété de son exécution.

Tout y est : de la naissance de Johnson dans le Mississipi bringuebalé de père de substitution à sa mère abandonnique. Sa vie entre l’apprentissage du blues et cette fameuse nuit qui changea sa vie. Ses amours, où le jeune Robert doté d’un physique imparable tombe toutes les femmes qu’il croise sensibles à ses paroles explicitement sexuelles. Ses blessures : Jonhson aurait connu le grand amour avec sa femme de 16 ans avant que celle-ci ne meurt en couche avec son bébé. Et bien sûr, sa mort mystérieuse et foudroyante.

De ce côté donc, Dupon fait un travail rigoureux : les dates, les anecdotes, les personnages secondaires ( Johnny Shines, Howlin Wolf et la crème des bluesmen de l’époque). Johnson y est décrit comme un musicien aussi brillant, capable de reproduire instantanément une chanson entendue à la radio, que faillible.

Pourtant, l’album terminé par une amusante pirouette narrative ( la voix off qui raconte la vie et la mort de Jonhson est celle de Satan elle-même qui achève son récit par le drame d’Altamont), un sentiment de frustration étreignit votre serviteur. Oui, la tâche de Dupont n’est pas des plus aisée : raconter la vie d’un type mort il y a un siècle ( ! ) et démêler la réalité de la légende.

Mais le scénariste semble tomber dans le piège de l’exercice biographique : l’enchaînement de séquences fortes sans transition entre elles, sorte de best of de la vie de Johnson. On obtient alors un récit elliptique, hâché qui survole son sujet sans vraiment réussir à nous le rendre attachant. La voix off du Diable relève du gimmick, ouvertement inspiré de Sympathy for the Devil, mais n’amène pas de progression dramatique ni de tension liée au compte à rebours des pages défilantes comme autant de minutes à vivre pour Johnson. Que ce soit la rencontre avec le Diable ou la mort de Johnson qui auraient pu être le clou du spectacle et finalement mises en scène ici de manière plus qu’anecdotiques.

Reste le dessin de Mezzo qui après avoir brillé sur une autre oeuvre maudite, le Roi des mouches, est au sommet de son art pour le roi du Blues ! Chaque page est une merveille pour les rétines où transparaissent l’exigence et la rigueur du dessinateur. Pour son noir et blanc, Mezzo trouve habilement pour chaque personnage ce qu’il faut d’ombre et de lumière. Et son niveau de détail est hallucinant: le pli des vêtements, le regard des personnages, les arrières plans, la reproduction à l’identique des flacons d’alcool et de shampoing, la position des doigts sur le manche de guitare. Lors des scènes collectives tous les personnages ont quelque chose à faire, un regard, une expression qui leur est propre.

Mezzo gâte son spectateur puisque les pleines pages sont nombreuses et que chacun d’entre elles racontent une histoire, un moment. Le trais gras et appuyé de ce dessinateur qui aura passé sa carrière à rendre hommage à Robert Crumb et Charles Burns, épouse parfaitement le propos de la moiteur du bayou.

Au final véritable album photos retranscrit par le dessin sensationnel de Mezzo, cette biographie imagée de Robert Jonhson n’aura pas été…vaine. J’ai notamment apprécié les nombreuses parenthèses de Dupont autour de la condition des noirs aux Etats Unis qui pouvaient perdre la vie simplement pour avoir regardé une blanche sur le trottoir d’en face. Dommage que le scénario survole parfois son sujet et ne parvient pas à percer le mystère du guitariste diabolique. Mais était ce le propos ? Le diable seul le sait….


Cinquième Beatles (Le) - tome 0 - Le Cinquième Beatles (one shot)
Cinquième Beatles (Le) - tome 0 - Le Cinquième Beatles (one shot)
par Andrew Robinson
Edition : Relié
Prix : EUR 19,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Mourir d'aimer, 29 décembre 2014
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Non ! Paul Mac Cartney est formel : Si quelqu’un mérite le titre de cinquième Beatles, c’est Brian Epstein.Toutes les personnes qui ont vu des vidéos des Beatles connaissent Brian Epstein, au moins de visu : un beau jeune homme, tiré à quatre épingles, toujours souriant.

C’est lui, qui en 1961 qui les découvre dans une salle mal éclairée de Liverpool ( La Caverne ). Lui qui les relooka, qui leur organisa des concerts toujours plus gigantesques, qui encaissa les coups lorsque Lennon proclama que son groupe était plus célèbre que le Christ. Lui qui imposa à cet abruti réactionnaire d’Ed O’Sullivan que ces poulains puissent passer dans son show et fut à l’initiative de leur percée aux Etats Unis. Lui qui, à l’article de la mort, organisa le premier concert diffusé dans le monde entier autour d’All you Need is Love. Un événement suivi il y a 50 ans par 400 millions de personnes !

Lorsqu’Epstein décède d’une surconsommation de tranquillisants, il n’a que 34 ans. C’est une perte immense qui anéantit le groupe alors en train de faire les marioles en Inde. Cette histoire lui rend hommage. Et montre que les Beatles avaient un manager qui leur ressemblait: un type authentiquement doux, aimable, éduqué incapable de vacherie, de colère ou de coups bas.

Le britannique cumulait les tares : il était juif et homosexuel. Et les auteurs rappellent qu’à cette époque, aimer les hommes était passible de prison ! Une scène montre le traumatisme d’Epstein : celle où pensant séduire un homme, il se retrouve rossé de coups par lui. Epstein vivra son homosexualité comme dégradante, sordide, comme une sexualité déviante à réprimer. Alors que le monde entier s’envoie en l’air grâce à l’immense vague d’espoir que la musique des Beatles engendre, Epstein se bourre de tranquillisants, crève de solitude et entretient une fascination morbide pour la corrida. Il est à la fois le Torero dans son habit de lumière seul face à la foule et le taureau blessé qui meure sous les banderilles.

Ce qui est souvent bouleversant, c’est la relation de confiance exceptionnelle entre les Beatles et leur manager ! Les Beatles ne sont rien au moment de leur signature. Et Epstein est un disquaire qui n’a jamais managé personne. Leur rencontre est un coup de foudre exceptionnel, qui ne prendra fin qu’avec sa mort ! Epstein n’a jamais d’aigreur ou d’amertume ! Il est capable au contraire de sortir de son lit d’hôpital pour lancer la sortie de Sergeant Pepper !

Plusieurs scènes touchent droit au coeur : Notamment celle où Epstein subit un chantage odieux de la part d’un gigolo qui menace de dévoiler son homosexualité à la télé. Epstein, si seul, qu’il imaginait chaque rencontre comme un amour sincère qui lui sauverait la vie. Epstein qui découvrait en temps réel le métier de manager du plus grand groupe de tout les temps. Epstein trop honnête, pour manger les cachets de son groupe. Epstein qui opposa sa pureté authentique à l’épouvantable cynisme du Colonel Parker qui lui conseillait d’exploiter les Beatles comme il le fit pour Elvis.

C’est parfois très répétitif notamment sur la fin. Mais les auteurs savent mettre en scène un homme dépassé par le succès d’un groupe qui battait records sur records. Pour aller toujours plus loin, Epstein invente sans le savoir tout ce qui dénaturera le rock par la suite : le Merchandising, les tournées monstres, les concerts de stade. Mais il a l’innocence du nouveau né et le personnage suscite un immense capital d’empathie du lecteur du début à la fin de l’histoire. Et paradoxalement, le livre fait l’éloge de la débrouillardise et de l’artisanat !

Les dessins de Robinson et Baker alternent entre réalisme et caricatures. Les couleurs sont absolument magnifiques, et la mise en scène, les cadrages ne sont pas sans rappeler celles de Frank Miller pour son Dark Knight Returns, autre grande parabole d’une légende confrontée aux médias. On regarde ahuri ce pauvre Lennon devoir s’excuser à la TV pour contrer les menaces de mort à son encontre! Lui ! qui sera finalement assassiné par un autre frappadingue !

Au final malgré un scénario qui tourne en rond, l’histoire de ce cinquième Beatles est un magnifique portrait d’un homme qui sacrifia sa vie pour rendre le monde heureux. Vivek Tiwary confie avoir été fasciné pendant 20 ans par le destin d’Epstein avant de se lancer dans l’écriture du scénario. Epstein, un homme qui aima les Beatles plus qu’il ne s’aima lui même. Epstein qui a dû se retourner dans sa tombe quand Lennon en solo chantait qu’il ne croyait plus aux Beatles ! Un homme qui mourut d’aimer, un fou solitaire sur une colline venteuse qui avait seulement besoin d’amour….


The Walking Dead Volume 22: A New Beginning-
The Walking Dead Volume 22: A New Beginning-
par Robert Kirkman
Edition : Broché
Prix : EUR 14,34

7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 She's not there !, 16 décembre 2014
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Cet article traitera du volume 22 de la série qui compile les épisodes 127 à 132. La sortie française est planifiée pour le 25 janvier 2015. Il peut dévoiler des moments clés de l’intrigue en fonction du niveau d’attente du lecteur.

Depuis le début de WD, nous suivons l’évolution d’un groupe de survivants mené par Rick Grimes pour survivre puis pour reconstruire un semblant de civilisation. 22 volumes plus tard, ce groupe n’a plus rien à prouver à son lecteur. Kirkman l’acte dès le premier épisode avec une mise en scène originale : il introduit un nouveau groupe de survivants mené par une femme et qui demande asile à nos amis.

L’action est vue par ces personnages frais qui découvrent les actions de Rick. C’est à leur tour d’être les sceptiques : ce Rick Grimes si charismatique est il un honnête homme ? Et qui est ce mystérieux prisonnier Negan qui les supplie du fond de son cachot ? Très vite ces personnages à inégalité d’informations avec le lecteur amène une tension insoupçonnée. En voici enfin qui ne tombent pas immédiatement sous le charme de notre héros.

WD est une série axée sur la confiance et qui montre les conséquences catastrophiques que peuvent avoir son déficit ou son excès. Kirkman ne perd pas de temps : le groupe de sont des gens biens mais leurs doutes vis à vis de Rick risquent de tout faire chavirer. Pour la première fois depuis l’épisode 100, la tension est de nouveau là et c’est un sentiment délicieux !

D’autre part, pour la première fois de la série, Kirkman effectue un saut dans le temps ! Une idée simple et efficace. Environ 3 ans ont passé depuis la fin du conflit contre Negan. Sophia et Carl sont des ados avec des poussées d’hormones, Maggie est devenue mère d’un petit Hershell et Rick Grimes est devenu une sorte de patriarche ventru, boiteux et barbu ! Oui ! ce héros qui aura tant souffert accède à une respectabilité qui le met en retrait… Il est devenu clair que la série à son image est devenue plus mûre et plus seulement axée sur l’affrontement physique. Les séquences de Charlie Adlard montre que notre héros qui aura été estropié, amputé et canardé n’est plus en mesure de se battre comme durant ses jeunes années.

Kirkman réussit un tour de force : il arrive à écrire 5 épisodes autour de petits riens : la production de céréales permettant les premières brioches, les premiers alcools, la renaissance de l’acier… La communauté est désormais organisée, mène des battues savamment répétées pour éloigner les zombies du camp. Et Carl souhaite quitter son père, le plongeant dans le désarroi du parent paniqué à l’idée de perdre son enfant. Maggie peut enfin élever un bébé sans craindre qu’il ne se fasse dévorer. Il n’est plus question de survie mais d’une vie paisible et harmonieuse.

C’est de toute cette vie qui se réinstalle dans sa normalité dont il est question. Et Kirkman parvient à écrire sur le bonheur sans que celui-ci ne soit ennuyeux. Bien au contraire, le lecteur partage trop les souvenirs des souffrances de ses héros pour ne pas jouir avec eux du plaisir d’un coucher de soleil. L’amour que ses personnages se portent entre eux n’a d’égal que l’attachement inouï que le public a développé envers ces créatures de papier.

Pourtant Kirkman continue d’instaurer de grands moments d’angoisse et de suspense : il y est question de la disparition de Michonne sans que le lecteur n’ait assez d’indice pour savoir de quoi il s’agit. Negan en prison est toujours aussi dangereux et plus manipulateur que jamais. Le bref échange entre Rick et lui figure d’ores et déjà comme l’un des meilleurs écrits par Kirkman pour la série. Enfin, il attise la curiosité du lecteur autour de rumeurs terrifiantes : certains zombies auraient acquis la parole et la capacité de se servir d’armes. Le trade se termine avec la confrontation contre ces zombies new-age et finit sur un cliffhanger insupportable. La vérité est bien en dessous de ce à quoi nos amis s’attendaient !

Des nouveaux personnages secondaires enfin intéressants, un dessin qui soigne les expressions des émotions des personnages, un équilibre formidable entre horreur et normalité, son invitation au changement, une réelle évolution des personnages principaux et le retour des zombies ne font pas seulement de ce nouveau départ un retour en grâce d’une série qui avait perdu de sa superbe,mais, oui on peut le dire, l’un des meilleurs arc narratif depuis le début de la saga !


Wet moon Vol.1
Wet moon Vol.1
par KANEKO Atsushi
Edition : Broché
Prix : EUR 8,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Le monde des loges, 14 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Wet moon Vol.1 (Broché)
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Wet Moon est une mini série de 27 épisodes parus entre 2011 et 2013 dans le mensuel japonais Comic Beam. Ecrit et dessiné par Asushi Kaneko, né en 1966 et auteur de la série Soil, ce récit en trois volumes a une fin. Les éditions Casterman précisent avoir retouché les images en postface tout en conservant le sens de lecture japonais. Il en résulte une belle édition à la traduction soignée mais avec quelques images montées à l’envers….

Le récit se déroule en 1967 dans une ville imaginaire au Japon. Un homme affublé d’une balafre poursuit fébrilement une jolie femme angoissée avant de la perdre de vue. Cet homme s’appelle Sata, ce n’est ni un tueur en série, ni un violeur mais un flic sur la piste de Kiwako Komiyama, une criminelle aussi belle que dangereuse ( elle a découpé son amant précédent en morceaux….).

Tout à sa honte d’avoir laisser filer Komiyama, Sata sombre dans l’obsession la plus totale en placardant systématiquement, frénétiquement…passionnément son avis de recherche dans la ville. Mais très vite il est évident qu’Astsuchi Kaneko ne va pas se contenter une banale histoire de gendarmes et de voleurs. Totalement tourné vers l’art européen et américain, le mangaka va barder son histoire de références cinématographiques occidentales. Au point de la transformer en catalogue.

Sata n’a rien d’un héros stéréotypé. Il n’est ni spécialement beau, ni intelligent, ni imposant. Il est l’objet de raillerie impitoyables de ses collègues corrompus qui se foutent de sa candeur proche de la stupidité. Il est particulièrement agaçant et passe les 3/4 du bouquin à avoir l’air ahuri et à répéter les mêmes dialogues. Et Sata n’est pas aidé. Suite à des circonstances mystérieuses, il a subi un traumatisme crânien avec un mystérieux morceau de métal près du cerveau. Il en résulte que notre inspecteur est en proie à de violentes migraines, amnésies et hallucinations terrifiantes.

Au beau milieu d’une poursuite ou d’une conversation, le voici convaincu d’être sur la lune, celle de Georges Méliès, avec un morceau d’obus dans la tête. Qui évoque bien évidement sa condition à lui d’homme avec du mental planté dans le crâne. Sata voit également un mystérieux orifice métallique en forme de vagin. Et sa recherche de Komiyama va l’amener au delà de notre monde, de notre réalité, nappée d’un voyage dans le temps et surtout autour de la folie.

La première impression, lorsque l’on feuillette Wet Moon c’est de se demander si l’on a à faire à un manga ! Casterman rapproche l’art de Kaneko de Paul Pope. On se sent pourtant bien plus proche de l’univers malsain de Charles Burns, l’auteur des mutations de Black Hole. Ce trait volontairement anti-daté, ses aplats de noirs gras, ces expressions de visages figés, et ce découpage de l’action.

Il est difficile de lâcher les trois tomes de Wet Moon une fois immergé dans cet univers malsain, souvent grotesque et inquiétant. Alors que Kaneko aborde son histoire avec tous les clichés du genre : amnésie, femme fatale et corruption policière, il retire progressivement les pièces du puzzle à son lecteur pour compliquer le propos. Exactement comme un certain David Lynch à qui Wet Moon emprunte beaucoup.

Comme dans Blue Velvet la banale normalité sociale de Sata va être confrontée à un monde perversion, de la nuit à la limite du fantastique. Comme chez Eraserhead ou Elephant Man, le lecteur côtoie des créatures venant des abysses de l’humain : un homme sans bouche, un maire avec gorge tuméfiée repoussante, un albinos frappé de nanisme et deux frères siamois muets.

Sata semble poursuivre une blonde fatale sur plusieurs vie sans jamais pouvoir l’avoir comme le héros du traumatisant Lost Highway. Et la pureté apparente du héros tourne à la psychose sanguinolente venant tout remettre en cause de ce que lecteur avait crû comprendre comme dans Mulholand Drive. Et bien sûr, comment ignorer les allusions évidentes au monde des loges de Twin Peaks ? Son parquet zébré, ses créatures bizares et la distorsion de la réalité ?

Car Sata est détenteur d’informations qu’il ignore : la liste de toutes les personnes corrompues de la ville, des informations convoitées par le maire marron, ses collègues ripoux, un informateur mystérieux qui semble venir du futur et une organisation mystérieuse de connivence avec des puissance supra terrestre qui ne sont pas sans rappeler …Mik Ezdanitoff, le mystérieux contact alien de ….Tintin du vol 714 pour Sydney !

Voici donc ce qui fait la force et la faiblesse de Wet Moon. Ce qui commence comme une intrigue réaliste finit par un voyage au pays de l’absurde et de la citation. Kaneko n’est pas salaud ; comme Lynch, il laisse suffisamment au lecteur de pistes pour que celui-ci reconstitue une intrigue à la carte : libre à lui de savoir ce qui relève du domaine du rêve, de la réalité et de la folie. Et naturellement, certaines énigmes initiales restent finalement sans réponse au détriment de l’intrigue générale.

Or les personnages de Wet Moon jouent mal. Ils sont peu habités, sans grande psychologie, chacun limités à une expression de visage. Au contraire des héros de Lynch, ils n’inspirent ni compassion, ni empathie, simplement une vague curiosité et un voyeurisme certain ( notamment dans les scènes dans un club sado-maso).

Mais alors que les films de Lynch sont une boite de Pandore que le spectateur choisit d’ouvrir pour se confronter à l’indicible, le discours de Wet Moon reste plutôt creux se limitant à des effets visuels inquiétants réussis mais sans réel contenu ni d’émotion.
Avec cette Lune Humide Astsuchi Kaneko se donne beaucoup de mal pour jouer l’américain underground et agit comme un bon faussaire : il reproduit à l’identique une synthèse parfaite des films de Lynch sans jamais pouvoir s’en affranchir complètement. Son univers est très marquant esthétiquement et ravira les amateurs de monstres et perversions.

A force de vouloir raconter une histoire tentaculaire sur fond de course à l’odyssée lunaire, Kaneko n’en raconte qu’une très banale et oublie que tout n’est pas dans le style et la citation…


Uncanny X-Force: The Dark Angel Saga Book 1
Uncanny X-Force: The Dark Angel Saga Book 1
par Rick Remender
Edition : Relié

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Par delà le bien et le mal, 14 décembre 2014
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Angel est l’un des 5 premiers Xmen. Son pouvoir est relativement banal au regard de la montée en puissance des Xmen à venir. Warren Worthington III est milliardaire. Son seul pouvoir est de pouvoir voler grâce à des aîles qui lui ont poussé dans le dos à l’adolescence. Recueilli par Charles Xavier, c’est un X-man assez anodin, qui sert souvent de roue de secours aux scénaristes de la série pour expliquer les fonds illimités dont bénéficie Charles Xavier pour financer son école.

Pendant le Massacre Mutant, Angel est capturé et gravement mutilé aux ailes par deux vilains. Amputé de celles-ci, Warren décide de se suicider et meurt en avion. En apparence seulement car il est sauvé par Apocalypse, le mutant fasciste obnubilé par la sélection des espèces. Angel, ce beau garçon aryen qui justifiait son surnom d’ange avec son physique de rêve ( pas un hasard si l’Hitler des X-Men porte son regard sur lui), est transformé en Archangel, une créature bleue aux ailes d’acier meurtrières et à l’âme damnée. Univers Marvel oblige, le lavage de cerveau qu’il subit ne dure que quelques épisodes et Archangel finit par retourner du côté des anges.

Scott Lobdell et Fabian Nicieza lui offrent quelques moments de bonheur dans les années 90 : il tombe amoureux de Psylocke et retrouve sans aucune explication ses ailes en plumes dans un épisode mystérieux. La décision de Lobdell de ramener Angel à un niveau de pouvoir inférieur n’est pas repris par la suite des scénaristes. C’est même carrément n’importe quoi, le personnage subissant des changements drastiques parfois le temps d’un épisode aussitôt oubliés dans ceux d’après. Si bien que lorsque commencent les années 2000 plus personne ne sait quel sont les attributs de Worthington.

Bref quand Remender reprend la série, ce personnage n’est plus que l’ombre de lui-même massacré par des années de mauvaise continuité avec son amante Psylocke d’ailleurs. Donc voilà : Apocalypse n’a pas choisi Worthington par hasard. Archangel est une personnalité implantée dans le subconscient de Warren pour succéder à Apocalypse. Lorsque commence le run de Remender, Angel est un héros diminué, vulnérable qui tente de lutter contre ce parasite qui ronge son âme. Il est aidé par Psylocke qui tente par tous les moyens psychiques dont elle dispose pour protéger son amant de l’aura maléfique d’Archangel. Dès le premier épisode, X-Force commet des actes horribles en préméditant des assassinats et en exécutant froidement un enfant susceptible de devenir le tyran.

Face aux remords et à la violence que déchaînent ces actes, Angel va sombrer du côté obscur. Définitivement. Contrairement à la culture super héroïque classique, Warren ne parviendra jamais à triompher du mal qui le ronge. Malgré lui. Malgré ses amis. Malgré les efforts bouleversants de Psylocke pour le sauver, Warren devient complètement dingue. Dingue ? Pas vraiment ! Car Remender pour la première fois tente d’expliquer les motivations d’Apocalypse qui s’exprimait auparavant en quelques phrases génériques pour justifier ses actes : » L’âge d’Apocalypse commence, que les plus forts survivent« .

Warren tue des milliers de personne en les brûlant vif. On comprend que la rédemption de notre ami est impossible lorsque le lecteur médusé assiste encore à la mort d’un enfant dans les bras de sa mère. Pour autant, les motivations d’Angel ne sont pas infondées. Les mutants à l’époque ont été victimes d’un génocide propre. Tous ont perdu leurs pouvoirs à l’exception de 200 individus pendant House of M. L’ambition d’Angel est de rétablir un ordre naturel fondé sur l’évolution des éspèces et non sur la magie. Ses pouvoirs lui permettent de recréer une humanité lavée des péchés des pères et des luttes raciales pour lesquelles les Xmen se sont sacrifiés. Mais cette évolution forcée, froide et scientifique se fait bien évidement au détriment de vies innocentes et de tout sentiment humain.

L’ancien X-Man accomplit son devoir de purification sans cruauté, ni sadisme. Mais sans aucune humanité ni d’état d’âme. En moins de 10 épisodes, Remender écrit une histoire incroyable plein de sous textes et fort d’un suspense insoutenable. Il commet une faute de script monumentale en ramenant les Xmen d’Age of Apocalypse. Ceux-ci ne sont pas issus d’une réalité alternative. Et le Healing Factor de Wolverine continue de le guérir au delà du raisonnable. Pour autant, Remender construit une fable souvent philosophique mettant en lumière les notions fondamentales des dangers du pouvoir absolu, du mal, du bien et d’une science sans conscience.

Remender écrit ici une histoire plus grande que les personnages qu’il met en scène. The Dark Angel Saga, c’est une fable sur le renconcement de l’être humain à ses idéaux. Chez Scott Lobdell, c’était la mort de Xavier, véritable Christ qui plongeait les Super Héros en enfer. Chez Remender c’est la renonciation volontaire aux idéaux pacifiques des X-Men qui les conduit au chaos. En tuant, en complotant, en renonçant au pacifisme de leur mentor, X-Force renonce à toute notion d’amour et de compassion envers l’autre. Et se trouve dans la même position qu’Angel : Tuer quelques individus pour le bien commun. Plus rien ne les différencient des vilains qu’ils affrontent sinon des consciences salies et meurtries ainsi que le souvenir de leurs idéaux héroïques.

Pour autant Remender ne plonge pas ses héros dans de la violence gratuite. Et finalement cette histoire pleine de sang et de violence est étonnamment morale. Elle montre que le bien et l’amour ne sont pas que des notions abstraites, ni une faiblesse. Mais bien un état contre nature à l’opposé des lois naturelles édictées par Warren. Le bien est un choix difficile, l’amour un sacrifice contre nature impliquant de renoncer à toute notion d’égo, de bonheur ou de plaisir durable pour maintenir l’humanité en vie. En y renonçant, l’homme cède à ses pulsions violentes qu’il planque derrière des notions des théories justifiant ses crimes. Le plus fort n’est jamais assez fort s’il ne transforme pas sa force en droit écrivait Rousseau dans le Contrat Social. La pureté du rêve de Xavier a été souillé par l’usure de ses soldats, par le principe de réalité. Et quoi de mieux que d’illustrer la chute de ce paradis utopique par la chute du Xman nommé Angel ?

Warren ne revient pas vivant de ce voyage au bout de la nuit. Sa résurrection serait scandaleuse. Et Remender écrit des pages souvent bouleversantes où Psylocke, une femme habitée par un amour douloureux, impossible, mais loyal, refuse de renoncer à la mort de cet homme qu’elle aimait. Elle quitte le registre de pimbêche sexy des années 90 pour incarner une femme forte prisonnière de ses sentiments, déchirée entre la loyauté et l’obligation de mettre à mort le danger que Warren incarne.

Son acharnement à le sauver rappelle bien sûr celui de Scott Summers à aider Jean Grey alors que tout l’accable dans la saga du Phénix Noir. Psylocke fait littéralement des allers et retours en enfer pour sauver son amant. Comme un médecin, elle s’acharne avec l’énergie du désespoir mêlé à l’aveuglement à soigner la tumeur mortelle que l’X-Man est devenu. Il est d’ailleurs beaucoup question de cancer dans cette histoire.

Et alors que Cyclope assistait au suicide de Jean, Psylocke dans une séquence marquante tue son amour pour le libérer. Aucune joie sur son visage. De la tristesse , de l’amertume et du dégoût dans ce superbe moment dramatique capté par Jerôme Opena. Les dernières séquences où elle soulage Warren à l’agonie en lui projetant la vie imaginaire qu’ils n’auront jamais sont sûrement les plus lyriques jamais lues chez les Xmen.

En jouant sur le temps, l’espace et la violence, Remender ne fait pas que fournir un divertissement aux adultes en mal de bastons explosives. Il répond clairement étape par étape à la question » tueriez vous Hitler enfant si vous pouviez remonter le temps » ? Et renvoie les adultes à leur responsabilité d’éducateurs en rappelant les préceptes d’Alice Miller, la célèbre psychanalyste qui démontrait dans C’est pour ton bien, que les enfants maltraités d’hier sont devenus les tyrans d’aujourd’hui. Et que la méthode de Xavier qui consiste à éduquer et « aimer » ses mutants reste la moins destructrice possible. Affirmation corroborée par Deathlock cyborg psychopathe capable de lire l’avenir qui vire hippie au fil de l’histoire !

Au final le pouvoir et la responsabilité chère à Stan Lee ne s’applique pas qu’au Super Héros mais à tous les parents dotés d’un pouvoir surnaturel : éduquer un enfant avec bienveillance et compassion pour sauver notre avenir ! Tout ça dans un Comics Mainstream d’une maison d’édition rachetée par Disney spécialiste de l’infantilisme et du gâchis de son patrimoine ? Ouais ! Et ce n’est pas le moindre mérite de cette histoire époustouflante toujours pas publiée en France ! Insensé !


KICK ASS 3 DELUXE
KICK ASS 3 DELUXE
par Mark Millar
Edition : Album
Prix : EUR 26,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Le gamin qui valait 3 Millars, 8 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : KICK ASS 3 DELUXE (Album)
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Le troisième opus commence après que Kick-Ass se soit mis à dos la mafia en envoyant le fils du parrain local Chris Genovese à l'hosto et que Mindy ait été incarcérée. Dave échoue lamentablement à faire évader sa copine, s'engage avec ses copains dans une mini Civil War, tombe amoureux et se désintéresse progressivement de ses activités costumées. Il devra pourtant affronter une dernière fois la famille Genovese...

Ce qui étonne dans les cinq premiers épisodes sur les huit qui concluent cette saga, c'est la presque absence des scènes spectaculaires voire gore qui ont fait la célébrité et la faiblesse de la série. Millar décide de revenir aux fondamentaux du charme de sa mini-série : la comparaison entre le mythe et la réalité de la vie de Super-Héros. La gérance d'une fortune employée à fabriquer des super gadgets, les cartes de visites ( bourrées de fautes d'orthographes), les discours pré-écrits pour sonner façon Batman une fois les vilains à terre.

S'il faut parler du génie de Millar, c'est dans ses séquences que celui-ci intervient : la différence et la déception entre les illusions de grandeur de nos apprentis héros et la déconfiture inévitable aux antipodes des actions garanties de succès de Frank Castle ou de Bruce Wayne.

Millar sait également faire évoluer Dave Lizewski ; Kick-Ass n'est plus le loser pathétique du début. Il bénéficie désormais de suffisamment de maturité et d'entrainement pour mener à bien (la plupart de ) ses missions. Comme Peter Parker, la vie en costume devient la fuite en avant d'une existence qu'il a foutue en l'air : ses amis et son père sont morts à cause de lui. En tombant amoureux et en perdant son pucelage, Dave pense plus à se déshabiller qu'à enfiler sa tenue de ski.

Alors bien sûr on est chez Mark Millar.... Il fait au moins trois fois son auto-promotion en insérant des plans où les héros lisent ses comics. Le personnage d'Hit-Girl est toujours aussi amusant qu'improbable et ne permet pas vraiment à Millar d'aller jusqu'au bout de son histoire. Chacune de ses apparitions plus spectaculaires, notamment une scène où elle s'entraîne à passer sous un train, éloigne le lecteur de la fable réaliste du départ. Et de voir une fillette en prison ( !) avec une camisole ( !!) prendre le contrôle d'un pénitencier ( !!!) demande au lecteur beaucoup d'indulgence et d'humour.

Ajoutons à celà que Millar ne sait toujours pas écrire ni ses gangsters, plus caricaturaux les uns que les autres, ni ses personnages féminins même si, pour la première fois dans cette série, il dote Valérie, la copine de Kick-Ass, d'un semblant de personnalité. Notre amie est infirmière et avec une distribution dans les soupes populaires, Millar ose même une tentative de discours social aussi maladroit que superficiel. La Civil War qu'il annonce chichement n'a lieu que sur quelques pages et Millar semble parfois se demander l'histoire qu'il veut raconter.

Côté dessins, les couvertures de Jr Jr ne sont pas très inspirées et ses planches parfois bâclées... La plupart des personnages ont un gros pif et semblent manquer de finitions même si dans la globalité, on ne peut qu'être happé par le savoir faire ès mise en scène du vieux routier de la Marvel. La série terminée avec une fin un peu plaquée en coda du volume 1, un sentiment mitigé apparaît.

Mais derrière cette violence régressive un peu neuneu derrière laquelle Millar s'est caché pour vendre du papier, il reste de cette conclusion un étrange plaisir. Celui d'avoir lu en filigrane une histoire sur les étapes du passage à l'âge adulte, ce moment où l'adolescent délaisse ses idoles de jeunesse pour forger sa propre personnalité entre l'oubli des illusions et l'affirmation de soi. Il y a dans les meilleurs moments de Kick-Ass une exploration fascinante de la culture du Super-Héros et de l'influence de cette culture sur le mode de vie de jeunes hommes au même titre que le rock il y a une trentaine d'années.

Kick-Ass ne décrit ni plus, ni moins qu'un gosse qui vit à fond son rêve avant d'en voir l'envers du décor et de renoncer à ses mythes de jeunesse. Avec plus de finesse, moins d'effets blockbuster et plus de moments comme ceux de ce numéro 3, Millar aurait pu écrire son The Boys ou son Locke and Key... Mais à l'inverse de Garth Ennis qui se fout complètement d'adapter son matériel au cinéma et sait doser comme personne outrance et finesse, Millar aura parfois sacrifié son propos sur l'autel de la facilité et du spectaculaire. Ses dernières pages sont mêmes conçues comme un générique de fin avec séquence bonus comme pour les films Marvel.
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X-MEN INTEGRALE T27 1990 2/2
X-MEN INTEGRALE T27 1990 2/2
par Collectif
Edition : Album
Prix : EUR 29,95

6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Agenda chargé...., 4 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : X-MEN INTEGRALE T27 1990 2/2 (Album)
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Lorsque débutent les années 90, les Xmen de Chris Claremont n’ont plus rien à voir avec ceux du début de son run. Les doux pacifistes sont devenus une vraie milice impitoyable. Plus de professeur Xavier, plus de costumes, plus d’école et pendant un temps plus de mémoire… Jamais, un auteur n’avait poussé aussi loin nos héros, et franchise oblige, il faut bien remettre de l’ordre dans tout ça.

Claremont ne sait pas encore que les conflits qui l’ont opposé à John Byrne ne sont que pipi de chat à côté de l’avènement des superstars de l’époque, Lee et Liefeld qui vont finir par avoir sa peau, lui, le papa des Xmen modernes. Avant d’être débarqué comme un malpropre, Chris doit donc ranger ses jouets et enchaîner des crossover plus insipides les uns que les autres. Celui-ci bat des records et votre serviteur l’avait déjà trouvé illisible à l’époque.

Genosha, une île au large de l’Afrique prive les mutants de leurs pouvoirs et les asservit au profit de sa puissance économique.
Bien sûr, toujours à la recherche de main d’oeuvre malléable, ces idiots ne trouvent rien de mieux que d’enlever une partie des Xmen. Et d’attendre que l’autre partie vienne leur flanquer la pâtée. L’ambition de Claremont est louable : continuer la métaphore raciale débutée avec les références à Auschwitz en s’attaquant cette fois ci au régime sud -africain de l’époque : l’apartheid.

Nos mutants ont le crâne rasé, sont appelés par des numéros, le regard éteint, ils n’ont plus aucune mémoire. A la tête de Genosha, une présidente sans scrupules qui a l’air d’un travelo, un genegenieur qui se prend pour Mengele et sans doute le pire vilain de l’histoire des Xmen : Cameron Hodge.

Alors que le X-Fan s’en croyait débarrassé décapité par Archangel, Hodge va voir sa tête greffée sur un exosquelette en forme de scorpion géant… Un abruti qui fera son retour dans la série à peu près tous les 10 ans. Une psychologie de mollusque, des pouvoirs lamentables, une apparence grotesque, on est bien loin de la menace sourde du révérend Stryker. S’il n’y avait que lui…

Lorsque débute l’histoire, le lecteur aguerri ne peut pas s’empêcher de sourire à l’ironie du sous texte… Avec Charles Xavier, les mutants avaient comme rêve de coexister pacifiquement avec les humains. Voilà qu’ils n’arrivent même plus à cohabiter ensemble…

Ce genre de situation, c’est rigolo chez les fantastiques ( ils ne sont que 4), chez les Xmen c’est assez pathétique. La franchise avoue malgré elle une évidence : à force de multiplier les mutants comme des lapins, Marvel ne sait plus où caser tous ces mutants.

Menés par un Cable qui , sous l’impulsion de Liefeld, venait d’arriver pour incarner le gros dur avec des gros flingues et le QI d’une huître, les morveux de la Xforce sont devenus arrogants et assez insupportables. Il faudra Nicieza et surtout Loeb pour donner à Nathan Summers une personnalité et une sensibilité. FactorX loge encore par intermittence dans un vaisseau d’Apocalypse et vient sporadiquement s’entraîner avec leurs anciens amis. Une séquence montre un émouvante entraînement entre Jean Grey fraîchement ressuscitée et Tornade.

Havok, lui, victime d’un lavage de cerveau travaille pour les nazis de Genosha et va affronter son frère dans de rares séquences réussies. C’est d’ailleurs à se demander pourquoi Captain América l’a sélectionné pour sa monture des Uncanny Avengers. Havok a quand même un Cv plutôt chargé : il a torpillé deux avions ( dans les années 70 puis dans les 90′s), rejoint Genosha, participé au carnage d’Inferno puis mené la confrérie des mauvais mutants dans les années 90…

Tout ce petit monde donc s’ettripe sur Genosha… C’est très bavard, péniblement bavard, inutilement bavard. Chacun répète intégralement ce qui s’est passé précédemment, les enjeux dramatiques n’évoluent pas d’un iota au fil des épisodes. Au mieux les Xmen s’affrontent entre eux, au pire il se battent contre l’autre demeuré…

Ils sont devenus une famille dysfonctionnelle réunis entre eux par la force des choses, ont une interprétation différentes du rêve de Xavier et perdent la force de la série : une solidarité à toute épreuve face aux événements qui les écrasent. Chacun fait la morale à l’autre, Gambit dit clairement qu’il s’en fout, le comble étant bien sûr que personne, pas même Wolverine ne pense à faire taire Cable…

Les grands moments de la saga sont devenus très relatifs aujourd’hui : Archangel affronte Wolverine, Havok se bat avec son frère ( comme d hab!), Warlock meurt, Ororo retrouve sa forme adulte et Rahne est victime de manipulations génétiques. Pendant tout ce temps le pool des créateurs montre que l’affrontement n’est pas que réservé à ces personnages.

Une partie ( Claremont et Simonson) veut axer l’histoire sur un affrontement politique où les pouvoirs des Xmen leur sont inutiles et tuer les derniers restes d’innocence de l’équipe avec Warlock. L’autre ( Lee et Liefeld) veut privilégier les images de gros gugusses musclés qui font tout péter sous fond de couleurs criardes et de décors à la ramasse. Bien sûr Lee dessine mieux que Liefeld, bien sûr que sous son crayon ils retrouvent une aura qu’ils avaient perdu avec Silvestri. Bien sûr tous les artistes qui passeront après lui copieront son style. Il n’empêche que la dichotomie entre le texte et l’image est flagrante et peu surprenante venant de gars dont on sait que le scénario n’était qu’un prétexte à dessiner des muscles, des flingues et des gros nibards…

Sur la trentaine de personnages à l’oeuvre, moins de dix ont quelque chose à dire ou à faire. Jon Bogdnove lui s’éclate à (mal) dessiner des hommes à moitié nus… Il restera encore la saga des Starjamers pour ramener Xavier sur terre puis celle de Muir pour reformater les équipes avant que Claremont sorte en beauté avec un Genesis enfin à hauteur de son talent.

Une lecture parfaitement dispensable pour les lecteurs d’aujourd’hui. Et ceux d’hier….
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X-MEN : L'ÈRE D'APOCALYPSE - PRÉLUDE
X-MEN : L'ÈRE D'APOCALYPSE - PRÉLUDE
par Collectif
Edition : Broché
Prix : EUR 26,00

6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 L'Echec des Xmen plonge Marvel dans le chaos !, 4 décembre 2014
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Le prélude au coup éditorial de Marvel dans les années 90 .
Legion Quest précède Age Of Apocalypse . Legion , le fils de Charles Xavier et de Gabrielle Haller se réveille du coma où l'avait plongé Chris Claremont à la fin de la saga de l'île de Muir .

Le jeune mutant entreprend de remonter le temps pour assassiner Magneto afin que le rêve du Professeur X puisse se réaliser . Iceberg , Bishop , Storm et Psylocke le pourchassent et ...échouent !
L'enfer étant pavé des meilleures intentions , Legion va amener les Xmen et terre 616 à la catastrophe ! Car Charles Xavier dans un élan d'altruisme se sacrifie à la place de Magnus .
Paradoxe temporel : Charles Xavier meurt 20 ans avant la fondation des Xmen . Sa mort entraine la chute de l'humanité , des héros Marvel et la domination de mutants tyranniques malgré la résistance de Magneto et ... ses Xmen !

Durant leur run Fabian Nicieza et Scott Lobdell feront porter sur les épaules du paralytique une croix trop lourde pour lui . Et le message est clair : sans Charles Xavier point de salut . Le méta-commentaire ? : les Xmen sont les meilleurs Comic Marvel ; sans eux , tout s'écroule (les ventes ) !

15 ans après l'histoire continue de fonctionner . L'apparition des Watchers marque le caractère tragique de l'entreprise . Les Xmen du présent savent que leurs amis ont échoué . Ceux du passé ne réalisent pas que leur échec va déclencher la fin du monde .

A l'époque le traumatisme pour les fans est réel : Tous les titres X sont remplacés par des versions alternatives ou leurs héros sont complétement différents ( Cyclope au service de Mr Sinistre ! Hank Mc Coy en Docteur Mengele d'Apocalypse!! , Sabretooth en héros !!!) et connaissent un destin atroce .

Aujourd'hui , cette histoire a encore de nombreuses qualités pour qui se préoccupe de la continuité . Comme toujours dans ces Events , Lobdell et Nicieza parviennent à distiller des moments intimes pour les personnages : Cable apprend que Scott Summers l' a éduqué ( euh ! m'écrire pour que je vous explique les détails ) , Bobby Drake fait une démonstration impressionnante de son pouvoir de Mutant Alpha , Archangel brille par son égocentrisme , Gambit embrasse Rogue au péril de sa vie et enfin , de nombreux flash backs détaillent l'amitié sincère entre Xavier et Magnus . Cette amitié qui fera le sel de X-Men : Le commencement.
Les Xmen savent qu'ils vont mourrir et se font des adieux poignants entre eux.

Tout n'est pas parfait cependant . Comme souvent chez Lobdell de nombreuses fautes de script émaillent le scénario : la corrélation entre le meurtre de Xavier et le cristal Mkraan est incompréhensible . La facilité de Legion à remonter le temps également . Xavier ne pense pas une seule minute à faire appel aux autres héros Marvel , ce qui en dit long sur la domination de l'époque des mutants sur le contingent Marvel .

Enfin , les auteurs flirtent avec le mauvais gout absolu . Legion-Oedipe tue son père ( Xavier) et couche avec sa mère ! Cette vignette où Legion séduit Gabrielle Haller en prenant l'apparence de Xavier , pour ensuite la laisser à moitié nue est abjecte et inexpliquée .

Les graphismes assurés par Kubert , Cruz et Churchill sont homogènes dans leurs imitations de Jim Lee ; Nous avons ici à faire aux poses super héroique agressives , stéroïdes pour les garcons , silicone pour les femmes avec 20 kgs de muscles et de poitrine pour chaque Xman.

Carton rouge pour Marvel qui publie tout cela sur du papier buvard type Vertigo alors qu'à l'époque tout ceci était édité en papier glacé . Dommage enfin que ne figure pas dans ce TPB le plus beau combat entre Wolverine et Sabretooth . Logan décidé à respecter les idéaux pacifiques de Xavier refuse de sortir les griffes contre un Victor Creed qui le massacre .

Encore une fois , pour qui découvre les Xmen aujourd'hui , cette histoire , balayée par le statu quo


SUPERIOR SPIDER-MAN T02
SUPERIOR SPIDER-MAN T02
par Dan Slott
Edition : Album
Prix : EUR 13,00

1 internaute sur 3 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Pas d'othographes !, 30 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : SUPERIOR SPIDER-MAN T02 (Album)
Cet article et bien d'autres dans son intégralité et en images sur le blog Bruce Lit ( brucetringale.com).

Ce commentaire traitera des 25 premiers épisodes de la série titre.

Superior Spiderman commence juste après la mort de Peter Parker. Celui-ci a été victime d’une lâche opération de Body Snatching. C’est à dire qu’il occupe le corps d un ennemi mourant tandis que celui ci (Otto Ottavius) vit désormais de le corps vigoureux de notre héros .

Alors que Peter décède dans la peau d’un vilain sans personne pour le pleurer, Octavius entreprend une carrière de super héros en ayant en tête de surpasser en tous les domaines le Spider-man original ( d’où le titre ).

Ce n’est pas la première fois qu’un vilain occupe le poste de super héros. En fait, Peter Parker pourrait même porter plainte pour multiples usurpations d’identité ! Venom bien sûr mais aussi Kraven, Ben Reilly et Kaine ont également enfilé les lances toiles de Peter en leurs temps. Mais le scandale de la saga du clône n’était pas de remplacer Peter, mais de lui substituer Ben Reilly qui avait exactement la même personnalité ! Les puristes se rappelleront également que dans les années 90, lors de la saga Identity Crisis (complètement idiote et justement oubliée), Parker brouillait les pistes en assumant quant à lui l’identité de 4 justiciers !

En cela, donc, le traitement de Dan Slott n’a rien d’original. Il s agit pour un éditeur Avida Dollares de pouvoir vendre un héros avec 700 épisodes au compteur et 50 ans d’existence. Ce qui est nouveau est le traitement de cette affaire. Sans concession, profondément novateur, trouvant constamment le bon équilibre entre le respect du personnage et la moquerie a l’encontre de sa mythologie.

Lorsque un scientifique mégalomane se glisse dans sa peau, il est oblige de faire le constat que Peter malgré son physique, ses pouvoirs et son intelligence hors du commun a gâché sa vie de par les barrières morales qu’il s’est imposé !

Octopus constate, et c’est irréfutable, que Parker est un génie qui n a pas fini ses études, un fils à papa qui a négligé sa vieille tante pour faire le zouave, et un héros qui allait droit au combat sans aucune préparation ! Parker est il suicidaire ? Car les méthodes employées par Octavius relèvent du bon sens. Il laisse les menus larcins aux forces de police pour se concentrer sur les menaces majeures. Il travaille main dans la main avec la presse, les médias et les autorités de New York pour ne pas aller seul au casse pipe et déploie des trésors de communication pour que ses efforts soient reconnus par la populace.

Il met au point tout un tas de gadgets notamment des cameras de surveillance dans toute la ville qui lui évitent les patrouilles inutiles. Ce qu’ Octavius gagne en efficacité se fait au détriment des libertés individuels des citoyens qu’il prétend protéger. Il entreprend de donner a Peter Parker son doctorat de scientifique. Il devient donc le bras droit du maire de New-York (JJ Jameson !) , monte une entreprise permettant de breveter la technologie mise au point pour Spider Man et emploie désormais une dizaine de salariés !

Là ou Slott se montre habile, c’est en jouant en permanence sur ce qui unit et sépare ces deux hommes. Les deux sont habités par l’obsession de la justice. Mais si Peter souffrait d une obsession lie a la responsabilité et agissait de manière désintéressée , Otto a le souci de l’efficacité et du résultat avant tout au service de son égo. Et si ce Spider Man se montre effectivement supérieur en tout, ses actes finissent par surprendre puis interroger ses amis comme ses adversaires .
Le nouveau Spider man est donc arrogant, violent , il n’ hésite pas à tuer, torturer, harceler ! Froid,méthodique, calculateur, il n’est pas non plus dénué de compassion et de qualités.

Slott décrit Octavius comme un homme travailleur, habité par son idée de la justice,capable d’obtenir le respect de ses pairs voire l’amour d un adorable personnage secondaire qui illumine chacune des scènes ou elle apparaît : Anna Maria Marconni.

Slott n’oublie pas que la réputation de Marvel s’est construite sur le double versant Super Heros /commentaire social. Il met ainsi en scène une jeune femme atteinte de nanisme dont la différence va émouvoir notre vilain qui va tomber amoureux avec le lecteur de cette femme intelligente et énergique. Si je ne devais retenir qu une scène de toute cette saga, ce serait celle où Tante May demande à Anna si elle serait capable de donner naissance a des enfants normaux !

Et Peter /Octavius d’invectiver violemment la vieille la plus résistante du Marvel Universe ! Parker engueulant sa tante ! Du jamais lu !

Tres vite le lecteur est happé par cette narration brillante ou chaque épisode apporte une nouvelle pierre a l’édifice que Slott construit: l’ascension puis la chute d un homme dont l’intelligence finit par aliéner son entourage et rendre ses adversaires plus dangereux que jamais.

Les combats sont finalement assez secondaires mais assez jouissifs du fait des rebondissements incessants de la série. Les dessins de Camuncoli et Ramos, jeunes, dynamiques et emprunts de culture manga renforcent contre toute attente le côté irrévérencieux de l’entreprise.

A la différence de la saga du clone qui avait réellement envisagé d’éjecter Peter Parker du casting, Slott multiplie les indices demandant à son lecteur d’être patient avant de voir revenir notre héros. Slott aura t il les coudées franches pour aller au bout de son histoire ? On sent que si cela ne tenait qu’à lui, il se débarrasserait de la double identité Spidey/Peter. Mais cela a déjà été fait et effacé lamentablement par Marvel auparavant.

Outre atlantique, il faut lire le courrier furieux des fans les plus conservateurs réclamant le retour au statu quo. L un deux invective même directement Slott en lui disant : Spiderman ne t’appartient pas ! Il appartient a ses lecteurs !

La page Wikipedia mentionne même des menaces de mort à son encontre… Ce qui prouve un QI digne d’une huître, car il est impossible de ne pas voir dans la déconstruction du personnage, un chant d’amour à Spider-Man et à ses valeurs que Slott pervertit avec jouissance pour mieux les valoriser.

Que restera t il de ce run absolument brillant et comment Parker reprendra t’il le contrôle de sa vie mise à mal, voici l’interrogation angoissée de ceux qui aimerait que le respect de la continuité du personnage soit l’intérêt supérieur du personnage !


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