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Contenu rédigé par Gu Si Fang
Classement des meilleurs critiques: 11.033
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Commentaires écrits par
Gu Si Fang (Paris, France)

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Pour un traité de démocratisation de l'Europe
Pour un traité de démocratisation de l'Europe
par Stephanie Hennette
Edition : Poche
Prix : EUR 7,50

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 Trop biaisé, 27 juin 2017
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Pour un traité de démocratisation de l'Europe (Poche)
Ce petit essai propose de créer une assemblée de la zone euro, composée de députés issus des parlements nationaux et disposant du pouvoir d'orienter et de contrôler les travaux de l'eurogroupe. Pour l'instant, en effet, cette institution est un pur produit de la bureaucratie (au sens étymologique : prise de pouvoir de l'administration) avec très peu de contrôle démocratique.

C'est intéressant, mais... Outre la proposition-clé, les détails trahissent un biais très net des auteurs en faveur des dépenses publiques :
- Mise en commun des dettes publiques dépassant (!) 60 % du PIB de chaque État de la zone euro (commentaire : les propositions concurrentes comme celle de Delpla consistent à mutualiser uniquement la dette inférieure à 60% afin que les états soient incités à ne pas dépasser ce seuil).
- Création d'un budget intégralement financé par des ressources propres, grâce à un taux uniforme d'impôt sur les sociétés (que les états auraient le droit de dépasser mais pas de baisser).
- Supplément de keynésianisme (contrôle de la BCE par l'assemblée en violation du principe d'indépendance, introduction des ministres chargés de l'emploi et des affaires sociales au conseil des ministres).
- Harmonisation et convergence fiscale et sociale à tous les étages (afin de niveler par le haut les dépenses publiques ; ici on est contre la concurrence fiscale, les états frugaux ne sont pas les bienvenus, « l’adversaire est multiple : MES, TSGC, Six-Pack, Two-Pack, Mémorandums, Troïka, austérité…»).

Quand on voit où nous ont conduit le creusement des déficits publics et les bulles de crédit, je doute que une assemblée "Monsieur Plus" de dépenses soit la bonne réponse.


L'horreur politique : L'Etat contre la société
L'horreur politique : L'Etat contre la société
par Olivier Babeau
Edition : Broché
Prix : EUR 19,00

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une initiative salutaire et un livre pédagogique, 23 mars 2017
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'horreur politique : L'Etat contre la société (Broché)
Il manquait un livre d'introduction à l'école des choix publics pour le lecteur francophone, non spécialiste d'économie. C'est ce qu'Olivier Babeau a réussi.

Soulignant très justement que l'enseignement et le débat public laissent une grande place à la théorie des "imperfections du marché" (externalités, asymétrie d'information, irrationalité, etc.), ce livre a pour objet le volet symétrique des "imperfections de l'Etat". Par "Etat", entendez : tous les acteurs qui participent au processus politique au sens large, électeurs, hommes politiques, fonctionnaires, etc.

Malgré son titre légèrement polémique ;) L'horreur politique vise donc à combler une lacune en termes pédagogiques et non à susciter la controverse. Le livre ne sombre pas dans l'Etat-bashing mais offre synthèse et une vulgarisation de la recherche en économie et en sciences politiques. Voici quelques-uns des thèmes abordés : le modèle de l'électeur rationnel (et ses limites), la recherche de rente, le problème de l'action collective, le paradoxe d'Olson, théorie électorale des cycles économiques, l'ignorance et l'indifférence rationnelle du citoyen, les biais idéologiques, le rôle des lobbies et des groupes d'intérêt, la bureaucratie. Il s'appuie sur plusieurs exemples historiques et contemporains, chiffres à l'appui, tout en donnant à chaque fois la "loi", la régularité sous-jacente à partir de laquelle on peut espérer généraliser.

Le livre intéressera l'étudiant en économie politique, le journaliste, et plus généralement le citoyen qui se sent désorienté par ce qu'il perçoit comme des dysfonctionnement de notre démocratie et de nos institutions. La leçon à retenir est que la politique est une méthode imparfaite pour résoudre les problèmes sociaux, et qu'il vaut mieux le comprendre et ajuster ses attentes en conséquence. Le lecteur en ressort mieux outillé pour comparer les mérites respectifs d'un marché imparfait et d'un Etat qui l'est au moins autant.

« L'État. Quatre lettres, autant que pour Dieu. Il faut en finir avec le culte de l’État. »
On sait maintenant pourquoi !


Le monde à taux zéro : Voyage au bout de l'économie
Le monde à taux zéro : Voyage au bout de l'économie
par Vivien Lévy-Garboua
Edition : Broché
Prix : EUR 22,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Tour d'horizon intéressant mais confus, 20 mars 2017
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le monde à taux zéro : Voyage au bout de l'économie (Broché)
J'ai apprécié le chapitre 8, qui résume plusieurs thèses concernant la situation actuelle : stagnation séculaire, global savings glut, pénurie d'actifs sûrs, déflation par la dette, néomonétarisme, Minsky, Piketty, projets de taux (très) négatifs, etc. Il permet d'avoir un catalogue presque exhaustif des écoles sur le sujet.

L'auteur préconise d'euthanasier l'épargne réglementée (livret A, PEL, LDD), qui est à la fois obsolète et coûteuse, et de ne conserver qu'un produit avantageux pour les ménages modestes (PEP). Il insiste beaucoup sur les conséquences de la situation actuelle pour les banques et l'assurance-vie, mais à mon avis la cure d'amaigrissement de ces deux secteurs n'est que le revers de la boulimie qu'ils ont connue pendant la période précédente.

Les taux vont et doivent remonter et la relance keynésienne est impossible, au moins dans la zone euro. L'auteur préconise donc des réformes structurelles, notamment sur le marché de travail.

Concernant l'origine des crises, en apparence il ne retient que la théorie endogène au marché des bulles-mimétiques-auto-entretenues. Mais il souligne aussi à plusieurs reprises - en passant - la responsabilité des institutions monétaires (fin de Bretton Woods, politiques monétaires). Pourtant la théorie monétaire des crises économiques (Ricardo, Mises, Hayek) n'est pas mise sur le même plan que la première. Il est surprenant que, même après des décennies de publications en public choice, on continue de considérer que les erreurs du marché sont habituelles, mais que les erreurs de politiques publiques ne peuvent être que des aberrations ponctuelles...

Conformément à cette vision, l'auteur en appelle à réglementer le shadow banking en soulignant, comme d'autres l'ont fait, les similitudes avec la création monétaire (Perry Mehrling, Morgan Ricks).


Portrait de l'homme d'affaires en prédateur
Portrait de l'homme d'affaires en prédateur
par Michel VILLETTE
Edition : Poche

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 Le parti pris et l'amalgame sont agaçants, 16 février 2017
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Portrait de l'homme d'affaires en prédateur (Poche)
Les auteurs s'intéressent à la façon dont les hommes d'affaires réalisent d'importants gains, en particulier des gains en capital : quand et comment ? Mais derrière cette question scientifique, ils poursuivent un objectif d'un bout à l'autre du livre : minorer, dévaloriser et attaquer l'image de l'entrepreneur, son succès et donc son prestige.

Pour cela, ils critiquent indistinctement un Bernard Arnault qui acquiert Boussac à coup de subventions publiques et de prêts du Crédit Lyonnais et un Claude Bébéar qui crée Axa en exploitant les avantages d'une structure mutualiste au moment des nationalisations de 1982. Que l'on critique les faiseurs qui s'enrichissent à coup de privilèges et de subventions, on peut le comprendre. Mais ils mettent dans le même sac l'entrepreneur visionnaire qui comprend qu'un actif recèle une grande valeur, alors que ses concurrents le dédaignent. Cela révèle une mécompréhension d'un point important en économie.

Les auteurs considèrent - et ils insistent à plusieurs reprise - que le second entrepreneur n'a fait qu'exploiter une "imperfection du marché" ou une "asymétrie d'information". Derrière ce jargon se cache le modèle de la concurrence pure et parfaite et le modèle d'équilibre général de l'économie néoclassique. Or, dans un tel modèle, il est bien connu qu'il n'y a pas et qu'il ne peut pas y avoir d'entrepreneur ; le profit est nul ; il n'existe aucune opportunité d'arbitrage ; pas d'innovation technique non plus.

C'est oublier la nécessaire division intellectuelle du travail dans une société complexe : chacun n'a pas les mêmes informations et les mêmes compétences, ce serait impossible. Quelles sont les préférences des consommateurs ? Quelle est la meilleure façon d'utiliser telle ressource ? Il en résulte que l'évaluation est nécessairement subjective et qu'un entrepreneur qui évalue "bien" réalise in fine un profit, sinon il subit une perte.

Outre ce parti pris négatif, les auteurs ne font pas la distinction entre l'homme d'affaires qui exerce un bon jugement et celui qui exerce un privilège. Sur ce thème, je recommande la lecture de "The myth of the robber barons", un excellent petit livre où Burt Folsom propose une courte biographie de plusieurs entrepreneurs américains célèbres du XIXème siècle. Surtout, il tente de les classer en deux catégories : les entrepreneurs de marché et les entrepreneurs politiques. Qui a fait fortune grâce à l'allocation efficace de ressources au service des consommateurs et qui par la véritable prédation ?

Si seulement Villette et Vuillermot avaient pu faire de même pour les hommes d'affaires qu'ils auscultent...


Notre ennemi, le capital
Notre ennemi, le capital
par Jean-Claude Michéa
Edition : Broché
Prix : EUR 19,00

6 internautes sur 29 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Inepties, 16 janvier 2017
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Notre ennemi, le capital (Broché)
A part les citations de Marx, Engels et Lénine on n'apprend pas grand-chose.

Michéa commence par pester contre « l’avènement de la société de consommation et l’arrivée de la culture de masse » où « chacun doit finir, tôt ou tard, par être mis en concurrence avec tous – conformément au principe libéral d’extension du domaine de la lutte. » L'élite intellectuelle de gauche comme de droite a toujours eu un faible pour la culture princière et les monopoles publics, rien de nouveau sous le soleil.

Puis le moraliste se transforme en imprécateur, rappelant « la tendance dominante du capital - comme le confirme la moindre partie de Monopoly - à se concentrer entre des mains toujours moins nombreuses » d'où la baisse tendancielle du taux de profit, l'effondrement inéluctable de l'hydre capitaliste, blablabla...

Quoi ?? Je connaissais le post hoc ergo propter hoc et l’argument ad hominem, voici la preuve par le Monopoly ! Le libéralisme est caricaturé, le capitalisme n'est pas défini, les prévisions apocalyptiques sont assénées sans une once de raisonnement ni d'éléments factuels.

JC, quand est-ce que tu te mets à penser ?
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 21, 2017 12:32 PM CET


Epargne et crédit : de mystérieuses relations
Epargne et crédit : de mystérieuses relations
par André Babeau
Edition : Broché
Prix : EUR 22,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 L'économètre cherche ses clés sous le lampadaire de la comptabilité nationale, 14 décembre 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Epargne et crédit : de mystérieuses relations (Broché)
Le livre part du constat - ou plutôt du lieu commun - qui veut que les économistes n'avaient pas prévu la bulle Internet en 2000 ni la crise des subprimes en 2007. Ils ont donc échoué si l'un des objectifs de la politique économique est la stabilisation de la croissance, de l'inflation et de l'emploi. Mais ils ont également échoué après coup, à retrouver la croissance, à rétablir les finances publiques, réduire le chômage, etc.

Cette faiblesse de la science économique, Babeau l'attribue à la façon dont la comptabilité nationale traite l'épargne et le crédit. Qu'est-ce qui les détermine et quelles sont leurs relations ? Il considère que l'approche micro-économique classique « ne peut servir ni à l'analyse conjoncturelle, ni à la prévision de la consommation ou à celle des investissements dans le logement. Pour ce faire, le passage à la macro-économétrie est indispensable. »

L'objectif implicite est donc de mener une meilleure politique économique et notamment de maîtriser les cycles financiers. C'est donc le point de vue des autorités politiques et administratives que l'auteur adopte. Du moins je pense, car ce n'est pas dit très clairement, mais je ne vois pas comment comprendre le livre autrement. Une première lacune, donc : Quelle est la question ? Quel est l'objectif du livre ?

Comme je l'ai dit, pour Babeau le problème est macro et vient de ce que la comptabilité nationale agrège les nouveaux crédits et les remboursements d'anciens crédits et ne mesure que le solde des deux. Pourquoi ? « Les nouveaux crédits sont en effet susceptibles de se substituer à l'épargne des ménages » tandis que « les remboursements contribuent à gonfler leur épargne courante ». Autrement dit, leur influence sur l'épargne des ménages est de sens opposé. Pour analyser correctement l'épargne, la consommation et tout ce qui s'ensuit, il serait indispensable de distinguer les deux, contrairement aux comptes actuels.

Babeau résume cela par deux découvertes : « Première découverte : la souscription de nouveaux crédits réduit l'épargne. Seconde découverte : les remboursements gonflent l'épargne. » Il rentre ensuite dans des subtilités comme la distinction entre renégociations de prêts immobiliers des « vrais » remboursements et des « vrais » crédits ou entre crédits autorisés et crédits versés. Pour produire ces statistiques, il propose de demander aux établissements de crédit de « de transmettre mensuellement aux banques centrales nationales ces informations ».

Deuxième lacune : je ne sais pas ce que nous pourrions espérer de telles statistiques macro, surtout quand on voit combien les incitations micro sont importantes pour comprendre les crises. La réflexion que cela m'inspire c'est surtout qu'un un appareil statistique, même parfait, n'aurait pas beaucoup aidé l'économie soviétique. Elle reposait sur des incitations qui ne permettaient pas le bon fonctionnement d'une économie de marché décentralisée. De même, on n'ira pas très loin dans la prévention et la gestion des crises financières avec une approche macro qui s'intéresse uniquement à des agrégats.


Trois controverses de la pensée économique: Travail, capital, temps
Trois controverses de la pensée économique: Travail, capital, temps
par Jean-Marc Daniel
Edition : Broché
Prix : EUR 18,90

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Histoires et déboires de trois idées, 6 octobre 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Trois controverses de la pensée économique: Travail, capital, temps (Broché)
Les machines détruisent-elles le travail ? La dette publique est-elle un fléau ou un stimulant ? Peut-on vraiment mesurer le capital ? JMD retrace avec brio les grandes étapes de la pensée économique sur ces sujets essentiels que sont le travail, le temps et le capital.

Sur le machinisme, par exemple, on remonte aux origines de la "valeur travail" chez les grecs et les chrétiens, puis La Fontaine, Smith, Ricardo, Say et Marx, bien sûr. On y découvre d'autres précurseurs moins connus, comme les nationalistes allemands du XIXème ou encore Sismondi et Lord Byron.

De plus, cette histoire des idées est imbriquée dans l'histoire tout court. Ainsi, on voit comment le blocus continental de Napoléon amplifie le mouvement des luddites ; Jacquart et son métier à tisser déclenche la révolte des canuts et préfigure ce qui se passe aujourd'hui avec la révolution informatique !

De même, sur la dette, on retrouve les combats intellectuels comme celui de Keynes contre les (néo)classiques et autres monétaristes ; mais aussi l'opposition politique entre Morgenthau et les partisans de la relance par la demande.

En revanche, la conclusion de ces différents chapitres m'a un peu déçu : pas moyen de savoir si ces débats ont finalement été tranchés. La science économique a pourtant progressé et acquis quelques connaissances solides sur ces différents sujets, me semble-t-il. Les orthodoxes du "pays dominant" ont-ils établi fermement la validité de leurs théories ? Les hétérodoxes ont-ils trouvé la faille ? Et comment : par la théorie, par la mesure statistique ? Mais le livre ne parle presque pas de(s) méthode(s) scientifique(s) en économie. Du coup, le lecteur finit par avoir l'impression que la recherche économique n'est une succession de controverses idéologiques et esthétiques sans réponse...


Ecole française de la finance 2016 - Volume 10: Mythe ou réalité ?
Ecole française de la finance 2016 - Volume 10: Mythe ou réalité ?
par Pierre-Henri Cassou
Edition : Broché
Prix : EUR 34,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 Passe à côté de l'essentiel, 30 septembre 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ecole française de la finance 2016 - Volume 10: Mythe ou réalité ? (Broché)
Ce volume, destiné aux professionnels de la finance, fait le point sur les apports et les spécificités françaises en la matière. Les articles qui m'intéressaient le plus étaient ceux de la première partie, intitulée « Un courant de pensée original ».

Par exemple, Jean-Marc Daniel rappelle les contributions de Louis Bachelier aux mathématiques financières aujourd'hui adoptées dans le monde entier (application du calcul des probabilités à la finance). Christian Walter, quant à lui, décrit la remise en cause de ce modèle par Benoît Mandelbrot (les fractales et lois d'échelle faisant disparaître les propriétés « sympathiques » mais irréalistes du mouvement brownien).

Ces deux articles sont agréables à lire, mais ces aspects mathématiques ne sont pas très importants pour la théorie financière contemporaine. J'ai cherché en vain dans tout le volume une référence à ce que les économistes appellent « coûts de transaction » au sens le plus large : théorie de l'agence, asymétrie d'information, aléa moral, théorie du signal. Rien, nada !!! L'école mathématique française de la finance modélise les marchés à la mode positiviste, comme des molécules de gaz parfaitement élastiques en mécanique statistique. Elle passe à côté de l'échange et de ses « frottements ».

Cette lacune aurait dû, selon moi, être soulignée avec force. À tous nos ingénieurs financiers, il fallait passer le message que leurs années de prépa et de M2 avec Nicole El Karoui ne suffisent pas. À titre d'exemple : les coûts de transaction sont indispensables pour comprendre le rôle économique des institutions financières comme les banques et les chambres de compensation. L'école française est lacunaire et il faudrait que les financiers en prennent conscience.

P.S. Tirole est à peine mentionné en passant dans un chapitre sur l'éthique ; Rochet et Freixas n'existent pas. C'est dire que leur approche est totalement absente de l' « école française » décrite ici.


Marchés de dupes : L'économie du mensonge et de la manipulation
Marchés de dupes : L'économie du mensonge et de la manipulation
par George Akerlof
Edition : Broché
Prix : EUR 25,90

12 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Questions intéressantes mais traitement bâclé, 30 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Marchés de dupes : L'économie du mensonge et de la manipulation (Broché)
J'ai été terriblement déçu par ce livre.

Les auteurs affirment que les économistes sous-estiment notre tendance à faire des choix qui vont à l'encontre de notre intérêt bien compris, notre tendance à faire des erreurs et à les regretter. Même l'économie comportementale ne va pas assez loin, selon eux, malgré les travaux sur l'effet de cadrage, les biais cognitifs et l'irrationalité, parce qu'elle considère les erreurs comme exceptionnelles (sic).

Mais, disent les auteurs, les erreurs ne sont pas un phénomène rare de "déséquilibre" : elles peuvent exister à l'équilibre. Ceci conduit à des comportements de maximisation de profit par des entreprises qui exploitent notre bêtise.

Toute la démonstration repose sur la distinction entre les choix que nous faisons en pratique et "ce que nous voulons vraiment, ce qui est bon pour nous". Le cas d'école qui est cité est celui d'un marchand de pâtisseries à la cannelle dont le fumet envoûte les passants et les incite à avoir une alimentation malsaine.

Mais les auteurs oublient totalement de mentionner qu'on a de bonnes raisons d'acheter ces pâtisseries. Car, oui, les sucreries font grossir, mais en attendant elles sont délicieuses. Il y a donc un arbitrage à faire entre deux biens : se régaler ou bien rester mince. En renversant la position d'Akerlof et Shiller, on en arriverait à considérer que les marchands de brocolis arnaquent les clients puisqu'ils les envoûtent avec la perspective d'un corps mince alors que ce qu'ils aimeraient vraiment c'est déguster une bonne pizza !

Les autres exemples qu'ils donnent ne m'ont pas plus convaincu : l'instabilité financière, les choix d'épargne, etc. Tous ces sujets soulèvent des questions vraiment intéressantes qui ne sont pas traitées convenablement ici. Il existe de biens meilleurs ouvrages sur ces sujets.

Pour ce qui est des apports conceptuels et théoriques de ce livre, ils sont inexistants, bien que les auteurs prétendent avoir apporté une contribution significative à la science économique (sic).
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 21, 2016 6:41 PM MEST


Legislating Instability
Legislating Instability
Prix : EUR 25,29

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Great economic history!, 11 août 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Legislating Instability (Format Kindle)
The book draws on Goodspeed's PhD dissertation, and yet it provides a readable and enjoyable account of the famous banking crisis of 1772. Adam Smith gave an account of the crisis in the Wealth of nations when it was published in 1776, but Goodspeed shows that Smith's views were quite biased on the matter. The Scottish economist had advocated banking regulations which were in place at the time of the crisis and made the banking system less resilient. This historical example is rich in lessons for today's predicament in finance and economics.


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